Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘Côte-Nord’

Chiens de trait, une longue histoire

26/04/2011

D’un travail attelé au sport attelé, longue histoire d’une relation qui a débuté sous des auspices violents….
Il n’y a pas que les chevaux qui ont tiré des carrioles, des fiacres et des cabriolets. Les chiens aussi – surtout, les chiens– ont été utilisés pour des déplacements, pour transporter des marchandises. Au 18 e et 19e siècle, on parlait à ces époques de charges considérables à tracter, de longs parcours à effectuer et… de coups émis par les humains qui devaient faire avancer les chiens par ailleurs déjà très sollicités. Des coups et des hurlements, c’est d’ailleurs cette violence déployée aux yeux de tous qui, par ailleurs, a été à la fondation des sociétés protectrices des animaux.
Chiens de traitLa seconde moitié du 18e siècle est marquée par le développement – qui devient considérable au 19e siècle – de l’utilisation des animaux domestiques (aussi bien en ville que dans les campagnes) pour le trait. Ce sont notamment les chevaux mais aussi les chiens plus économiques que les équidés. Le transport animal connaît un fort développement concurrencé par la navigation fluviale et le portage humain, la moitié du trafic des marchandises alors se fait par traction animale. Du fait de la raréfaction des cas de rage, de l’essor des élevages, l’usage du chien se répand.
À la ville comme à la campagne, les chiens sont attelés aux charrettes. Belle économie pour un propriétaire : un employé, un cheval ou un mulet coûtent trop cher! Les chiens transportent les produits des maraîchers, accompagnent déjà les enfants à l’école, servent au transport des personnes âgées ou deviennent… taxi : taxis de gare en Sologne (France).
Dans les débuts de la colonie au Québec, prospecteurs, trappeurs, colons utilisent des chiens pour le transport des gens, des bagages, des matériaux de construction. Sur la Côte-Nord, on estime qu’en 1875 chaque famille possédait un attelage d’environ quatre chiens. Le courrier y était transporté par chien postier!
L’animal dans la spirale des besoins humainsMais ces chiens sont maniés par une population qui n’en a pas l’habitude, qui n’a pas souvent la patience, qui reporte sur eux la violence qu’elle vit souvent dans les rapports sociaux, explique Éric Baratay (p. 42 de l’ouvrage ci-contre). L’animal était traité comme un sous-prolétaire sur lequel se construit l’essor économique
la société des animauxDu fait de la généralisation de ces pratiques insanes et de la réaction du public face aux manières brutales des conducteurs, du fait de la révolution industrielle, de l’abolition de l’esclavage, de l’industrialisation… les mœurs changent au cours de ces siècles. L’homme devient plus sensible à la douleur de l’animal, il ne peut plus tolérer le spectacle atroce des conducteurs battre et tuer les animaux en public.

Ainsi, sont venues les lois (La loi Grammont (1850) en France) interdisant de telle pratique. Le 10 décembre 1852, le gouvernement du Québec ordonna que l’on cesse d’atteler les chiens que ce soit pour l’amusement des enfants ou pour le transport des marchandises. Cette loi demeura en vigueur pendant 70 ans et il fallut attendre jusqu’en 1922 pour que l’on autorise à nouveau les attelages de chiens pour les démonstrations, les parades et les carnavals…
Et désormais les sports attelés….

Pour aller plus loin :
Les chiens de trait
La randonnée en traineau à chiens dans les parcs nationaux du Québec


Suivez-moi sur Twitter Suivez-moi sur Facebook Recevez nos billets chaque semaine par courriel