Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘chien’

Le canicross, quintessence de la relation anthropocanine

20/09/2010

C'était aux championnats du monde Dryland 2009Le canicross c’est une relation. Le canicross est aussi un sport. C’est courir avec son chien. Il y a donc deux athlètes, 6 pattes, le chien et l’humain. Quand un des deux dans le lien est blessé, la course ou l’entrainement est reporté. C’est la beauté de ce sport qui s’adresse à tous, amoureux des activités de nature, de sensations fortes, découvreurs de paysages et de méditation active dans un cadre naturel.
Mais avant de courir, il faut commencer par marcher, avec un chien, on ne parvient pas à  faire une canicross dans le bois de 7, 5 kms comme ça en se levant un  matin. C’est un entrainement long car non seulement l’athlète humain doit se mettre en forme, mais en plus il doit co-apprendre avec son chien à courir au diapason et oui à perdre le souffle plusieurs fois : le canin a aussi besoin d’être encouragé. Faire courir un chien n’est pas évident: il faut le motiver. Lui dire, redire, rappeler, ressasser les commandements. C’est normal et beau si et seulement si rien n’est fait sous la contrainte et dans une ambiance malsaine. L’essentiel dans ce sport d’endurance, attelé, est d’être présent et constant.
Une bonne connaissance du chien est nécessaire pour mettre en place les commandements de base, pour apprendre des comportements de son co-athlète-chien. Quand il tourne les oreilles, qu’est-ce que cela veut dire pour lui? Quand il commence à vouloir sentir sur le bas côté, quels sont ses signes avant-coureurs? Quelle réaction a-t-il lorsqu’un autre chien le dépasse?… Aussi faut-il connaître son chien avant de commencer, savoir ce qu’il aime, comment il l’aime et accepter la progression, la lenteur de la progression, la lenteur de l’apprentissage des instructions. Commencez par le début : en adoptant un point de vue canin : courir en fractionnant les étapes. Pour un poilu, c’est plus naturel comme type de course et surtout plus amusant. Une étape jusqu’au lac pour se baigner et se désaltérer, une étape jusqu’à un autre lieu digne d’intérêt…. pour le chien… Et pour finir une récompense de taille : à chacun la sienne, des félicitations tout le temps, constamment, le chien est bon et beau de courir attelé à un humain. Inlassablement, pendant la course (surtout dans les premiers temps), il faut parler à son chien afin qu’il sache que vous l’appréciez, que vous appréciez ce moment, que vous reconnaissez son effort, que vous êtes contents.

imagesCAW558QELe canicross c’est la quintessence de la relation imagesCAW558QEanthropocanine. Car, il arrive un moment où les deux souffles sont en écho, où la foulée ne fait plus que 6, où l’énergie porte les deux athlètes. Ça arrive, plus souvent qu’autrement quand la beauté d’un sentier unit l’humain-l’animal-le végétal. Ce sont des moments de communion, et c’est certainement pour quoi je cours.

horaire du séminaireEn fin de semaine se tient le premier séminaire de canicross du Québec
Ce séminaire est organisé par Canicross Québec à l’intention des coureurs de canicross qui désirent progresser, améliorer leurs sensations et leurs connaissances en canicross. Trois intervenants spécialisés nous apporterons leurs conseils et leurs expériences.
Ludovic Coulaux, Champion du monde de kart 6 chiens (2009), Vice-champion de France de Ski-joring
Jolyanne Bérubé, Kinésiologue, entraineure et coureuse de course à pied
Bruno Saucier, Guide professionnel de traineau à chiens, rafting et canot

Les animaux changent parce qu’ils nous changent

28/08/2010

conditionnementCertains dispositifs behavioristes – ceux qui font du conditionnement – ne laissent aucune chance au chien d’exprimer sa manière d’être et de les surprendre. Ils conditionnent le chien à effectuer mécaniquement une commande…. Pour quel bénéfice ?
Ainsi, l’ordre des choses est conservé: l’animal ne peut déroger à cette ornière idéologique dans laquelle il a été formaté: ‘il fait ce que je veux’. Ceci est une autre ‘influence négative de la domestication’, selon l’expression de Romanes, le père de la psychologie comparative interspécifique.
Pourtant, iIl existe une approche qui ouvre des perspectives riches d’enseignement parce qu’ouverte aux changements, une approche qui induit des transformations traduisant de nouvelles manières d’êtres, dans laquelle le scientifique et le propriétaire ne savent pas quelles sont les bonnes questions à adresser aux animaux mais qui accueillent ce doute intelligent en adoptant une position de recherche nouvelle:  quelles sont - du point de vue du chien, de l’animal - les expérimentations qui permettent d’obtenir de leur part les meilleurs réponses qui soient ? Bien entendu, ça ne se fait pas immédiatement, ça prend beaucoup de temps, d’essai-erreurs mais ô combien porteurs d’avenir.
Actuellement, il semble que la société québécoise envisage encore l’éducation du chien de manière behavioriste: conditionnement pur de dur. Une portion infime d’observateurs du comportement canin a adopté une autre voie – voix: les animaux les ont transformés afin qu’ils les transforment.

Dans les dispositifs de conditionnement, le chien est généralement soumis à un apprentissage au cours duquel il doit apprendre à réagir à certains stimuli : une lumière qui s’allume, un son de cloche, un dessin. Lorsqu’il perçoit le stimulus qu’on lui demande de reconnaître ou de discriminer, il doit présenter la réaction que lui a enseignée son expérimentateur. Il sera dans le meilleur des cas récompensé par un peu de nourriture dans les moins bons puni par un choc électrique ou toute autre expérience désagréable. À force de répéter le stimulus, l’expérimentateur obtient ce qu’il cherchait : le chien est conditionné, il se comporte à présent comme un jouet mécanique à ressorts. Ici encore le terme ‘invention’ au sens d’une production d’existence permet de décrire ce qui a pu arriver au chien dans ce type de dispositif. En observant la façon dont le chien est soumis à des contraintes qui ne lui laissent aucune chance, les sociologues Arnold Arluke et Clinton Sanders - Regarding animals – ont repris à leur compte cette conclusion sans appel de Vicki Hearne : ‘Dans la mesure où les behavioristes font tout pour dénier toute possibilité de croire à la capacité du chien de croire, d’avoir des intentions, de signifier etc., il n’y aura aucun courant d’intentions, de significations ou de croyances qui aura une chance d’advenir. Le chien peut essayer de répondre au behavioriste, mais le behavioriste ne répondra pas à la réponse du chien… le chien du behavioriste ne fera pas que sembler stupide, il sera stupide!’.Quand le loup habitera avec l’agneau
De ce dispositif très appauvrissant et remarquable par le manque de politesse de ses chercheurs, on pourrait pourtant, mais par contraste, trouver des indices nous permettant de proposer une autre version, complémentaire des changements qui sont partout repérables. Que se passe-t-il dans ce dispositif? Bien sûr, il a mutilé le chien, il n’a rien fait d’autre que de produire une existence sans intelligence. Mais soyons attentifs : cette lobotomie à distance n’est possible que parce que les chercheurs se sont eux même mutilés. Il n’y a pas que le chien qui soit stupide dans cette histoire. Les chercheurs le sont autant que lui, non pas parce qu’ils l’étaient avant mais parce qu’ils se sont soumis à un dispositif qui ne leur donnait aucune chance d’être ni intéressés ni intéressants. En écoutant les conclusions de Hearne – ‘Le behavioriste ne répondra pas à la réponse du chien’ – on pourrait même formuler autrement notre affirmation : les behavioristes n’ont laissé aucune chance au chien de leur donner une chance. Ils n’ont à aucun moment autorisé le chien à les modifier, à les surprendre, à leur apprendre quelque chose et à changer leur manière de s’adresser à lui.
Dès lors l’affirmation des primatologues et des éthologistes ‘ils ont changé mais nous avons changé aussi’ peut recevoir si nous voulons être fidèles à la manière dont eux-mêmes peuvent parfois décrire leur travail, une autre traduction : ‘Les animaux ont changé aussi parce qu’ils nous ont changés’.

Despret, Vinciane. Quand le loup habitera avec l’agneau, Les empêcheurs de tourner en rond, 2002, p 29-31

Seules les religions judéo-chrétiennes…

21/06/2010
Age de l'empathieOn ne nous reprochera pas de coller des étiquettes au comportement humain mais lorsqu’il s’agit des animaux nous sommes censés réprimer cette habitude. Ce qui nous est presque impossible, car les humains mentalisent automatiquement. La mentalisation nous offre un raccourci vers les comportements qui nous entourent. Au lieu de fractionner nos observations sur la façon dont notre patron réagit à notre retard (des sourcils se froncent, son visage rougit, il tape du poing sur la table etc.) nous intégrons toutes ces informations en une seule évaluation (il est furieux). Nous structurons le comportement des autres en fonction des buts, désirs, besoins et émotions que nous percevons. Cette stratégie donne d’excellents résultats avec le patron et elle se révèle tout aussi efficace avec un chien qui se précipite sur nous, la queue frétillante, par opposition à un autre chien qui gronde en nous voyant, tête baissée et poil hérissé. Nous disons que l’un est ‘heureux’ et l’autre en ‘colère’ même si de nombreux scientifiques méprisent ces allusions à un état mental. Ils préfèrent dire que le premier est ‘joueur’ et le second ‘agressif’.
Les malheureux chiens font tout pour nous instruire sur leurs sentiments mais la science se livre à des acrobaties linguistiques pour éviter de les mentionner. Je n’approuve pas cette prudence.
Pour le darwiniste, il n’y a rien de plus logique que postuler l’existence d’une continuité émotionnelle. Je crois en fin de compte que la répugnance à parler d’émotions animales est moins liée à la science qu’à la religion. Et pas n’importe quelle religion, mais celles qui prirent forme dans des régions caractérisées par une absence d’animaux qui nous ressemblent. 

Lord HanumanAvec des petits singes et des grands singes à chaque tournant, aucune culture de forêt tropicale n’a donné naissance à une religion dissociant les humains de la nature. En Extrême-Orient – comme en Inde, en Chine et au Japon –où elles sont entourées de primates indigènes, les religions ne tracent pas de démarcation entre les humains et les autres animaux. La réincarnation prend des formes nombreuses et diverses. Un homme peut devenir un poisson et un poisson un Dieu. Les Dieux-singes comme Hanuman n’ont rien d’inhabituel.
Seules les religions judéo-chrétiennes placent les humains sur un piédestal faisant d’eux la seule espèce dotée d’une âme. On comprend aisément comment cette conception a pu voir le jour chez les nomades vivant dans le désert. Sans animaux pour leur tendre un miroir, l’idée que nous sommes seuls leur est venue naturellement. Ils se sont vus créés à l’image de Dieu et représentant l’unique forme de vie intelligente sur terre. Cette conviction demeure si ancrée qu’aujourd’hui encore ils recherchent la même forme de vie en braquant de puissants télescopes sur des galaxies lointaines.

Frans de Waal. L’Âge de l’empathie, LLL, Les liens qui libèrent, p 299-300

Le chien est un don

01/06/2010

Le fait d’étudier le chien dans un environnement hospitalier médicalisé et technologisé nous aide à repenser la place de l’homme dans cet univers et plus largement dans la nature et dans la société.

Les animaux ne sont ni des machines, ni des humains. Avec leur chair nous avons fait du social en inventant la chasse. Avec leurs os, nous avons fabriqué nos premiers outils. En les peignant et en les sculptant, nous avons fait naître nos croyances originelles. En les observant, nous avons compris notre place dans le monde. Le jour où l’on acceptera enfin qu’il existe une pensée sans parole chez les animaux, nous éprouverons un grand malaise à les avoir humiliés et considérés aussi longtemps comme des outils.
(Boris Cyrulnik. La plus belle histoire des animaux)

Il y aurait plusieurs explications au fait que l’homme cherche tant à s’entourer d’animaux même dans un univers hospitalier :

la nostalgie de la nature et la montée de la sensibilité écologiste et surtout le recul des liens sociaux traditionnels, la fragilisation des liens professionnels, l’effacement des rôles familiaux qui font que les humains modernes attachent plus en plus de valeur à la fidélité d’un chien ou à la liberté d’un chat.
(Jean-Pierre Digard. La plus belle histoire des animaux)

Il n’en reste pas moins que la présence d’un chien se pose comme un don pour les patients, car le chien n’a pas d’actes ou de désirs stratégiques, pas d’attentes en retour, pas de riposte même après une offense. Les chiens de TAC semblent avoir une disposition immédiate à pardonner. Pour le patient et surtout le petit patient, le chien est un don non seulement parce qu’il semble exprimer de l’amour mais surtout parce qu’il permet, sur fond de cet attachement particulier, d’être oublié tout en étant là, « il instaure ainsi une sorte de régime de paix sans réciprocité, tout en maintenant un enjeu affectif particularisé » (Albert Piette).

Construire de nouvelles réalités

28/05/2010

À force de vouloir soigner et de « savoir soigner, c’est pouvoir guérir » (Didier Fassin, Entre politiques du vivant et politiques de la vie, pour une anthropologie de la santé. Anthropologie et sociétés, 24, 1 : 95-116) et s’ouvrir à des approches complémentaires, alternatives, autres, on ne peut passer à côté d’une des plus grandes découvertes récentes qui fut sans doute de

Constater que le cerveau chez les mammifères et d’autres espèces est en constante évolution. Si bien que nous devons reconnaître aujourd’hui que si les animaux changent, nous devons aussi changer notre la plus belle histoire des animauxperception d’eux ! À cet effet, on s’est rendu compte, entre autre chose, que plusieurs animaux pouvaient se représenter mentalement des images ou des concepts, c’est-à-dire faire appel à un symbole hors de la réalité du moment présent. En ce qui concerne le chien, celui-ci possède comme nous un lobe préfrontal connecté à la mémoire, qui lui permet d’éprouver ce qu’il se représente.
Cyrulnik, Digard, Picq. La plus belle histoire des animaux, Points-Seuil, p.344

Sandraetlechien.com n’a de cesse de soumettre à votre réflexion la relation thérapeutique à l’animal (au chien en particulier). Recherches, statistiques, comptes-rendus de colloque, lectures, ils sont nombreux les scientifiques à envisager la relation avec l’animal autrement que comme instrumentale. Il est un point essentiel:

est thérapeutique ce qui engendre des apprentissages (des changements) permettant à la personne de mieux surmonter les problèmes (quels qu’ils soient) que lui pose l’existence. Si la présence de l’animal, pour gratifiante qu’elle soit, n’entraîne aucun changement dans la manière dont la personne gère ses difficultés, on ne peut parler de thérapie (*)

Dans l’entretien thérapeutique, ou dans un lieu de vie thérapeutique, l’animal peut jouer un rôle à quantité de niveaux : il est celui qui apporte un potentiel de changement important dans une relation thérapeutique. Il ouvre de nouvelles perspectives sur la base de modalités de communication différentes.

Sources :
(*) Michalon, J., L. Langlade, and C. Gauthier, Points de vue sur la recherche autour des Interactions avec l’Animal à but Thérapeutique et/ou Educatif. Note de synthèse. A. Micoud and F. Charvolin, Editors. 2008, Modys (UMR 5264 – CNRS) / Fondation Adrienne & Pierre Sommer

Le chien : élément du milieu de la personne avec autisme

10/05/2010

L’empathie pour et la compréhension des animaux pourrait être un pattern général dans l’autisme.
Les caractéristiques de la personne avec autisme l’empêchent de tirer profit de toutes les interactions naturelles et stimulations qui se présentent quotidiennement dans son environnement. Elle comprend mal les conventions sociales. Le 6eme sens, le ‘sens social’ qui fait référence à l’empathie, à la perspective sociale, à la capacité de comprendre que les autres ont des émotions, des convictions, des désirs et des connaissances n’est pas développé. Souvent isolée, cette personne manifeste peu d’intérêt envers les gens autour, initie rarement les contacts, ne répond pas aux tentatives des autres qui tentent d’entrer en relation.
 Le neurologue Oliver Sacks estime que lorsqu’un autiste vit avec un chien, l’animal peut remplir la fonction de décrypteur d’âme humaine. Le neurologue va même plus loin en disant que certains autistes vivent avec des chiens qui leur fournissent une sorte d’assistance perceptuelle centrée sur les perceptions sociales : ces animaux leur permettent parfois de ‘lire’ l’esprit et les intentions de leurs visiteurs beaucoup mieux qu’ils ne pourraient le faire eux-mêmes (Oliver Sacks, p. 381 Un anthropologue sur Mars).
’L’autiste ne sait pas associer un froncement de sourcil à l’inquiétude, ni interpréter une intonation montante comme un signe de peur ou d’angoisse : le chien lui est sensible à l’état d’esprit que traduisent ces éléments’, avance Alexandra Horowitz (p. 158. Dans la peau d’un chien). Le chien communiquerait ses intentions à un niveau que les personnes avec autisme trouvent facile à comprendre. En effet, les humains et les chiens ne communiquent pas de la même façon car ils utilisent deux canaux différents: le visuel non verbal et le verbal-auditif (Watzlawick, Jackson & Beavin, 1967).

Le 16 mai prochain, un colloque multidisciplinaire se penchera sur les résultats et les réflexions d’années de recherches de 4 professionnels du milieu – Ouvert à tous !

Le 16 mai prochain, un colloque multidisciplinaire se penchera sur les résultats et les réflexions d’années de recherches de 4 professionnels du milieu – Ouvert à tous !

Le cœur du déficit de communication pourrait être dans la combinaison d’informations verbales et non verbales. Ainsi, la communication avec les chiens serait plus simple en l’absence d’informations verbales. (pour l’article complet)

L’AUTISME
La classification internationale des maladies (CIM10) définit l’autisme comme un trouble du développement caractérisé par des perturbations dans les domaines des interactions sociales et de la communication, et par des comportements, intérêts et activités au caractère restreint et répétitif.
Source: Recommandations sur le dépistage et le diagnostic précoce, Fédération française de psychiatrie.

 

Pour en savoir plus :
http://sandraetlechien.com/pdf/article_zootherapie_sandrafriedrich.pdf
Charte canadienne des droits pour les personnes ayant l’autisme
http://www.mira.ca/fr/r-amp-d/10/autisme_101.html

Canicross, un sport complémentaire

06/04/2010

Marie-Ève est une jeune femme qui court, son objectif : terminer le marathon en septembre prochain. Cela fait un an qu’elle s’y prépare. Depuis quelques semaines, elle a intégré le canicross dans son programme d’entrainement. Tout un changement dans ses performances…

La plus grosse différence entre le canicross est la course « normale » est définitivement la cadence. En course « normale », le nombre de foulées est très important, mais en canicross, c’est pratiquement impossible pour moi de courir en faisant un nombre de foulée minimal (3 foulées/seconde) en raison de la très grande vitesse. Pour cette raison, c’est beaucoup plus difficile sur les articulations parce que comme la foulée est plus grande, l’impact au sol est également plus grand. Je crois que c’est un des plus grands défis parce que mon corps est habitué de courir en faisant 3 fois plus de foulées. Par contre, à force d’aller courir en canicross, je commence à courir plus en douceur. Les premières fois en canicross, je courrais un peu à contre-courant. Mon corps étant habitué à courir d’une certaine façon (le nombre de foulée par seconde, la position des bras, des mains, etc.), j’ai dû m’ajuster en trouvant une autre façon de courir. Lewis exprime sa hâte de courir
L’autre grande différence est la vitesse. Je ne pourrai jamais courir à cette vitesse par mes propres moyens… à mon grand désarroi! Comme c’est plus rapide, le cardio est toujours à son maximum. Quand je m’entraîne en course « normale », il m’arrive souvent de courir vite, mais à la vitesse que nous courrons avec les chiens, ce serait impossible de tenir sur d’aussi longues distances. En entraînement, il y a 5 vitesses de course. 1, 2, 3, 4 et 5. La 1 étant la vitesse la moins rapide (ce qui signifie : être en mesure de parler comme si on est assis dans son salon en train de prendre le thé) et la 5 étant la plus rapide (communément appelé le sprint). En canicross, nous sommes probablement entre la 4 et la 5 (la vitesse 5 est impossible à maintenir sur de longues distances…c’est la vitesse des sprinters de 100 et 200 mètres), mais comme le chien nous aide en nous tirant, nous sommes en mesure de courir plus longtemps à cette vitesse.
 Lorsqu’on s’entraîne pour des marathons, l’entraînement de base comprend au moins une sortie de course rapide par semaine. Ça peut être du speedwork, des intervalles ou du fartlek séance chronométrée de course par intervalles. Les entraînements en canicross sont compris dans mes sorties de fartlek. Les entraînements de vitesse en course d’endurance servent à plusieurs choses, dont entre autre, à pousser le corps. C’est ce qui donnera le coup de main qu’un coureur aura besoin pour courir et terminer une course en force. Donc, le canicross m’aide énormément dans mes entraînements. Je ne pourrai pas faire que ça, car je dois quand Départ de la course du 6 mars 2010même être en mesure de pouvoir pousser par mes propres moyens, mais c’est définitivement un entraînement de vitesse intense. Au lieu de pousser mon corps à courir plus vite, je pousse mon corps (surtout mes jambes) à travailler plus vite. Quand je cours seule, les muscles du fessier et les ischio-jambiers (l’arrière des jambes) sont les plus sollicités parce que tu pousses pour te donner l’élan pour avancer. En canicross, ce sont les quadriceps (le devant des jambes) qui sont les plus sollicités parce que ce sont ces muscles qui font que ta jambe lève et avance. Ce qui ne peut pas nuire, surtout dans les montées et les descentes!Un départ canin c'est aussi une cohue
Au début, le canicross était pour moi une occasion de combiner ma passion de la course et des chiens. Je dois par contre admettre que maintenant, je me sers de ça pour mes entraînements. Mon coach n’est pas familier avec le canicross, mais lorsque je lui ai donné une idée de la vitesse à laquelle on court et que je lui ai demandé d’inclure mes sorties de canicross dans mon programme d’entraînement, il a tout de suite vu que ça pouvait m’aider à augmenter ma vitesse de course.
Sur la ligne d'arrivéeMerci à Marie-Ève de s’être arrêtée quelques instants pour nous partager sa passion et hop…. la voilà repartie sur les chapeaux de roues….
Bon vent et pattes à Lewis

Si le cœur vous en dit, voici à quoi ressemblent les semaines d’entraînement de Marie-Ève :
 Lundi/cross fit – Mardi/intervalles – Mercredi/off – Jeudi/canicross - Vendredi/hills – Samedi/canicross + easy – Dimanche/longue sortie

Pour en savoir plus :
http://www.sortiedechien.com/en/node/52344
http://www.sortiedechien.com/fr/node/77744v
Canisport avec Daniel Mélaçon – Salut Bonjour

Qu’on se le dise :
Il y a aura une canicross au 9e Festival Plein Air, le 16 mai prochain sur le site du parc Jean Drapeau, à Montréal

Cani-cross ou la médidation courante

05/03/2010

Ma plus grande motivation et la seule: courir avec mon chien. Chaque samedi matin, je me lève tôt pour aller courir dans le bois avec Sapi, un berger australien et une horde de chiens en super forme. Deux fois semaine, j’ai hâte de quitter le bureau et de rejoindre mon chien avide d’entrer dans son harnais pour courir les bois et découvrir de nouveaux endroits. Il ne batifole pas pendant une course (moyenne de 4 km), mais il sait que l’entraînement sera suivi d’une balade libre. Je ne courais pas il y a un an. Toutefois, l’énergie débordante de mon chien malgré les nombreuses acanicross 6 mars 2010ctivités que je lui proposais m’a incitée à investir: harnais-bungee-ceinture et la première «coursette» (sur les trottoirs, car on s’entend que j’essayais de garder un minimum d’estime), Sapi s’est retourné et m’a regardée dans les yeux. C’était fait: la relation sportive était ancrée et la motivation «éternelle». D’ailleurs, ce n’est plus tant de la motivation qu’un besoin triple: celui de mon chien de courir et d’en démordre, celui de courir avec mon chien et de garder le rythme, celui enfin de vibrer au diapason de notre relation «anthropocanine».

Le canicross c’est entrer en méditation (tout en étant extrêmement alerte, cette semaine, par exemple, on a croisé une mouffette dans le bois…), ces moments apaisent les tensions internes tout en créant de nouvelles :) et deviennent physiologiquement nécessaires. On sait les effets positifs de la méditation sur le corps et le mental… même si celle-ci est un peu remuante, ça en est quand même une… une sorte de.

Témoignage paru dans le numéro 109 du mois de mars 2010 du Journal Courir à Montréal – http://www.courir.org ou pour vous abonner: wlightning24@hotmail.com

Et aussi: http://www.sdvmag.com/le-canicross-des-neiges-pour-la-forme-et-lair-pur/

Un peu de chien avec ça? Non plus maintenant

16/02/2010

Le chien ne sera plus servi dans les restaurants chinois, du moins si les députés votent en ce sens en avril prochain. Un peu partout aux quatre coins du monde, les traditions impliquant les animaux sont remises en question au nom du droit de ces derniers.
Ainsi, depuis l’Antiquité au pays du Soleil levant, la viande de chien est considérée comme un aliment médical fortifiant. Il est consommé un peu partout en Chine, surtout dans le Nord du pays. Dans les restaurants, on peut vous proposer de la « viande parfumée », c’est-à-dire… du chien. Pour goûter au chat, mieux vaut se diriger vers le Sud du pays.
Mais cette tradition est de plus en plus contestée par les classes moyennes citadines qui sont attachées aux animaux familiers. Ils utilisent internet pour se faire entendre avec des vidéos dénonçant les mauvais traitements des animaux d’élevage (car les animaux consommés en chine proviennent d’élevages) ainsi que des pétitions pour l’interdiction de la consommation de viande de chiens et de chats qui recueillent des dizaines de milliers de signatures (Courrier International).
D’après 30 millions d’amis, la pression est telle que la Chine votera, d’ici la mi-avril, une loi contre la maltraitance animale. Le projet de loi présente les lignes directrices permettant de prévenir les maladies et d’apporter les soins médicaux adéquats aux animaux. Aujourd’hui, seuls les animaux sauvages sont protégés par la législation chinoise. Or, si la loi est votée, outre les animaux sauvages, ceux de ferme, de compagnie, de laboratoire et tous ceux utilisés comme outil de travail seront concernés par ces nouvelles mesures. Dans le cadre de cette loi, la consommation de viande de chiens et de chats serait interdite et sanctionnée, en cas de non respect, par une amende de 5000 yuans (150 $) et de 15 jours de prison pour les mangeurs. Quant aux ‘organisations’ impliquées dans cette pratique, elles risquent une amende allant de 10000 à 50000 yuans, a indiqué l’Agence France Presse d’après le Chongqing Evening News.

Revue de presse issue :  http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=2782

Pour en savoir plus: http://www.30millionsdamis.fr/acces-special/actualites/detail/article/1570-chine-plus-de-chien-dans-les-assiettes.html

Pas que des maux

30/01/2010

La thérapie assistée par le chien (TAC) ouvre devant nous un champ béant forçant les débats qui risqueront d’être houleux. Pourquoi?
D’abord la TAC ou ses nombreuses et changeantes dénominations (thérapie assistée par le chien, zoothérapie, médiation animale… autant de mots qui ne sont pas des synonymes) réunit autour d’une même personne (parle-t-on de patient, de malade, de bénéficiaire, de client…?) différents intervenants lourdement encadrés par leurs univers disciplinaires respectifs.
Le médecin (thérapeute, spécialiste, dit-on médecine curative, médecine préventive…), l’intervenant en TAC avec son bagage professionnel (de la santé, du social, de l’enseignement spécialisé ou…), l’équipe médicale (infirmières, aides-soignantes….) parfois les autres (vétérinaires, scientifiques…) et le chien (provenant d’une famille d’accueil, d’un éleveur, de la maison, chien-mascotte, chien résident…). Le tout dans un environnement spécifique (hospitalier, CHSLD, ferme thérapeutique…).
Ce mixage hétéroclite et conjectural a pour objectif de déployer une technique ? une approche ? une intervention? une méthode? une thérapie?… dans une situation de souffrance humaine.
Pour des résultats sous tension : çà marche? Çà marche pas? Des résultats qui de toute manière sont jugés insuffisants par les tenants de la science forte qui fixent les règles de ceux qui veulent être reconnus. Ces derniers forcément s’engagent dans une course à la batterie de tests, de protocoles, de travaux expérimentaux… pour souvent récolter des anecdotes, çà veut dire dans le langage des tenants de la sicence forte l’extrême opposé de la généralisation des savoirs.
La TAC est l’idéal-type de l’incertitude dans un monde de tolérance zéro et de principes de précaution. Elle force un nécessaire recours à l’anthropomorphisme. Mais faut surtout pas l’avouer…. Elle est basée sur une certaine conception de la vie portée par chacun des partenaires en lice, subjectivité pas toujours reconnue et acceptée…. Elle induit que les rapports homme-chien sont assimilés à un système social total qui englobe l’ensemble des activités humaines, cette vue est carrément occultée. Comme sont effacés des regards les affects indissociables de cette approche, intervention, technique, thérapie…
La TAC bousculte les tenants de la pensée unique biomédicale pour le meilleur !


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