Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive de la catégorie ‘Thérapie assistée par le chien’

Reprendre le contact perdu avec le monde

03/01/2012

La thérapie assistée par l’animal (TAA) c’est  non pas la stimulation de la parole qui est objet d’attention, et l’émergence d’un sens à construire et partager, mais plutôt la stimulation de sens.
Thérapie par l'animal: stimulation de sensLes résultats obtenus par de nombreux chercheurs sont éloquents sur l’apport de la TAA : au niveau physiologique, il a été démontré que caresser un animal de compagnie réduit de manière significative la pression artérielle, la température de la peau et le rythme cardiaque… . Sur le plan psychologique (Barthalot, 2001) :

L’animal facilite la maturation psychoaffective et psychomotrice des adolescents, il canalise et contient l’agressivité…. Il fournit un substitut de
contacts humains permettant au malade de ne pas perdre, même provisoirement, son image corporelle. Sa simple présence peut favoriser l’apparition de sentiments positifs et de confiance en soi chez les personnes fragiles et démunies
….
Le patient a tendance à se laisser aller moins facilement, voire à se dépasser, à oublier ses difficultés quand il joue à la balle avec un chien, quand il le brosse ou se penche pour le caresser et le câliner. L’animal devient alors un déclencheur de communication

La relation thérapeutique avec l’animal a de multiples effets : diminution du sentiment de solitude, de l’anxiété, de la pression artérielle, de la prise de médicaments, amélioration de la forme physique, augmentation du sentiment d’utilité, amélioration de l’estime de soi, ce qui facilitent les relations sociales et dévient l’attention, responsabilisation, respect, plaisir et divertissement.
« Par l’intermédiaire des soins, formes variées d’attention à l’autre qui interviennent dans diverses pratiques thérapeutiques », il y aurait cette possibilité d’une relation d’aide comme la TAA qui permet de réconforter, fournir à la personne un lieu d’expression verbale et non-verbale, de ses émotions (dépression, douleur, isolement, frustrations), offrir un contact non menaçant par le biais d’un animal à une personne refusant toute forme d’échange, aide à l’intégration d’une personne nouvellement arrivée dans un milieu d’hébergement, valorisation et estime de soi. Cette pratique d’accompagnement est « un travail de connexion entre soignants et soignés en quête d’unité » (Saillant et Gagnon, 1999) et par l’intermédiaire d’une tierce ‘personne’, un animal qui a pour fonction de stimuler les fonctions cognitives supérieures chez le patient grâce à toutes sortes de stimulations sensorielles au niveau du toucher (fourrure, chaleur, contact, proximité, léchage…) et du visuel (couleurs, grosseurs, races, jeux, messages…). Et par le biais de tout ce qui touche les activités perceptivo-motrices comme marcher, flatter, brosser, jouer, préserver les habiletés physiques résiduelles et les comportements sociaux : sourires, les rires, les regards, les toucher, la verbalisation, le fait d’appeler le chien, etc.

Pour aller plus loin:
Barthalot Catherine: Mise au point : Animation thérapeutique et thérapie facilitée par l’animal, Soins gérontologie, 30 : 41-44 , 2001

Saillant, Francoise et Gagnon. Éric: Soins, corps et altérité. Anthropologie et sociétés. 1999, 23 :2, 1999

Cyrulnik. Boris & Digard. Jean-Pierre  & Picq. Pascal: La plus belle histoire des animaux, 2000

Un chien et une personne âgée

05/12/2011

Le plan structurant du gouvernement du Québec pour répondre aux besoins de la personne âgée manque cruellement de poils.

Au printemps dernier, le premier ministre lançait leur plan de services intégrés pour les aînés. Or, rien, rien sur la présence de l’animal de compagnie. Le chien est un très bon médiateurIl n’y a été nullement question de la présence de l’animal de compagnie, souvent le dernier lien avec la vie ou avec l’autre. D’ailleurs, plus souvent qu’autrement,  l’état de dépendance, l’accès à un logement social, l’entrée en maison de repos ou en institution de soins, … c’est le moment que l’on choisit pour couper brutalement ce lien chargé de valeurs affectives et émotionnelles. On constate les effets bénéfiques de la présence de l’animal sur les personnes âgées même si l’exposition est très limitée. Nombre d’observations et d’études ont pourtant montré l’importance du lien à l’animal de compagnie auprès de personnes solitaires, limitées dans leurs contacts sociaux. L’animal rassure par sa présence, structure les journées et entraîne des contacts sociaux, est un support d’activité motrice (décrispation des mains, sens du toucher…). Les soins à prodiguer (comme les promenades du chien ) obligent à avoir une vie régulière, organisée.

Le chien fait appel à la mémoire affective et sensorielle La thérapie assistée par l’animal peut avoir des effets bénéfiques sur les personnes âgées institutionnalisées, notamment celles souffrant d’un sentiment de solitude et le rôle du soignant devrait être central (Source: La zoothérapie au service de la personne âgée, Bachelor of Science HES-SO en soins infirmiers, Haute Ecole de Santé, Fribourg).
Par ailleurs, une étude récente (Miltiades & Shearer (2011) Attachment to Pet Dogs and Depression in Rural Older Adults, Anthrozoos, volume 24, number 2, pp. 147-154) démontre clairement qu’il existe un véritable lien entre l’attachement à son animal de compagnie, la capacité de prendre soin d’un animal et la dépression chez les personnes âgées.

Sans doute serait-il nécessaire et temps de faire comprendre aux milieux concernés (médecins, thérapeutes, politiciens, éducateurs …) ce qu’offre l’animal de compagnie dans l’épanouissement de la personne âgée.

Pour aller plus loin :
Les articles de Zoothérapie Québec
Une maison de retraite engage un chien visiteur à temps plein
Existe-t-il un lien entre l’attachement à son chien et le phénomène de dépression chez les personnes âgées en milieu rural ?

Vieillir chez soi avec son animal, vieillir à l’hôpital mais où est l’animal?

31/10/2011

Comment améliorer la qualité de vie des personnes âgées ? En mars dernier, le gouvernement du Québec annonçait la mise en œuvre d’un plan de services intégrés pour les aînés . Le gouvernement veut ‘leur offrir les services dont elles ont besoin avec une intensité plus importante et un degré élevé de performance’. Certes, mais qu’en est-il de la présence de l’animal de compagnie, souvent le dernier lien avec la vie ou avec l’Autre? Plusieurs études ont démontré l’influence de l’animal de compagnie sur le bien-être des personnes âgées.
Pallier la solitude de la personne âgée en institutionPar ses effets marqués sur l’inquiétude, le découragement, la colère, la vigueur, la fatigue, la confusion, la visite d’un chien à domicile – et qui plus est sur la personne hospitalisée – améliore la santé émotive des personnes âgées.   (Ludwak-Bloom, P. Wijewickrama, R. & Smith, B. (2005). Effects of pet versus people visits with nursing home residents).
Cet aspect devrait être pris en compte lorsqu’il sera question d’assurer la dignité et les besoins des personnes hospitalisées dans le cadre des services publics.

La santé, c’est davantage que l’absence de maladie. C’est aussi le bien-être émotionnel et mental. L’animal de compagnie offre sa présence, son amitié, son écoute. Il suscite la parole, le jeu, le rire, l’activité. Il facilite les relations sociales, développe le sentiment de responsabilité et l’estime de soi. Que ce soit à domicile ou en institution d’accueil comme de soins, l’animal a un rôle à jouer.
Le plan annoncé par le gouvernement présente une solution structurante pour faire face, de façon efficace et en toute humanité, au défi démographique actuel, dit le ministre Bolduc. Tant mieux, mais il manque un élément structurant parmi les plus importants : le chien est un catalyseur d’émotions et de relations humaines! Le dira-t-on jamais assez.

Pour aller plus loin :
Certains articles de Zoothérapie Québec
Il n’y a pas que des clowns

Et qu’en est-il de l’Umwelt zoothérapeutique?

23/10/2011

L’étude scientifique du comportement animal offre une panoplie d’outils, de concepts et d’approches qui permettent d’accéder à l’umwelt (=le monde) canin. Il serait scientifiquement enrichissant que les recherches sur la thérapie assistée par le chien (TAC) puissent prendre en compte cet umwelt dans les situations de soins. Pourquoi? Au moins pour saisir si le chien de TAC est exposé au stress, comment il le perçoit… La pathogénicité du stress ne réside pas tant dans la nature de l’agent mais dans sa durée. Et aussi pour mieux cerner la réalité des effets thérapeutiques des animaux sur les humains, pour mieux réfléchir à ce qui, dans cette communication et interaction, est une base pour construire une relation thérapeutique.
….. Il faut par contre être conscient que cette expérimentation – si elle doit avoir lieu – se fait aussi  à partir de l’Umwelt humain.
Or, sans la volonté de nous échapper de notre propre Umwelt, il n’y a pas d’espoir d’apprendre plus sur l’umwelt du chien dans un milieu hospitalier. Or,  pour accéder à l’Umwelt des espèces que nous exploitons, soit comme source de nourriture, de compagnonnage, de travail ou de recherche, il faut reconnaître que notre Umwelt- notre monde – n’est pas universel mais simplement un exemplaire parmi la variété étonnante d’umwelt animaux. L’animal dans la spirale des besoins humainsCela ne sera pas facile, car l’humain doit réaliser qu’il est prisonnier de son monde, et qu’en en sortant, il peut faire de bien belles découvertes comme le fait que les chauve-souris, les dauphins, bélugas, et autres baleines font usage d’un sonar pour reconstruire une image sonore de leur environnement. (P. 257 sous la direction de Martine Lachance).
Ainsi, seulement, nous serons peut-être être en mesure d’apprécier à quel point le fondement même de la recherche en bien-être animal doit se tourner vers l’exploration des umwelt des animaux utilisés en zoothérapie. Et nous pourrons répondre à : Comment les sensibilités de l’animal et de l’humain s’adaptent-elles pour permettre l’adéquation la plus efficace possible entre eux et la nouvelle et surprenante niche écologique (celle d’un hôpital par ex.)?
L’humain pourra, ainsi, faire preuve de bien-traitance (moyen) pour tendre au bien-être (objectif) des animaux en zoothérapie.

L’animal cet outil!

06/09/2011

Le chien ne caresse pas, il se fait caresser. S’il avait à choisir, il est fort possible que le chien lècherait la personne (comme la chienne lèche ses petits), ce qui serait pour lui ’sa’ caresse, ça serait donc analogue à la caresse de l’homme. Or en zoothérapie, il faut convenir que l’animal est envisagé dans sa fonction utilitaire : objet à caresser pour faire du bien à l’humain.
Tout sur la psychologie du chien ‘Il y a peu d’études scientifiques sur les effets du toucher sur le chien. Le chien de laboratoire maintenu en harnais et isolée montre une baisse du rythme cardiaque quant il est touché gentiment par un humain. Par contre, un chien familier habitué à son environnement ne montre aucun changement de son rythme cardiaque par la caresse de son propriétaire’ explique Joel Dehasse p 381

En se basant sur le fait que les animaux ne possédaient pas de langage articulé, Descartes a inspiré une conception mécaniste de l’animal. Au xviie siècle, à l’animal doué d’une âme sensori-motrice succède un animal purement corporel dont les lois de la mécanique suffisent à rendre compte des agissements. Au XXIe siècle, la biomédecine surveille tous les aspects de la thérapie assistée par l’animal en réduisant le chien à son aspect le plus grégaire : un outil. Voire un objet jetable, malléable et corvéable à merci. Cette utilisation et cette nouvelle domestication s’inscrivent dans les logiques du néo-libéralisme, de l’idéologie du développement et de la biomédecine :

Ainsi, l’animal s’inscrit toujours dans un système sacrificiel dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Toutefois, ce n’est pas aux dieux ou même à Dieu que l’animal est sacrifié désormais, mais exclusivement aux humains : à leur santé, à leur profit, à leurs caprices, à leur mode de vie. (Laurin, 2000)

Pour aller plus loin:
Nicole Laurin, Les animaux dans la conscience humaine. Questions d’aujourd’hui et de toujours, Théologiques 10/1, p. 5-25, 2000

Merci!

23/08/2011

Sandraetlechien laisse la place à Yvon Lasbleiz, l’âme du Trophée des montagnes 2011, voici son message:

La 5ème édition du Trophée des Montagnes vient de s’achever
Yvon Lasbleiz, organisateur du Trophée des montagnesC’est ainsi que le Trophée des Montagnes rassemble des athlètes qui ont, avant tout, la passion de leur sport, le sens de la rigueur et de l’effort, le respect des autres….mais aussi l’esprit de compétition et la volonté de se dépasser. Et pour cette 5ème édition, vous avez, j’en suis persuadé, donné le maximum de vos possibilités.
Performance, endurance, exigence….le canicross pratiqué lors du Trophée des Montagnes est sans nul doute une discipline sportive de tous les superlatifs. Malgré tout, comme à son habitude le TDM favorise la participation, n’éliminant personne et permettant à chacun de pratiquer et de participer selon ses souhaits.
Il s’est ainsi donné les moyens de son succès en associant dans un concept amical toutes les populations de compétiteurs et en créant une manière de penser « canicross » qui ne peut laisser indifférent et qui participe assurément à le rendre accessible au plus grand nombre avec le souci, la volonté d’aller toujours plus loin.
L’exploit de chacun réside surtout dans le fait dLa descente de Vaujany‘enchaîner onze épreuves. Quelles que soient les distances parcourues, les dénivelés, c’est leur combinaison qui rend cette compétition remarquable.
Assurée d’un succès jamais démenti, force d’attraction pour un public qui lui renouvelle d’année en année sa confiance, cette épreuve témoigne, si besoin en était, de la réussite d’une manifestation sportive et de l’aboutissement d’une dynamique associative dont chacun ne peut que s’enorgueillir.
L’épreuve finale à Auris est toujours aussi extraordinaire… sensations inoubliables… moments de reconnaissance pour l’accomplissement d’une compétition qui peut s’avérer parfois très longue pour certains…
Donc, félicitations et chapeau bas à tous les canicrosseurs
(ndlr: expression française) qui par leur présence nous encouragent à tout faire pour maintenir cette belle épreuve malgré les difficultés croissantes.

Dans notre petite famille sportive, il y a les concurrents bien sûr et malheureusement comme partout une espèce en voie d’extinction : les bénévoles. (ndlr: ils sont moins de 30 pour assurer ce succès!). Sincères remerciements à chacun d’entre vous, pour votre implication énorme, votre soutien dans les moments difficiles, au fil des épreuves mais aussi dans sa préparation. Vous qui avez affronté, tout au long du TDM 2011, maints petits soucis, et qui vous êtes investis sans compter à mes côtés pour que chaque étape soit une réussite.
Je ne me lancerai pas dans l’énumération d’une longue liste afin d’éviter un oubli, malgré tout un merci particulier à Ghislaine, ma compagne, pour sa patience, sa compréhension. Avec foi, enthousiasme, nous avons travaillé ensemble dans un seul but : permettre aux concurrents de pratiquer leur passion dans les meilleures conditions possibles, de partager des moments d’amitié et de solidarité, sans aucun autre intérêt que de les voir se faire plaisir.
Mes remerciements vont également à l’ensemble des stations (Villars Reculas, Oz en Oisans, Allemont, Vaujany, Auris en Oisans) qui soutiennent depuis le départ le Trophée des Montagnes et donc notre sport avec l’implication toujours aussi efficace des Offices de Tourisme et de leurs services (techniques et administratifs)
TDM-2011Mes remerciements à l’ensemble de nos partenaires pour leur généreuse dotation et leur soutien (Dog Chow Purina, ZOO CLUB, ISS Espaces Verts, Gens de la Montagne, Eau de Vals les Bains, Aprico, Sans Laisse, Vos Chiens magazine, Animal infos, Santévet, Endorphonmag, Endurance shop, Aprico, Date Dog, Raidlight, Présence animale, Conseil Général de l’Isère, Le Dauphiné Libéré, Les Affiches de Grenoble, Radio France Bleue Isère)

Merci à chacun pour m’avoir fait vivre des moments forts et intenses où tout était vraiment super fabuleux. Pour conclure, nous espérons simplement que vous garderez le meilleur souvenir de ce Trophée des Montagnes 2011.

Quand toute une Unité de soins relève les manches, un projet avance

16/07/2011

La zoothérapie, nouvelles avancéesSandraetlechien vous avait fait découvrir le projet de thérapie assistée par deux chiens de l’Unité de soins Les Trieux, en Belgique, en 2010, bien avant qu’un chapitre 5 ‘Présentation du développement d’un projet A.A.T. intégré dans une unité hospitalière de prise en charge communautaire de patients psychotiques chroniques non stabilisés’ soit écrit dans le livre « Zoothérapie, nouvelles avancées ».
Grâce à Christophe Médart, infimier en chef et responsable du projet, aujourd’hui, Sandraetlechien vous présente quelques éléments du  rapport d’activités intermédiaire de ce projet qui a pris  naissance en 2008… Le temps a passé depuis les premières formulations d’hypothèses cliniques fondées sur l’observation fortuite in vivo.

Développé au sein de l’unité de soins « Les Trieux » de l’Hôpital Neuro‐Psychiatrique Saint-Martin, le projet de Thérapie Assistée par Animal (T.A.A.) consiste à développer un outil thérapeutique inédit et novateur permettant à des patients psychotiques chroniques de progresser grâce  à l’accompagnement de l’animal dans le cadre d’une démarche scientifique. Les objectifs poursuivis par la mise en place du projet T.A.A. sont par conséquent de nature thérapeutique et scientifique.
SLe projet de Thérapie Assistée par Animal consiste à développer un outil thérapeutique inédit et novateur ur le plan thérapeutique, le projet vise à apporter une réponse précise aux besoins des patients psychotiques chroniques non stabilisés ainsi que de favoriser la résurgence d’habiletés sociales et de capacités d’autonomie. Cette thérapie vient en soutien aux plans thérapeutiques individuels de type communautaire à visée de resocialisation déjà mis en place. Concrètement, le projet consiste en l’introduction de deux chiens (un Golden et un Berger Allemand) dans le quotidien des patients et en la responsabilisation de ces derniers par rapport à des êtres vivants qu’ils vont investir émotionnellement.
Sur le plan scientifique, le projet T.A.A. réalise des observations relatives à l’évolution des symptômes des patients en présence des chiens. Des grilles d’observation et d’évaluation ont spécialement été élaborées à cet égard.

Les premiers résultats sont très prometteurs et encourageants et, à l’observation et de l’avis même des patients, la présence des chiens a énormément changé leurs implications dans les activités qui soutiennent leurs traitements et leurs prises en charge globales.
Le projet compte un berger allemand1. Une nette diminution de l’expression symptomatique tant positive que négative de la psychose pendant l’ensemble du décours des activités T.A.A.
2. Un meilleur investissement des 14 besoins fondamentaux de la part des patients par l’entremise de la relation en miroir avec les chiens au quotidien et ce, quelque soit le niveau d’investissement à l’égard de ces derniers.

Le projet compte un berger allemand femelleQue de chemin parcouru : plusieurs projets de recherche universitaire (Sciences humaines, sciences vétérinaires, soins infirmiers…) se sont greffés sur ce projet : des thèses, des mémoires et autant de données brutes récoltées. Une manne! Ce qui induit de tenir des réunions du comité d’accompagnement scientifique chaque trimestre dans l’objectif de coordonner les différentes recherches scientifiques conduites par les différentes universités partenaires du projet TA.A.

Et que de projets à venir comme : Déterminer les bases communes d’une future formation pouvant déboucher sur la reconnaissance future de la fonction d’intervenant en zoothérapie.

Merci Christophe de partager ce long processus de travail, de réflexions, d’actions et de réalisations. C’est enthousiasmant et vraiment enrichissant.

Facteurs communs des psychothérapies efficaces

13/07/2011

Choisir-une-psychotherapie-efficaceDans l’ouvrage ‘Choisir une psychothérapie efficace’, Jean Cottraux a listé, ce qui pour lui, sont les caractéristiques communes des psychothérapies efficaces:

1. La thérapie comporte un manuel pour le patient et un autre pour le thérapeute.
2. La psychothérapie suscite des espoirs de changement.
f42d88e03. Une alliance thérapeutique positive se noue entre le patient et le thérapeute.
4. La psychothérapie commence par une psychoéducation qui explique au patient son trouble.
5. Le rôle des expériences précoces dans le façonnement des problèmes actuels est reconnu.
6. Les systèmes de croyances erronées sont modifiés progressivement.
f42d88e07. Le psychothérapeute propose un affrontement progressif du malaise en favorisant l’acceptation des émotions positives ou négatives.
8. Il y a une mise en place des stratégies de résolution de problème qui permettent au patient de mieux prendre des décisions.
9. Des plans d’action sont organisés en accord avec le patient.
f42d88e010. Le but ultime est de changer la vie du patient en fonction de ses valeurs personnelles.

La présence du chien trouve à rencontrer et renforcer plusieurs des points ci-dessus mentionnés. Qu’en dites-vous?

Pour aller plus loin:
Article de Jean Cottraux dans la rubrique « Apprendre à vivre » Grands Dossiers N° 23 – Juin – juillet – août 2011

Changer tout en restant soi-même

Ne libérez pas les animaux !

26/06/2011

Partage d’un extrait du Plaidoyer contre un conformisme « analphabête », paru dans La Revue du MAUSS n°29, premier semestre 2007, 352- 362

Par Jocelyne Porcher

(…..)
Le problème est que « libérer les animaux », cela ne veut rien dire, ou, plutôt, cela signifie tout autre chose que ce qui est annoncé. « Libérer les animaux », cela signifie rompre avec eux alors même que l’enjeu vital de nos relations avec les animaux domestiques est au contraire de nous attacher mieux et de faire de nos attachements une œuvre partagée d’émancipation.

Ces courageux « libérateurs » s’inscrivent dans un registre essentiellement éthique et font porter leurs arguments sur la valeur de la vie animale en soi. Ils omettent, avec une constance et une unanimité que nous ne pouvons qu’admirer, de s’intéresser à la relation entre les humains et les animaux, particulièrement à sa dimension affective, en réduisant systématiquement nos liens avec les animaux à des rapports d’exploitation ; ce qui nous empêche de comprendre quelle est la place des animaux domestiques dans le lien social. C’est pourquoi, en dépit de l’abondance de leurs discours, ils ne nous aident en rien à appréhender ce qui est en jeu aujourd’hui dans nos relations aux animaux domestiques ni pourquoi, par exemple, les pouvoirs publics financent le bien-être animal et collaborent avec ardeur, au nom de la raison économico-sanitaire, à la destruction des animaux d’élevage.

Depuis les premiers temps des processus domesticatoires, il y a de cela une dizaine de millénaires, ces animaux vivent, travaillent et meurent avec nous. Ils ont construit avec nous les sociétés humaines. Ils sont constitutifs de notre identité collective et de notre identité subjective. Nous avons besoin d’eux pour être ce que nous sommes, c’est-à-dire des êtres humains. Ils représentent à leur façon, selon le terme des anthropologues mais dans un autre contexte, une altérité constituante.
Il faut le dire, il y a chez certains de nos contemporains une terrible présomption à prétendre vivre sans les animaux domestiques. La revendication de « libération » ne fait que renforcer, en prétendant la réduire, la distance entre les humains et les animaux.

(….)

La propriété vivante

30/05/2011

La Déclaration universelle des droits des animaux éveille des espoirs et donne des illusions. Le bilan est contrasté voire inexistant de l’implantation (ne parlons pas d’application) effective de ces droits dans la vie quotidienne… Néanmoins, il est important que les droits de l’homme intègrent toutes les composantes environnementales dont le milieu de vie et le respect de la vie aux sens particulièrement des Droits de l’animal. Jean-Marie Coulon dit :

L’animal dans la spirale des besoins humainsveiller au respect des droits de l’animal, c’est nécessairement veiller au respect des droits de l’homme, car c’est exprimer l’égalité des espèces face à la vie. C’est officialiser l’interaction des droits de l’homme et des droits de l’animal, c’est reconnaître leur complémentarité
p 143 L’animal dans la spirale des besoins de l’humain sous la direction de Martine Lachance

Or, l’animal domestique est à la recherche d’une identité juridique effective. En l’état actuel du droit (et de notre civilisation), la summa divisio personne/chose est indépassable, ce qui condamne l’émergence d’une véritable troisième catégorie, selon Alain Roy.

On vit en plein la vision du philosophe René Descartes (17e siècle), le droit fait encore et toujours une totale abstraction de la sensibilité de l’animal, émotion pourtant bien documentée par la science. L’homme a besoin de l’animal pour vivre, ce qui explique la réticence jusqu’à maintenant à réviser son portrait d’être irraisonnable et instinctif qui justifie donc son traitement.  Comme l’humain a tendance à ne donner une suite législative à ses nobles idéaux que lorsque c’est pratique pour lui et que cela ne nuit ni à ses profits ni au dogme sur le droit à la propriété, ce n’est pas par l’émotion, les notions de souffrance et de conscience… encore moins par des considérations morales qu’un changement normatif pourra être envisagé. Il faut penser logiquement en dehors de toute émotivité inutile car individuelle et certainement se demander : c’est dans l’intérêt de l’homme donc intérêt général de donner une identité juridique à l’animal et argumenter ces différents points.
L’Homme puise dans l’animal ce qu’aucune chose matérielle ne pourrait véritablement lui offrir. C’est pourquoi, il est devenu nécessaire de s’affranchir des catégories du Code civil et d’adopter un cadre juridique qui pourra refléter la réalité animale, sans la réduire ni l’exagérer.


Suivez-moi sur Twitter Suivez-moi sur Facebook Recevez nos billets chaque semaine par courriel