Sans statut animal, quelle frontière nature/culture ?
15/07/2010Tant que le statut de l’animal ne sera pas fixé, il n’y aura pas d’avancées zoothérapeutiques.
La multiplicité des cohabitations mettant en présence hommes et chiens génère un fait social associé à différents enjeux, dont l’enjeu thérapeutique, mais « l’enjeu épistémologique de telles recherches réside dans le statut analytique donné à l’animal. Il apparaît alors que les interactions proprement dites entre les hommes et les animaux – le chien n’est dans ce texte qu’un exemple parmi d’autres – sont un objet évité par les sciences sociales ». (Albert Piette, Entre l’homme et le chien).
Est-il envisageable que la frontière qui est longtemps apparue absolument infranchissable : la barrière nature/culture, soit entrain de tomber et d’ébranler un système de croyances judéo-chrétien qui entretient la coupure entre l’humain et la nature ? L’éthologie contemporaine rouvre certaines voies qui semblaient ensevelies à jamais. La thérapie assistée par le chien met de nouveau en contact dans une communication simple et bénéfique l’homme et les animaux. Darwin avançait vers les années 1850 qu’un comportement humain vis-à-vis des animaux lui semblait être une des dernières conquêtes morales. Gilles Picard et Marie-Amélie Vidal (L’animal spirituel, Éd. Montorgueil, 1994) affirment que parler de l’instinct animal opposé à
l’intelligence humaine n’a plus aucun sens. « Toutefois la nature n’est pas libre sur le plan épistémologique. Ses représentations, même à l’époque contemporaine, sont des catégories fondées sur l’aspect social. La frontière nature/culture est sans cesse contestée, et on fait appel à la nature pour accomplir un ‘travail’ politique et moral » (Margaret Lock, dans Anthropologie médicale, ancrages locaux, défis globaux).
