11/01/2011
Pour comprendre ce qui se passe entre l’homme et l’animal nous sommes constamment gênés par l’inadéquation et la pauvreté de la langue pour en parler. Comprendre ces phénomènes encore mal perçus et encore plus mal conceptualisés requiert l’invention d’une langue ad hoc avec son vocabulaire, ses expressions et sa syntaxe.
Dominique Lestel. L’animal singulier, p 23-24
L’être humain a le devoir de comprendre le comportement des espèces animales. Cette connaissance est essentielle pour éviter que les animaux qu’il prend pour compagnons (ou dont il se nourrit) ne souffrent inutilement, que ce soit pour une satisfaction affective, esthétique, intellectuelle ou bien à des fins simplement récréatives ou alimentaires. ….. L’éthologie est une science de l’observation, de l’étude du comportement dans toutes ses manifestations et à tous les niveaux, de la cellule à l’organisme entier et aux sociétés animales, des causes qui le déterminent et de ses fonctions (Campan et Scapini dans Ethologie: Approche systémique du comportement). Elle n’a jamais été une technique d’intervention sur le sujet, ce qui d’ailleurs ruinerait toute tentative d’observation.
(référence) 
En dépit des travaux des psychologues et d’éthologistes, le comportement de l’animal familier demeure énigmatique et mystérieux à beaucoup d’entre nous, non-spécialistes du monde animal.
Talin Christian. Anthropologie de l’animal de compagnie, p 8
Se demander:
‘Quelles sont, de leur point de vue, les bonnes raisons de faire des choses en apparence aussi extravagantes ? ouvre une toute autre histoire qui donne raison aux animaux. ‘Comment depuis la perspective de l’animal, peut-on traduire la situation ? Qu’est-ce qui importe pour lui quand il agit de cette manière ?’ Ces questions indiquent le véritable sens du changement : la perspective ouvre l’interprétation non seulement à ce que la situation signifie pour un animal, mais surtout à ce qui compte pour lui.
Vincianne Despret ‘Pourquoi les perroquets ne parlent pas aux philosophes’, Dossier Sciences Humaines ‘Les animaux et nous’, juin 2008
Il semble qu’un vent souffle sur les études en éthologie, en sciences sociales, sur la manière d’interroger depuis la perspective animale qui laisse apercevoir un renouveau dans les relations hommes-animaux. Vincianne Despret dit que ‘ce renouveau traduit l’extension du souci que nous éprouvons à l’égard de certains d’entre eux et qui témoigne, aussi, du sentiment de proximité inédite entre des espèces qu’une longue tradition de hiérarchisation avait pensées comme irrémédiablement séparées’.
Certaines espèces dit-elle avec justesse….. Le chien reste le grand incompris, comme une indéchiffrable énigme de l’évolution anthropocanine.
Tags: animal familier, Campan et Scapini, comportement, comportementaliste, Dominique Lestel. L’animal singulier, espèces animales, Ethologie: Approche systémique du comportement, éthologistes, être humain, évolution anthropocanine, michel chanton, monde animal, psychologues, Talin Christian. Anthropologie de l’animal de compagnie
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24/09/2009
Il y a nécessité d’adopter une politique de gestion de l’animal dans la ville de Longueuil qui embrasse la totalité de la problématique. La manière dont les animaux sont traités dans une ville détermine la grandeur de ladite ville.
L’évolution des modes de vie sur les 50 dernières années a modifié le rapport que nous entretenons à l’animal. Il est urgent de concevoir le vivant autre qu’humain comme un facteur positif dans la vie urbaine : l’animal fait société tant il permet la permanence ou le rétablissement de passerelles sociales.
Le statut de l’animal familier ne cesse d’évoluer, mais cela ne va pas toujours naturellement de soi et n’est pas reflété dans les textes administratifs. Ainsi, le règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux de la ville de Longueuil indique : « Constitue une nuisance le fait qu’un chien se trouve dans une place publique, un parc, un terrain de jeux, une piste cyclable sauf pour la traverser, un marché public, un espace de verdure, sur le terrain d’une école, dans un édifice public, une bibliothèque, une piscine, un aréna, un centre hospitalier, un édifice gouvernemental ou municipal ou tout autre endroit du même genre ».
Où peut-il être alors?
Forcer les propriétaires de chiens à tenir leur bête en laisse sur ses trottoirs et dans ses parcs ne répond pas aux besoins du chien et de son maître. En effet, un chien a besoin de courir. Le monde canin et l’Académie de médecine vétérinaire du Québec s’accordent pour dire que les chiens doivent être bien dans leur tête et bien dans leurs pattes pour pouvoir cohabiter harmonieusement et pour assumer leurs nouveaux rôles. Ils doivent courir et socialiser. Leurs maitres doivent les sortir et socialiser. AnimaQuébec indique que chaque jour les chiens doivent faire des exercices adaptés à leur état physiologique et doivent pouvoir faire au moins 30 minutes d’exercices en dehors de leur enclos. Pour voir le règlement de la ville de Longueuil suivi par au moins la vaste majorité des propriétaires de chiens, elle doit leur offrir un terrain d’exercice à proximité de leur domicile. Sinon, la plupart des propriétaires prendront le risque de laisser leur chien en liberté dans un parc, où il peut s’ébattre à son gré. Ainsi, le règlement de la ville de Longueuil expose les propriétaires de chiens aux amendes.
Actuellement, la Ville de Longueuil formée des arrondissements de Greenfield Park, Saint-Hubert et du Vieux-Longueuil et qui compte 389 938 habitants met à la disposition des citoyens trois aires d’exercices pour chiens, identifiées par signalisation, où la laisse n’est pas obligatoire. Et, à condition que le chien soit gardé en laisse, sont également accessibles le jardin du métro, l’espace de verdure en front du chemin Du Tremblay et le Parc de la Cité. Or ces espaces sont non accessibles à 80 691 résidents extérieurs aux villes de Longueuil et Saint-Hubert.
C’est pourquoi il est important de faciliter la relation au vivant, c’est « un élément constitutif de la qualité de vie en milieu urbain. La présence de l’animal contribue sans nul doute à l’élaboration d’un projet durable de prise en compte des attentes du citoyen. Chiens, chats mais aussi oiseaux, rongeurs ou tout autre représentant de la faune autochtone participent à l’humanité de l‘espace public» [1].
[1] La Lettre des Villes de l’Afirac, décembre 2008
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