Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘Boris Levinson’

Là ou il ne fallait pas

11/02/2010

L’histoire de la zoothérapie ou de la thérapie assistée par le chien (TAC) est faite de jeux de circonstances…. Bref l’animal s’est trouvé là ou il ne fallait pas, face à qui il n’aurait pas dû être, dans un lieu qu’il n’aurait pas du fréquenter. Pour des effets totalement imprévisiblement positifs.
De beaux accidents…. En 1960,  Boris Levinson attendait dans son cabinet new-yorkais son jeune patient qui s’est présenté plus tôt au rendez-vous. Le chien du célèbre psychologue américain, Jingles, était bien content d’accueillir cette visite. Levinson, qui n’avait évidemment pas prévu cela, a laissé faire. Pensez-vous, Jingles était déjà entrain de lécher le visage du jeune patient. Boris Levinson, père de la Pet-Facilited TherapyD’une séance à l’autre, l’enfant extrêmement introverti a fini par s’ouvrir à une relation avec le professionnel de la santé. 15 ans plus tard, le couple Corson faisait des recherches sur les comportements des chiens quand ceux-ci se sont mis à aboyer attirant les patients psychiatrisés de l’enceinte hospitalière. Les patients voulaient caresser les chiens et les voir. Dès lors, les chercheurs proposèrent  de tester la Pet-Facilited psychotherapy (PFP) aux patients. À la même époque mais dans un autre état américain, un oiseau se blesse au Lima Hospital (institution qui traite des criminels malades psychiatriques). Recueilli par les patients, ils le soignent. C’était bien la première fois que les patients s’intéressaient à quelque chose. C’est le début de 8 années de recherches menées par David Lee.
Voilà à quoi ressemblent au XXe siècle les débuts de la TAC. Des travaux repris avec force d’enthousiasme par les médias, ce qui fera dire à la communauté scientifique que çà manquait un peu d’objectivité et de quantifiable toutes ces ‘histoires’ (des anecdotes déjà!). De 1960 à nos jours, la recherche sera sérieuse, standartisée et mesurable, on veut des objectifs, des méthodes, des résultats, des discussions.
Tout çà pour aboutir à la conclusion que ce qui est fondamentalement thérapeutique dans la TAC c’est…. la relation.

Pour aller plus loin : Michalon, J., L. Langlade, and C. Gauthier, Points de vue sur la recherche autour des Interactions avec l’Animal à but Thérapeutique et/ou Educatif. Note de synthèse. A. Micoud and F. Charvolin, Editors. 2008, Modys (UMR 5264 – CNRS) / Fondation Adrienne & Pierre Sommer

Toute une histoire … thérapeutique

27/11/2009

L’introduction des animaux dans les établissements psychiatriques a commencé au 18è siècle en Europe. « Il apparaît », écrit Jean-Luc Guichet, « que jamais, historiquement, aux époques antérieures ou ultérieures, le thème de l’animal n’a été aussi important dans l’espace philosophique qu’au XVIIIe siècle. Il se rencontre à tous les carrefours décisifs de la réflexion, métaphysique, théologique, morale, biologique, épistémologique, et incarne l’un des centres essentiels, peut-être même le centre principal, de l’anthropologie qui commence précisément à se constituer de façon autonome » (Burgat, 2006).

Depuis l’aube de l’humanité, les animaux ont eu sur l’homme un effet civilisateur

Depuis l’aube de l’humanité, les animaux ont eu sur l’homme un effet civilisateur

Ce sont les  infirmières qui ont implanté la pratique de thérapie assistée par l’animal en milieu hospitalier de manière systématique un siècle plus tard. Florence Nightingale, fondatrice des techniques infirmières modernes, fut l’une des pionnières dans l’emploi d’animaux pour améliorer la qualité de vie des patients. Durant la guerre de Crimée (1854-1856), elle gardait une tortue à l’hôpital parce qu’elle savait, pour avoir observé le comportement des animaux depuis sa tendre enfance, que ceux-ci avaient le pouvoir de réconforter les gens et de diminuer leur anxiété.
De nos jours, la portée thérapeutique des interventions de thérapie assistée par l’animal est de mieux en mieux documentée et rapportée dans de nombreux articles scientifiques. En fait, depuis que Boris Levinson, un psychiatre américain, a, dans les années 1960, été le premier à poser par écrit ses observations. Il travaillait auprès d’enfants autistes et il a pu noter l’influence bénéfique de la présence des chiens auprès d’eux, interactions induisant des réponses physiologiques et psychologiques extrêmement favorables.
Or, les preuves scientifiques hors de tout doute de l’efficacité thérapeutique de la TAC n’existent pas.
Pas encore…


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