Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘confiance’

S’entrainer pour gagner du moral et pour en perdre

21/01/2011

Trophée des MontagnesConfiance et complicité sont les maîtres mots qui  motivent les entrainements en canicross. Que ce soit pour préparer le Trophée des Montagnes  ou pour courir en meute, ça prend un plan d’entrainement pour le 2 pattes et un plan d’entrainement pour le 4 pattes et une gestion des essais et des erreurs…  Peu de choses affectent autant la relation avec nos chiens que la confiance. Elle n’est jamais vraiment acquise, elle se reconstruit chaque jour sur des bases toujours plus solides. En confiance, le chien nous suivra dans nos motivations et nos jugements, dans nos décisions même les plus saugrenues comme prendre un avion… En canicross, et dans la vie sportive de tous les jours, le chien devrait coopérer en toutes circonstances, faire un 6 pattes en un seul équipage, unis dans les moments difficiles. Et dans tout entrainement de canicross, de skijoering, de trotinette, il y en a.
Ça commence par le choix des terrains d’entrainement, alterner la nouveauté, le jeu si possible de nouveaux dénivelés, les distances… Autant d’éléments qui vont garder le chien en éveil. En tout temps, remettre en forme l’humain pour que le canin ait du plaisir à canicourir. Le chien tire l’humain, si le deux pattes traine la patte, le quatre pattes peut déchanter et se désintéresser.Championnats canadiens-Bristol-automne 2010
Dans les courses comme les entrainements, les coussinets peuvent s’abimer, aussi faut-il miser à les renforcer préalablement en courant sur toutes sortes de terrain pour éviter les blessures immobilisantes, étirer le chien avant et après, les muscles sont fragilisés, tous ces gestes renforcent la relation. Et puis, la nourriture et les compléments alimentaires riches permettent de compenser un manque et de précupérer immédiatement après l’effort.

En parallèle, le coureur humain ne se prépare pas tant à faire des kilomètres : endurance! endurance! endurance! Que du temps…. Imaginez le plaisir de votre chien si vous pouviez l’accompagner dans sa course véritablement… Par exemple, les étapes du TDM ne sont pas très longues -  en moyenne 7.5 kms/jour -  mais, ça ne se canicourt pas en dedans de 25 minutes! Il faut prendre en considération la dénivellation des Alpes françaises. Certains forums indiquent qu’il faut multiplier le temps habituel de course par 1.5…. pour les meilleurs (résultats 2010).
Ça veut dire aussi que le chien devra tenir autant d’heures attelé…. en confiance… et offrir à son chien les conditions optimales …. Une confiance peut se perdre par une mauvaise appréciation d’une situation … Ne rien mésestimer sur un sentier… La banalité humaine est anormale dans un langage canin…. et peut valoir le  retrait du chien. 
Chaque jour remettre sur l’ouvrage l’œuvre de confiance!

Le chien en zoothérapie agit-il moralement?

01/12/2010

Nous avons encore beaucoup à apprendre sur l’importance de la coopération et sur son rapport avec la justice dans le monde animal. Effectivement, il a fallu attendre ces 10 dernières années pour qu’un propos sur la moralité des animaux ne soit pas systématiquement reçu par un froncement de sourcils sceptique et un rire méprisant. La tradition a fait de la moralité l’apanage de l’homme, jusqu’à y voir la définition même de notre humanité. Certains scientifiques continuent de rejeter avec véhémence l’idée que nous pourrions partager cette qualité avec d’autres êtres. Pourtant, de plus en plus de biologistes, de neuroscientifiques, de philosophes et d’éthologues commencent à penser que la moralité serait une stratégie largement adaptative ayant évolué chez bon nombre d’espèces. Je ne dis pas que le comportement moral des animaux est le même que le nôtre. Je pense plutôt que ce qu’on appelle ‘moralité’ est un phénomène biologique très diversifié, nécessaire à toute vie en société. Les composants de base de la moralité – la coopération, l’empathie, l’équité, la justice et la confiance – sont un héritage de nos ancêtres, au même titre que les émotions.

Sous sa forme la plus élémentaire, la moralité peut apparaître comme un comportement prosocial : un comportement dont l’objectif est d’augmenter le bien-être des autres. La moralité est un phénomène intrinsèquement social : elle se manifeste dans les interactions entre les individus comme une sorte de toile ou de tissu qui maintient la tapisserie compliquée des rapports sociaux. Avec le temps, le mot ‘moralité’ en est venu à désigner simplement le fait de connaître la différence entre le bien et le mal, entre être bon et être mauvais.  Chez les animaux, la moralité renvoie à une gamme extrêmement variée de comportements sociaux. Il s’agit d’un ensemble de règles édictant la manière d’agir au sein d’une communauté, assimilé par chacun de ses membres. Le comportement moral comprend la coopération, la réciprocité, l’empathie et l’assistance. Mais il ne se limite pas à ces divers éléments. La moralité possède à la fois les composants émotionnels ou affectifs et des composants cognitifs.
Marc Bekoff . Les émotions des animaux, p. 167-168-169

Le comportement moral comprend la coopération, la réciprocité, l’empathie et l’assistance

Le comportement moral comprend la coopération, la réciprocité, l’empathie et l’assistance

Il reste certe encore beaucoup de recherches à faire sur la manière dont les animaux respectent la moralité et en définissent les règles.

Mais,si la moralité est une stratégie adaptative, le chien qui demeure auprès des hommes depuis des millénaires et désormais qui oeuvre conjointement à un intervenant en thérapie assistée par l’animal, fait-il montre de moralité ? Fait-il montre d’un comportement dont l’objectif est d’augmenter le bien-être des autres?


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