Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘Alexandra Horowitz’

Les yeux dans le visage

08/07/2010

‘C’est clair. Un animal ca ne ment pas! Son regard nous en dit long’. Le regard joue un rôle très important dans la régulation de l’interaction sociale. Le regard est une forme de contact et il offre la possibilité de créer une sphère de communication intime sans trop de complication relationnelle.
Le regard mutuel, mais aussi le fait de regarder et d’être regardé, sont des éléments importants de la communication interespèces, explique Véronique Servais de l’Université de Liège. La socialisation de l’homme s’appuie largement sur la vision. L’attachement en est la première manifestation. Sapi dans le regarde de Gabrielle Chalifoux
L’attachement est communément observé chez pratiquement tous les mammifères or les loups ne regardent pas dans les yeux. Est-ce à dire que les chiens ne nous regardent pas?  En fait, ils regardent le visage et ‘entre eux, ils se regardent au niveau du milieu de la figure – à la hauteur d’yeux’ dit Alexandra Horowitz. ‘Alors que la menace d’agression empêche les loups, les singes et les chimpanzés d’échanger des regards, chez le chien, l’information récoltée dans nos yeux vaut la peine d’encourir un reste de cette peur ancestrale’, ‘Dans la peau d’un chien’ p 147.
Dans la peau d'un chienLe chien nous regarde dans les yeux c’est ainsi que s’est forgée avec succès cette capacité de développer des interactions sociales et même ce petit plus que la psychologie anglo-saxonne a unifié sous le concept de théorie de l’esprit ou ‘je sais que tu penses que je pense que tu sais’. François Vital-Durand – Inserm U 846 .
Les chiens nous regardent même si dans leur nature lointaine, ils préféreraient détourner le regard…  Aussi le forcer à nous regarder juste pour avoir le plaisir de lui voir les iris peut être considéré comme une agression pour le chien… à méditer lorsqu’on le force à nous regarder quand nous nous adressons à lui… comme s’il s’agissait d’un être humain…. À méditer quand le patient souhaite ce contact visuel direct, qui renvoie aux échanges intimes et chaleureux d’une conversation humaine caractéristique… à méditer car nous avons tendance à vouloir appliquer dans nos rapports cette obligation de regard droit dans les yeux avec les chiens.
Toutefois ‘quand un chien s’est habitué à vous voir, il se met à vous observer, sa vision particulière semble lui permettre de remarquer, chez vous, des choses que vous-même ne voyez pas. Très vite, vous aurez l’impression qu’il lit à même votre âme’, dit A. Horowitz en p.138. L’essentiel de ce regard dirigé vers le visage humain est qu’il emprunt d’attention : le chien décide quoi et qui regarder et observe les multiples stimuli du visage humain (les mimiques qui sont souvent aussi inconscientes).
l'essentiel par le regardUne mine d’informations utiles : savoir se concentrer sur l’essentiel.

Toc-toc, y’a-t-il quelqu’un là-dedans?

08/03/2010

Votre chien a-t-il une conscience? A-t-il conscience de lui? De son corps? De son impact dans le monde? « Démontrer l’existence d’une conscience chez un individu est très difficile : le concept de la conscience est fondamentalement réflexif ; on ne peut en effet être sûr d’être conscient d’un moment ou d’une action que lorsque l’on est, à l’instant présent, « conscient d’être conscient », expliquent Fabienne Delfour & Pascal Carlier .
Il y a différents outils pour parvenir à savoir ‘s’il y a quelqu’un là-dedans’. Les chercheurs utilisent plusieurs tests différents et Alexandra Horowitz s’est particulièrement intéressée aux interactions de chiens dans le jeu. Elle indique que le « comportement des chiens semble très proche de la théorie de l’esprit… Les statistiques montrent que la plupart des chiens agissent de façon sensée mais les exceptions sont légion…. Leurs appels à l’attention et le recours aux signaux de jeu semblent indiquer qu’ils possèdent une théorie de l’esprit rudimentaire… Pour rudimentaire que soit l’aptitude, elle fait peut-être partie d’un système d’équité naissant chez ces quadrupèdes » (1).
Votre chien n’a peut-être pas conscience de vos pensées, par contre il sait éminemment « que votre comportement reflète vos pensées. Dans le cadre de la communication chien-homme c’est même ce qui vaut à l’animal sa quasi-humanité ».
C’est pourquoi lorsque l’on met en évidence des phénomènes aussi importants, il devient plus coûteux au plan scientifique de ne pas postuler l’existence de la conscience animale que de la postuler.

1/Horowitz, Alexandra. Dans la peau d’un chien. Flammarion, 2009, p. 195

Un berger allemand partenaire de zoothérapie ? Suite 2

08/02/2010

Nous nous questionnons cette semaine sur le type de chien partenaire de zoothérapie. Dans son projet de TACChristophe pense que pour inclure un berger allemand :

Il est capital que le chien soit convaincu que celui qui sera sa référence soit quelqu’un de sûr, de juste, de cohérent, de loyal, de régulier…une fois cela instauré grâce au comportement adéquat que le maitre se doit d’appliquer face à son chien, il (le chien) aura alors une confiance aveugle envers lui. Dans notre projet, il sera capital que le chien garde une référence, une personne ressource pour lui, et il s’agira d’un des thérapeutes référent du projet.
Le but n’est pas d’obtenir cela par rapport à tous les patients avec lequel  le chien va devoir travailler, non, l’important est que sa personne de référence ne soit jamais bien loin. Ce chien a des capacités d’adaptation extraordinaires et il essayera toujours de faire le maximum pour faire plaisir à son maitre, si cela signifie obéir à d’autres personnes, il le fera sans problème mais dans sa tête, son but ultime sera de rendre tout ce qu’il est capable de rendre pour son maitre.
Sur une affiche à l’entrée du club canin que je fréquente, il est indiqué:  » Beaucoup de chiens travaillent par plaisir, le berger allemand ne travaille que dans le but de plaire à son maître »

Réaction du Dr. Joel Dehasse, Vétérinaire comportementaliste diplômé, Spécialiste européen (D-ECVBM-ca), peut-on faire de la thérapie assistée par le chien avec un Berger Allemand ? :

Oui, pourquoi pas ? Et il serait temps qu’on en fasse avec des amstaffs, par exemple, pour changer l’image publique/médiatisée de la race. Quelles sont les conditions requises pour un chien d’animation / de soins ? AmstaffEst-ce une question de race ?

→ ‘Dans l’imposante littéraire sur les races de chiens, on ne trouve pas la moindre trace d’une comparaison véritablement scientifique des différences comportementales entre les races’, indique Alexandra Horowitz, p 57, Dans la peau d’un chien, Flammarion, 2009)

Josée Brunelle de la Corporation des zoothérapeutes témoigne également:

Pour moi le chien ou l’animal doit être choisi selon son caractère, ses capacités et ses limites plus que par la race en premier. Il doit être choisi selon le patient ou client et les objectifs à atteindre. L’évaluation de l’animal devrait plus nous guider que seulement la race.  Pour moi c’est un peu comme se demander si un médecin chinois est meilleur qu’un médecin italien!

Indispensable

19/01/2010

Dans la peau d'un chienAlexandra Horowitz écrit en page 107

C’est bien dommage, mais l’aboiement fait beaucoup de bruit. Une conversation normale entre deux individus dans un parc oscille autour de 60 décibels ; les aboiements eux ne passent jamais sous les 70 décibels, et peuvent atteindre des pics  à 130. Pour bien se représenter la chose, il faut savoir que l’augmentation des décibels est exponentielles (10 décibels supplémentaires traduisent une multiplication par 100 du bruit perçu) et que 130 décibels correspondent au niveau sonore d’un avion au décollage ou d’un coup de tonnerre. Même momentané, on comprend que l’aboiement soit toujours désagréable pour nous. C’est d’autant plus rageant que les spécialistes du chien s’accordent presque tous à dire que les aboiements véhiculent beaucoup d’informations. Rares chez les loups, certains scientifiques affirment que si les chiens ont développé une gamme d’aboiement plus  élaborés c’est pour communiquer avec l’homme. C’est réussi !
….
De tous les sons qu’un chien peut émettre, l’aboiement est celui qui se rapproche le plus du discours.

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