Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘carnaval’

L’attelage canin? C’est le moyen de transport du pauvre

20/02/2012

Il n’y a pas si longtemps, au Québec, les chiens étaient employés pour la traction de petites carrioles. Ils tiraient toutes sortes de cargaisons: transport du petit bois, des bidons de lait, des courriers postaux  etc. L’armée les employait pour le transport des munitions et des vivres. Toutes les races étaient employées, pourvu que les individus soient costauds. En pratique, comme les races les plus musclées (molosses) étaient les plus chères à l’entretien, on voyait davantage de corniauds. Bien souvent, les chiens portaient une muselière pour ne pas importuner les passants et les chiens alentour.

Cette photo date de 1929 et a été prise près de la ville de QuébecIl faut bien reconnaître que ces attelages canins sont l’apanage du pauvre. Dès que le statut du propriétaire le permettait, ânes, mulets, chevaux et bœufs prenaient le relais.

En Europe, l’habitude d’atteler des chiens semble avoir pris naissance à la fin de la Révolution, essentiellement dans la moitié Nord de la France. L’essor fut tel, que la préfecture de Paris dut l’interdire en 1824 pour des raisons de sécurité et d’encombrement. En fait, ‘C’est l’aversion à l’égard de la visibilité publique du sang et des corps meurtris des bêtes qui incite les premiers militants de la cause animale, en Europe, à proscrire des pratiques longtemps tenues pour banales. Les campagnes conduites contre l’usage des attelages de chiens constituent une autre preuve éloquente. Les griefs adressées à la pratique doivent encore bien peu à la sympathie réservée à un animal familier. En fait, les premiers détracteurs de l’usage de chiens comme bêtes de trait s’insurgent avant tout contre le spectacle répugnant auquel ils peuvent donner lieu (p 24, Christophe Traïni, La cause animale, 1820-1980, essai de sociologie historique).
C’est pourquoi, en 1850, la loi Grammont visant à la protection animale aboutit à l’interdiction de cette pratique.

En Amérique du Nord, on peut parler avec certitude d’attelage de chiens dès le X° siècleEn Amérique du Nord, on peut parler avec certitude d’attelage de chiens dès le X° siècle car la civilisation de Thulé établie dès cette époque autour de la Baie d’Hudson utilisait le traîneau à chiens depuis leurs origines.

Parallèlement, la ruée vers l’or au Klondike c’est en partie fait sur le dos des chiens qui travaillaient sans relâche à assurer les transports de bois, de courrier, de vivres, d’hommes et d’or. Ils faisaient tous les travaux que les chevaux exécutaient au Sud.

Puis progressivement, de chiens de travail on est passé à chiens d’attelages de course. C’est ainsi que les premières courses d’attelage virent le jour, avec des paris importants mis en jeux. D’ailleurs, le Québécois Emile St. Godard (1905-1948) remporte la médaille d’or des Jeux olympiques de Lake Placid en 1932, lors d’une démonstration d’attelages de chien. À ce jour, il demeure le seul coureur d’attelages de chiens à être intronisé au Temple de la renommée des sports du Canada et du Manitoba.

les festivités du Carnaval de Québec comptent une course en traîneaux à chiensOu plus proche de nous, les festivités du Carnaval de Québec comptent des activités puisées dans le mode de vie folklorique québécois, comme la course en canot et la course en traîneaux à chiens. Ainsi, en 1940, par un bel après-midi ensoleillé, tout près du Château Frontenac, un meneur de chiens exerce son attelage à la course.

Pour aller plus loin:
Les origines du service postal par traineau à chiens
Les chiens de trait
Origines du traineau à chiens
Histoire du plus grand carnaval d’hiver au monde


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