Soulageante néoténie
23/10/2010Tantôt déifié, tantôt diabolisé, l’animal a connu le meilleur et le pire et a incarné surtout l’idée que nous nous en faisions. Dès lors, en biomédecine, l’animal devient un outil thérapeutique avec la thérapie assistée par l’animal.
Avant de faire entrer un animal quel qu’il soit dans une enceinte de soins, il faut remplir des exigences très strictes de contrôle pour éviter l’entrée nouvelle d’agents pathogènes externes, afin de protéger l’homme plus vulnérable que l’animal dans le combat de la vie. Le contrôle prend la forme de la rédaction d’un protocole, préalable à l’introduction des animaux dans un établissement de santé. On y retrouvera les règles et procédures qu’on entend suivre au moment où l’animal sera présent. On s’assurera évidemment que toutes les personnes concernées par les activités en prennent connaissance et qu’elles s’y conforment en tout temps.
Concernant la sélection et la formation des animaux ainsi que leur encadrement, c’est la sélection qui offre les meilleurs outils (individus). Il faut comprendre que les chiens sont dûment sélectionnés pour que persistent des traits infantiles chez l’adulte. Jean-Pierre Digard parle de « néoténie domesticatoire ». Les adultes humains, et qui plus est des enfants en souffrance, sont aussi influencés par ces caractéristiques. Ils s’y projettent. On peut penser que les animaux domestiques ayant des traits néoténiques vont provoquer une réponse de protection, de sécurité, de jeu, de transfert, de bien-être, etc. chez l’enfant.
D’une certaine manière en prenant soin d’un plus petit que soi, qui ressemble à soi, on s’auto-inflige le soulagement.

La TAC n’a pas répondu à toutes les exigences spécifiques de la biomédecine, les médecins semblent lucides sur l’incertitude qui entoure cette approche thérapeutique très confrontante surtout pour leurs rôles et responsabilités au vue de la foi des patients. L’homme ne trône plus en solitaire dans son règne, son laboratoire, son unité de soins… Désormais l’animal entre dans l’antique interdit et les équipes médicales valorisent la notion de « communauté hybride » pour désigner l’association interspécifique entre les hommes et les animaux, fondé « sur des intérêts réciproques et des échanges mutuels » (Dominique Lestel, Animal singulier).