15/12/2010
La prétendue faiblesse de caractère de tant de chiens repose souvent sur des erreurs éducatives au cours de la phase de socialisation : on ne joue pas assez avec le chien, en revanche on ‘dresse’ d’autant plus. Plus d’un homme se prend pour un dompteur de lions frustré et prend le chien pour un loup sauvage et féroce. En cela, il se trompe doublement. Premièrement, un dompteur de fauves n’est plus, depuis longtemps, un dompteur d’animaux qui impose aux ‘bêtes sauvages’ sa volonté de fer, mais un ami des animaux sensibles qui sait qu’il ne peut espérer les meilleurs résultats que si ces grands chats ont du plaisir à travailler. Deuxièmement, il n’y a pas de loups sauvages et féroces. P 54-55
On n’insistera jamais assez sur le fait que le chien n’est pas un être dont les instincts sont fixés une fois pour toutes. Il ne suffit pas de connaître tous les modes de comportements innés pour mieux s’entendre avec le chien. Il est beaucoup plus important en revanche d’analyser exactement ses possibilités d’apprentissage innées, en fonction de son âge, d’observer sa relation avec le compagnon parental et d’étudier les interactions entre le père et le chiot dans les différentes phases de vie pour savoir comment et par quoi se construit la personnalité de chaque chien. Il est précisément un ‘animal d’apprentissage’. P55
La hiérarchie sociale n’est pas une affaire de supériorité physique, elle est certainement plus une question de supériorité psychique. p 57
Si nous voulons aussi nous comporter selon les lois de l’espèce, il nous suffit d’imiter ce que fait le père-chien. Il organise beaucoup de jeux avec les chiots, des jeux de chasse et de prédation en particulier et il les ’scolarise’. p 60
Le chien adulte ne joue pas non plus avec nous pour développer son savoir mais pour pratiquer son exercice communautaire. p 61
Le chien pris au sérieux
Eberhard Trumler
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01/12/2009
L’adaptation à l’être humain est inscrite dans la nature même du chien qui a été le sujet d’expériences génétiques menées par la cupidité humaine.
Les races de chiens ont été inventées. 
Ce n’est pas parce que deux chiens ont des traits extérieurs différents (couleurs de la robe, longueur du nez…) qu’ils appartiennent à un type particulier. Lorsqu’un humain choisit un chiot et qu’il lui est présenté comme étant un chien de race pure, c’est omettre le phénomène de brassage génétique et surtout, surtout, c’est renforcer la vision d’un chien, produit de consommation.
L’origine des races remonte à la seconde moitié XIXe siècle. À cette époque, la manière de concevoir le vivant et l’hérédité est issue des théories des races humaines, de l’eugénisme en particulier. Autant de thèses qui pousseront les nazis au pouvoir! Le tout s’appuyait – s’appuie encore – sur une conception de l’espèce ou de la race comme « type morphologique et comportemental obéissant à un principe de corrélation et transmis héréditairement à la descendance » (1). Ce qu’on appelle ‘le délit de sale gueule’. À l’époque donc – de nos jours encore – on répertorie les chiens selon des types mesurables extérieurement qu’on tente de préserver par une reproduction sélectionnée (à l’interne). Ensuite on cherche une généalogie la plus ancienne possible pour fixer les traits ancestraux du chien et surtout sa valeur aux yeux de l’humain. Chien de race pure, çà veut dire de lignée royale, l’humain n’achète pas à prix d’or un roturier ! C’est oublier qu’avant le XIXe siècle, l’idée de race – race canine – n’existait pas.
Aussi est-il préférable d’avoir un minimum de recul historique pour apprécier les origines idéologiques de l’idée de race.
[1] Guillo, Dominique. Des chiens et des humains, Paris : Le Pommier, 2009, p. 95
Pour pas en savoir beaucoup plus :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_races_de_chiens
Pour aller plus loin, le livre d’André Pichot :

Tags: André Pichot, brassage, chien de race pure, chiot, Des chiens et des humains, Dominique Guillo, espèce, eugénisme, généalogie, génétique, idéologie, invention des races, nazis, origine des races, produit de consommation, race, reproduction sélectionnée, théories des races humaines, type, type morphologique et comportemental, XIXe siècle, ‘délit de sale gueule’
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