Une différence de genre
10/10/2010Un horizon de recherche zoothérapeutique très stimulant est de documenter comment, dans une situation à vocation thérapeutique, un animal peut devenir un être signifiant. Et cette réflexion ne peut faire l’impasse sur le type de relation mis en place par les hommes et par les femmes avec l’animal. Des études semblent indiquées qu’il y existe une approche distincte, une différence de genre.
It is clear to me that gender differences result from the interaction of factors that operate at multiple levels, and it is unlikely that any single factor can account for the array of differences in human–animal relationships that have been documented over different behaviors and cultures. (1)
Attendu qu’on assiste à l’épuisement progressif de recherches sur des données quantifiables, reproductibles en zoothérapie pour se tourner vers la création de variable « perception de l’animal, » il importe voir comment l’homme et la femme abordent cette relation avec l’animal.
While women were more humanistic and moralistic about animals, they were also more negativistic. And while women expressed more concern for the welfare of individual animals, men were more concerned with species preservation and habitat conservation.
Most investigations of attitudes toward the use of animals have found that women are more sympathetic than men towards animal welfare and are less supportive of animal research. These differences transcend national boundaries. (1)
Ceci est peu considéré dans les comptes-rendus de recherches. Autre point, les infirmières, comme ‘pros de la relation de soin’, ont été les premières à mettre en place des initiatives de soin incluant les animaux. Comme femmes, elles ont beaucoup fait pour faire entrer la thérapie assistée par l’animal dans les établissements. Et elles se sont beaucoup battues pour faire reconnaitre l’apport de l’animal. Est-ce une simple coïncidence? Certains articles suggèrent même que les infirmières devraient avoir plus de place dans la décision et la conduite de ce type d’initiative.
Bref, les animaux en eux-mêmes n’ont pas d’effet thérapeutique en soi sur les patients. Tout dépend de l’interprétation que se fait le thérapeute du potentiel de changement apporté par l’animal dans la relation. Tout dépend de comment les différents acteurs deviennent des figures d’attachement les uns pour les autres. Tout dépend de la manière dont en tant que femme et en tant qu’homme on aborde la relation à l’animal.
En quoi le thérapeute est attaché à son patient, en quoi le patient est attaché au thérapeute, en quoi le patient est attaché à l’animal, en quoi le thérapeute est attaché à l’animal, en quoi l’animal est attaché au thérapeute, et en quoi l’animal est attaché au patient.(2)
En quoi le thérapeute est homme ou femme, en quoi le patient est une patiente….. La relation thérapeutique est un objet d’études passionnant si et seulement si on garde en ligne de mire les relations de genre qui sont porteuses d’informations éclairantes.
Pour aller plus loin:
(1) Harold A. Herzog, Gender Differences in Human–Animal Interactions: A Review, Western Carolina University, Cullowhee, USA, ANTHROZOÖS Vol. 20, Issue 1, 2007
(2) Michalon, J., L. Langlade, and C. Gauthier, Points de vue sur la recherche autour des Interactions avec l’Animal à but Thérapeutique et/ou Educatif. Note de synthèse. A. Micoud and F. Charvolin, Editors. 2008, Modys (UMR 5264 – CNRS) / Fondation Adrienne & Pierre Sommer


D’une séance à l’autre, l’enfant extrêmement introverti a fini par s’ouvrir à une relation avec le professionnel de la santé. 15 ans plus tard, le couple Corson faisait des recherches sur les comportements des chiens quand ceux-ci se sont mis à aboyer attirant les patients psychiatrisés de l’enceinte hospitalière. Les patients voulaient caresser les chiens et les voir. Dès lors, les chercheurs proposèrent de tester la Pet-Facilited psychotherapy (PFP) aux patients. À la même époque mais dans un autre état américain, un oiseau se blesse au Lima Hospital (institution qui traite des criminels malades psychiatriques). Recueilli par les patients, ils le soignent. C’était bien la première fois que les patients s’intéressaient à quelque chose. C’est le début de 8 années de recherches menées par David Lee.