Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘chien’

Un règlement municipal nul et non avenu

14/05/2012

chiens dangereux, règlement, longueuil, contrôle des chiens, morsures, agression, vétéraine, attaque, propriétaires de chiens, relation homme-animal, ville, politique animal, anima urbainLe moins qu’on puisse dire c’est que l’article 58.1 du nouveau règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux de la ville de Longueuil manque de mordant et est parfaitement inadapté, ignorant et bête.

Un chien n’est pas une machine. Tout le monde est d’accord sur le fait que c’est un être vivant qui a des besoins vitaux et qui est capable de communiquer. Il est même établi que, comme tout mammifère, il est capable d’émotions. Alors pourquoi voudrait-on que le chien fonctionne comme une voiture ? Peut-être que le fait d’acheter un chien en fait un bien de consommation!
Il est parfois difficile de déterminer si un chien peut être dangereux avant qu’il morde ou attaque une personne ou un animal. Longueuil devrait envisager l’adoption de règlements visant à diminuer les possibilités que de telles situations surviennent plutôt qu’opter pour un tout répressif inadéquat.

Jean Lessard l’indique : ‘ Chiens qui mordent = chiens dangereux, non ! C’est vraiment trop généralisé comme équation’. Selon, l’éducateur canin comportementaliste, ‘La dangerosité d’un animal se calcule selon une série de facteurs, tels que le poids de l’animal; la catégorie de personnes à risque; si l’agression est défensive ou offensive; si l’agression est prévisible ou imprévisible; s’il y a eu contrôle de la morsure; et si la morsure est simple ou multiple….’.

Dans cet article, la place et le rôle du vétérinaire sont à questionner. Les études vétérinaires durent 5 ans. Selon la faculté de médecine vétérinaire, moins d’une trentaine d’heures sont réservées à l’étude du comportement animal. Tel qu’indiqué dans la description du programme de médecine vétérinaire : ‘De plus, les activités du médecin vétérinaire ne se limitent pas à l’exercice de la profession en cabinet privé, qui absorbe à peine la moitié des diplômés. En effet, la santé publique, la salubrité et l’inspection des viandes, le contrôle des maladies transmissibles à l’homme, les laboratoires de diagnostics et de recherche et l’enseignement sont autant de sphères d’activités qui intéressent le médecin vétérinaire’. Pas d’études du comportement animal. Il y a bien un Groupe de recherche sur les animaux de compagnie (GRAC) dans lequel le comportement animal est un des thèmes de recherche aux côtés de ‘L’analgésie et l’anesthésie,  La cardiologie,  La dentisterie….’. On parle d’un groupe de recherche parmi de nombreux autres…. Pas obligatoire.

Par conséquent, quel médecin vétérinaire va faire cette évaluation? Dans quelle condition? Plusieurs jours après l’événement? Dans un autre environnement ? Lors d’un accident de voiture, il y a autant d’histoires que de témoins, l’on pourra s’attendre dans le cas d’une morsure à une multitude d’histoires dont il faudra tirer le bon grain de l’ivraie. Qui va juger la précision des informations venant des propriétaires ? Qui, rappelle, Jean Lessard, va poser cette évaluation? La compétence de l’évaluateur est le pivot de cette règlementation.

Avant d’étiqueter un chien qui a mordu comme un chien dangereux avec toute l’exclusion que cela peut engendrer dans notre société, avant d’interdire, il faut comprendre pour prévenir. D’autant plus que :

‘ Les agressions instrumentalisées, conditionnées ou apprises peuvent être contre-conditionnées. Les agressions compétitives peuvent être redirigées. Celles de défense peuvent être désensibilisées. Les plus fréquentes sont les agressions de défense (ou bien par peur). Les agressions par peur viennent presque toujours avec le syndrome de privation (un manque en socialisation). Les agressions compétitives viennent d’un excès de tolérance et de problèmes de communication. La confusion dans la communication peut venir de l’utilisation mauvaise du modèle de la hiérarchie… Confronter un chien agressif l’amène à être plus agressif…’ conclut Jean Lessard.

Avec qui voulons-nous vivre et comment? Paradoxalement, pour humaniser le monde que nous souhaitons habiter, il nous faut apprendre à vivre avec et à accueillir des non-humains.

Pour aller plus loin
Pourquoi les pit-bulls ?
Une phénomène de société qui a du mordant

Politique de développement durable et le chien : point de vue économique

08/05/2012

Longueil s'organiseLa Ville de Longueuil est en pleine phase d’élaboration d’un plan de développement durable (Longueuil présente).
En adoptant le nouveau règlement CO-2012-733 sur le contrôle des animaux, la ville envoie à ses citoyens propriétaires de chiens un message d’exclusion qui va à l’encontre d’une politique DD qui a pour but de mettre en place des actions pour durabiliser l’avenir. Pourquoi la Ville se positionne-t-elle délibérément contre le bien-être animal (animal welfare)? Pourquoi opte-t-elle pour un discours prônant le contrôle et le rejet des animaux et de la moitié de ses citoyens? Pour quoi adopter un règlement qui manque de réelle efficacité et – pour l’article 58.1 – est inexécutable?
Au Québec, la loi sur le développement durable indique que c’est

un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Le développement durable s’appuie sur une vision à long terme qui prend en compte le caractère indissociable des dimensions environnementale, social et économique des activités de développement.

Pour répondre à cette définition d’un point de vue animal, Longueuil doit inscrire son règlement dans une politique plus globale d’insertion de l’animal en milieu urbain,  afin de développer une économie verte et durable. En maintenant ce texte restrictif et cruel, elle ne répond pas aux besoins primaires des animaux et de leurs propriétaires. Elle ne répond pas aux besoins futurs de ses citoyens, surtout avec le vieillissement annoncé de la population. Nos aînés s’entourent d’animaux de compagnie. Elle ne répond pas à la mise en place de mesures qui favoriseront notre qualité de vie (référence: Développement économique et du territoire).
D’un point de vue économique, voici les motifs raisonnables qui poussent Sandraetlechien.com a proposé une série de solutions – qui reposent sur une équation qui consiste à faire des choses qui durent, sans nuire à la durée des autres choses  – pour modifier le règlement CO-2012-733 sur le contrôle des animaux et l’inscrire dans la future politique de Développement Durable de la ville:

Devenir ‘ville amie des animaux’ est une étiquette suffisamment remarquable pour attirer de nouveaux résidents. C’est tout le thème de ‘Prêcher par l’exemple‘. L’intérêt du citadin pour l’animal de compagnie et de loisirs conduit à développer une activité économique importante. Pensons simplement à l’ensemble des activités (vente d’animaux, vente d’aliments, spectacle avec présence d’animaux, assurance…..), ça représente un chiffre d’affaires considérable.
L’administration– dit la mairesse Caroline St-Hilaire -  se doit de tenir compte de ce que « nous empruntons pour nos besoins et ce que nous ajoutons en retour au monde dans une perspective de pérennité ».  N’appartient-il pas aux prérogatives de la ville d’offrir la fierté et l’appartenance à ses citoyens? Comment provoquer les rencontres pour que les citoyens de toutes origines se connaissent et cessent de craindre la présence de l’autre, de l’Autre canin?

Une ville DD développe des emplois eco-responsables : des agents de médiation qui auraient pour fonction de dire le règlement, de rendre propre l’espace public, de conduire les personnes âgées dans les parcs à chiens éloignés des centres de service.
La Ville doit entrer dans une logique de renforcement du lien social avec TOUS ses usagersLa ville devrait embaucher des éducateurs canins urbains qui auraient pour mission d’expliquer et de diaboliser le comportement canin, de sensibiliser les enfants au langage canin afin de prévenir les accidents. Un chien bien éduqué peut se comporter très bien dans la ville et respecter de nombreuses règles de sociabilité (cf. chiens visiteurs dans les hôpitaux, chiens guides pour les aveugles…) Pourquoi ne pas faire des démonstrations d’éducation canine sur l’espace public pour sensibiliser les maîtres et les non-maîtres?

Pour atteindre son plein potentiel économique, La richesse collective, c’est possibleune ville DD qui a adopté une culture de l’animal en ville réunit et fait s’engager la majorité des acteurs du monde de l’animal de compagnie. Ces principaux acteurs sont:
- Les particuliers qui possèdent un animal de compagnie,
- Les éleveurs occasionnels qui font reproduire leurs animaux à pedigree (chiens ou chats),
- Des professionnels qui souhaitent vivre de leur travail tout en étant en règle,
- Les associations de protection animale,
- Les pouvoirs publics.

La Ville doit entrer dans une logique de renforcement du lien social avec TOUS ses usagers. La question du Vivant en ville est cruciale d’abord parce que le nombre d’animaux de compagnie ne cesse d’augmenter et puis parce que les végétaux et les animaux qu’ils soient domestiques ou sauvages sont d’ors et déjà présents dans notre ville, c’est un vrai sujet politique.

Interdit aux chiens: à vos photos

02/04/2012

Interdit aux chiens, chiens citadins, politiques municipales, règlement liberticide, politique animale en ville, Québec, carte des sentiers, parcs, espaces de loisirs, Sandraetlechien vous lance une invitation à nous faire parvenir les photos de tous les panneaux indiquant que les chiens – donc leurs humains – ne sont pas les bienvenus sur les sentiers, les pistes cyclables, les aires de loisirs et de sport, les parcs, les chemins…. au Québec.

Faites parvenir à sandraetlechien@gmail.com votre photo et indiquez le lieu et la date où vous l’avez prise, nous tenterons d’avoir un portrait de la situation au Québec : MERCI.  Ainsi à la fin de l’été, nous dresserons une carte du Québec, une autre carte qui donnera une vision descriptive et factuelle de ce qui se passe. Alors, sera-t-il possible de démontrer visuellement que les propriétaires de chien vivent avec beaucoup de restrictions sur leurs libertés de mouvement et n’ont qu’un accès très limité à la province du Québec !

Interdit aux chiens, chiens citadins, politiques municipales, règlement liberticide, politique animale en ville, Québec, carte des sentiers, parcs, espaces de loisirs, ,Cette situation est d’autant plus révoltante qu’elle pénalise tous les propriétaires: ceux qui ont un chalet, ceux pour qui un chien est un choix de vie, un rempart contre la solitude et l’exclusion

Cette situation est d’autant plus révoltante qu’elle pénalise TOUS les propriétaires: ceux qui ont le choix de laisser courir leurs chiens sur le terrain de leur chalet, ceux qui restent en ville et pour qui un chien est un choix de vie, un rempart contre la solitude et l’exclusion

La position québécoise est avant tout :

1. restrictive, car elle interdit aux propriétaires de chiens l’accès à certains espaces ;  et
2. ségrégative, car elle favorise le rejet des chiens en insistant sur le caractère nocif de leurs présences.

Nos compagnons canins sont capables de vivre, et de bien vivre, partout où nous vivons. C’est au maître, ensuite, d’assurer à son chien des conditions de vie décentes. Moins d’activité avec son chien, moins d’interaction, moins d’intérêt font également le nid de problèmes comportementaux. Il y a un lien de causalité qu’il nous reste à démontrer entre les milliers de mises à mort de chiens/an au Québec et l’impossibilité dans laquelle se trouvent les propriétaires de chien et leurs familles de fréquenter les lieux de loisirs et de détente, les espaces verts, les pistes cyclables, les sentiers de sport avec leurs chiens…. Les propriétaires ne savent tout simplement pas où aller avec leur toutou, car les parcs à chiens ne suffisent pas à remplir les besoins éthologiques du chien.

Existe-t-il des éléments qui démontreraient que le Québec mène une politique d’intégration active et positive de l’animal?

Vos photos le confirmeront ou l’infirmeront.

Merci d’avance pour votre participation!

Les animaux ont contribué à l’amélioration de notre vie émotionnelle

27/02/2012

Made for Each Other: The Biology of the Human-Animal Bond L’évolution de l’homme moderne a été, dans une large mesure, propulsée par ses interactions historiques avec les animaux et les liens émotionnels qui se sont alors formés. Aussi, si les humains ont eu une vision anthropomorphique des animaux, c’est bien parce que ces deux espèces se ressemblent. Et les points qu’ils ont en commun sont évidents notamment avec le loup/chien. Un grand nombre de biologistes, d’archéologues et d’anthropologues estiment que l’une des raisons pour lesquelles nous sommes si différents des primates, est que les loups nous ont beaucoup appris sur nos affinités avec eux et notre comportement de chasseur. Du reste, leur métamorphose en chien a commencé bien plus tôt que ce l’on suppose généralement. Du moins si l’on suit les conclusions de Meg Daley Olmert. Elle décrit une coévolution agréable, au cours de laquelle nous étions devenus si proches des loups de plus en plus apprivoisés que nous pouvions allaiter les louveteaux. Les sécrétions d’ocytocine des loups et des humains lors de nos rencontres intimes rendaient chaque espèce plus douce et bienveillante à l’égard de l’autre.

Meg Daley Olmert croit aussi que les loups-chiens, qui gardaient le territoire des hommes, nous ont rendus plus intelligents en tant qu’espèce. Enfin, elle formule l’hypothèse selon laquelle nous ne souffririons plus d’insomnies et d’agitations nocturnes; le fonctionnement de notre cerveau s’est amélioré grâce à un sommeil long et profond. L’ocytocine nous a permis de réaliser d’autres exploits.

Si l’on poursuit dans cette logique, on peut dire que la relation entretenue entre les deux espèces étaient vivantes, elle repose sur une transformation complexe des acteurs et non pas uniquement sur l’échange mécanique de messages, d’objets ou de sentiments. Cette transformation correspond à un apprentissage compris comme un processus relationnel.

La thérapie assistée par l’animal s’éclaire à la lecture ce qui précède!

Pour aller plus loin:

Les animaux nous rendent-ils plus humains?

Coévolution coopérative

09/01/2012

Tout sur la psycho du chienp. 378. Tout sur la psychologie du chien. Joel Dehasse partage :

Chiens et humains ont évolué ensemble depuis plus de 10 000 ans. L’évolution de la structure de la société a modifié la génétique humaine et celle du chien. L’homme a supprimé ses prédateurs, il a domestiqué ses anciennes proies, il a altéré le mode de vie de nombreuses espèces autour de lui, il a modifié les paysages et le climat de sa planète. L’homme occidental s’est distancié des processus de sélection naturelle, et il a fait de même pour les animaux domestiques, le chien inclus.
La culture coopère avec la génétique pour fabriquer le nouvel humain, le nouveau chien. L’homme est incapable désormais d’échapper à sa culture, à sa société et le chien est incapable d’échapper à l’homme. L’être humain est symbiotique d’une entité virtuelle (une croyance, une illusion) : la société occidentale. Le chien est emporté par cette même vague qui transforme l’être humain libre en une fourmi d’une fourmilière, en pion impersonnel.  C’est de l’amensalisme de la part de la société qui empêche le développement de l’être, dans un système gagnant-perdant, l’homme étant le perdant. C’est aussi un esclavagisme, la société utilisant l’être à son profit afin de croître à ses dépens. L’homme fait de même avec le chien. Rares sont les humains qui permettent à leur chien de créer pleinement leur vie, de vivre intensément, de développer tous leurs potentiels, la plupart des chiens sont maltraités (passivement) par l’irrespect de leurs besoins éthologiques minimaux d’activité et d’interaction sociale.
pyramide_de_maslowLa coévolution coopérative existe cependant chez quelques êtres. L’expérience est vécue ensemble dans le respect et l’enrichissement mutuels; cela nécessite de prendre conscience des messages engendrés par l’expérience. On y retrouve très peu de chiens de famille, mais bien certains chiens de travail, de sport, de danse (free style) ou encore quelques chiens d’assistancecarolynn scott et Rookie.
Pour arriver à une coévolution coopérative, la question à se poser devrait être : ‘Qu’est-ce que je possède qui puisse améliorer la vie de mon chien et réciproquement, que possède-t-il pour améliorer la mienne?’. Dans le modèle d’autoresponsabilité, le chien nous apporte à chaque instant un miroir de conscience, s’il n’améliore pas nos capacités de survie biologique, ni notre apparent bien-être psychologique, il nous donne des messages de réalisation de soi et de développement spirituel.

Tranches… de montagne

04/08/2011

En attente d'embarquementÀ l’aéroport Pierre-E-Trudeau, le personnel de terre d’Air Transat vérifie aussi les documents vétérinaires (micropuçage, accréditation par l’Agence Canadienne d’Inspection des Aliments, documents signés et tamponnés par les autorités compétentes…). À l’enregistrement des bagages, c’est l’agent de bord qui a regardé certes avec attention les documents. Ont-ils, également, reçu cette formation? Cette procédure semble banale, ‘nous envoyons régulièrement des chiens’, il n’en reste pas moins qu’elle m’est restée surprenante….
Compétence et professionnalisme, voilà ce qu’il me vient en souvenir lorsque je pense au personnel d’Air Transat à Montréal. Reste qu’ils étaient incapables de dire comment récupérer le chien à Paris… eux gèrent parfaitement leur territoire : Montréal. Et à charge pour le pays envoyeur d’être en règle (papiers, taille de la cage…), le pays receveur gèrera un colis hors norme de plus….

1heure30 avant le décollage, le chien est entré dans sa cage dans la section des ‘bagages hors dimension’. Le personnel vérifie qu’elle ne regorge pas de produits illicites. Ensuite, on nous demande de quitter les lieux et de prévenir le personnel d’Air Transat affairé par les gens qui vont prendre le même vol que vous et qui font la ligne pour s’enregistrer. ‘Mon chien est prêt pour être embarqué’. Sapi est donc resté, sage comme une image, dans un couloir, assis dans sa cage. J’étais là. Je le regardais de loin sans qu’il ne me voie. L’émotion que je portais était trop intense. Le personnel est venu charrier la cage sur un caddie. Mon chien est parti. Je l’ai revu 7 heures plus tard dans une autre réalité, sous des autres cieux.

Dans l’avion : Il ne sert à rien de réserver une place près d’un hublot pour voir son chien monter à bord! On ne voit pas à quel moment il y est transporté.  Y est-il seulement? Angoissante situation, résolue par le personnel de bord, eux seuls peuvent indiquer quand mon chien a été déposé dans la soute…. Décollage, des pensées pour mon chien, des larmes aussi pour dire merci.

Arrivée à Paris : plusieurs avions atterrissent en même temps, passage aux douanes relativement rapide, la douanière ne peut me dire où se trouve mon chien, ni même où on peut le récupérer. Je demande à un employé des bagages ‘Vous parlez de Sapi, ah bah il va bien, il va arriver par ce tapis roulant ou l’autre je ne sais pas’. J’ai vu la cage, j’ai traversé le terminal 3 en courant, Sapi attendait à côté des bagages, quand j’ai ouvert la porte c’était la fête. Il allait bien. Un peu stressé, mais en contrôle. Je l’ai sorti et lui ai passé sa laisse, il était si content. Ce que je n’aurais pu faire normalement, car pour assurer une sécurité additionnelle de notre animal, Air Transat applique une courroie supplémentaire à la cage, pour permettre qu’il y demeure durant toute la durée du trajet, en empêchant que la porte ne s’ouvre. Plusieurs cages de transport peuvent s’ouvrir durant la manipulation.

7 heures de vol – 10 heures de route – Arrivée au cœur de l’Oisans, dans la Vallée de l’Eau d’Olle, au pied du massif de Belledonne à 1270 mètres d’altitude.Pays de transhumance et d'alpage
Sapi halète davantage, ce pourrait-il qu’il souffre de l’altitude ? Il ne semble pas y avoir beaucoup de recherches sur cette question, reste que les preuves anecdotiques glanées de ci de là indiquent que les chiens peuvent souffrir des effets de l’altitude. Ils présentent les mêmes signes que les humains : arrêter de manger, malaise et apathie. Leurs langues deviennent légèrement sombres.
Ainsi, être arrivés une semaine avant la compétition va permettre à nos deux corps de s’habituer et de gérer ce nouvel approvisionnement en oxygène. De plus, la météo est exquise, mais essoufflement  et chaleur nécessitent accoutumance et plus grande hydratation. Nous nous préparons aux changements qui sont entrain d’avoir lieu. Jusqu’ici, Sapi a connu des hauteurs (Adirondacks, Mont Sainte-Anne) mais pas ces hauteurs! Nos promenades normales ne nécessitent pas autant d’adaptation de l’organisme: ici quelque soit l’effort physique accompli : la fréquence respiratoire augmente. Mais… les globules rouges  prolifèrent…
Baignades dans les eaux glaciales des ruisseaux de montagneDonc remise en forme, pas tant pour des raisons liées à notre condition physique. Bien nous prend de faire quelques excursions sur des parcours comprenant obligatoirement des pentes importantes et des sentiers très étroits.
Sapi vient de faire 17 heures de voyage (en avion et en voiture), il subit un décalage horaire, il arrive dans un pays où tout est nouveau et excitant, la concentration de l’oxygène ou la pression d’air est différente à ces hauteurs élevées, aussi avant de parler de mal d’altitude, laissons-le se reposer et reprendre des forces, il va – nous allons – en avoir besoin dans quelques jours. Notre thérapie : de l’eau, des visites, du repos, des découvertes, des jeux, des montées à 1700 mètres, des resdecentes à 1000 mètres.

Pour plus d’infos :
http://www.vetinfo.com/altitude-sickness-in-dogs.html

Morale à deux vitesses

24/03/2011

Pour la majorité des gens, un être moral c’est un humain.

morale à deux vitessesD’où le ‘on ne tuera pas son prochain’ et pourquoi? Parce que c’est normalement un être de moralité. Quand il est question des chiens, on parle au mieux de devoirs comme celui de s’abstenir de mauvais traitements. Et encore cette notion est élastique, car si ce traitement sert l’intérêt humain, il n’y a plus de mauvais traitement, qu’on pense aux habitudes alimentaires, aux objectifs de la science ou aux activités de loisirs.

C’est donc d’une morale à deux vitesses qui dirige les actions humaines envers les chiens.

Les animaux raisonnent, la mentaphobie* les tue

07/02/2011

Partage de cet extrait issu du livre ‘La raison des plus forts’, sous la direction de Pierre Jouventin, David Chauvet et Enrique UtriLa raison des plus forts sous la direction de Pierre Jouventina

Dalida Bovet évoque les différentes formes de raisonnement rencontrées chez les animaux. Sa synthèse a la mérite d’ordonner les observations scientifiques selon le type de rationalité auxquelles elles correspondent, ce qui témoigne de la diversité des manières d’être de la raison, loin de la vision appauvrie que beaucoup s’en font lorsqu’ils la réduisent à la seule idée de rationalité intersubjective. Elle recense:

  • Le raisonnement inductif: construction d’une propriété générale à partir de cas particuliers, la catégorisation en constitue l’exemple typique
    • Ex: le pigeon qui distingue entre autres des photos représentants diverses figures humaines de celles représentant objets, plantes ou animaux ou….. qui distingue des peintures de différentes écoles!
    • Ex: la carpe capable de distinguer différents compositeurs musicaux
  • Le raisonnement par analogie: qui explique une situation inconnue par une situation connue, le concept identique/différent étant ici le plus couramment étudié
    • Le singe-écureuilEx: le singe-écureuil a pu correctement faire correspondre des paires d’objets à des symboles signifiant ‘identique’ et ‘différent’
  • Le raisonnement déductif: de type transitif fondé sur les relations d’inclusion, telle que: si A contient B et B contient C alors A contient C
    • Poisson Astatotilapia burtoni Ex: le poisson Astatotilapia burtoni détermine le rang social de ses adversaires en observant un affrontement entre deux congénères et choisir d’affronter le perdant pour augmenter ses chances de l’emporter
  • Le raisonnement social: faisant référence aux inférences faites dans des situations d’interactions sociales
    • Ex: le coq capable de dissimulation lorsqu’il informe par des cris les poules de la présence de nourriture, ce qui lui permet de les courtiser
  • Le raisonnement causal: distinguer la cause de l’effet
  • Le raisonnement spatial et temporel
    • chien et corbeauEx: le chien qui choisit entre deux chemins qu’on lui a fait pratiquer préalablement, le plus court pour accéder à une source de nourriture
    • Ex: le corbeau à qui l’on montre une scène anormale car physiquement impossible (un oeuf qui flotte dans les airs), son regard s’attarde plus longuement que celui des jeunes enfants ou des chimpanzés
  • Le raisonnement mathématique et la compétence numérique

Chacun de ces modes de raisonnement a été mis en évidence chez une ou plusieurs espèces animales.  Les capacités cognitives des différentes espèces animales sont bien entendu très variables suivant les espèces et les domaines de raisonnement… comme pour l’homme et il  serait absurde de subordonner l’accès à la raison à la capacité à pouvoir tenir tout type de raisonnement.

La rationalité animale ne peut se voir disqualifiée par le simple fait qu’elle ne recouvrerait pas exactement TOUTE l’étendue de la raison humaine. Et pourtant c’est ce qui se passe actuellement : la raison reste le propre de l’homme.
Dans nos quotidiens, on dénie aux animaux toute capacité déductive, toute pensée, toute possibilité même d’émettre une pensée. Ne serait-ce qu’au niveau du droit, par ex. ils restent des objets….. Ou on peut les abattre par centaine, parce que devenus vieux et inutiles (ref).

*mentaphobie est l’attitude de dénégation de l’existence d’une pensée animale. Donald Griffin a inventé le terme pour désigner la pratique purement idéologique consistant à censurer toute interprétation du comportement animal pour le priver de la possibilité d’avoir une conscience propre.

Pour aller plus loin:

La mentaphobie tue les animaux par David Chauvet

Magasiner une cage pour s’envoler en sécurité

04/02/2011

Logo IATAPour voyager en avion, le chien doit être placé dans une cage qui doit rencontrer certains standards auxquels les compagnies aériennes souscrivent et qui ont reçu l’aval de l’IATA. Toutefois il ne semblerait pas qu’il y ait des cages homologuées par l’IATA : ‘IATA does not certify, approve, endorse, or sell any particular pet container manufacturer, brand , make, or model. Equally so, IATA does not offer, solicit, endorse, or approve any particular pet or puppy transport or relocation services, regardless of whether these be offered via email or the internet. Readers should pay attention to fraudulent offerings that claim the opposite’.

La cage de transport choisi soit solide, intacte et approuvée par la compagnie aérienneAinsi, la taille et la structure de la cage doivent-elles être conformes aux normes de l’IATA, on est davantage dans le registre des bonnes pratiques. La Réglementation IATA pour le transport des animaux vivants s’applique à toutes les compagnies membres ou membres associés de l’Association du transport aérien international et aux compagnies qui font partie de l’accord IATA. L’important est de s’assurer que les animaux soient transportés dans des conditions leur assurant sécurité, santé et bien -être.

La cage doit :

  • Dimension de la cageLa cage doit avoir assez d’espace pour que l’animal puisse s’y tenir debout et s’asseoir sans que sa tête ne touche le plafond de la cage, qu’il puisse se retourner et s’allonger dans une position naturelle
  • Toutes les cages doivent pouvoir être rangées verticalement dans l’appareil, comme l’exige le Animal Welfare Act et les règlements sur les animaux vivants de l’International Air Transport Association.
  • Etre faite de plastique rigide, de bois, métal, ou d’un matériau de résistance comparable avec un couvercle solide.  Aucune cage en carton ne sera admissible.
  • Avoir des poignées fonctionnelles à l’extérieur de la cage pour empêcher le basculement et tout contact direct avec les animaux.
  • Doit être convenablement ventilés de façon à ce qu’il n’y ait aucune entrave.
  • Très bien se fermer, mais ne pas être fermée à clef, permettant ainsi au personnel de l’ouvrir en cas d’urgence.
  • Avoir des étiquettes avec les mots « Animal Vivant » sur le haut de la cage et sur au moins un de ses côtés.
  • Avoir des flèches pointées vers le haut pour indiquer le bon positionnement de la cage.
  • Contenir un certain type de litière, soit du papier effiloché, soit des filaments de serviettes éponge, pour absorber les « accidents.
  • Être munie d’un verrou de sécurité, sans être fermée pour autant car le personnel de bord doit pouvoir accéder à l’animal en cas d’urgence.
  • Ne pas contenir de jouets pour ne pas risquer l’étouffement.

Signalez à tous les employés du transporteur aérien que vous croisez, que ce soit à l’aéroport ou dans l’avion, que vous voyagez avec un animal de compagnie qui se trouve dans la soute à fret. Ainsi, ils seront prêts à intervenir au besoin. Et si le vol est retardé ou si vous avez des inquiétudes au sujet du bien-être de votre animal de compagnie, le personnel pourra faire une vérification, si c’est possible. La principale cause d’accident et d’animaux perdus lors des voyages en avion est le mauvais fonctionnement des cages ….
Il est important que la cage de transport choisi soit solide, intacte et approuvée par votre compagnie aérienne. (ref)

Morceaux… à méditer

23/09/2010

Le but de tout le développement du jeune chien est une meilleure association avec les congénères et il faut savoir que la vie en société représente un degré d’évolution supérieur à la vie en solitaire. Les solitaires ne peuvent tolérer aucun concurrent pour la nourriture. Mais l’adhésion à un groupe signifie, pour l’individu, des bases de nourriture plus assurées. P 49

Il n’y a punition que s’il y a transgression d’interdits clairement établis. Cecile chien pris au serieux signifie que l’on doit, tout comme le père-chien, avoir le chiot toujours à l’œil au cours de cette phase (comprendre de 8 à 12 semaines) et si l’on ne peut pas faire en sorte qu’il soit placé dans un lieu où il ne pourra enfreindre aucun tabou nécessaire à sa vie commune avec l’homme. Mais il faut naturellement veiller à ce que le chiot ne soit seul que très peu de temps. P 53

Toutes les entreprises communes, et on pourrait nommer ainsi toute éducation, formation ou dressage peuvent être développées de la sorte à partir de l’observation du jeu et dans ces conditions, tout apprentissage chez le jeune chien restera teinté de plaisir. Si le désir exprimé par l’homme que le chien réalise un travail particulier si ce désir reste toujours lié à un événement heureux, plus tard aussi, même pour un chien depuis longtemps adulte, apprendre sera un plaisir. C’est à cette condition que l’homme remplit son rôle d’éducateur, de premier partenaire social et ce n’est qu’ainsi qu’il pourra construire une relation homme-chien valable et stable. La prétendue faiblesse de caractère de tant de chiens repose souvent sur des erreurs éducatives au cours de la phase de socialisation : on ne jour pas assez avec le chien, en revanche on ‘dresse’ d’autant plus. Plus d’u homme se prend pour un dompteur de lions frustré et prend le chien pour un loup sauvage et féroce. En cela, il se trompe doublement. Premièrement, un dompteur de fauves n’est plus, depuis longtemps, un dompteur d’animaux qui impose aux ‘bêtes sauvages’ sa volonté de fer, mais un ami des animaux sensibles qui sait qu’il ne peut espérer les meilleurs résultats que si ces grands chats ont du plaisir à travailler.  Deuxièmement, il n’y a pas de loups sauvages et féroces. P 54-55

On n’insistera jamais assez sur le fait que le chien n’est pas un être dont les instincts sont fixés une fois pour toutes. Il ne suffit pas de connaître tous les modes de comportements innés pour mieux s’entendre avec le chien. Il est beaucoup plus important en revanche d’analyser exactement ses possibilités d’apprentissage innées, en fonction de son âge, d’observer sa relation avec le compagnon parental et d’étudier les interactions entre le père et le chiot dans les différentes phases de vie pour savoir comment et par quoi se construit la personnalité de chaque chien. Il est précisément un ‘animal d’apprentissage’. P55

La hiérarchie sociale n’est pas une affaire de force physique. Elle est, chez un être d’apprentissage comme le chien, une question d’intelligence.

Extraits du livre de  Eberhard Trumler ‘Le chien pris au sérieux’ -1974


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