Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘Darwin’

Samedi, Journée Mondiale des Animaux dans les Laboratoires

20/04/2011

Un rassemblement européen contre l’expérimentation animale, scientifiquement et éthiquement irrecevable se tiendra samedi à Paris (info). 

Les émotions des animauxL’expérimentation animale c’est l’histoire d’une schizophrénie. Dès les débuts, la biologie et la physiologie ont montré qu’il existait de grandes ressemblances fonctionnelles entre l’homme et l’animal. Ensuite, Darwin a formulé que l’homme et l’animal sont liés par les origines. Ce qui veut dire que les hommes et les animaux ont les mêmes systèmes chimiques et neurobiologiques C’est le socle à partir duquel les scientifiques se sont adonnés à toutes sortes d’expériences. On a donc eu fréquemment recours aux animaux pour tester et développer des médicaments destinés à traiter les troubles mentaux, par ex, dont souffrent les humains. …. Or, si les animaux réagissent à ces médicaments comme les humains, il y a de fortes chances que leurs bases neurales soient les mêmes et qu’ils éprouvent les mêmes sentiments, non? (Voir Marc Bekoff. Les émotions des animaux. p 44-45)
Expérimentation animale-Science&VieDéduire de l’étude des animaux des enseignements transposables à l’homme : le recours à l’expérimentation animale tient tout entier dans cet axiome. En 1850, Claude Bernard, fondateur de la médecine expérimentale découvrait sur le chien la fonction glycogénique du foie, marquant ainsi le triomphe absolu de l’expérimentation animale. D’un côté on reconnait une identité commune sans laquelle il n’y aurait pas d’expérimentation. De l’autre et au même moment, on renie ce lien pour pouvoir faire des expérimentations, pour pouvoir se donner la bonne conscience de mener ces expérimentations.

Tel est le paradoxe absurde sur lequel repose l’expérimentation animale, paradoxe qui se pose avec d’autant plus d’acuité que la science repousse chaque jour les compétences des non-humains.

Sans statut animal, quelle frontière nature/culture ?

15/07/2010

Tant que le statut de l’animal ne sera pas fixé, il n’y aura pas d’avancées zoothérapeutiques.
La multiplicité des cohabitations mettant en présence hommes et chiens génère un fait social associé à différents enjeux, dont l’enjeu thérapeutique, mais « l’enjeu épistémologique de telles recherches réside dans le statut analytique donné à l’animal. Il apparaît alors que les interactions proprement dites entre les hommes et les animaux – le chien n’est dans ce texte qu’un exemple parmi d’autres – sont un objet évité par les sciences sociales ». (Albert Piette, Entre l’homme et le chien).
Est-il envisageable que la frontière qui est longtemps apparue absolument infranchissable : la barrière nature/culture, soit entrain de tomber et d’ébranler un système de croyances judéo-chrétien qui entretient la coupure entre l’humain et la nature ? L’éthologie contemporaine rouvre certaines voies qui semblaient ensevelies à jamais. La thérapie assistée par le chien met de nouveau en contact dans une communication simple et bénéfique l’homme et les animaux. Darwin avançait vers les années 1850 qu’un comportement humain vis-à-vis des animaux lui semblait être une des dernières conquêtes morales. Gilles Picard et Marie-Amélie Vidal (L’animal spirituel, Éd. Montorgueil, 1994) affirment que parler de l’instinct animal opposé à Anthropologie médicale_pistes d’avenirl’intelligence humaine n’a plus aucun sens. « Toutefois la nature n’est pas libre sur le plan épistémologique. Ses représentations, même à l’époque contemporaine, sont des catégories fondées sur l’aspect social. La frontière nature/culture est sans cesse contestée, et on fait appel à la nature pour accomplir un ‘travail’ politique et moral » (Margaret Lock, dans Anthropologie médicale, ancrages locaux, défis globaux).

Un humain c’est quoi?

12/01/2010

Espèce d'humainL’exposition « Espèce d’humain »

pour se poser des questions.

Le chien comprend les yeux

09/01/2010

Nathalie Saindon, Psyt, Zt, Nt nous disait en décembre dernier qu’en dépit de l’abondance des recherches effectuées dans différents contextes et différents secteurs de la  santé sur les bienfaits de la thérapie assistée par l’animal:

Très peu de recherches démontrent l’efficacité et les mécanismes de l’intervention zoothérapeutique elle-même. C’est-à-dire, comment et en quoi la synergie triangulaire « patient – zoothérapeute – animal » agit sur les différents objectifs thérapeutiques. Cet aspect de la recherche est à développer complètement!

La présence empathique des animaux a une incidence sur notre bien-être et notre survie. Comment? Parce qu’on se regarde. Le visage est une référence universelle des émotions, Paul Ekman l’a démontré : certaines expressions faciale de base (joie, peur, tristesse, dégoût, colère, surprise) seraient reconnues par tous les hommes aux quatre coins de la planète. Charles Darwin (1) a été le premier scientifique à avoir étudié de manière systématique les 6 émotions universelles animales : colère, contentement, tristesse, dégoût, peur et surprise. Les visages humain et canin sont déterminants pour deviner ce que les autres ressentent. Quand un chien vous regarde dans les yeux – organes magnifiquement complexes qui ouvrent les portes du monde émotionnel – vous tissez un lien social étroit avec lui. Et il est faux de croire qu’en cet instant on ne peut accéder à son monde intérieur et lui au vôtre.
Sapi regardant Gabrielle dans les yeuxDans la maladie, la vie inauthentique de l’existence quotidienne vole en éclats, dans la souffrance physique ou l’abandon, le chien est aux aguets, vous êtes peut-être souffrants mais vous êtes là. Des travaux récents en éthologie ont effectivement montré combien le regard du chien s’était sophistiqué au cours de son évolution auprès de l’homme. Les découvertes éthologiques vont toutes dans le même sens : le chien comprend les yeux.
Bon après faut que le médecin puisse mesurer çà avec d’autres outils que ceux actuellement façonnés par la science. Ou que le dernier angle de la triade – le zoothérapeute -  fournisse une démarche scientifique à la méthodologie indiscutable… pour plaire aux premiers…

1/ L’expression des émotions chez l’homme et les animaux, Rivages poche, 2001

Un esprit de chien

14/10/2009

Essayez avec votre chien : ‘Hé, hé, hé , il est où?’, vous allez voir votre chien terrier ou pas, de chasse ou pas, jeter un regard alentour, se mettre immédiatement en branle pour chercher, la truffe à terre, il flaire, il explore, il se précipite là où votre regard se pose et si vous remettez une couche d’excitation ‘bah alors il est où?’, il redouble d’ardeur. Pour Darwin c’est la preuve que le chien a, à l’esprit, l’idée générale ou le concept que quelque chose doit être découvert. Donc qu’il comprend. Donc, que le chien a bel et bien une vie mentale. Ce qui induit qu’il éprouve des émotions, fait preuve d’intelligence. Il n’est peut-être pas – bien que…– apte à parler avec des mots du langage humain mais il s’exprime bel et bien.
Ainsi devient-il un être moral.
Son existence a une valeur. Il n’y a pas de coupure radicale entre les espèces avec d’un bord l’homme intelligent et supérieur et de l’autre le reste de la création. Darwin et les connaissances éthologiques et physiologiques actuelles concluent que la différence entre l’esprit de l’homme et celui des animaux supérieurs, aussi grande soit-elle, est une différence de degré et non de nature.


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