Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘animaux de compagnie’

Des soins sophistiqués pour son chien, qu’en dites-vous?

04/12/2010

Le Directeur de l’information de l’Écho de la Rive-Nord et de l’Écho de Saint-Eustache est entrain d’écrire un article sur l’ouverture d’une clinique d’urgence pour les animaux de compagnie dans ce secteur ‘ où on offre de multiples services, dont une spécialité en oncologie. Il a reçu plusieurs commentaires sur le fait qu’il est difficile de se faire soigner au Québec pour les humains alors que chez les animaux, les services sont disponibles sans problème’, dit-il. Voici sa question:

Est-il étrange ou normal que certains animaux de compagnie bénéficient d’autant de soins et d’attention? Est-ce une évolution normale des choses?

Voilà rapidement la réponse de sandraetlechien.com:

L'animal est entré en force dans le groupe familialEt pourquoi ce serait choquant? Ça l’est si l’on reste dans le paradigme du chien=objet de consommation, un vulgaire bien meuble, mais si on le regarde sous l’angle de l’animal de compagnie, cette question est inepte.  En tant qu’animal de compagnie, le chien entre dans la vie d’une personne, d’une famille, il la bouleverse: pour la chose aussi banale que de le sortir chaque ‘jour’, de devoir choisir un endroit, d’apprendre à connaître son quartier et y rencontrer d’autres propriétaires. Il joue un rôle important dans l’équilibre affectif, physique, social… de la cellule familiale. C’est un être à nos côtés, un élément de notre famille… Chaque propriétaire tisse avec son animal des liens forts, emplis d’empathie que nous co-partageons car comme espèce extrêmement sociale et adaptable il a su – sa race – développer des stratégies évolutives et adaptatives donc il sait être empathique à la manière ‘chien’. Chaque propriétaire développe un langage parfois fait d’ordres parfois des onomatopées qui font aussi bien partager des directives que de l’affection, le chien est un être de conscience et de savoir à sa manière chien, bref ce n’est pas un ‘animal’ dans le sens ‘un quadrupède inculte et niaiseux’. L’êPromener son chien est un acte socialtre humain s’est arrogé la place première dans les échelons de l’évolution, or retirer la conscience, le langage, la préscience, que reste-t-il à l’homme? La seule chose qui diffère entre ces deux animaux sociaux c’est que l’humain bipède se raconte des histoires (mythes, article de journaux:), roman, religion….) dont celle-ci: pourquoi un chien aurait-il besoin de soins de santé sophistiqués attendu qu’un simple aller vers l’au-delà me ferait économiser des milliers de dollars?

Comme pour un être que l’on aime on serait prêt à payer sans y penser pour des soins dont on Des soins tertiaires pour son chien et pourquoi pas?pense sérieusement et sincèrement qui vont le sauver, on fait de même avec nos animaux de compagnie. De compagnie ça veut dire près de soi, près du coeur, dans le coeur. L’origine de ce développement est liée au besoin de l’individu qui se sent de plus en plus seul et à une demande très forte de la part des enfants. Le chien et le chat sont des animaux qui peuvent se prévaloir d’un ‘statut de parenté intime’ au sein de la cellule familiale. Ils tiennent une place réelle spatiale, alimentaire, affective, sociale, politique, économique. L’animal de compagnie correspond à un besoin d’appartenance communautaire au-delà des divers phénomènes de mode. Il est source de valorisation, il représente un équilibre médico-psycho-social pour les propriétaires. L’animal permet la permanence ou le rétablissement de passerelles sociales.

Soigner un chienComparer deux systèmes de santé diamétralement organisés et régentés, c’est une gageure. Mais notez que ce type de service va augmenter dans les années à venir, car l’évolution des modes de vie sur les 50 dernières années a modifié le rapport que nous entretenons à l’animal. L’animal domestique est membre à part entière d’une famille. C’est une évolution indéniable, incontournable. Alors que les animaux sont omniprésents dans l’espace urbain, la question de la place que l’on entend leur offrir et des services qu’on est prêt à leur offrir n’a pas encore été véritablement posée ni même pensée.

L’animal n’est pas un mobilier dans nos vies mais un rappel existentiel et fondamental de notre appartenance à LA communauté du vivant à laquelle nous appartenons de plein droit et de plein devoir.

Pour aller plus loin:

Quelle vie de chien, article de Dave Parent, directeur de l’information à l’Écho de la Rive-Nord

Sainte-Rita, bénies toutou et minou

02/11/2010

La Sainte des cas impossibles, l’Avocate des causes désespérées, le Refuge de la dernière heure, Sainte-Rita s’occupe aussi des animaux domestiques. Est-ce si surprenant?
Mgr PHILIPPE et le chevalChaque année (premier dimanche de Novembre et de Mai), à l’occasion de la solennité de Saint François d’Assise dans l’église Sainte Rita (XVe arrondissement de Paris), une messe est célébrée spécialement pour les animaux. Il y a bien eu quelques réticences de la part du clergé du style ‘un chien dans une église! Horreur le profane dans le sacré’, mais, l’initiative de Mgr Philippe a remporté un tel succès depuis sa première messe en 1993, que c’est devenu un pèlerinage bi-annuel incontournable. Ce qui étonne le plus les pratiquants humains c’est qu’il n’y ait ni aboiement, ni jappement, ni la moindre déjection pendant l’office. Comme quoi les préjugés ont la vie dure jusque devant la croix. Par contre,

les humains se font remarquer par leurs bavardages, même aux moments les plus sacrés : à l’évidence, ils sont nombreux à ne pas connaître le rituel de la messe, ne sachant pas quand ils doivent rester debout ou s’asseoir 
Anne-Marie Brisebarre, directrice de recherche au CNRS au Laboratoire d’anthropologie sociale  a étudié ce phénomène pendant de nombreuses années, ‘La messe des animaux’ .
C'est souvent l'angoisse suscitée par la maladie de leurs animaux qui pousse les maîtres désespérés à venir à Sainte-Rita

C'est souvent l'angoisse suscitée par la maladie de leurs animaux qui pousse les maîtres désespérés à venir à Sainte-Rita

Chiens chats, furets, dromadaires etc. restent sages pendant que l’évêque donne sa messe des animaux et bénit individuellement chacun par ces mots:

Soyez bénie, petite créature de Dieu. Que Dieu, la Vierge et sainte Rita vous aient dans leur sainte garde et qu’ils vous accordent longue vie auprès de vos maîtres

L’officiant répète solennellement la formule, traçant avec son pouce le signe de la croix, caressant, imposant les mains sur les animaux malades ou très âgés. L’assemblée se sépare en entonnant le ‘Ainsi soit la vie’, hymne à la beauté et la fidélité des animaux, qui dénonce les actes cruels des hommes à leur égard (ex: la corrida, la chasse), mais aussi les compromissions de l’Église, qui ignore les animaux.
Les animaux sont des créatures de Dieu. S’il y a un paradis pour eux c’est qu’ils ont une place…. auprès des propriétaires c’est assez évident mais ces célébrations leur ouvrent-elles toutes grandes les portes d’une reconnaissance sociale? symbolique? spirituelle? Cette messe peut-elle être vue comme l’aveu de l’existence d’une communauté de destin entre l’homme et ses animaux familiers ? D’une communauté hybride (D. Lestel)?

Les bêtes accueillies à la paroisse Sainte-Rita ont un autre statut : ce sont des familiers, qui ne font pasDésir de partager leur vie dans toutes ses dimensions vivre les hommes, mais vivent avec eux. Par leur présence, « ils humanisent les villes », dit Mgr Philippe, cité par Anne-Marie Brisebarre

Ou peut-être une manière détournée de rejoindre l’humain par le biais de son animal de compagnie, somme toute rien de plus que le travail ordinaire d’un homme d’église, d’un homme de son temps

En choisissant de bénir le couple formé par le maître et son compagnon, l’évêque affirme que ce qu’il fait pour l’animal souffrant rejaillit sur son propriétaire : il « touche le cœur des gens en soignant leurs animaux
Mgr Philippe cité par Anne-Marie Brisebarre

Pour en savoir plus
http://www.scienceshumaines.com/beni-sois-tu-medor-_fr_3312.html
Anne-Marie Brisebarre, « La messe des animaux », Communications, n° 74, 2003

Mon père, bénissez mon chien, 2ème partie

14/08/2010
Bien que Benoît XVI n’ait pas lui-même de chat ou de chien au Vatican, espérons qu’il aime les animaux comme son prédécesseur Jean-Paul II qui vouait une grande admiration pour Saint-François-d’Assise. D’ailleurs, c’est Jean-Paul II en 1979, qui a officiellement proclamé Saint-François-d’Assise, patron des écologistes et des animaux. C’est pourquoi le 4 octobre de chaque année, jour de naissance du saint, de nombreux prêtres à travers le Québec (et le monde) procèdent à la bénédiction des animaux (tout l’article).
En fait, ce rituel fait partie de l’ensemble des rituels de bénédictions de l’Église. Il était, certes, plus fréquent jadis dans les campagnes. L’idée était d’attirer la protection de Dieu. Aujourd’hui, en faisant bénir son animal de compagnie, le propriétaire souhaite attirer les grâces divines et les bienfaits sur celui ou celle qui vit à ses côtés.
Rappelons-nous que Dieu a sauvé les animaux du déluge en même temps que Noé et sa famille, Jonas a été sauvé de l’abîme par une baleine, il a montré à Élie un corbeau pour lui apporter de la nourriture….
Cette œuvre du peintre américain Edward Hicks représente la montée à bord des couples d'animaux (1846)

Cette œuvre du peintre américain Edward Hicks représente la montée à bord des couples d'animaux (1846)

L'icône montre le Prophète Elie assis dans une caverne, nourri par un corbeau (I Rois XVII, 1 - 7).

L'icône montre le Prophète Elie assis dans une caverne, nourri par un corbeau (I Rois XVII, 1 - 7).

Les images d’animaux sauvant les humains sont pléthores dans la Bible, n’est qu’à se rappeler Saint-Roch. Homme saint qui, à force de soigner les malades, finit par attraper la peste. Il se retira dans une forêt pour ne pas infecter les autres. Seul un chien vint le nourrir en lui apportant chaque jour un pain dérobé à la table de son maître.
D’où l’iconographie représentant Saint-Roch et le chien ou le dicton qui dit : « Qui voit saint Roch, voit bientôt son chien ».  D’où la popularité de puis des années de la  Fête de la fondation Saint-Roch.

Faire bénir son chien, et pourquoi pas après tout ? Le livre des bénédictions de l’Église catholique comporte d’innombrables textes qui sont mis à jour régulièrement par le Vatican. On peut tout faire bénir, une maison, une moto… alors pourquoi pas un chat ou un chien ? Le chien est parfois l’unique connexion avec le monde extérieur. Exploiter ce potentiel émotif n’est donc pas anodin.  Officiellement ‘nous n’avons pas de célébration de bénédictions d’animaux et leurs propriétaires’, affirme-ton du côté du sanctuaire Sainte-Anne-de-Beaupré. Idem à l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal…. Mais ‘si une personne se présente avec son animal de compagnie, il nous fera plaisir de les bénir’ et ‘à date, cette demande ne nous a pas été adressée’.

Pas encore…. imagesCAJLLIT5

Bénissez mon chien, mon père – 1ere partie

10/08/2010

On bénit les animaux de compagnie dans les églises du Québec (catholique ou anglicane).

Depuis plusieurs années, dans la région de Drummondville durant la semaine de l’Action de saint-françois d'assiseGrâce, Luc Lafond, prêtre, bénit les animaux de compagnie et leurs propriétaires. C’est l’occasion de fêter le patron des animaux et de la nation, Saint-François d’Assise et de rendre grâce à Dieu pour ses créatures.
Elles sont nombreuses les paroisses à offrir un rituel de bénédiction des animaux. Ainsi, en décembre dernier, dans Montréal-Nord, plus de 50 personnes ont pris part à une de ces céréminies au Mail Léger-Langelier. Chats, chiens… ont reçu les sacrements du curé Richard Depairon, des paroisses Sainte-Colette et Saint-Camille.
Idem à la paroisse de Sainte-Anne-de-Bellevue, l’abbé Jean-Ronald Mallette anime sa messe dominicale devant un parterre de poils, griffes et moustaches. Chaque premier dimanche du mois, une cérémonie spéciale où les animaux de compagnie peuvent amener leurs maîtres assister à une cérémonie religieuse en leur honneur a lieu à l’église anglicane Christ Church, de Beaurepaire, à Beaconsfield. Cette église a lancé en collaboration avec les Centres d’adoption d’animaux de compagnie du Québec (caacQ) un tout nouveau concept, Museaux et Prières. Ou comment célébrer la relation anthropocanine. Ce culte est a pour objectif de changer les perceptions des Québécois à l’égard du bien être des animaux. La Sainte Communion a été offerte, chaque mois depuis janvier dernier, à toutes les personnes présentes et des gâteries ont été données à tous les chiens. Des bols d’eau étaient également fournis (pour les chiens!).
Ainsi est-il fréquent de lire ce genre d’invitation: ‘La Chorale Gospel Outaouais et la Société protectrice des animaux de l’Outaouais invitent toutes les familles et leurs animaux de compagnie à une fête spéciale, le dimanche 16 mai 2010, à 15 h 30, à la cathédrale Saint-Joseph, 245, boulevard Saint-Joseph, Gatineau. La bénédiction des animaux aura lieu lors d’une messe gospel, qui se tiendra entièrement à l’extérieur, célébrée par l’abbé Jean Sans-Cartier et animée par la Chorale Gospel Outaouais’.
À Hudson, la tradition veut que les Services animaliers Wags and Whisker et le Service des parcs et loisirs d’Hudson invitent la population à une journée d’adoption d’animaux et de bénédiction au centre communautaire.

Vraiment pas un sujet d’études, vraiment pas?

26/10/2009

Le chien a envahi en nombre les foyers québécois, 21 % des foyers vivent avec un chien (ou plus), ce qui représente 940 000 citoyens canins (référence). Dans le monde, ce ne sont pas moins d’un milliard de chiens et de chats qui sont entrés dans les maisons. Ce qui induit de les nourrir, de leur faire faire de l’activité, de leur installer un espace, de les éduquer, de les soigner, d’être en relation d’une quelconque manière, d’en prendre soin, de dépenser des fortunes, d’être en partage etc. Pourquoi l’homme s’occupe d’une autre espèce ? Qu’est-ce que ça lui procure ? Pourquoi le fait-il ? Pourquoi est-ce un phénomène si répandu, qui dure? C’est un terrain passionnant de compréhension de l’humain en interaction avec un Autre et d’apprentissages pour les anthropologues.
« Il serait tout de même paradoxal que les anthropologues « disciplinaires » ne contribuent pas, pour leur part, à la réalisation de ce projet en mettant en évidence ce que les hommes, au-delà des différences de culture, partagent et qui n’est pas forcément trivial ni, malgré ce qu’on en croit à tort, toujours déjà su »[1]. Or, il est encore possible, aujourd’hui, pour certains anthropologues d’ignorer méthodiquement les enquêtes menées dans les domaines de la neurophysiologie, de la biologie du développement, de la psychologie expérimentale ou de l’éthologie cognitive. Au déni du projet anthropologique qui est de découvrir ce que les hommes ont en commun et en propre.


[1] Gérard Lenclud, « Et si un lion pouvait parler… », Terrain, no-34 – Les animaux pensent-ils ? (mars 2000), [En ligne], mis en ligne le 09 mars 2007. URL : http://terrain.revues.org/index934.html. Consulté le 29 décembre 2008.

Urgence

19/09/2009

« Les rapports entre les hommes et les animaux devront changer », disait, déjà, Jacques Derrida.
Il y a urgence.
Il y a urgence de trouver de nouvelles voies pour appréhender la relation au chien et un nouveau lexique pour en parler. Il existe une certaine inquiétude contemporaine de la vie de tous les jours à propos des interactions sociales et administratives entre l’humain et le chien.
Il faut prendre au sérieux la forme de lien social que l’humain entretient, de fait, avec les chiens. L’animalité était ce concept qui désignait tout ce que l’humain ne doit pas être. La caninité n’est plus privation de tous les attributs humains.
L’animalité est une ouverture.
Et ce n’est qu’en changeant de discours, donc en changeant l’angle de travail, en changeant de manière de voir, en adoptant un nouveau paradigme qu’il sera peut-être possible de faire avancer la réflexion et l’action concernant ce qu’on nomme la société anthropocanine.

Un phénomène de société qui a du mordant

15/09/2009

Sans titre

La législation actuelle mondiale sur les chiens jugés dangereux reflète le traitement de la question canine plus largement: on veut contrôler ce qu’on ne peut/veut canaliser (référons-nous aux règlements municipaux qui veulent contrôler les animaux de compagnie considérés comme des nuisances) ou ce dont on ne sait pas quoi faire (les règlements de la Sepaq en sont un exemple).
En fait, l’agression canine est loin d’être un phénomène simple qui se réduirait à ‘un chien me saute dessus’. C’est bien plus complexe et ça induit une interaction entre plusieurs acteurs: le chien, l’humain et la relation entre les deux espèces. En plus, il y a différents types d’agressions qui ont toutes différentes significations pour le chien mais une seule pour l’humain: ‘un chien me saute dessus’. Il y a plusieurs types de morsures dans la tête d’un chien qui n’obéissent pas à la même logique ni aux mêmes mobiles. Il s’agirait comme humain d’en saisir les sources et les significations. Donc d’apprendre le langage corporel et comportemental du chien….. et du maître.
Il n’y a pas de réponse simple comme la législation semble vouloir nous le faire croire à la question des chiens dits dangereux. Des chiens naturellement dangereux ça existe, des races génétiquement dangereuses ça existe aussi, des types de dressage déclenchant l’agressivité du chien et le rendant ‘plus méchant’, ça existe aussi.
Malheureusement on tire trop vite des conclusions comme pour régler un problème de société (car ça en est un) sans se poser de questions plus globales sur la relation homme-chien. Car, certains types de chiens ne se retrouveront pas dans certaines classes sociales et n’y trouveront pas les mêmes usages. C’est une donnée sociologique importante quand on regarde les cas d’agressions canin-humain.
Dans les années 1990, les pitbulls et les rottweilers représentaient la moitié des chiens ayant occasionné des blessures mortelles aux USA, suivis de près par les malamutes, les huskies et …. oui, les danois et les saint-bernard. Mais si on regarde plus largement les statistiques en ce qui concerne les comportements dits agressifs, on retrouve : bull terrier, berger allemand, chiens de troupeau, terrier, labrador, caniche, cocker spaniel, rottweiler[1].
Des chiens peuvent être plus dangereux que d’autres tout en étant moins agressifs!
Tous ces chiffres dépendent aussi de la manière dont l’humain interprète ce que c’est que pour lui une agression, et dans ce registre là, les appréciations sont fort divergentes d’une culture à l’autre, d’un vétérinaire à l’autre. Bref, la compilation de ces chiffres récoltés est sujette à variation.Sans titre

Aussi, gardons-nous bien de généraliser tout en regardant globalement cette question mordante qui mérite un traitement qui a du chien!

 


[1] Budiansky, Stephen. The truth about dog, Londres

L’Arrondissement de Greenfield Park n’aime pas les chiens

12/09/2009

Par trois fois, depuis 2005, l’Arrondissement de Greenfield Park prive ses citoyens d’un service communautaire de proximité.
Le président de l’Arrondissement, M.  Bernard Constantini, et son administration ne semblent pas en mesure d’apporter des arguments concrets et plausibles quant à leur décision de refuser la création d’une aire d’exercices pour chiens dans le parc Pierre-Laporte.  Il semblerait que le parc ne remplisse pas la majorité des critères d’aménagement d’un parc canin, ni d’ailleurs aucun autre parc ou site sur le territoire de l’Arrondissement. Toutefois, au cours d’une réunion publique tenue au printemps 2009, les autorités n’ont pu donner aux citoyens propriétaires de chiens de Greenfield Park d’autres motifs que ceux ressassés depuis plusieurs années. Points par points, les citoyens ont pourtant fait la démonstration que cette décision ne tenait pas la route des bonnes pratiques en matière de parc canin au Québec. Face aux contre-arguments avancés par les citoyens, l’Arrondissement a campé sur ses positions et une fois à court d’arguments, a répété inlassablement et de manière catégorique qu’il n’y aurait pas de parc à chiens dans le parc Pierre-Laporte. C’était l’aveu manifeste d’un jugement unilatéral et d’une approche traditionnelle très peu  favorable à la vie citadine avec les chiens.
Actuellement, l’offre de l’agglomération de Longueuil en matière d’aires d’exercice pour chiens est très limitée, sinon inexistante. Dans son Règlement sur le contrôle des animaux/ CO-2008-523, la Ville de Longueuil met à la  disposition des citoyens de l’arrondissement du Vieux-Longueuil des aires d’exercices pour chiens, identifiées par signalisation, où la laisse n’est pas obligatoire. Toutefois, ces aires d’exercices sont inaccessibles physiquement aux citoyens de l’arrondissement Greenfield Park. Avant l’implantation de ce règlement, les propriétaires de chiens fréquentaient le parc Pierre-Laporte en toute liberté leur animal de compagnie. Depuis la mise en application de ce règlement municipal, dans lequel les animaux de compagnie sont considérés comme des nuisances et qui restreint très sérieusement les possibilités de déplacements can-humains sur le territoire, rien ne va plus entre l’Arrondissement et ses citoyens amis des chiens.
G0011
Les citoyens sont convaincus que l’ajout de ce nouveau service communautaire est à la fois réaliste, respectueux de l’environnement et compatible avec les autres usages du parc Pierre-Laporte. D’ailleurs, dans la plupart des régions administratives du Québec, les aire d’exercice pour chiens sont situées dans des parcs hautement achalandés (activités sportives, scolaires, etc.), à proximité des maisons d’habitation et sont de grandeur très variables. L’Arrondissement a été témoin d’histoires poignantes de la part de ses citoyens, car un chien est un compagnon de vie. Mais l’Arrondissement a montré aucun intérêt à entreprendre la réflexion en profondeur qui s’imposait.


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