13/06/2011
Depuis l’aube de l’humanité, le débat fait rage. Avec les époques viennent de nouveaux penseurs qui ne réinventent pas la réflexion, à la limite ils la poursuivent, parfois l’enrichissent, mais toujours la promotion de l’animal se fait submerger par la doctrine dominante et la reconnaissance animale tombe et encore et encore…. remettre l’ouvrage… le travail de re-sensibilisation re-commence.
Déjà dans la Grèce Antique, la promotion de l’animal est reçue comme une déstabilisation sociale, l’homme ayant besoin de lui pour vivre ce qui explique, jusqu’à nos jours encore, la réticence à réviser son portrait d’être raisonnable et instinctif, ce qui bien entendu justifie son traitement – en fait son absence de traitement – dans la législation, dans l’administration… et parfois même dans le domestique, le quotidien.
Il a toujours existé des courants philosophiques qui – de fait – sont restés minoritaires – qui insistaient sur la parenté des âmes et des facultés, au regard des comportements des uns et des autres, et qui prônaient respect, fraternité et refus de tuer les animaux. Soit dit en passant c’est l’un des traits majeurs de la civilisation occidentale sur celle d’Orient que de refouler impitoyablement les animaux en dehors de la conscience, de l’intelligence, de la sensibilité….
Il y a toujours eu – et encore au 21e siècle –, une majorité qui considère que les ressemblances des actes extérieurs ne prouvent rien et soutient que l’homme possède une âme raisonnable, qu’il existe une différence de nature interdisant toute déférence vis-à-vis des bêtes. ‘Ce débat est introduit dans le monde romain, à partir du Ier siècle avec J.C, mais la christianisation le réduit peu à peu. L’opposition à la métempsychose et au végétarisme, prônée par les sectes païennes, conduit l’Église à assimiler au paganisme puis à l’hérésie les idées favorables aux animaux et à les combattre. À l’inverse, elle utilise certaines philosophies grecques notamment celles de Platon et d’Aristote pour interpréter la Bible qui est en réalité très vague sur les différences entre l’homme et l’animal, pour bâtir une synthèse entre la foi et la raison, pour impose
r la thèse d’une rupture entre l’homme et l’animal’, expliquer Éric Baratay, p 35-36.
Il y a eu des moments dans l’histoire où une synergie de décloisonnement entre l’homme et l’animal s’est accompagnée d’un mouvement d’idées à dominance sociale et politique qui visait l’égalité. On pense au 18e siècle qui aboutit à la révolution française, à l’abolition de l’esclavage. Bref, notre rapport à l’autre fut-il animal, est toujours lié à l’histoire des idées et de la sensibilité (p 10 et p 41 Christian Talin).
Le 21e siècle occidental est dominé par le consumérisme, la pollution, l’individualisme, l’égoïsme…. Vous en déduirez la position de la société vis-à-vis des animaux.
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27/11/2009
L’introduction des animaux dans les établissements psychiatriques a commencé au 18è siècle en Europe. « Il apparaît », écrit Jean-Luc Guichet, « que jamais, historiquement, aux époques antérieures ou ultérieures, le thème de l’animal n’a été aussi important dans l’espace philosophique qu’au XVIIIe siècle. Il se rencontre à tous les carrefours décisifs de la réflexion, métaphysique, théologique, morale, biologique, épistémologique, et incarne l’un des centres essentiels, peut-être même le centre principal, de l’anthropologie qui commence précisément à se constituer de façon autonome » (Burgat, 2006).

Depuis l’aube de l’humanité, les animaux ont eu sur l’homme un effet civilisateur
Ce sont les infirmières qui ont implanté la pratique de thérapie assistée par l’animal en milieu hospitalier de manière systématique un siècle plus tard. Florence Nightingale, fondatrice des techniques infirmières modernes, fut l’une des pionnières dans l’emploi d’animaux pour améliorer la qualité de vie des patients. Durant la guerre de Crimée (1854-1856), elle gardait une tortue à l’hôpital parce qu’elle savait, pour avoir observé le comportement des animaux depuis sa tendre enfance, que ceux-ci avaient le pouvoir de réconforter les gens et de diminuer leur anxiété.
De nos jours, la portée thérapeutique des interventions de thérapie assistée par l’animal est de mieux en mieux documentée et rapportée dans de nombreux articles scientifiques. En fait, depuis que Boris Levinson, un psychiatre américain, a, dans les années 1960, été le premier à poser par écrit ses observations. Il travaillait auprès d’enfants autistes et il a pu noter l’influence bénéfique de la présence des chiens auprès d’eux, interactions induisant des réponses physiologiques et psychologiques extrêmement favorables.
Or, les preuves scientifiques hors de tout doute de l’efficacité thérapeutique de la TAC n’existent pas.
Pas encore…
Tags: 18e siècle, anthropologie, Boris Levinson, établissements psychiatriques, Florence Nightingale, guerre de Crimée, infirmières, portée thérapeutique, présence des chiens
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27/10/2009

Descartes est né en 1596 à La Haye (Touraine, France).
Notre rapport à l’autre fut-il animal est toujours lié à l’histoire des idées et de la sensibilité d’une époque. Actuellement, le chien est un animal de compagnie qui occupe une place particulière dans la vie intime des citadins. Or, cette situation ne se reflète absolument pas dans la vie administrative, municipale et juridique de la cité où le chien reste un corps mécanique, une vulgaire machine.
Il y a schizophrénie entre l’affection réelle d’un propriétaire qui sait son chien et l’approche à la Descartes de l’Administration.
Or, ça partait pourtant bien au 18e siècle. Pour Rousseau, l’animal est doté d’une âme dont l’homme peut éprouver les modifications grâce au sentiment de pitié, ce « contact d’âme à âme par l’effusion des sensibilités » (1).
La simplicité naturelle propre à l’animal rousseauiste revêt pour l’homme une fonction morale, en ce qu’il constitue le « modèle d’équilibre ou de régulation » (2) au regard de la démesure qui toujours guette l’homme à jamais coupé de l’état de nature.
La société québécoise du 21e siècle semble pataugée dans la démesure qui ne reconnaît en l’animal qu’un bien meuble.
Sur le même sujet :
http://www.ledevoir.com/2006/05/06/108538.html
[1] Guichet Jean-Luc, Rousseau, l’animal et l’homme. L’animalité dans l’horizon anthropologique des Lumières Paris, Le Cerf, 2006, p. 142, compte-rendu de Florence Burgat
[2] idem. p. 245
Tags: 18e siècle, âme, animal rousseauiste, Descartes, florence burgat, Guichet Jean-Luc, histoire des idées, Lumières, Rousseau, schizophrénie, sensibilité d’une époque
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