Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘chiens dangereux’

Un phénomène de société qui a du mordant

15/09/2009

Sans titre

La législation actuelle mondiale sur les chiens jugés dangereux reflète le traitement de la question canine plus largement: on veut contrôler ce qu’on ne peut/veut canaliser (référons-nous aux règlements municipaux qui veulent contrôler les animaux de compagnie considérés comme des nuisances) ou ce dont on ne sait pas quoi faire (les règlements de la Sepaq en sont un exemple).
En fait, l’agression canine est loin d’être un phénomène simple qui se réduirait à ‘un chien me saute dessus’. C’est bien plus complexe et ça induit une interaction entre plusieurs acteurs: le chien, l’humain et la relation entre les deux espèces. En plus, il y a différents types d’agressions qui ont toutes différentes significations pour le chien mais une seule pour l’humain: ‘un chien me saute dessus’. Il y a plusieurs types de morsures dans la tête d’un chien qui n’obéissent pas à la même logique ni aux mêmes mobiles. Il s’agirait comme humain d’en saisir les sources et les significations. Donc d’apprendre le langage corporel et comportemental du chien….. et du maître.
Il n’y a pas de réponse simple comme la législation semble vouloir nous le faire croire à la question des chiens dits dangereux. Des chiens naturellement dangereux ça existe, des races génétiquement dangereuses ça existe aussi, des types de dressage déclenchant l’agressivité du chien et le rendant ‘plus méchant’, ça existe aussi.
Malheureusement on tire trop vite des conclusions comme pour régler un problème de société (car ça en est un) sans se poser de questions plus globales sur la relation homme-chien. Car, certains types de chiens ne se retrouveront pas dans certaines classes sociales et n’y trouveront pas les mêmes usages. C’est une donnée sociologique importante quand on regarde les cas d’agressions canin-humain.
Dans les années 1990, les pitbulls et les rottweilers représentaient la moitié des chiens ayant occasionné des blessures mortelles aux USA, suivis de près par les malamutes, les huskies et …. oui, les danois et les saint-bernard. Mais si on regarde plus largement les statistiques en ce qui concerne les comportements dits agressifs, on retrouve : bull terrier, berger allemand, chiens de troupeau, terrier, labrador, caniche, cocker spaniel, rottweiler[1].
Des chiens peuvent être plus dangereux que d’autres tout en étant moins agressifs!
Tous ces chiffres dépendent aussi de la manière dont l’humain interprète ce que c’est que pour lui une agression, et dans ce registre là, les appréciations sont fort divergentes d’une culture à l’autre, d’un vétérinaire à l’autre. Bref, la compilation de ces chiffres récoltés est sujette à variation.Sans titre

Aussi, gardons-nous bien de généraliser tout en regardant globalement cette question mordante qui mérite un traitement qui a du chien!

 


[1] Budiansky, Stephen. The truth about dog, Londres


Suivez-moi sur Twitter Suivez-moi sur Facebook Recevez nos billets chaque semaine par courriel