Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘compréhension symbiotique’

Être vivant de compagnie

23/01/2012

L'animal est un être vivant, un être de compagnie et non pas un animal de compagnieNos compagnons ne sont pas des réceptacles passifs de sensations mais des sujets actifs, co-constructeurs de leurs propres perceptions. Les chiens ont un cerveau. Il est important par conséquent de prendre en compte le fait qu’ils ont un rapport subjectif et affectif au travail, aux situations quotidiennes, aux mesquineries…

Si les lions pouvaient parler sous la direction B. CyrulnikLes chiens  sont de performants révélateurs de ce que nous exprimons inconsciemment. Si l’homme parle verbalement pour son animal, celui-ci parle non verbalement pour l’humain. Et d’avoir à constamment décrypter le langage, verbal et non verbal, de cet humain, les chiens sont devenus des ‘êtres particulièrement tournés vers l’écoute’, ainsi que le remarque Marie-Christine Mouren-Siméoni, dans Si les lions pouvaient parler.
On dit souvent que la communication entre l’animal et l’homme est une compréhension symbiotique mutuelle. On oublie souvent de rajouter:  Si et seulement si la conception de l’humain se modifie alors l’animal apparaîtra sous un éclairage différent. Car le paradoxe de l’humain c’est que pour aimer l’altérité animale, il doit  la réduire à  ce qu’il peut lui-même concevoir: un chien, c’est un animal presqu’une chose, pas trop consciente… un chien c’est un chien.

L’animal à l’âmeOr,  le ’sentir’ est le fond commun de l’homme et de l’animal. Le premier aura accès au second par un ‘sentir commun’, c’est-à-dire par l’empathie ou la sympathie, respectivement ‘sentir du dedans’ et le ‘sentir avec’, exprime Sandrine Willems dans L’animal à l’âme (p 61).  La réalité est que l’empathie qui s’appuie sur des signes corporels échappant à la conscience fonctionne selon des cercles concentriques dans lesquels les apparences jouent un rôle essentiel. Plus on s’éloigne de ce qui nous ressemble pour aller vers ce qui est différent de nous (homme vers animal), plus la sécurité psychique est mise à l’épreuve. Et plus il faut s’y préparer afin que l’empathie n’en souffre pas trop.

L’empathie ne se réduit pas à prouver ce que l’autre ressent, encore faut-il le lui manifester. Ce qu’on éprouve est inséparable de ce qu’on montre. Dans ‘émouvoir’ il y a ‘mouvoir’  et dans  traiter chacun selon le statut qui lui correspond, il y a sens de la justice. L’exception humaine est précisément ce qui fonde notre responsabilité à l’égard de tous les êtres, vivants ou non, qui ont une valeur morale. Il est important et urgent d’éduquer les humains dès l’enfance au respect de ce qui a une valeur et une essence.  L’animal est un être vivant, un être de compagnie mais non pas un animal de compagnie.

Car aujourd’hui, c’est de l’homme dont souffre essentiellement l’être vivant (pour paraphraser Elisabeth de Fontenay).


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