Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘chien’

Coévolution coopérative

09/01/2012

Tout sur la psycho du chienp. 378. Tout sur la psychologie du chien. Joel Dehasse partage :

Chiens et humains ont évolué ensemble depuis plus de 10 000 ans. L’évolution de la structure de la société a modifié la génétique humaine et celle du chien. L’homme a supprimé ses prédateurs, il a domestiqué ses anciennes proies, il a altéré le mode de vie de nombreuses espèces autour de lui, il a modifié les paysages et le climat de sa planète. L’homme occidental s’est distancié des processus de sélection naturelle, et il a fait de même pour les animaux domestiques, le chien inclus.
La culture coopère avec la génétique pour fabriquer le nouvel humain, le nouveau chien. L’homme est incapable désormais d’échapper à sa culture, à sa société et le chien est incapable d’échapper à l’homme. L’être humain est symbiotique d’une entité virtuelle (une croyance, une illusion) : la société occidentale. Le chien est emporté par cette même vague qui transforme l’être humain libre en une fourmi d’une fourmilière, en pion impersonnel.  C’est de l’amensalisme de la part de la société qui empêche le développement de l’être, dans un système gagnant-perdant, l’homme étant le perdant. C’est aussi un esclavagisme, la société utilisant l’être à son profit afin de croître à ses dépens. L’homme fait de même avec le chien. Rares sont les humains qui permettent à leur chien de créer pleinement leur vie, de vivre intensément, de développer tous leurs potentiels, la plupart des chiens sont maltraités (passivement) par l’irrespect de leurs besoins éthologiques minimaux d’activité et d’interaction sociale.
pyramide_de_maslowLa coévolution coopérative existe cependant chez quelques êtres. L’expérience est vécue ensemble dans le respect et l’enrichissement mutuels; cela nécessite de prendre conscience des messages engendrés par l’expérience. On y retrouve très peu de chiens de famille, mais bien certains chiens de travail, de sport, de danse (free style) ou encore quelques chiens d’assistancecarolynn scott et Rookie.
Pour arriver à une coévolution coopérative, la question à se poser devrait être : ‘Qu’est-ce que je possède qui puisse améliorer la vie de mon chien et réciproquement, que possède-t-il pour améliorer la mienne?’. Dans le modèle d’autoresponsabilité, le chien nous apporte à chaque instant un miroir de conscience, s’il n’améliore pas nos capacités de survie biologique, ni notre apparent bien-être psychologique, il nous donne des messages de réalisation de soi et de développement spirituel.

Tranches… de montagne

04/08/2011

En attente d'embarquementÀ l’aéroport Pierre-E-Trudeau, le personnel de terre d’Air Transat vérifie aussi les documents vétérinaires (micropuçage, accréditation par l’Agence Canadienne d’Inspection des Aliments, documents signés et tamponnés par les autorités compétentes…). À l’enregistrement des bagages, c’est l’agent de bord qui a regardé certes avec attention les documents. Ont-ils, également, reçu cette formation? Cette procédure semble banale, ‘nous envoyons régulièrement des chiens’, il n’en reste pas moins qu’elle m’est restée surprenante….
Compétence et professionnalisme, voilà ce qu’il me vient en souvenir lorsque je pense au personnel d’Air Transat à Montréal. Reste qu’ils étaient incapables de dire comment récupérer le chien à Paris… eux gèrent parfaitement leur territoire : Montréal. Et à charge pour le pays envoyeur d’être en règle (papiers, taille de la cage…), le pays receveur gèrera un colis hors norme de plus….

1heure30 avant le décollage, le chien est entré dans sa cage dans la section des ‘bagages hors dimension’. Le personnel vérifie qu’elle ne regorge pas de produits illicites. Ensuite, on nous demande de quitter les lieux et de prévenir le personnel d’Air Transat affairé par les gens qui vont prendre le même vol que vous et qui font la ligne pour s’enregistrer. ‘Mon chien est prêt pour être embarqué’. Sapi est donc resté, sage comme une image, dans un couloir, assis dans sa cage. J’étais là. Je le regardais de loin sans qu’il ne me voie. L’émotion que je portais était trop intense. Le personnel est venu charrier la cage sur un caddie. Mon chien est parti. Je l’ai revu 7 heures plus tard dans une autre réalité, sous des autres cieux.

Dans l’avion : Il ne sert à rien de réserver une place près d’un hublot pour voir son chien monter à bord! On ne voit pas à quel moment il y est transporté.  Y est-il seulement? Angoissante situation, résolue par le personnel de bord, eux seuls peuvent indiquer quand mon chien a été déposé dans la soute…. Décollage, des pensées pour mon chien, des larmes aussi pour dire merci.

Arrivée à Paris : plusieurs avions atterrissent en même temps, passage aux douanes relativement rapide, la douanière ne peut me dire où se trouve mon chien, ni même où on peut le récupérer. Je demande à un employé des bagages ‘Vous parlez de Sapi, ah bah il va bien, il va arriver par ce tapis roulant ou l’autre je ne sais pas’. J’ai vu la cage, j’ai traversé le terminal 3 en courant, Sapi attendait à côté des bagages, quand j’ai ouvert la porte c’était la fête. Il allait bien. Un peu stressé, mais en contrôle. Je l’ai sorti et lui ai passé sa laisse, il était si content. Ce que je n’aurais pu faire normalement, car pour assurer une sécurité additionnelle de notre animal, Air Transat applique une courroie supplémentaire à la cage, pour permettre qu’il y demeure durant toute la durée du trajet, en empêchant que la porte ne s’ouvre. Plusieurs cages de transport peuvent s’ouvrir durant la manipulation.

7 heures de vol – 10 heures de route – Arrivée au cœur de l’Oisans, dans la Vallée de l’Eau d’Olle, au pied du massif de Belledonne à 1270 mètres d’altitude.Pays de transhumance et d'alpage
Sapi halète davantage, ce pourrait-il qu’il souffre de l’altitude ? Il ne semble pas y avoir beaucoup de recherches sur cette question, reste que les preuves anecdotiques glanées de ci de là indiquent que les chiens peuvent souffrir des effets de l’altitude. Ils présentent les mêmes signes que les humains : arrêter de manger, malaise et apathie. Leurs langues deviennent légèrement sombres.
Ainsi, être arrivés une semaine avant la compétition va permettre à nos deux corps de s’habituer et de gérer ce nouvel approvisionnement en oxygène. De plus, la météo est exquise, mais essoufflement  et chaleur nécessitent accoutumance et plus grande hydratation. Nous nous préparons aux changements qui sont entrain d’avoir lieu. Jusqu’ici, Sapi a connu des hauteurs (Adirondacks, Mont Sainte-Anne) mais pas ces hauteurs! Nos promenades normales ne nécessitent pas autant d’adaptation de l’organisme: ici quelque soit l’effort physique accompli : la fréquence respiratoire augmente. Mais… les globules rouges  prolifèrent…
Baignades dans les eaux glaciales des ruisseaux de montagneDonc remise en forme, pas tant pour des raisons liées à notre condition physique. Bien nous prend de faire quelques excursions sur des parcours comprenant obligatoirement des pentes importantes et des sentiers très étroits.
Sapi vient de faire 17 heures de voyage (en avion et en voiture), il subit un décalage horaire, il arrive dans un pays où tout est nouveau et excitant, la concentration de l’oxygène ou la pression d’air est différente à ces hauteurs élevées, aussi avant de parler de mal d’altitude, laissons-le se reposer et reprendre des forces, il va – nous allons – en avoir besoin dans quelques jours. Notre thérapie : de l’eau, des visites, du repos, des découvertes, des jeux, des montées à 1700 mètres, des resdecentes à 1000 mètres.

Pour plus d’infos :
http://www.vetinfo.com/altitude-sickness-in-dogs.html

Morale à deux vitesses

24/03/2011

Pour la majorité des gens, un être moral c’est un humain.

morale à deux vitessesD’où le ‘on ne tuera pas son prochain’ et pourquoi? Parce que c’est normalement un être de moralité. Quand il est question des chiens, on parle au mieux de devoirs comme celui de s’abstenir de mauvais traitements. Et encore cette notion est élastique, car si ce traitement sert l’intérêt humain, il n’y a plus de mauvais traitement, qu’on pense aux habitudes alimentaires, aux objectifs de la science ou aux activités de loisirs.

C’est donc d’une morale à deux vitesses qui dirige les actions humaines envers les chiens.

Les animaux raisonnent, la mentaphobie* les tue

07/02/2011

Partage de cet extrait issu du livre ‘La raison des plus forts’, sous la direction de Pierre Jouventin, David Chauvet et Enrique UtriLa raison des plus forts sous la direction de Pierre Jouventina

Dalida Bovet évoque les différentes formes de raisonnement rencontrées chez les animaux. Sa synthèse a la mérite d’ordonner les observations scientifiques selon le type de rationalité auxquelles elles correspondent, ce qui témoigne de la diversité des manières d’être de la raison, loin de la vision appauvrie que beaucoup s’en font lorsqu’ils la réduisent à la seule idée de rationalité intersubjective. Elle recense:

  • Le raisonnement inductif: construction d’une propriété générale à partir de cas particuliers, la catégorisation en constitue l’exemple typique
    • Ex: le pigeon qui distingue entre autres des photos représentants diverses figures humaines de celles représentant objets, plantes ou animaux ou….. qui distingue des peintures de différentes écoles!
    • Ex: la carpe capable de distinguer différents compositeurs musicaux
  • Le raisonnement par analogie: qui explique une situation inconnue par une situation connue, le concept identique/différent étant ici le plus couramment étudié
    • Le singe-écureuilEx: le singe-écureuil a pu correctement faire correspondre des paires d’objets à des symboles signifiant ‘identique’ et ‘différent’
  • Le raisonnement déductif: de type transitif fondé sur les relations d’inclusion, telle que: si A contient B et B contient C alors A contient C
    • Poisson Astatotilapia burtoni Ex: le poisson Astatotilapia burtoni détermine le rang social de ses adversaires en observant un affrontement entre deux congénères et choisir d’affronter le perdant pour augmenter ses chances de l’emporter
  • Le raisonnement social: faisant référence aux inférences faites dans des situations d’interactions sociales
    • Ex: le coq capable de dissimulation lorsqu’il informe par des cris les poules de la présence de nourriture, ce qui lui permet de les courtiser
  • Le raisonnement causal: distinguer la cause de l’effet
  • Le raisonnement spatial et temporel
    • chien et corbeauEx: le chien qui choisit entre deux chemins qu’on lui a fait pratiquer préalablement, le plus court pour accéder à une source de nourriture
    • Ex: le corbeau à qui l’on montre une scène anormale car physiquement impossible (un oeuf qui flotte dans les airs), son regard s’attarde plus longuement que celui des jeunes enfants ou des chimpanzés
  • Le raisonnement mathématique et la compétence numérique

Chacun de ces modes de raisonnement a été mis en évidence chez une ou plusieurs espèces animales.  Les capacités cognitives des différentes espèces animales sont bien entendu très variables suivant les espèces et les domaines de raisonnement… comme pour l’homme et il  serait absurde de subordonner l’accès à la raison à la capacité à pouvoir tenir tout type de raisonnement.

La rationalité animale ne peut se voir disqualifiée par le simple fait qu’elle ne recouvrerait pas exactement TOUTE l’étendue de la raison humaine. Et pourtant c’est ce qui se passe actuellement : la raison reste le propre de l’homme.
Dans nos quotidiens, on dénie aux animaux toute capacité déductive, toute pensée, toute possibilité même d’émettre une pensée. Ne serait-ce qu’au niveau du droit, par ex. ils restent des objets….. Ou on peut les abattre par centaine, parce que devenus vieux et inutiles (ref).

*mentaphobie est l’attitude de dénégation de l’existence d’une pensée animale. Donald Griffin a inventé le terme pour désigner la pratique purement idéologique consistant à censurer toute interprétation du comportement animal pour le priver de la possibilité d’avoir une conscience propre.

Pour aller plus loin:

La mentaphobie tue les animaux par David Chauvet

Magasiner une cage pour s’envoler en sécurité

04/02/2011

Logo IATAPour voyager en avion, le chien doit être placé dans une cage qui doit rencontrer certains standards auxquels les compagnies aériennes souscrivent et qui ont reçu l’aval de l’IATA. Toutefois il ne semblerait pas qu’il y ait des cages homologuées par l’IATA : ‘IATA does not certify, approve, endorse, or sell any particular pet container manufacturer, brand , make, or model. Equally so, IATA does not offer, solicit, endorse, or approve any particular pet or puppy transport or relocation services, regardless of whether these be offered via email or the internet. Readers should pay attention to fraudulent offerings that claim the opposite’.

La cage de transport choisi soit solide, intacte et approuvée par la compagnie aérienneAinsi, la taille et la structure de la cage doivent-elles être conformes aux normes de l’IATA, on est davantage dans le registre des bonnes pratiques. La Réglementation IATA pour le transport des animaux vivants s’applique à toutes les compagnies membres ou membres associés de l’Association du transport aérien international et aux compagnies qui font partie de l’accord IATA. L’important est de s’assurer que les animaux soient transportés dans des conditions leur assurant sécurité, santé et bien -être.

La cage doit :

  • Dimension de la cageLa cage doit avoir assez d’espace pour que l’animal puisse s’y tenir debout et s’asseoir sans que sa tête ne touche le plafond de la cage, qu’il puisse se retourner et s’allonger dans une position naturelle
  • Toutes les cages doivent pouvoir être rangées verticalement dans l’appareil, comme l’exige le Animal Welfare Act et les règlements sur les animaux vivants de l’International Air Transport Association.
  • Etre faite de plastique rigide, de bois, métal, ou d’un matériau de résistance comparable avec un couvercle solide.  Aucune cage en carton ne sera admissible.
  • Avoir des poignées fonctionnelles à l’extérieur de la cage pour empêcher le basculement et tout contact direct avec les animaux.
  • Doit être convenablement ventilés de façon à ce qu’il n’y ait aucune entrave.
  • Très bien se fermer, mais ne pas être fermée à clef, permettant ainsi au personnel de l’ouvrir en cas d’urgence.
  • Avoir des étiquettes avec les mots « Animal Vivant » sur le haut de la cage et sur au moins un de ses côtés.
  • Avoir des flèches pointées vers le haut pour indiquer le bon positionnement de la cage.
  • Contenir un certain type de litière, soit du papier effiloché, soit des filaments de serviettes éponge, pour absorber les « accidents.
  • Être munie d’un verrou de sécurité, sans être fermée pour autant car le personnel de bord doit pouvoir accéder à l’animal en cas d’urgence.
  • Ne pas contenir de jouets pour ne pas risquer l’étouffement.

Signalez à tous les employés du transporteur aérien que vous croisez, que ce soit à l’aéroport ou dans l’avion, que vous voyagez avec un animal de compagnie qui se trouve dans la soute à fret. Ainsi, ils seront prêts à intervenir au besoin. Et si le vol est retardé ou si vous avez des inquiétudes au sujet du bien-être de votre animal de compagnie, le personnel pourra faire une vérification, si c’est possible. La principale cause d’accident et d’animaux perdus lors des voyages en avion est le mauvais fonctionnement des cages ….
Il est important que la cage de transport choisi soit solide, intacte et approuvée par votre compagnie aérienne. (ref)

Morceaux… à méditer

23/09/2010

Le but de tout le développement du jeune chien est une meilleure association avec les congénères et il faut savoir que la vie en société représente un degré d’évolution supérieur à la vie en solitaire. Les solitaires ne peuvent tolérer aucun concurrent pour la nourriture. Mais l’adhésion à un groupe signifie, pour l’individu, des bases de nourriture plus assurées. P 49

Il n’y a punition que s’il y a transgression d’interdits clairement établis. Cecile chien pris au serieux signifie que l’on doit, tout comme le père-chien, avoir le chiot toujours à l’œil au cours de cette phase (comprendre de 8 à 12 semaines) et si l’on ne peut pas faire en sorte qu’il soit placé dans un lieu où il ne pourra enfreindre aucun tabou nécessaire à sa vie commune avec l’homme. Mais il faut naturellement veiller à ce que le chiot ne soit seul que très peu de temps. P 53

Toutes les entreprises communes, et on pourrait nommer ainsi toute éducation, formation ou dressage peuvent être développées de la sorte à partir de l’observation du jeu et dans ces conditions, tout apprentissage chez le jeune chien restera teinté de plaisir. Si le désir exprimé par l’homme que le chien réalise un travail particulier si ce désir reste toujours lié à un événement heureux, plus tard aussi, même pour un chien depuis longtemps adulte, apprendre sera un plaisir. C’est à cette condition que l’homme remplit son rôle d’éducateur, de premier partenaire social et ce n’est qu’ainsi qu’il pourra construire une relation homme-chien valable et stable. La prétendue faiblesse de caractère de tant de chiens repose souvent sur des erreurs éducatives au cours de la phase de socialisation : on ne jour pas assez avec le chien, en revanche on ‘dresse’ d’autant plus. Plus d’u homme se prend pour un dompteur de lions frustré et prend le chien pour un loup sauvage et féroce. En cela, il se trompe doublement. Premièrement, un dompteur de fauves n’est plus, depuis longtemps, un dompteur d’animaux qui impose aux ‘bêtes sauvages’ sa volonté de fer, mais un ami des animaux sensibles qui sait qu’il ne peut espérer les meilleurs résultats que si ces grands chats ont du plaisir à travailler.  Deuxièmement, il n’y a pas de loups sauvages et féroces. P 54-55

On n’insistera jamais assez sur le fait que le chien n’est pas un être dont les instincts sont fixés une fois pour toutes. Il ne suffit pas de connaître tous les modes de comportements innés pour mieux s’entendre avec le chien. Il est beaucoup plus important en revanche d’analyser exactement ses possibilités d’apprentissage innées, en fonction de son âge, d’observer sa relation avec le compagnon parental et d’étudier les interactions entre le père et le chiot dans les différentes phases de vie pour savoir comment et par quoi se construit la personnalité de chaque chien. Il est précisément un ‘animal d’apprentissage’. P55

La hiérarchie sociale n’est pas une affaire de force physique. Elle est, chez un être d’apprentissage comme le chien, une question d’intelligence.

Extraits du livre de  Eberhard Trumler ‘Le chien pris au sérieux’ -1974

Le canicross, quintessence de la relation anthropocanine

20/09/2010

C'était aux championnats du monde Dryland 2009Le canicross c’est une relation. Le canicross est aussi un sport. C’est courir avec son chien. Il y a donc deux athlètes, 6 pattes, le chien et l’humain. Quand un des deux dans le lien est blessé, la course ou l’entrainement est reporté. C’est la beauté de ce sport qui s’adresse à tous, amoureux des activités de nature, de sensations fortes, découvreurs de paysages et de méditation active dans un cadre naturel.
Mais avant de courir, il faut commencer par marcher, avec un chien, on ne parvient pas à  faire une canicross dans le bois de 7, 5 kms comme ça en se levant un  matin. C’est un entrainement long car non seulement l’athlète humain doit se mettre en forme, mais en plus il doit co-apprendre avec son chien à courir au diapason et oui à perdre le souffle plusieurs fois : le canin a aussi besoin d’être encouragé. Faire courir un chien n’est pas évident: il faut le motiver. Lui dire, redire, rappeler, ressasser les commandements. C’est normal et beau si et seulement si rien n’est fait sous la contrainte et dans une ambiance malsaine. L’essentiel dans ce sport d’endurance, attelé, est d’être présent et constant.
Une bonne connaissance du chien est nécessaire pour mettre en place les commandements de base, pour apprendre des comportements de son co-athlète-chien. Quand il tourne les oreilles, qu’est-ce que cela veut dire pour lui? Quand il commence à vouloir sentir sur le bas côté, quels sont ses signes avant-coureurs? Quelle réaction a-t-il lorsqu’un autre chien le dépasse?… Aussi faut-il connaître son chien avant de commencer, savoir ce qu’il aime, comment il l’aime et accepter la progression, la lenteur de la progression, la lenteur de l’apprentissage des instructions. Commencez par le début : en adoptant un point de vue canin : courir en fractionnant les étapes. Pour un poilu, c’est plus naturel comme type de course et surtout plus amusant. Une étape jusqu’au lac pour se baigner et se désaltérer, une étape jusqu’à un autre lieu digne d’intérêt…. pour le chien… Et pour finir une récompense de taille : à chacun la sienne, des félicitations tout le temps, constamment, le chien est bon et beau de courir attelé à un humain. Inlassablement, pendant la course (surtout dans les premiers temps), il faut parler à son chien afin qu’il sache que vous l’appréciez, que vous appréciez ce moment, que vous reconnaissez son effort, que vous êtes contents.

imagesCAW558QELe canicross c’est la quintessence de la relation imagesCAW558QEanthropocanine. Car, il arrive un moment où les deux souffles sont en écho, où la foulée ne fait plus que 6, où l’énergie porte les deux athlètes. Ça arrive, plus souvent qu’autrement quand la beauté d’un sentier unit l’humain-l’animal-le végétal. Ce sont des moments de communion, et c’est certainement pour quoi je cours.

horaire du séminaireEn fin de semaine se tient le premier séminaire de canicross du Québec
Ce séminaire est organisé par Canicross Québec à l’intention des coureurs de canicross qui désirent progresser, améliorer leurs sensations et leurs connaissances en canicross. Trois intervenants spécialisés nous apporterons leurs conseils et leurs expériences.
Ludovic Coulaux, Champion du monde de kart 6 chiens (2009), Vice-champion de France de Ski-joring
Jolyanne Bérubé, Kinésiologue, entraineure et coureuse de course à pied
Bruno Saucier, Guide professionnel de traineau à chiens, rafting et canot

Les animaux changent parce qu’ils nous changent

28/08/2010

conditionnementCertains dispositifs behavioristes – ceux qui font du conditionnement – ne laissent aucune chance au chien d’exprimer sa manière d’être et de les surprendre. Ils conditionnent le chien à effectuer mécaniquement une commande…. Pour quel bénéfice ?
Ainsi, l’ordre des choses est conservé: l’animal ne peut déroger à cette ornière idéologique dans laquelle il a été formaté: ‘il fait ce que je veux’. Ceci est une autre ‘influence négative de la domestication’, selon l’expression de Romanes, le père de la psychologie comparative interspécifique.
Pourtant, iIl existe une approche qui ouvre des perspectives riches d’enseignement parce qu’ouverte aux changements, une approche qui induit des transformations traduisant de nouvelles manières d’êtres, dans laquelle le scientifique et le propriétaire ne savent pas quelles sont les bonnes questions à adresser aux animaux mais qui accueillent ce doute intelligent en adoptant une position de recherche nouvelle:  quelles sont - du point de vue du chien, de l’animal - les expérimentations qui permettent d’obtenir de leur part les meilleurs réponses qui soient ? Bien entendu, ça ne se fait pas immédiatement, ça prend beaucoup de temps, d’essai-erreurs mais ô combien porteurs d’avenir.
Actuellement, il semble que la société québécoise envisage encore l’éducation du chien de manière behavioriste: conditionnement pur de dur. Une portion infime d’observateurs du comportement canin a adopté une autre voie – voix: les animaux les ont transformés afin qu’ils les transforment.

Dans les dispositifs de conditionnement, le chien est généralement soumis à un apprentissage au cours duquel il doit apprendre à réagir à certains stimuli : une lumière qui s’allume, un son de cloche, un dessin. Lorsqu’il perçoit le stimulus qu’on lui demande de reconnaître ou de discriminer, il doit présenter la réaction que lui a enseignée son expérimentateur. Il sera dans le meilleur des cas récompensé par un peu de nourriture dans les moins bons puni par un choc électrique ou toute autre expérience désagréable. À force de répéter le stimulus, l’expérimentateur obtient ce qu’il cherchait : le chien est conditionné, il se comporte à présent comme un jouet mécanique à ressorts. Ici encore le terme ‘invention’ au sens d’une production d’existence permet de décrire ce qui a pu arriver au chien dans ce type de dispositif. En observant la façon dont le chien est soumis à des contraintes qui ne lui laissent aucune chance, les sociologues Arnold Arluke et Clinton Sanders - Regarding animals – ont repris à leur compte cette conclusion sans appel de Vicki Hearne : ‘Dans la mesure où les behavioristes font tout pour dénier toute possibilité de croire à la capacité du chien de croire, d’avoir des intentions, de signifier etc., il n’y aura aucun courant d’intentions, de significations ou de croyances qui aura une chance d’advenir. Le chien peut essayer de répondre au behavioriste, mais le behavioriste ne répondra pas à la réponse du chien… le chien du behavioriste ne fera pas que sembler stupide, il sera stupide!’.Quand le loup habitera avec l’agneau
De ce dispositif très appauvrissant et remarquable par le manque de politesse de ses chercheurs, on pourrait pourtant, mais par contraste, trouver des indices nous permettant de proposer une autre version, complémentaire des changements qui sont partout repérables. Que se passe-t-il dans ce dispositif? Bien sûr, il a mutilé le chien, il n’a rien fait d’autre que de produire une existence sans intelligence. Mais soyons attentifs : cette lobotomie à distance n’est possible que parce que les chercheurs se sont eux même mutilés. Il n’y a pas que le chien qui soit stupide dans cette histoire. Les chercheurs le sont autant que lui, non pas parce qu’ils l’étaient avant mais parce qu’ils se sont soumis à un dispositif qui ne leur donnait aucune chance d’être ni intéressés ni intéressants. En écoutant les conclusions de Hearne – ‘Le behavioriste ne répondra pas à la réponse du chien’ – on pourrait même formuler autrement notre affirmation : les behavioristes n’ont laissé aucune chance au chien de leur donner une chance. Ils n’ont à aucun moment autorisé le chien à les modifier, à les surprendre, à leur apprendre quelque chose et à changer leur manière de s’adresser à lui.
Dès lors l’affirmation des primatologues et des éthologistes ‘ils ont changé mais nous avons changé aussi’ peut recevoir si nous voulons être fidèles à la manière dont eux-mêmes peuvent parfois décrire leur travail, une autre traduction : ‘Les animaux ont changé aussi parce qu’ils nous ont changés’.

Despret, Vinciane. Quand le loup habitera avec l’agneau, Les empêcheurs de tourner en rond, 2002, p 29-31

Seules les religions judéo-chrétiennes…

21/06/2010
Age de l'empathieOn ne nous reprochera pas de coller des étiquettes au comportement humain mais lorsqu’il s’agit des animaux nous sommes censés réprimer cette habitude. Ce qui nous est presque impossible, car les humains mentalisent automatiquement. La mentalisation nous offre un raccourci vers les comportements qui nous entourent. Au lieu de fractionner nos observations sur la façon dont notre patron réagit à notre retard (des sourcils se froncent, son visage rougit, il tape du poing sur la table etc.) nous intégrons toutes ces informations en une seule évaluation (il est furieux). Nous structurons le comportement des autres en fonction des buts, désirs, besoins et émotions que nous percevons. Cette stratégie donne d’excellents résultats avec le patron et elle se révèle tout aussi efficace avec un chien qui se précipite sur nous, la queue frétillante, par opposition à un autre chien qui gronde en nous voyant, tête baissée et poil hérissé. Nous disons que l’un est ‘heureux’ et l’autre en ‘colère’ même si de nombreux scientifiques méprisent ces allusions à un état mental. Ils préfèrent dire que le premier est ‘joueur’ et le second ‘agressif’.
Les malheureux chiens font tout pour nous instruire sur leurs sentiments mais la science se livre à des acrobaties linguistiques pour éviter de les mentionner. Je n’approuve pas cette prudence.
Pour le darwiniste, il n’y a rien de plus logique que postuler l’existence d’une continuité émotionnelle. Je crois en fin de compte que la répugnance à parler d’émotions animales est moins liée à la science qu’à la religion. Et pas n’importe quelle religion, mais celles qui prirent forme dans des régions caractérisées par une absence d’animaux qui nous ressemblent. 

Lord HanumanAvec des petits singes et des grands singes à chaque tournant, aucune culture de forêt tropicale n’a donné naissance à une religion dissociant les humains de la nature. En Extrême-Orient – comme en Inde, en Chine et au Japon –où elles sont entourées de primates indigènes, les religions ne tracent pas de démarcation entre les humains et les autres animaux. La réincarnation prend des formes nombreuses et diverses. Un homme peut devenir un poisson et un poisson un Dieu. Les Dieux-singes comme Hanuman n’ont rien d’inhabituel.
Seules les religions judéo-chrétiennes placent les humains sur un piédestal faisant d’eux la seule espèce dotée d’une âme. On comprend aisément comment cette conception a pu voir le jour chez les nomades vivant dans le désert. Sans animaux pour leur tendre un miroir, l’idée que nous sommes seuls leur est venue naturellement. Ils se sont vus créés à l’image de Dieu et représentant l’unique forme de vie intelligente sur terre. Cette conviction demeure si ancrée qu’aujourd’hui encore ils recherchent la même forme de vie en braquant de puissants télescopes sur des galaxies lointaines.

Frans de Waal. L’Âge de l’empathie, LLL, Les liens qui libèrent, p 299-300

Le chien est un don

01/06/2010

Le fait d’étudier le chien dans un environnement hospitalier médicalisé et technologisé nous aide à repenser la place de l’homme dans cet univers et plus largement dans la nature et dans la société.

Les animaux ne sont ni des machines, ni des humains. Avec leur chair nous avons fait du social en inventant la chasse. Avec leurs os, nous avons fabriqué nos premiers outils. En les peignant et en les sculptant, nous avons fait naître nos croyances originelles. En les observant, nous avons compris notre place dans le monde. Le jour où l’on acceptera enfin qu’il existe une pensée sans parole chez les animaux, nous éprouverons un grand malaise à les avoir humiliés et considérés aussi longtemps comme des outils.
(Boris Cyrulnik. La plus belle histoire des animaux)

Il y aurait plusieurs explications au fait que l’homme cherche tant à s’entourer d’animaux même dans un univers hospitalier :

la nostalgie de la nature et la montée de la sensibilité écologiste et surtout le recul des liens sociaux traditionnels, la fragilisation des liens professionnels, l’effacement des rôles familiaux qui font que les humains modernes attachent plus en plus de valeur à la fidélité d’un chien ou à la liberté d’un chat.
(Jean-Pierre Digard. La plus belle histoire des animaux)

Il n’en reste pas moins que la présence d’un chien se pose comme un don pour les patients, car le chien n’a pas d’actes ou de désirs stratégiques, pas d’attentes en retour, pas de riposte même après une offense. Les chiens de TAC semblent avoir une disposition immédiate à pardonner. Pour le patient et surtout le petit patient, le chien est un don non seulement parce qu’il semble exprimer de l’amour mais surtout parce qu’il permet, sur fond de cet attachement particulier, d’être oublié tout en étant là, « il instaure ainsi une sorte de régime de paix sans réciprocité, tout en maintenant un enjeu affectif particularisé » (Albert Piette).


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