Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘‘Animal Abuse and Family Violence: Researching the Interrelationships of Abusive Power’’

Pas sans mon animal de compagnie

08/11/2010

La violence conjugale est un processus évolutif au cours duquel un partenaire exerce, dans le cadre d’une relation privilégiée, une domination qui peut s’exprimer par des agressions physiques, psychologiques, sexuelles, économiques  ou spirituelles envers un être humain et….  on l’oublie souvent aussi envers l’animal domestique de la victime.
pourquoi les gens ont-ils la même tête que leur chienCette autre forme de violence, celle que l’homme commet à l’encontre de l’animal de compagnie de sa femme, est un symptôme d’un mal profond. Dans ‘Animal Abuse and Family Violence:  Researching the Interrelationships of Abusive Power’ (2005), Amy Fitzgerald a démontré que la menace de faire mal à l’animal était une tactique que les hommes violents utilisent pour instaurer leur supériorité et leur contrôle sur leur femme. L’animal devient un outil de puissance et d’intimidation. Inversement, Amy Fitzgerald a   a démontré l’influence qu’avait un chien ou un chat dans la vie d’une femme en proie aux violences conjugales.  L’animal de compagnie apaise la souffrance psychologique vécue par les femmes violentées. Il est le support pour passer ‘au travers’, il est affectueux, doux, attentif et confesseur… Tout ce qu’elles ne trouvent pas à la maison.
Au Québec, selon l’institut national de santé publique, 17 321 infractions contre la personne commises dans un contexte conjugal ont été rapportées à la police en 2008. Ces crimes ont fait 14 242 victimes féminines (82 %) et 3079 victimes masculines (18 %).
Combien d’entre elles avaient des animaux de compagnie? Car il importe de savoir que cet attachement très fort, ce ‘plan de survie’ comme l’appelle Amy Fitzgerald peut être aussi leur perte. Des études ont montré qu’un certain nombre de femmes subissant des violences conjugales hésitent à quitter le domicile conjugal notamment quand elles savent que leur animal va faire l’objet de sévices ou de représailles.
Chiens battus = femmes battues = créer des structures qui accueillent aussi les animaux.

Pour aller plus loin
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-France_Hirigoyen
Marie-France Hirigoyen, Femmes sous emprise, Paris, Oh! Editions, 2005
Marie-France Hirigoyen, Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien, Paris, Syros, 1998


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