Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive de la catégorie ‘Réflexions anthropocanines’

Je deviens humain avec mon animal

13/05/2013
Je deviens humain avec mon animal
On peut et (doit- on?) combattre les puppy mills sans cesser d’être dans la joie. Car la joie appelle celle d’autrui. Il est possible de combattre sans cesser de dire oui. Je crois d’ailleurs que c’est la seule manière féconde de le faire. La compassion n’est pas sentimentalisme geignard, mesquin ou confortable, mais un amour vrai qui aide. Si l’on s’identifiait à une personne qui agit bien avec son animal, qui fait le bien pour la ‘cause animale’, on pourrait copier son comportement et le nombre de mise à mort diminuerait.
Aussi il ne sert à rien de montrer des images affreuses d’animaux massacrés. En effet, une pensée négative génère une émotion négative qui active le système nerveux du stress et met le corps en état d’alerte. Bref publier ce genre d’images rajoute à la violence, ça ne la combat pas. Par contre, diffuser des images de sauvetages qui provoquent des émotions positives, d’actions citoyennes qui activent la joie ou l’enthousiasme, alors oui il pourrait y avoir changement.
Car ‘au point où nous en sommes, avec tout ce que nous avons inventé et tout ce que nous avons appris sur nous-mêmes, nous avons besoin de tous les chiens, de tous les oiseaux et de toutes les bestioles que nous pouvons trouver…. Les hommes ont besoin d’amitié’ Romain Gary, Les racines du ciel.
Et c’est là qu’on se rend compte que nous partageons avec les animaux un même espace, même s’ils empiètent sur notre territoire, on est unis dans un même destin. Aussi, l’homme ne pourra se sauver qu’en sauvant ses congénères : les autres animaux. On ne pourra devenir humain qu’en relation avec les animaux.
Dessin extrait de « 500 dessins » de Nicolas de Crécy, éd. Barbier et Mathon, 2011 (Nicolas de Crécy)On peut (doit- on?) combattre les puppy mills sans cesser d’être dans la joie. Car la joie appelle celle d’autrui. Il est possible de combattre sans cesser de dire oui. Je crois d’ailleurs que c’est la seule manière féconde de le faire. La compassion n’est pas sentimentalisme geignard, mesquin ou confortable, mais un amour vrai qui aide. Si l’on s’identifiait à une personne qui agit bien avec son animal, qui fait le bien pour la ‘cause animale’, on pourrait copier son comportement et le nombre de mise à mort diminuerait.
Aussi il ne sert à rien de montrer des images affreuses d’animaux massacrés. En effet, une pensée négative génère une émotion négative qui active le système nerveux du stress et met le corps en état d’alerte. Bref publier ce genre d’images rajoute à la violence, ça ne la combat pas. Par contre, diffuser des images de sauvetages qui provoquent des émotions positives, d’actions citoyennes qui activent la joie ou l’enthousiasme, alors oui il pourrait y avoir changement.
Car ‘au point où nous en sommes, avec tout ce que nous avons inventé et tout ce que nous avons appris sur nous-mêmes, nous avons besoin de tous les chiens, de tous les oiseaux et de toutes les bestioles que nous pouvons trouver…. Les hommes ont besoin d’amitié’, Romain Gary, Les racines du ciel.
Et c’est là qu’on se rend compte que nous partageons avec les animaux un même espace, même s’ils empiètent sur notre territoire, on est unis dans un même destin. Aussi, l’homme ne pourra se sauver qu’en sauvant ses congénères : les autres animaux. On ne pourra devenir humain qu’en relation avec les animaux.

Cet étrange appel à la Nature

06/05/2013

Depuis la nuit des temps, on observe la nature et on tente de décrypter les animaux pour déterminer la meilleure manière de gouverner nos conduites. Comment se fait-il que nous nous tournions presque toujours vers la Nature et l’observation des animaux pour trancher des dilemmes moraux?
Souvent dans les médias, après une catastrophe on lit ‘la nature a pris sa revanche’ ou lorsque les animaux sont tués ‘ils se vengeront’. En fait, l’idée est qu’un contrat moral nous unissant à la Nature et aux animaux (loin, bien loin dans nos mémoires et constamment oublié) est violé, maltraité. Si non, à quoi bon ces phrases toutes faites et lourdes de sens?

Nous semblons convaincus que les équilibres sont fragiles, que la Nature subit le contre coup des activités humaines et qu’il nous faut imposer des règles du jeu légales. Reste que l’urbanisation accélérée des dernières décennies et la proximité physique bien réelle dans laquelle nous baignons semblent nous éloigner radicalement de la Nature. Et surtout nous rendent bien moins tolérants aux comportements normaux des animaux qui vivent désormais dans le giron humain.

Les trois petits chiens, nature morte Paul Gauguin Pouvons-nous réaliser tout ce que nous raterions si on devait continuer à négliger la nature et les animaux, du moins les animaux de compagnie et spécifiquement les chiens? Nous courons tous après des denrées rares : l’espace, le temps, le silence, la beauté, la pureté …. qui semblent difficiles à trouver dans la vie urbaine stressante et bruyante. Et pourtant! Point n’est besoin de se perdre dans le désert pour faire cette rencontre. Apprenons au quotidien à observer nos animaux. En ouvrant nos cœurs! Ils nous apprennent à respirer, à jouer, à renouer avec nos horloges biologiques, à toucher, à rire aussi. Ils nous apprennent à apprendre sans trêve.

D’une certaine manière, la relation que nous pouvons établir avec nos animaux de compagnie nous permet de renaître à soi. Si et seulement si elle est vécue sereinement sans domination et écrasement anthropomorphiques. C’est-à-dire quand on accepte d’être touché intérieurement par le comportement de son animal. Accepter le fait et décider de guérir. Vivre avec un animal permet de laisser remonter des choses refoulées. Le travail de guérison peut se faire. Et de Nature ici il est question de la nature intérieure.
Il est tout à fait possible de vivre la Nature en ville grâce à nos animaux. Nous ne sommes pas coupés de cette Nature mais grâce à eux nous la rejoignons tous les jours avec plus d’âpreté et de nécessité. Ainsi un arbre couvert d’oiseaux dans tel espace vert faisant le bonheur du chien! Mais reléguer les animaux dans les parcs ou des enclos, c’est encadrer nos zones émotives, programmer nos instincts authentiques.

Une continuité se noue entre soi et le monde et ça passe plus fort et plus vite aux côtés des animaux de compagnie. Vous voulez un monde durable : commençons par rendre durable la relation qu’on établit avec nos animaux!

Rencontrons l’Otherness

08/04/2013

Je vous en prie, posez-vous cette question: l’homme doit-il toujours être lié au passé? Si c’est le cas, jamais il ne pourra être libre, il sera toujours conditionné. Il peut projeter une idée de la liberté, du paradis, s’évader du fait réel, du problème posé par le temps, il peut projeter une croyance, un concept, s’évader d’une illusion – mais cela reste une illusion, p410, Krishnamurti, ‘L’éveil de l’intelligence’
Je ne peux m’empêche de faire un parallèle avec la situation des animaux de compagnie au Québec. Que la société québécoise ait développé un habitus par rapport aux animaux qui entrent dans son foyer, cela va de soi. La société est ainsi conditionnée à ne pas voir l’apport de la relation avec cet autre étranger comme constituante de valeur. L’habitus n’est-il pas une matrice de perception, de représentation et d’action, reproductrices de structures conformes et constituée dans la méconnaissance même de ses conditions d’inculcation?
Bref en gros ce morceau de texte me dit: offrons-nous une révolte, la révolte d’une société soumise aux figures  draconiennes d’autorités multiples qui ont inculqué – avec notre accord muet – nos comportements sanguinaires vis-à-vis des animaux. Devenons créateurs de nous-mêmes!
Faisons table rase du passé. Peut-on s’offrir cette révolution tranquille de se retirer de ce jeu truqué  sans aucune acrimonie ? Tuer son animal c’est répondre avec conditionnement aux exigences de la société, c’est être bêtement et platement conformes. Dépassons ce ‘déjà-connu’ pour inventer une nouvelle relation aux animaux de compagnie: c’est au cas par cas que cela est possible. Juste avant de prendre la décision de jeter un chien devenu encombrant, peut-on simplement être là, avec passion, dans un état de présence attentionnée et instantanée au monde environnant et à soi-même? Il est for probable, alors, que ce chien reste dans son foyer…
Krishnamurti nomme cette bénédiction l’ »Otherness », l’Autreté

Livre le plus significatif de Krishnamurti à ce jourJe vous en prie, posez-vous cette question: l’homme doit-il toujours être lié au passé? Si c’est le cas, jamais il ne pourra être libre, il sera toujours conditionné. Il peut projeter une idée de la liberté, du paradis, s’évader du fait réel, du problème posé par le temps, il peut projeter une croyance, un concept, s’évader d’une illusion – mais cela reste une illusion
p 410, Krishnamurti, ‘L’éveil de l’intelligence’

Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec la situation des animaux de compagnie au Québec. Que la société québécoise ait développé un habitus par rapport aux animaux qui entrent dans son foyer, cela va de soi. La société est ainsi conditionnée à ne pas voir l’apport dans la relation avec cet autre étranger comme constituant de valeur. L’habitus c’est fonctionner dans le champ du connu, selon des perceptions, représentations et actions reproductibles (on fait tous – ou presque – de même). C’est donc être prisonnier de structures conformes et constituées dans la méconnaissance même des conditions d’inculcation.

Nous sommes le résultat de la culture dans laquelle nous vivons.  En gros ce morceau de texte me dit: offrons-nous une révolte, la révolte d’une société soumise aux figures  draconiennes d’autorités multiples qui ont inculqué – avec notre accord muet – nos comportements sanguinaires vis-à-vis des animaux. Devenons créateurs de nous-mêmes!

Faisons table rase du passé. Peut-on s’offrir cette révolution tranquille de se retirer de ce jeu truqué  sans aucune acrimonie ? Tuer son animal c’est répondre avec conditionnement aux exigences de la société, c’est être bêtement et platement conforme. Dépassons ce ‘déjà-connu’ pour inventer une nouvelle relation aux animaux de compagnie: c’est au cas par cas que cela est possible. Juste avant de prendre la décision de jeter un chien devenu encombrant, peut-on simplement être là, avec passion, dans un état de présence attentionnée et instantanée au monde environnant et à soi-même? Il est for probable, alors, que ce chien reste dans son foyer…

Krishnamurti nomme cette bénédiction l’ »Otherness », l’Autreté….

Comment devenir un homme

21/01/2013

Un petit texte de Kafka intitulé ‘Un rapport pour une académie‘ met en scène un singe qui raconte comment il est devenu homme.

Kafka’s Monkey d’après Franz Kafka – Le singe était presque parfaitLa ‘première chose qu’on m’a apprise a été la poignée de main ; la poignée de main est un geste de franchise’, dit ce singe devant l’Académie.  En fait, ce singe a été captif de chasseurs destiné à devenir une bête de cirque. Il observe minutieusement les hommes. Depuis sa cage, il voit des trapézistes s’élancer dans des sauts mortels et se fait alors une idée de l’homme.

La paix que le singe a acquis au milieu des gens le retint surtout de chercher à fuir. Il se devait seulement de trouver une issue s’il voulait vivre, mais cette issue ne pouvait être dans la fuite. «Je ne sais plus si la fuite était possible, mais je le crois, la fuite doit toujours être possible à un singe. J’évite intentionnellement de parler de liberté. Ce n’est pas ce grand sentiment de la liberté dans tous les sens auquel je songe. Comme singe je le connaissais peut-être, et j’ai vu des hommes qui en éprouvent le désir. Mais, en ce qui me concerne, je n’ai jamais réclamé ni ne réclame la liberté. Avec la liberté, je le dis en passant, on se trompe trop souvent entre hommes».

L’histoire enfin révèle que le singe aura tellement bien observé les hommes que, par un lent et douloureux travail d’imitation, il en sera devenu un. Mais le répète-t-il:  «je n’étais pas séduit par l’idée d’imiter les hommes ; j’imitais parce que je cherchais une issue et non pour quelque autre raison».

Changeons de monde une patte à la fois

31/12/2012

Quand viendra le moment où la reconnaissance de la fondamentale présence des animaux dans nos vies, de leur intégration à tous les niveaux (familiaux, administratifs, politiques et sociaux) se fera? Quand cette idée viendra à maturité au Québec?
Cette idée dont l’heure n’est pas encore venue. Abraham Maslow disait que pour changer une personne il était nécessaire de changer la perception qu’elle avait d’elle-même.

Quelles sont les perceptions que la société québécoise a des animaux? D’elle-même? Des rapports avec la différence?

Il est illusoire penser changer les comportements de violence à l’égard des animaux en en prenant seulement conscience. L’information – et le web nous en abreuve on-ne-peut-plus – ne suffit pas à changer un comportement. Voilà pourquoi les campagnes de sensibilisation pour de ne pas abandonner les animaux, les violenter, les… n’ont que peu d’effet.

Donner du sens à sa vie,  Patrice Van Eersel, Marc de SmedtAussi la révolution salutaire ne pourra pas venir uniquement de l’extérieur, c’est-à-dire par des réformes des institutions, par des changements économiques et politiques. ‘La mutation viendra de l’intérieur et sans doute à deux niveaux : d’abord par ce que j’appelle La réforme de la pensée, qui consiste à penser d’une façon plus complexe et plus vive, plus adéquate et moins mutilée et deuxième par une ré-intériorisation de l’existence humaine, qui cessera de s’agiter dans tous les sens uniquement en fonction des conquêtes extérieures de plus en plus artificiellement stimulées et surexcitées’ dit Edgar Morin, ‘La seule solution : une révolution intérieure’ in Donner du sens à sa vie.

Une personne s’engage d’autant mieux à agir qu’elle le fait de son propre chef plutôt que si on cherche à la convaincre. Soyons nous-mêmes, chacune et chacun les porteurs de ce changement de comportement et cultivons les uns et les autres notre imaginaire afin de nous amener, individu par individu puis comme société,  à considérer les espèces animales avec bienveillance et équité. (Mission et objectifs du GRIDA).

Sandraetlechien poursuivra cette révolution en 2013! Bonne année

Le chien, cet objet d’éveil

10/12/2012

L'art du calme intérieur - Eckhart TolleQuelle est votre relation au monde des objets, aux innombrables choses qui vous entourent et que vous manipulez quotidiennement? Ce fauteuil ce stylo, cette voiture, cette tasse, ce chien (rajout par sandraetlechien)? Sont-ils pour vous de simples moyens, ou vous arrive-t-il parfois de reconnaître leur existence, leur être, ne serait-ce que brièvement en les remarquant et en leur accordant votre attention?
Lorsque vous vous attachez aux objets, que vous les utilisez pour rehausser votre valeur à vos propres yeux et à ceux des autres, les préoccupations matérielles peuvent facilement s’emparer de votre vie. En vous identifiant aux choses, vous ne les appréciez pas pour ce qu’elles sont, car vous vous cherchez en elles.
Si vous appréciez un objet pour ce qu’il est, si vous reconnaissez son être sans projection mentale, vous ne pouvez qu’être reconnaissance de son existence. Vous pouvez également sentir qu’il n’est pas vraiment inanimé, que ce n’est qu’apparence des sens, En effet, les physiciens confirmeront que, sur un plan moléculaire, tout objet constitue un champ d’énergie en pulsation.
Grâce à votre appréciation désintéressée du domaine des objets, le monde qui vous entoure prendra vie de bien des façons dont votre mental n’a pas la moindre idée. L’art du calme intérieur, p 97, Eckhart Tolle

Rappelons que le chien est un objet de consommation, un bien meuble…

Dans un corps à corps

19/11/2012

Age de l'empathieCe n’est pas notre tête qui entre dans la tête de l’autre, mais notre corps qui cartographie le sien, dit Frans de Waal. Ce qui ouvre des perspectives très intéressantes pour tenter de comprendre les processus sous-jacents à la thérapie assistée par l’animal.
La cognition humaine et animale passe par le corps. Notre cerveau n’est pas un petit ordinateur qui donne des instructions au corps. La relation corps-cerveau est une voie à double sens. Le corps – humain et canin – s’insère dans tout ce que nous percevons ou pensons. Ainsi, le chien voit ce que je veux dire. Il entend au-delà des mots. Vladimir Bechterev dans ‘Direct influence’ of a person upon the Behaviour of animals’, Journal of parapsychology no 13, 1924 conclut son étude en disant que le comportement des animaux, surtout celui des chiens bien dressés, peut être directement influencé par la suggestion mentale. Cette influence s’exerce même sans contact direct entre l’agent (l’émetteur humain) et le percipient (le récepteur chien) et même s’ils sont séparés par une cloison. Le chien peut être influencé en l’absence de tout signe capable de le guider. Comment? Le corps produit toutes sortes de sensations internes, de vibrations et communique avec d’autres corps constamment. De là, il y a construction de liens sociaux pour mieux évaluer la réalité environnante.

Le domaine de la ‘cognition incarnée’ est encore dans les langes, mais il a des implications profondes sur le regard que nous portons sur les relations humaines. Nous pénétrons involontairement dans le corps de ceux qui nous entourent. La façon dont notre corps – voix, humeur, posture etc.- est influencé par les corps qui nous entourent reste un mystère de l’existence humaine, mais qui soude des sociétés entières.
Voir les émotions d’autrui éveille nos propres émotions, et à partir de là nous construisons une compréhension plus avancée de sa situation. La communication au niveau corporel vient d’abord – la compréhension suit.
L’Âge de l’empathie p. 98-99 et 113

Il y a une piste intéressante là….

Miam-miam mangeons un chien!

15/10/2012

Dans certaines civilisations, le chien est un mets très prisé des gourmets. Les Aztèques élevaient des chiens pour les vendre au marché. C’est encore le cas en Corée et dans certaines régions de Chine. Un des plats préférés des banquets de cérémonie chinois est le chow-chow de neuf mois, engraissé au riz, rasé, bouilli puis frit à l’huile. Les Vietnamiens affectionnent particulièrement les chiens roux à langue noire qu’ils conditionnent en saucisses.

Manger le chien, surnommé le meilleur ami de l'hommeVoilà la cynophagie n’est pas l’apanage des peuples barbares, sous-développés. Il n’y a pas si longtemps on doutait de l’appartenance à la famille humaine des peuples qui s’adonnaient à ces pratiques et pourtant…. Pourtant, toutes ou presque les civilisations ont mangé, mangent, mangeront du chien. Lors de la conquête de l’Amérique, les missionnaires faisaient preuve de zèle civilisateur en obligeant les « sauvages » à renoncer à ces coutumes. Consommer du chien est en France un tabou qui, pourtant, supporte de nombreuses dérogations. Il a été retrouvé, dans certaines nécropoles gauloises, des restes de chiens qui avaient été consommés, alors que d’autres, qui n’avaient pas été dépouillés, étaient manifestement des animaux de compagnie. Pendant le siège de Paris de 1594, on faisait bouillir d’énormes marmites de chats et de chiens que l’on distribuait aux pauvres. Au cours de la guerre de 1870, la viande était vendue à 2,50 F le kilo, rue Saint-Honoré à Paris. Et on en consommait encore pendant les deux guerres mondiales. Le chien servira de nourriture et sa viande subira les inspections sanitaires du IIIe Reich à partir de 1943.

Mais c’est Jacqueline Milliet qui explique la raison de cette pratique culturelle qui n’est pas uniquement basée sur le respect ou le non respect d’un interdit alimentaire mais relève plutôt des processus domesticatoires en vigueur dans les sociétés humaines. Mais quelques soit la société on ne mange pas du chien mais on mange un chien!

Pour nous, le chien représente le compagnon à quatre pattes et nous serions enclins à penser que la cynophagie n’est qu’une pratique de barbares. Car ce qui nous révulse c’est que le chien a un statut particulier: non seulement il est entré dans nos maisons, il partage nos repas et nous entretenons des relations affectives avec lui. En tant de guerre, ces notions sociale, territoriale, affective sautent. Là la logique de survie prend le relais:  il est en effet plus facile de dissoudre le conflit moral né du paradoxe de la viande en rapprochant les animaux des choses (et peut-être de l’animal-machine de Descartes), ce qui rend leur ingestion moins embarrassante.

Il est facile de fustiger les mangeurs de viande canine. Pour se donner cette bonne conscience, le carnivore humain démentalise les animaux de boucherie alors même qu’il anthropomorphise les animaux de compagnie.

Pour aller plus loin:

Touche pas à mon toutou

Milliet Jacqueline. Manger du chien ? C’est bon pour les sauvages !

Comment concilier le goût pour la viande et l’amour des animaux

Venez faire un voyage

17/09/2012

Ce post ne s’adresse pas aux propriétaires de chiens mais à ceux qui ne les aiment pas, qui n’en veulent pas, qui les rejettent, qui ont des idées toutes faites sur leur compte, et sûrement aussi qui en ont peur. Ce post vous invite à changer de galaxie. À vous qui vivez sans animal de compagnie (chien/chat), sandraetelechien vous invite à un voyage dépaysant. Un voyage qui ne cherchera pas de nouveaux paysages mais un nouveau regard.

Feuille dans l'eau devient radeau, Chien, vie avec un chien, aimer un chien, quotidien, peur, sensations, emotions, grogner, fixer, umwelt canin, éthologie, comportement, joie, distance sociale, solitudeCe voyage consiste à regarder et voir. Par exemple, vous vous promenez sur un sentier empli d’herbes hautes, le soleil est radieux et sur cette route péri-urbaine un chien (disons que pour l’expérience ce sera un chien qu’on vous prête ou le chien d’un ami) court après les feuilles. D’un coup, cette vision vous replonge dans votre enfance quand vous fabriquiez des radeaux avec des brPatauger le plaisir enfantin parmi tous les plaisirs, Chien, vie avec un chien, aimer un chien, quotidien, peur, sensations, emotions, grogner, fixer, umwelt canin, éthologie, comportement, joie, distance sociale, solitudeindilles.

Ce voyage consiste à sentir le parfum de la crinière de votre chien. Il a plu, l’averse a rafraichi l’atmosphère, votre chien a pataugé dans la boue. Et d’un coup vous entrez en contact avec une émotion intérieure forte, quand vous alliez courir les ruelles sautant à pieds joints dans les flaques d’eau.

Peur de l'orage, Chien, vie avec un chien, aimer un chien, quotidien, peur, sensations, emotions, grogner, fixer, umwelt canin, éthologie, comportement, joie, distance sociale, solitudeCe voyage consiste à écouter l’orage qui gronde dans la nuit noire et d’entendre la peur de votre chien, il couine, il gémit, il gratte les murs, il a peur mais vous voulez dormir. Soudain vous vous rappelez l’espace d’un éclair le petit garçon ou la petite fille tétanisée au fond de son lit, le même orage l’immobilisait de trouille. Force pleurs, cris et appels au secours ont fini par réveiller un parent endormi.

Ce voyage consiste à rentrer à la maison le soir après une lourde journée de travailla fee des bêtises, Chien, vie avec un chien, aimer un chien, quotidien, peur, sensations, emotions, grogner, fixer, umwelt canin, éthologie, comportement, joie, distance sociale, solitude harassante et somme toute abrutissante et de constater que vous chien a défoncé la poubelle. La colère (cette intense forme de vie) vous ramène à l’enfant en vous, celui qui s’ennuyait durant les longs après-midis d’hiver et à qui lui poussait – souvent? – des idées folkloriques à mettre en pratique …. Somme toute, vivre avec un chien c’est s’organiser une bonne vie partagée.

Ce voyage consiste à protéger cet être sensible. Un homme s’approche et caresse votre chien et le voilà qui grogne, jappe, pas content, pas gentil que se passe-t-il? La surprise aidant vous vous souvenez que vous non plus vous n’aimiez pas quand un individu vous fixait dans les yeux et que vous cherchiez du pied à vous extraire de cette pression. Quant aux caresses sur la joue que vous procurait votre grande tante, vous savez à Noël, vous vous en souvenez encore avec sa main lourde pleine de bagues, une main oppressante.

Ce voyage avec ce chien prêté pour l’occasion, c’est prendre contact avec tous ces moments simples et fréquents qui nous sont donnés de sentir, de percevoir, de toucher et d’être touché en étant conscient des émotions qui s’échangent.
Ce voyage c’est constater les pertes de contacts régulières qui nous arrivent, ces occasions où nous passons à côté de ce qui nous est donné et qui implique nos sens. Des occasions simples de nous émouvoir.

Nos pieds dans le même chemin,Chien, vie avec un chien, aimer un chien, quotidien, peur, sensations, emotions, grogner, fixer, umwelt canin, éthologie, comportement, joie, distance sociale, solitudeS’il n’a pas de langage, le chien sait sacrément bien communiquer… et nous réapprendre à jouer, à être là dans l’instant, à ne plus verser trop rapidement dans le conditionnement social. Alors, peut-être, le fait de vivre avec un chien vous aura permis de devenir un peu plus humain, de prendre conscience de cette autre vie à vos côtés, de cette vie en attente, de cette vie de relations, de cette vie de sensations.

De cette vie qui est tout sauf anonyme.

Le problème c’est notre langage!

04/09/2012

Ce qui nous distingue des animaux, c’est la violence de la sémiotisation. En gros, c’est notre langage! Ce qui nous distingue des animaux c’est notre capacité apprise à cataloguer, notre habitude mentale à nommer, notre manière forcément réduite de se représenter l’autre, notre effroyable façon de former une opinion, notre capacité égoïque de juger.

Tout ça prend des mots (et des maux d’ailleurs).
Hors série de Sciences et AvenirLe langage cause notre perte. Il nous fait nous enfoncer dans les étiquettes mentales, car il nous faut nommer pour catégoriser, pour enfermer et s’enfermer. Bien entendu ce langage articulé a offert des perles : les grandes mythes et leur monde symbolique ‘d’une richesse infinie au sein duquel nous nous affirmons genre humain et nous le déclarons publiquement’ explique Elisabeth de Fontenay, dans le Hors série de Sciences et Avenir (No 170).

Mais plus souvent qu’autrement, ce langage est une arme de destruction massive. C’est au nom de mots que les humains peuvent en éliminer d’autres. Les schémas mentaux permettent de classer chaque être humain, de leur accoler une identité conceptuelle, de prononcer sur eux un jugement (vertueux ou pas). D’ailleurs Boris Cyrulnik disait que ‘L’apparition du sentiment de morale chez certaines espèces animales s’associe avec la possibilité de violence, celle qui fait détruire l’autre au nom de la représentation que l’on s’en fait’.

Aussi, il manque peut-être aux animaux ‘tout ce qui a trait à la doxa, à la croyance, à la persuasion, à l’adhésion. S’ils usent d’un certain logos, ils ne disposeront jamais de la pChien, zen, Grand Baz'Art de Gazounette, doxa, persuasion, langage articlé, élisabeth de fontenay, boris cyrulnik, méditation, violencearole, de ce registre où logique et linguistique s’articulent pour constituer l’espace public et humain de la délibération’, poursuit la philosophe spécialiste de la condition animale. Par contre, eux ne jugent pas. Eux ne se représentent rien.  Eux ne sont pas conditionnés à penser. Eux ne s’attardent pas à l’apparence des choses. Eux ne vous enferment pas dans une prison de mots.

L’humain peut parvenir à cet état. Il suffit de revenir au fondement de son être, c’est-à-dire au-delà de la pensée, là où en pleine méditation plus aucun concept ne peut entrer,  plus aucun mot ne peut s’accrocher, là dans cette dimension ineffable de la présence. Là où nous sommes enfin. Nous voyons sans juger et nous libérons l’autre de la cuirasse de mots dont nous l’affublions.

Par la même, nous nous libérons!


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