Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘charles darwin’

Visage dis-moi…

07/11/2011

Les émotions des animauxLes visages sont extrêmement importants pour évaluer les sentiments des animaux. Charles Darwin et ses successeurs ont souligné le rôle crucial des expressions faciales dans notre compréhension des émotions d’autrui. Les visages sont déterminants pour deviner ce que les autres ressentent et pour prévoir ce qu’ils vont faire.  Il n’y a pas de communication plus directe pour un animal que de plonger ses yeux dans ceux de l’autre, dit Marc Bekoff, en page 108. Une étude récente (Staring fear in the face) sur la peur chez les hommes vient confirmer l’importance du contact visuel dans l’identification des émotions. Les yeux sont essentiels pour constater qu’un autre humain a peur : ce sont eux que l’on regarde pour savoir si un visage reflète l’effroi … ou la souffrance!
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer- Éthique animaleAinsi, on peut déduire qu’autrui souffre en observant ce qui apparaît comme des conséquences de la souffrance : il se tord, il se débat, il hurle, écrit en page 52, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer.
Est-il surprenant de constater que les mammifères ont beaucoup d’expressions faciales en commun. Quand nous parlons du visage, nous parlons surtout des yeux. Ce sont des organes superbement complexes qui ouvrent une fenêtre sur le monde émotionnel d’un individu. Les yeux, chez les humains comme chez d’autres espèces reflètent les sentiments : la joie écarquille et le désespoir les creuse.
On est le regard/visage de l’autre si on a naturellement la capacité Tel visage de maitre, tel visage...de lire les émotions. Or, le chien parvient à décrypter sur le visage de son maître ses moindres intentions, serait-il plausible que le chien apprend le sens de son maître, soit apte à saisir la présence qui parle et passe outre la constitution de l’acteur que chacun se crée pour aller à l’essentiel : par-delà les préjugés et les présavoirs, le chien nous lit.

Communauté morale

14/03/2011

Les Français et leurs animaux-Jean-Pierre_DigardCe qui est en cause dans la question de la place des animaux, c’est, si l’on y réfléchit bien, la question de leur nature, ou si l’on préfère de leur position (notamment phylogénétique) par rapport à la nôtre : les hommes et les animaux sont-ils plutôt semblables ou plutôt différents? explique Jean-Pierre Digard (Les Français et leurs animaux, p 101)
De ce qui est répondu, découlent  les modalités du vivre ensemble. D’un côté les recherches éthologiques nous disent que les ressemblances sont nombreuses, que nous posséderions en commun avec eux -les animaux – des éléments constitutifs de notre propre identité, par conséquent qu’entre eux et nous,  nous formerions une communauté de vivants. L'origine des espèces-Charles_DarwinDepuis la publication de L’Origine des espèces(1859), il y a de bonnes raisons de penser que cette communauté est plus étroite qu’on n’était disposé à l’admettre jusque-là.
Les êtres humains forment une communauté de vivants avec les autres animaux: formons-nous également une communauté morale ? (Jean-Yves Goffi, ‘Les relations entre l’homme et l’animal’)
Il y a en gros 4 manières historiquement parlant de concevoir la relation aux animaux donc de leur accorder des caractéristiques propres qui fait que l’homme se doit – moralement  – de les considérer comme des êtres vivants et d’avoir à leur égard des rapports moraux. Une première tradition est attentive au statut de créature de l’animal. Pour une seconde, c’est sa capacité à souffrir qui le distingue des simples choses. Pour la troisième, c’est la présence d’intérêts. La dernière discerne en lui quelque chose comme une subjectivité (J-Y Goffi).
Pour beaucoup de défenseurs des droits des animaux dont Tom Regan la subjectivité est une valeur suffisante pour rendre aux animaux leurs droits à jamais reconnus. Cette subjectivité, c’est celle d’un être qui est le sujet d’une vie ; en gros un être qui vit et ce qu’il vit lui importe. Beaucoup d’animaux franchissent ce seuil. Ils ont donc des droits, lesquels ne sont ni négociables, ni échangeables et justifient qu’on s’interdise, à leur égard, toutes sortes de traitements.
Mais si on leur accorde des droits, quid des devoirs ? des obligations ? des responsabilités ? Ne serait-il pas plus agissant de préférer à la notion des droits de l’animal celle de devoirs de l’homme envers les animaux ?

Pour aller plus loin
Jean-Yves Goffi, ‘Les relations entre l’homme et l’animal’, Université de tous les savoirs, La Philosophie et l’éthique, Volume 11 Odile Jacob, 2002, p 104-108

Expressive proximité

02/08/2010

expression des émotions chez l'homme et les animauxTant que l’homme et les animaux sont regardés comme des créations indépendantes, un sérieux obstacle s’oppose à notre désir naturel de pousser aussi loin que possible notre recherche des causes de l’expression. Cette conception peut expliquer tout et n’importe quoi; et elle s’est révélée pernicieuse autant pour l’étude de l’expression que pour toute autre branche de l’histoire naturelle. Certaines expressions de l’homme, par exemple lorsque les cheveux se hérissent sous l’influence d’une terreur extrême ou que les dents se découvrent par l’effet d’une colère furieuse, ne sont guère compréhensibles sauf si l’on se convainc que l’homme a connu jadis un état bien inférieur et semblable à l’animalité. Le fait que certaines expressions soient communes à des espèces distinctes quoiqu’apparentées, comme les mouvements des mêmes muscles faciaux pendant le rire chez l’homme et chez divers singes, devient un peu plus compréhensible si nous croyons qu’ils descendent d’un ancêtre commun. Celui qui admet d’une façon générale que la structure corporelle et les habitudes de tous les animaux ont évolué graduellement considérera l’ensemble de la question de l’expression sous un jour nouveau et plein d’intérêt. Charles Darwin, Expression des émotions chez l’homme et les animaux, Rivages Poche, p 20-21

À quelques siècles de distance, deux conclusions similaires. Ce n’est qu’en étudiant la proximité spatiale et la continuité temporelle entre l’homme et les animaux/chiens que nous découvrirons ces communautés hybrides et qu’il sera ainsi plus facile d’appréhender la thérapie assistée par le chien.

Une communauté hybride homme/animal est une association d‘hommes et d’animaux dans une culture donnée qui cL’animal singulieronstitue un espace de vie pour les uns et pour les autres, dans lequel sont partagés des intérêts, des affects et du sens. Il ne s’agit pas d’associations générales mais d’associations particulières….. S’il s’agit d’associations polyspécifiques, il s’agit avant tout d’agencements chargés de sens et d’émotions entre des individus qui appartiennent à des espèces différentes, et l’individualité des protagonistes compte plus que les espèces impliquées… .
Dominique Lestel. L’animal singulier, Seuil, p 19-20


Suivez-moi sur Twitter Suivez-moi sur Facebook Recevez nos billets chaque semaine par courriel