Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘courir’

Le canicross, quintessence de la relation anthropocanine

20/09/2010

C'était aux championnats du monde Dryland 2009Le canicross c’est une relation. Le canicross est aussi un sport. C’est courir avec son chien. Il y a donc deux athlètes, 6 pattes, le chien et l’humain. Quand un des deux dans le lien est blessé, la course ou l’entrainement est reporté. C’est la beauté de ce sport qui s’adresse à tous, amoureux des activités de nature, de sensations fortes, découvreurs de paysages et de méditation active dans un cadre naturel.
Mais avant de courir, il faut commencer par marcher, avec un chien, on ne parvient pas à  faire une canicross dans le bois de 7, 5 kms comme ça en se levant un  matin. C’est un entrainement long car non seulement l’athlète humain doit se mettre en forme, mais en plus il doit co-apprendre avec son chien à courir au diapason et oui à perdre le souffle plusieurs fois : le canin a aussi besoin d’être encouragé. Faire courir un chien n’est pas évident: il faut le motiver. Lui dire, redire, rappeler, ressasser les commandements. C’est normal et beau si et seulement si rien n’est fait sous la contrainte et dans une ambiance malsaine. L’essentiel dans ce sport d’endurance, attelé, est d’être présent et constant.
Une bonne connaissance du chien est nécessaire pour mettre en place les commandements de base, pour apprendre des comportements de son co-athlète-chien. Quand il tourne les oreilles, qu’est-ce que cela veut dire pour lui? Quand il commence à vouloir sentir sur le bas côté, quels sont ses signes avant-coureurs? Quelle réaction a-t-il lorsqu’un autre chien le dépasse?… Aussi faut-il connaître son chien avant de commencer, savoir ce qu’il aime, comment il l’aime et accepter la progression, la lenteur de la progression, la lenteur de l’apprentissage des instructions. Commencez par le début : en adoptant un point de vue canin : courir en fractionnant les étapes. Pour un poilu, c’est plus naturel comme type de course et surtout plus amusant. Une étape jusqu’au lac pour se baigner et se désaltérer, une étape jusqu’à un autre lieu digne d’intérêt…. pour le chien… Et pour finir une récompense de taille : à chacun la sienne, des félicitations tout le temps, constamment, le chien est bon et beau de courir attelé à un humain. Inlassablement, pendant la course (surtout dans les premiers temps), il faut parler à son chien afin qu’il sache que vous l’appréciez, que vous appréciez ce moment, que vous reconnaissez son effort, que vous êtes contents.

imagesCAW558QELe canicross c’est la quintessence de la relation imagesCAW558QEanthropocanine. Car, il arrive un moment où les deux souffles sont en écho, où la foulée ne fait plus que 6, où l’énergie porte les deux athlètes. Ça arrive, plus souvent qu’autrement quand la beauté d’un sentier unit l’humain-l’animal-le végétal. Ce sont des moments de communion, et c’est certainement pour quoi je cours.

horaire du séminaireEn fin de semaine se tient le premier séminaire de canicross du Québec
Ce séminaire est organisé par Canicross Québec à l’intention des coureurs de canicross qui désirent progresser, améliorer leurs sensations et leurs connaissances en canicross. Trois intervenants spécialisés nous apporterons leurs conseils et leurs expériences.
Ludovic Coulaux, Champion du monde de kart 6 chiens (2009), Vice-champion de France de Ski-joring
Jolyanne Bérubé, Kinésiologue, entraineure et coureuse de course à pied
Bruno Saucier, Guide professionnel de traineau à chiens, rafting et canot

Canicross, un sport complémentaire

06/04/2010

Marie-Ève est une jeune femme qui court, son objectif : terminer le marathon en septembre prochain. Cela fait un an qu’elle s’y prépare. Depuis quelques semaines, elle a intégré le canicross dans son programme d’entrainement. Tout un changement dans ses performances…

La plus grosse différence entre le canicross est la course « normale » est définitivement la cadence. En course « normale », le nombre de foulées est très important, mais en canicross, c’est pratiquement impossible pour moi de courir en faisant un nombre de foulée minimal (3 foulées/seconde) en raison de la très grande vitesse. Pour cette raison, c’est beaucoup plus difficile sur les articulations parce que comme la foulée est plus grande, l’impact au sol est également plus grand. Je crois que c’est un des plus grands défis parce que mon corps est habitué de courir en faisant 3 fois plus de foulées. Par contre, à force d’aller courir en canicross, je commence à courir plus en douceur. Les premières fois en canicross, je courrais un peu à contre-courant. Mon corps étant habitué à courir d’une certaine façon (le nombre de foulée par seconde, la position des bras, des mains, etc.), j’ai dû m’ajuster en trouvant une autre façon de courir. Lewis exprime sa hâte de courir
L’autre grande différence est la vitesse. Je ne pourrai jamais courir à cette vitesse par mes propres moyens… à mon grand désarroi! Comme c’est plus rapide, le cardio est toujours à son maximum. Quand je m’entraîne en course « normale », il m’arrive souvent de courir vite, mais à la vitesse que nous courrons avec les chiens, ce serait impossible de tenir sur d’aussi longues distances. En entraînement, il y a 5 vitesses de course. 1, 2, 3, 4 et 5. La 1 étant la vitesse la moins rapide (ce qui signifie : être en mesure de parler comme si on est assis dans son salon en train de prendre le thé) et la 5 étant la plus rapide (communément appelé le sprint). En canicross, nous sommes probablement entre la 4 et la 5 (la vitesse 5 est impossible à maintenir sur de longues distances…c’est la vitesse des sprinters de 100 et 200 mètres), mais comme le chien nous aide en nous tirant, nous sommes en mesure de courir plus longtemps à cette vitesse.
 Lorsqu’on s’entraîne pour des marathons, l’entraînement de base comprend au moins une sortie de course rapide par semaine. Ça peut être du speedwork, des intervalles ou du fartlek séance chronométrée de course par intervalles. Les entraînements en canicross sont compris dans mes sorties de fartlek. Les entraînements de vitesse en course d’endurance servent à plusieurs choses, dont entre autre, à pousser le corps. C’est ce qui donnera le coup de main qu’un coureur aura besoin pour courir et terminer une course en force. Donc, le canicross m’aide énormément dans mes entraînements. Je ne pourrai pas faire que ça, car je dois quand Départ de la course du 6 mars 2010même être en mesure de pouvoir pousser par mes propres moyens, mais c’est définitivement un entraînement de vitesse intense. Au lieu de pousser mon corps à courir plus vite, je pousse mon corps (surtout mes jambes) à travailler plus vite. Quand je cours seule, les muscles du fessier et les ischio-jambiers (l’arrière des jambes) sont les plus sollicités parce que tu pousses pour te donner l’élan pour avancer. En canicross, ce sont les quadriceps (le devant des jambes) qui sont les plus sollicités parce que ce sont ces muscles qui font que ta jambe lève et avance. Ce qui ne peut pas nuire, surtout dans les montées et les descentes!Un départ canin c'est aussi une cohue
Au début, le canicross était pour moi une occasion de combiner ma passion de la course et des chiens. Je dois par contre admettre que maintenant, je me sers de ça pour mes entraînements. Mon coach n’est pas familier avec le canicross, mais lorsque je lui ai donné une idée de la vitesse à laquelle on court et que je lui ai demandé d’inclure mes sorties de canicross dans mon programme d’entraînement, il a tout de suite vu que ça pouvait m’aider à augmenter ma vitesse de course.
Sur la ligne d'arrivéeMerci à Marie-Ève de s’être arrêtée quelques instants pour nous partager sa passion et hop…. la voilà repartie sur les chapeaux de roues….
Bon vent et pattes à Lewis

Si le cœur vous en dit, voici à quoi ressemblent les semaines d’entraînement de Marie-Ève :
 Lundi/cross fit – Mardi/intervalles – Mercredi/off – Jeudi/canicross - Vendredi/hills – Samedi/canicross + easy – Dimanche/longue sortie

Pour en savoir plus :
http://www.sortiedechien.com/en/node/52344
http://www.sortiedechien.com/fr/node/77744v
Canisport avec Daniel Mélaçon – Salut Bonjour

Qu’on se le dise :
Il y a aura une canicross au 9e Festival Plein Air, le 16 mai prochain sur le site du parc Jean Drapeau, à Montréal

Repenser la politique municipale de l’animal

24/09/2009

Il y a nécessité d’adopter une politique de gestion de l’animal dans la ville de Longueuil qui embrasse la totalité de la problématique. La manière dont les animaux sont traités dans une ville détermine la grandeur de ladite ville.
L’évolution des modes de vie sur les 50 dernières années a modifié le rapport que nous entretenons à l’animal.  Il est urgent de concevoir le vivant autre qu’humain comme un facteur positif dans la vie urbaine : l’animal fait société tant il permet la permanence ou le rétablissement de passerelles sociales.
Le statut de l’animal familier ne cesse d’évoluer, mais cela ne va pas toujours naturellement de soi et n’est pas reflété dans les textes administratifs. Ainsi, le règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux de la ville de Longueuil indique : « Constitue une nuisance le fait qu’un chien se trouve dans une place publique, un parc, un terrain de jeux, une piste cyclable sauf pour la traverser, un marché public, un espace de verdure, sur le terrain d’une école, dans un édifice public, une bibliothèque, une piscine, un aréna, un centre hospitalier, un édifice gouvernemental ou municipal ou tout autre endroit du même genre ».
Où peut-il être alors?
Forcer les propriétaires de chiens à tenir leur bête en laisse sur ses trottoirs et dans ses parcs ne répond pas aux besoins du chien et de son  maître. En effet, un chien a besoin de courir. Le monde canin et l’Académie de médecine vétérinaire du Québec s’accordent pour dire que les chiens doivent être bien dans leur tête et bien dans leurs pattes pour pouvoir cohabiter harmonieusement et pour assumer leurs nouveaux rôles. Ils doivent courir et socialiser. Leurs maitres doivent les sortir et socialiser. AnimaQuébec indique que chaque jour les chiens doivent faire des exercices adaptés à leur état physiologique et doivent pouvoir faire au  moins 30 minutes d’exercices en dehors de leur enclos. Pour voir le règlement de la ville de Longueuil suivi par au moins la vaste majorité des propriétaires de chiens, elle doit leur offrir un terrain d’exercice à proximité de leur domicile. Sinon, la plupart des propriétaires prendront le risque de laisser leur chien en liberté dans un parc, où il peut s’ébattre à son gré. Ainsi, le règlement de la ville de Longueuil expose les propriétaires de chiens aux amendes.
Actuellement, la Ville de Longueuil formée des arrondissements de Greenfield Park, Saint-Hubert et du Vieux-Longueuil et qui compte 389 938 habitants met à la disposition des citoyens trois  aires d’exercices pour chiens, identifiées par signalisation, où la laisse n’est pas obligatoire.  Et, à condition que le chien soit gardé en laisse, sont également accessibles le jardin du métro, l’espace de verdure en front du chemin Du Tremblay et le Parc de la Cité. Or ces espaces sont non accessibles à 80 691 résidents extérieurs aux villes de Longueuil et Saint-Hubert.
C’est pourquoi il est important de faciliter la relation au vivant, c’est « un élément constitutif de la qualité de vie en milieu  urbain. La présence de l’animal contribue sans nul doute à l’élaboration d’un projet durable de prise en compte des attentes du citoyen. Chiens, chats mais aussi oiseaux, rongeurs ou tout autre représentant de la faune autochtone participent à l’humanité de l‘espace public» [1]. 


[1] La Lettre des Villes de l’Afirac, décembre 2008


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