Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘association particulière’

Washoe, Koko et les autres nous en parlent

04/01/2010

Pour comprendre ce qui se passe entre l’homme et l’animal nous sommes constamment gênés par l’inadéquation et la pauvreté de la langue pour en parler. Aussi les singes – les chiens aussi, mais les études auprès des singes sont documentées depuis plus longtemps – ont décidé d’utiliser notre langage pour entrer en relation. Ils démontent aux gens de science ce que tout propriétaire d’animal sait, à savoir qu’une association particulière et unique se crée entre un homme donné et un animal, dans laquelle se partagent non seulement des intérêts bien compris, mais également des affects et du sens.
L’une des aventures scientifiques homme/animal les plus étonnantes du XXe siècle commence en 1966 avec Washoe, une très jeune chimpanzée femelle, qui apprend le langage des signes : l’ASL (The ASL Manual AlphabetAmerican Sign Language) auprès d’Alan et Beatrix Gardner. À 4 ans, Washoe a un vocabulaire qui dépasse les 140 mots. C’est le début de recherches passionnantes et ininterrompues auprès de primates – citons Koko, le jeune gorille… – qui mettent en évidence la merveilleuse complicité interspécifique.
On sait que le chien qui peut apprendre au moins 300 mots/codes différents, pourtant les expériences scientifiques mettant en relief ces capacités canines sont encore peu nombreuses. Il est essentiel de défricher ces espaces pour mettre en évidence ces communautés hybrides. Pourquoi ? Parce que ces études signifient que les animaux ne répondent pas de manière instinctive et stéréotypée et robotisée aux présences, requêtes, commandements humains …. Leur réponse comporte visiblement une bonne part de pensée rationnelle. Dominique Lestel indique :

Washoe-le portraitLe chimpanzé devient une personne à la suite de ses relations avec l’humain, mais cette transformation ne peut se faire que parce que l’animal concerné est déjà un sujet autonome faible.(L’animal singulier, p. 57)

 

 


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