Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘devenir avec’

Qu’est-ce que ça reflète?

01/05/2010

‘Si ce que Jean dit de Pierre nous en apprend souvent beaucoup plus au sujet de Jean que de Pierre’ (Cf, p 18 du livre de Vinciane Despret. Naissance d’une théorie éthologique), qu’est-ce que la recherche de reconnaissance du milieu zoothérapeutique dit de ce milieu? Qu’est-ce que l’impérieuse nécessité de preuves scientifiques au-delà de tout doute raisonnable dit de notre société? Qu’est-ce que le besoin d’études scientifiques non biaisées dit de notre capacité à croire sans voir-mesurer-peser-détailler? Qu’est-ce que les étincelles dans les yeux d’une aînée en perte d’autonomie à la vue du chien dit de notre impossibilité de nous émouvoir et de ressentir cet enthousiasme sans utiliser une méthodologie expérimentale conventionnelle et standardisée? Qu’est-ce que notre attachement aux modèles académiques en vigueur dans de nombreuses disciplines scientifiques : objectifs-méthodes-résultats-discussion disent de notre nécessité de trouver les raisons qui expliquent les effets de l’animal sur la santé humaine et non plus de se satisfaire des signes ?
Et puis si c’était autre chose que l’animal qui soit soignant? Si on parlait non plus d’un triangle thérapeutique mais d’une interrelation à voie unique, d’un espace de ‘devenir avec’… d’un espace à parler qui conduit à peupler… «Cette pratique qui inscrit l’animal dans le monde du ‘parler’ et qui contribue à ‘peupler’ concourt à brouiller les frontières entre les humains et les animaux. La capacité qu’autorise le style direct de parler à la place d’un autre pour parler avec lui induit tout autant qu’elle révèle un engagement dans la relation. On ne se met pas à la place, on peuple la place avec. On ne substitue pas un point de vue à un autre : tout au contraire se fait par addition de points de vue», Vinciane Despret et Jocelyne Porcher.  Être bête, p.73-74.
Car somme toute, il y a une erreur sémantique de penser la relation thérapeutique entre l’humain ET l’animal, car « se référer aux humains ainsi qu’aux animaux est redondant. La catégorie des animaux est la catégorie supérieure qui inclut celle des êtres humains », écrivent Gregg Solomon et Deborah Zaitchik.


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