Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘chiens’

Un parc régional qui aime les chiens

04/03/2013
Un parc qui aime les chiens
Les animaux domestiques sont interdits dans les parcs nationaux du Québec. http://www.sepaq.com/pq/conserver/reglementation.dot). En ce qui concerne les réserves fauniques, les chiens y sont autorisés si et seulement s’ils sont en laisse. Ils sont peu nombreux les parcs au Québec qui acceptent les chiens aussi il aurait été dommage de ne pas souligner le chaleureux accueil et surtout les merveilleuses randonnées que l’on peut faire avec son chien dans le parc des Appalaches.
Ce Parc régional s’étend sur un vaste territoire qui épouse une topographie changeante. En raison de cette diversité de relief et de géographie, le parc compte de nombreux sites naturels : eskers, tourbières, chutes, montagnes, rivières, lacs. Et le chien est le bienvenu. Il est tout à fait normal que certaines règles s’appliquent afin de conserver ce privilège et vivre en harmonie. Et vous savez quoi? Ca fonctionne bien! Même quand il s’agit de faire l’ascension du Mont Sugar Loaf qui s’élève à une altitude de 650 m alors que certains sentiers très techniques ne laissent passer qu’un humain. Le civisme existe, même et surtout quand on vit avec un chien!
Tout parc au Québec est créé pour protéger les milieux naturels représentatifs ou particuliers et des paysages d’une région. Des territoires qui doivent être mis en valeur par l’interprétation du patrimoine naturel et culturel et par des activités de plein air. Le Parc des Appalaches comme les autres parcs au Québec (SEPAQ ou réserves fauniques, ou parcs privés ou…) font face à des enjeux de conservation. Il s’agit de trouver un équilibre entre la protection et l’accessibilité des aires protégées. Pourquoi dans le parc régional des Appalaches est-il possible de se balader dans les sentiers pédestres avec son chien tenu en laisse alors que c’est interdit presque partout ailleurs au Québec? En quoi un chien tenu en laisse et dont le propriétaire ramasse les excréments est-il plus nuisible que les quelques 300 000 visiteurs qui chaque année flânent dans les sentiers du Parc des Îles de Boucherville, par ex.?
Le réseau des parcs nationaux du Québec devrait se  positionner à l’égard de l’écotourisme et du tourisme d’aventure. On pense ici au traîneau à chiens, aux cani-marches, cani-randonnées, canicross….
Pour aller plus loin : http://www.parcappalaches.com/fr/randonnees-pedestres/accueil/

Les animaux domestiques sont interdits dans les parcs nationaux du Québec (réglementation). En ce qui concerne les réserves fauniques, les chiens y sont autorisés si et seulement s’ils sont en laisse. Ils sont peu nombreux les parcs au Québec qui acceptent les chiens aussi il aurait été dommage de ne pas souligner le chaleureux accueil et surtout les merveilleuses randonnées que l’on peut faire avec son chien dans le parc des Appalaches.

Ce Parc régional s’étend sur un vaste territoire qui épouse une topographie changeante. En raison de cette diversité de relief et de géographie, le parc compte de nombreux sites naturels : eskers, tourbières, chutes, montagnes, rivières, lacs… Et le chien est le bienvenu. Il est tout à fait normal que certaines règles s’appliquent afin de conserver ce privilège et vivre en harmonie. Et vous savez quoi? Ça fonctionne bien! Même quand il s’agit de faire l’ascension du Mont Sugar Loaf qui s’élève à une altitude de 650 m alors que certains sentiers très techniques ne laissent passer qu’un humain.

sentiers pédestres,animaux domestiques, parcs nationaux du Québec, SEPAQ, réserves fauniques, chiens en laisse, randonnées, Parc régional des Appalaches, topographie, géographie, sites naturels, Mont Sugar Loaf, Québec, milieux naturels, écotourisme, tourisme d’aventureLe civisme existe, même et surtout quand on vit avec un chien!

Tout parc au Québec est créé pour protéger les milieux naturels représentatifs ou particuliers et des paysages d’une région. Des territoires qui doivent être mis en valeur par l’interprétation du patrimoine naturel et culturel et par des activités de plein air. Le Parc des Appalaches comme les autres parcs au Québec (SEPAQ ou réserves fauniques, ou parcs privés ou…) font face à des enjeux de conservation. Il s’agit de trouver un équilibre entre la protection et l’accessibilité des aires protégées. Pourquoi dans le parc régional des Appalaches est-il possible de se balader dans les sentiers pédestres avec son chien tenu en laisse alors que c’est interdit presque partout ailleurs au Québec? En quoi un chien tenu en laisse et dont le propriétaire ramasse les excréments est-il plus nuisible que les quelques 300 000 visiteurs qui chaque année flânent dans les sentiers du Parc des Îles de Boucherville, par ex.?

animaux domestiques, parcs nationaux du Québec, SEPAQ, réserves fauniques, chiens en laisse, randonnées, Parc régional des Appalaches, topographie, géographie, sites naturels, Mont Sugar Loaf, Québec, milieux naturels, écotourisme, tourisme d’aventure

Le réseau des parcs nationaux du Québec devrait se  positionner à l’égard de l’écotourisme et du tourisme d’aventure. On pense ici au traîneau à chiens, aux cani-marches, cani-randonnées, canicross….

Pour aller plus loin

Parc régional des Appalaches, un parc naturel habité

Comment ça part un projet zoothérapeutique?

16/09/2010

Partage de lancement de projet zoothérapeutique outre-atlantique… Une idée, une envie, une évidence, ça part, aussi, comme ça un projet zoothérapeutique:

Je me présente: professeur d’éducation physique âgée de 55 ans, je travaille depuis plus de trente en école spécialisée pour enfants de type 8 (troubles instrumentaux, dyslexie, dyscalculie). Nous avons dans notre population des enfants présentant des troubles comportementaux, dits caractériels, et d’autres enfants au coefficient intellectuel plus bas que la norme. J’ai également exercé en tant que professeur de voix en privé et comme professeur de yoga.
Je suis également une amoureuse des animaux, amour qui s’est révélé peu à peu par l’équitation, puis une formation d’hippothérapeute à Louvain-la-Neuve  avec Brigitte Loo.
Actuellement, je possède deux chiens (scottisch terrier et berger allemand de 7 et 5 mois respectivement), deux chats (1 siamois de 1 an et un européen de 6 ans), 5 lapins nains de 2 ans, 2 chèvres naines de 3 ans, 2 poules de 1 et 2 ans, 1 canard et 5 perruches, 2 tortues d’eau et deux enfants de 13 et 15 ans.
La présence des animaux donne toujours une autre dimension à la personne. Ils interpellent sans exigences, ils entrent en relation spontanément sans intention, ils n’ont pas de projection sur nous. J’ai le projet d’introduire les animaux dans le contexte scolaire. Je voudrais par ce biais interpeler les enfants sur l’être vivant-autre-que-moi, qui a des caractéristiques propres, un caractère personnel, un fonctionnement différent, pour les ouvrir à la différence et à l’acceptation de cette différence. Je voudrais les amener à avoir une relation à l’autre qui soit respectueuse, ludique, amicale. Je voudrais les ouvrir au monde animal, reflet de la nature.
J’ai donc imaginé dans un premier temps, de visionner une cassette présentant les différentes disciplines réalisées avec des chiens (dressage, traîneau, chien d’aveugle, mordant, agility, toilettage…). Puis, j’introduirais le chien en parlant des caractéristiques de la race (chien de chasse, de garde, de troupeau…) avec des notions d’éthologie. Dans un troisième temps, les enfants entreraient en contact avec le chien au travers du toilettage, de la promenade en laisse et du jeu. Le chien pourrait être présent au cours et motiver les enfants à une meilleure attention et participation.
En tant que professeur d’éducation physique, je n’ai pas les enfants toute la journée. Ils auront donc la possibilité de rencontrer les chiens une à deux fois dans la semaine et lors des récréations. Ces moments seront forcément différents puisqu’il y a en récréation une liberté qui ne peut se concevoir en classe.
Je me laisse aussi le temps d’y réfléchir, d’exposer mon projet aux enseignants, parce que je sais qu’il y aura des détracteurs.

Françoise Daoust

Le souci compatissant des chiens

27/07/2010

Les témoignages de personnes réconfortées par leur chien en période de détresse abondent. Besoin est-il de démontrer scientifiquement le penchant canin à l’empathie? Des études sérieuses existent.
Laissons la parole à Frans de Waal. L’Âge de l’empathie, LLL – Les liens qui libèrent – p 140-141

Quand la psychologue américaine Carolyn Zahn-Waxler voulut déterminer à quel âge les enfants commencent à réconforter des membres de leur famille ayant reçu l’instruction de sangloter ou de crier ‘aïe’. Il s’avère que les enfants le font déjà à 1 an bien avant que le langage n’interfère dans leurs réactions. Dans cette étude les chercheurs découvrirent incidemment que les animaux de la maison réagissaient de la même façon que les enfants. Paraissant aussi perturbés par cette détresse feinte, ils tournaient autour des membres de la famille et posaient la tête sage de l'empathieur leurs genoux avec les signes d’une vive inquiétude. Mais peut-être que les animaux de compagnie réservent-ils ce comportement aux seuls humains –qui les nourrissent et leur donnent des ordres – à l’exclusion de leurs semblables? La réponse fut apportée par une étude conçue sur le modèle de celles portant sur les primates. Elle mesurait les suites des bagarres entre chiens. Des biologistes belges observèrent près de 2000 altercations spontanées chez des chiens qu’une société d’aliments pour animaux de compagnie lâchait tous les jours dans un pré. Après des manifestations d’agressivité, des chiens s’approchaient d’un combattant – en général le perdant – pour le lécher, lui donner des coups de museau, s’asseoir ou jouer avec lui. Leur initiative semblait calmer le groupe qui revenait à ses activités coutumières.

Que faut-il comprendre de ces recherches? Que le chien a dans sa biologie le penchant empathique développé. Le réconfort semble ainsi faire partie de la gamme canine d’émotions intra et inter-espèce. Mais dites voir, quand on a le souci compatissant de l’autre dans le corps, n’est-on pas dans une position physique de relation morale avec les autres?

Washoe, Koko et les autres nous en parlent

04/01/2010

Pour comprendre ce qui se passe entre l’homme et l’animal nous sommes constamment gênés par l’inadéquation et la pauvreté de la langue pour en parler. Aussi les singes – les chiens aussi, mais les études auprès des singes sont documentées depuis plus longtemps – ont décidé d’utiliser notre langage pour entrer en relation. Ils démontent aux gens de science ce que tout propriétaire d’animal sait, à savoir qu’une association particulière et unique se crée entre un homme donné et un animal, dans laquelle se partagent non seulement des intérêts bien compris, mais également des affects et du sens.
L’une des aventures scientifiques homme/animal les plus étonnantes du XXe siècle commence en 1966 avec Washoe, une très jeune chimpanzée femelle, qui apprend le langage des signes : l’ASL (The ASL Manual AlphabetAmerican Sign Language) auprès d’Alan et Beatrix Gardner. À 4 ans, Washoe a un vocabulaire qui dépasse les 140 mots. C’est le début de recherches passionnantes et ininterrompues auprès de primates – citons Koko, le jeune gorille… – qui mettent en évidence la merveilleuse complicité interspécifique.
On sait que le chien qui peut apprendre au moins 300 mots/codes différents, pourtant les expériences scientifiques mettant en relief ces capacités canines sont encore peu nombreuses. Il est essentiel de défricher ces espaces pour mettre en évidence ces communautés hybrides. Pourquoi ? Parce que ces études signifient que les animaux ne répondent pas de manière instinctive et stéréotypée et robotisée aux présences, requêtes, commandements humains …. Leur réponse comporte visiblement une bonne part de pensée rationnelle. Dominique Lestel indique :

Washoe-le portraitLe chimpanzé devient une personne à la suite de ses relations avec l’humain, mais cette transformation ne peut se faire que parce que l’animal concerné est déjà un sujet autonome faible.(L’animal singulier, p. 57)

 

 

Repenser la politique municipale de l’animal

24/09/2009

Il y a nécessité d’adopter une politique de gestion de l’animal dans la ville de Longueuil qui embrasse la totalité de la problématique. La manière dont les animaux sont traités dans une ville détermine la grandeur de ladite ville.
L’évolution des modes de vie sur les 50 dernières années a modifié le rapport que nous entretenons à l’animal.  Il est urgent de concevoir le vivant autre qu’humain comme un facteur positif dans la vie urbaine : l’animal fait société tant il permet la permanence ou le rétablissement de passerelles sociales.
Le statut de l’animal familier ne cesse d’évoluer, mais cela ne va pas toujours naturellement de soi et n’est pas reflété dans les textes administratifs. Ainsi, le règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux de la ville de Longueuil indique : « Constitue une nuisance le fait qu’un chien se trouve dans une place publique, un parc, un terrain de jeux, une piste cyclable sauf pour la traverser, un marché public, un espace de verdure, sur le terrain d’une école, dans un édifice public, une bibliothèque, une piscine, un aréna, un centre hospitalier, un édifice gouvernemental ou municipal ou tout autre endroit du même genre ».
Où peut-il être alors?
Forcer les propriétaires de chiens à tenir leur bête en laisse sur ses trottoirs et dans ses parcs ne répond pas aux besoins du chien et de son  maître. En effet, un chien a besoin de courir. Le monde canin et l’Académie de médecine vétérinaire du Québec s’accordent pour dire que les chiens doivent être bien dans leur tête et bien dans leurs pattes pour pouvoir cohabiter harmonieusement et pour assumer leurs nouveaux rôles. Ils doivent courir et socialiser. Leurs maitres doivent les sortir et socialiser. AnimaQuébec indique que chaque jour les chiens doivent faire des exercices adaptés à leur état physiologique et doivent pouvoir faire au  moins 30 minutes d’exercices en dehors de leur enclos. Pour voir le règlement de la ville de Longueuil suivi par au moins la vaste majorité des propriétaires de chiens, elle doit leur offrir un terrain d’exercice à proximité de leur domicile. Sinon, la plupart des propriétaires prendront le risque de laisser leur chien en liberté dans un parc, où il peut s’ébattre à son gré. Ainsi, le règlement de la ville de Longueuil expose les propriétaires de chiens aux amendes.
Actuellement, la Ville de Longueuil formée des arrondissements de Greenfield Park, Saint-Hubert et du Vieux-Longueuil et qui compte 389 938 habitants met à la disposition des citoyens trois  aires d’exercices pour chiens, identifiées par signalisation, où la laisse n’est pas obligatoire.  Et, à condition que le chien soit gardé en laisse, sont également accessibles le jardin du métro, l’espace de verdure en front du chemin Du Tremblay et le Parc de la Cité. Or ces espaces sont non accessibles à 80 691 résidents extérieurs aux villes de Longueuil et Saint-Hubert.
C’est pourquoi il est important de faciliter la relation au vivant, c’est « un élément constitutif de la qualité de vie en milieu  urbain. La présence de l’animal contribue sans nul doute à l’élaboration d’un projet durable de prise en compte des attentes du citoyen. Chiens, chats mais aussi oiseaux, rongeurs ou tout autre représentant de la faune autochtone participent à l’humanité de l‘espace public» [1]. 


[1] La Lettre des Villes de l’Afirac, décembre 2008


Suivez-moi sur Twitter Suivez-moi sur Facebook Recevez nos billets chaque semaine par courriel