Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive de la catégorie ‘L'entrevue’

Lise et l’animalerie

19/12/2011

Lise et Papou Cela fait plusieurs mois que Lise tente de sensibiliser la mairie de Mont-Saint-Hilaire et son premier magistrat, Michel Gilbert, à la problématique des fourrières et de la surpopulation animalière. ‘J’ai approché le maire de Mont-Saint-Hilaire en août 2010 pour le sensibiliser à  la méthode de mise a mort utilisé par notre fournisseur de services animaliers et mes démarches ont mené, suite à l’annonce de fermeture du SCDD, à la création d´un comité consultatif représentatif des 13 villes de la MRC de la Vallée du Richelieu par ce dernier’, dit-elle. En cette fin d’année, Lise monte au créneau.
Cette fois-ci le cœur n’y est plus, la confiance en son maire s’effrite aussi. ‘Mes espoirs de changements étaient fondés sur mon maire qui assumait publiquement la mise sur pied d’un comité consultatif représentatif des treize municipalités de la MRC de la Vallée-du-Richelieu pour l’implantation de solutions en relation avec les attentes citoyennes et les organismes voués au bien-être animalier’.  Mais…
Mais une animalerie a prévu ouvrir ses portes à Mont Saint-Hilaire et Lise sait ce qu’il en retourne. Elle milite pour la défense des animaux depuis si longtemps, elle a été modératrice du forum sortiedechien.com et coordinatrice des bénévoles lors d´évènements canins. Pour elle, il y a deux problématiques aux animaleries:
1- l’achat impulsif: ‘ces animaux sont gardé tout au plus 2 ans et finissent malheureusement leurs jours dans des fourrières où  la majorité sera mise à mort dans une chambre à gaz ou pour les plus chanceux dans des refuges où ils auront peut être une deuxième chance ou encore, tout simplement dompés sur le bord de la route et  laissés à eux-mêmes’1 an et demi d´interventions  pour sensibiliser la municipalité à la problématique des fourrières et de la surpopulation animalière
2- les usines à chiots: Il est prouvé que 95 % des animaux vendus en animalerie proviennent d´usines à chiots ou d´éleveurs de fond de cour qui démontrent dans plusieurs cas des problèmes de santé et de comportements. Pour ses raisons, des villes comme Toronto, Gatineau &  Richmond en Colombie Britannique interdisent leur vente en animaleries.

Il est vrai qu’une Ville n’a pas le pouvoir juridique d’interdire une activité économique comme la vente d’animaux dans les commerces, reste qu’une ville a l’obligation de faire montre d’intelligence dans ses dossiers. Des options il y en a! Des possibilités d’action enTous les discours et articles déconseillent  l'achat de chiots et de chatons en animaleries, la cause du problème de la surpopulation animale au Québeccore plus! Et Lise aurait aimé que sa municipalité ne fasse pas partie du problème de la surpopulation animale, ‘Pendant que d´autres  villes  mettent en marche l’interdiction de la vente de chiots et de chatons sur leur  territoire, ici, on ouvre une animalerie’. Quand la plus grosse chaine d´animaleries au Canada  PJ´S Pets cesse la vente de chiots et de chatons dans ses succursales pour faire la promotion de chiens de refuges, ‘ici on ouvre une animalerie’. Pendant ce temps, les refuges regorgent d’animaux à adopter…Pendant ce temps, le ministre de l’agriculture, des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ) M. Pierre Corbeil, demande à la population de ne pas se procurer d’animaux de façon impulsive pour le temps des fêtes.

Lise est déçue que sa municipalité n’ait pas plutôt opté pour l’implantation de services animaliers responsables, ‘avec une animalerie, on creuse davantage les fosses communes de nos animaux de compagnie’. D’autant que le maire Michel Gilbert  met en place une ’solution intérimaire’ à partir du 1er janvier, pour pallier au fait que la SCDD ferme ses portes (référence). Une solution définitive sera trouvée d’ici juin 2012…

Pour aller plus loin:

Où sera la nouvelle fourrière de la Vallée-du-Richelieu?

Des soins sophistiqués pour son chien, qu’en dites-vous?

04/12/2010

Le Directeur de l’information de l’Écho de la Rive-Nord et de l’Écho de Saint-Eustache est entrain d’écrire un article sur l’ouverture d’une clinique d’urgence pour les animaux de compagnie dans ce secteur ‘ où on offre de multiples services, dont une spécialité en oncologie. Il a reçu plusieurs commentaires sur le fait qu’il est difficile de se faire soigner au Québec pour les humains alors que chez les animaux, les services sont disponibles sans problème’, dit-il. Voici sa question:

Est-il étrange ou normal que certains animaux de compagnie bénéficient d’autant de soins et d’attention? Est-ce une évolution normale des choses?

Voilà rapidement la réponse de sandraetlechien.com:

L'animal est entré en force dans le groupe familialEt pourquoi ce serait choquant? Ça l’est si l’on reste dans le paradigme du chien=objet de consommation, un vulgaire bien meuble, mais si on le regarde sous l’angle de l’animal de compagnie, cette question est inepte.  En tant qu’animal de compagnie, le chien entre dans la vie d’une personne, d’une famille, il la bouleverse: pour la chose aussi banale que de le sortir chaque ‘jour’, de devoir choisir un endroit, d’apprendre à connaître son quartier et y rencontrer d’autres propriétaires. Il joue un rôle important dans l’équilibre affectif, physique, social… de la cellule familiale. C’est un être à nos côtés, un élément de notre famille… Chaque propriétaire tisse avec son animal des liens forts, emplis d’empathie que nous co-partageons car comme espèce extrêmement sociale et adaptable il a su – sa race – développer des stratégies évolutives et adaptatives donc il sait être empathique à la manière ‘chien’. Chaque propriétaire développe un langage parfois fait d’ordres parfois des onomatopées qui font aussi bien partager des directives que de l’affection, le chien est un être de conscience et de savoir à sa manière chien, bref ce n’est pas un ‘animal’ dans le sens ‘un quadrupède inculte et niaiseux’. L’êPromener son chien est un acte socialtre humain s’est arrogé la place première dans les échelons de l’évolution, or retirer la conscience, le langage, la préscience, que reste-t-il à l’homme? La seule chose qui diffère entre ces deux animaux sociaux c’est que l’humain bipède se raconte des histoires (mythes, article de journaux:), roman, religion….) dont celle-ci: pourquoi un chien aurait-il besoin de soins de santé sophistiqués attendu qu’un simple aller vers l’au-delà me ferait économiser des milliers de dollars?

Comme pour un être que l’on aime on serait prêt à payer sans y penser pour des soins dont on Des soins tertiaires pour son chien et pourquoi pas?pense sérieusement et sincèrement qui vont le sauver, on fait de même avec nos animaux de compagnie. De compagnie ça veut dire près de soi, près du coeur, dans le coeur. L’origine de ce développement est liée au besoin de l’individu qui se sent de plus en plus seul et à une demande très forte de la part des enfants. Le chien et le chat sont des animaux qui peuvent se prévaloir d’un ‘statut de parenté intime’ au sein de la cellule familiale. Ils tiennent une place réelle spatiale, alimentaire, affective, sociale, politique, économique. L’animal de compagnie correspond à un besoin d’appartenance communautaire au-delà des divers phénomènes de mode. Il est source de valorisation, il représente un équilibre médico-psycho-social pour les propriétaires. L’animal permet la permanence ou le rétablissement de passerelles sociales.

Soigner un chienComparer deux systèmes de santé diamétralement organisés et régentés, c’est une gageure. Mais notez que ce type de service va augmenter dans les années à venir, car l’évolution des modes de vie sur les 50 dernières années a modifié le rapport que nous entretenons à l’animal. L’animal domestique est membre à part entière d’une famille. C’est une évolution indéniable, incontournable. Alors que les animaux sont omniprésents dans l’espace urbain, la question de la place que l’on entend leur offrir et des services qu’on est prêt à leur offrir n’a pas encore été véritablement posée ni même pensée.

L’animal n’est pas un mobilier dans nos vies mais un rappel existentiel et fondamental de notre appartenance à LA communauté du vivant à laquelle nous appartenons de plein droit et de plein devoir.

Pour aller plus loin:

Quelle vie de chien, article de Dave Parent, directeur de l’information à l’Écho de la Rive-Nord

Je ne me fie pas sur les yeux pour voir – 2

10/09/2010

Caroline Leroux a développé une perception extrasensorielle dans laquelle la vue n’intervient pas. D’autant plus qu’en consultation, elle est au téléphone et entre en contact par télépathie avec un animal. Aussi, doit-elle fermer les yeux physiques pour ouvrir ceux de l’âme. Il s’agit de « se mettre dans sa peau, c’est ma définition de la télépathie. La Communication Animale s’adresse au monde intérieur, c’est-à-dire aux émotions et à l’univers psychique et intellectuel spécifique à chaque animal. Je travaille beaucoup avec le ressenti, avec les facultés psychiques. Nos ressentis nous amènent à faire des expériences, à en faire l’expérience ». Donc ça s’apprend. Caroline a été formée auprès de Dawn Haymann, dans l‘état de New-York. Depuis 1995, ainsi que son site le mentionne : « Elle est en mesure d’aider à transformer des comportements problématiques, d’identifier des problèmes/douleurs physiques, de transformer la relation humain/animal (souvent à la base des « problèmes »), de communiquer avec un animal décédé ou tout simplement d’exprimer le point de vue et les émotions ressenties par l’animal…».

Caroline et sa chienne Gentle

Caroline et sa chienne Gentle

Mais sa spécialité est très certainement d’enseigner cette technique : la télépathie c’est la transmission d’informations dans laquelle les mots sont une traduction des images et des sensations que les animaux envoient par blocs de transmission. « Nous recevons des mots lorsque l’on communique avec eux parce que nous sommes humains et que c’est notre mode de communication », explique-t-elle. Ce n’est pas de la médiumnité, « La télépathie c’est la communication en temps réel », dit-elle, qui nécessairement fait intervenir l’empathie. La ‘communicatrice animale’ est capable de percevoir l’état émotionnel de l’animal, de comprendre instantanément ce dont il a besoin. En effet, « dans cette communication, si je prends la peine de me mettre au diapason, je vais recevoir parfaitement le message que l’animal veut transmettre. En prenant le temps de se mettre à leur place et voir comment ils vivent, on traitera les animaux avec plus de compassion et d’équité », explique Caroline. Une fois le combiné raccroché, le propriétaire devient responsable de ce que ‘leur chien leur a dit’ par la voix de l’éveilleuse de conscience : « les gens ont un plan de match et voient désormais leur animal de manière différente ».
L’existence de cette faculté bien naturelle de notre cerveau est désormais scientifiquement prouvée, on sait même dans quelles conditions non seulement elle se manifeste mais aussi comment la réveiller, la travailler et la développer.  En revanche ce que la science ne sait pas encore, c’est comment elle fonctionne. Selon Caroline, l’animal et l’humain vibrent sur deux fréquences différentes, deux longueurs d’ondes différentes : il s’agit de se mettre au diapason, de vibrer sur la même fréquence, bref de synthoniser les postes de radio. Et pourquoi pas? « Ne nous trouvons pas plutôt devant la connaissance de faits qui nous échappent mais que les animaux perçoivent au même titre que les ultras ou infrasons? Plus proches que nous de la nature, jouissant d’une personnalité pétrie de sensibilité plus que d’intelligence et que nulle contingence intellectuelle ne vient distraire, ils sont plus à même  que nous de capter ce que, faute de mieux, nous nommerons des ‘ondes’» dit Philippe De Wailly, Le 6e sens des animaux, p. 18.
6e sens des animauxLes animaux n’ont pas les mêmes blocages psychologiques, les mêmes barrières mentales, les mêmes tabous que les humains, alors « C’est plus facile de faire de la télépathie avec eux, ils n’ont rien à cacher, à prouver, c’est l’intention qui fait toute la différence. Là où ça ne va plus c’est que l’humain a des filtres et des préjugés », expose Caroline.  Il y a une histoire des expériences de parapsychologie animale et Caroline Leroux à sa manière en écrit un chapitre au Québec et en France en offrant des cours et des conférences. Et en martelant ce message : Les animaux veulent être entendus et compris dans leur façon de voir les choses, conclut-elle.
Pour aller plus loin

  1. La ferme de Dawn Haymann dans l‘état de New-York: http://www.springfarmcares.org/ac.htm
  2. Le site de Caroline Leroux: http://www.communication-animal.net/
  3. Le site de Jean-Luc Janiszewski, interpète animalier: http://www.parasciences.net/spip.php?article148

La communication animale : les pieds sur terre et l’esprit ouvert – 1

03/09/2010

Ils sont peu nombreux au Québec à pratiquer ce métier pour le moins particulier. Parmi eux Caroline Leroux qui se dit pionnière de la Communication Animale dans la province. Cela fait 11 ans qu’elle renseigne et guide les propriétaires d’animaux de compagnie (chien, chat, cheval…) et est une des rares au monde à donner des consultations, des cours/ateliers et des conférences en français.
C’est Érik Pigani qui en parle dans son dernier ouvrage ‘La communication animale’. Lui, c’est le spécialiste du psi, c’est-à-dire des facultés paranormales de l’esprit humain comme la télépathie, la clairvoyance, la prémonition. Il a pendant plus de 20 ans rencontré « les acteurs principaux de la recherche scientifique en parapsychologie, observé leurs travaux, recueilli des centaines de témoignages et accédé à des dossiers de travaux inconnus du grand public ». (La communication animale, p. 11). Il a participé activement à une vaste enquête française sur le 6e sens des animaux lancée par la revue Psychologies magazine avec le soutien de 30 millions d’amis sur une idée originale de Rupert Sheldrake.
Caroline Leroux entre en connexion avec des animaux. Elle semble s’immiscer dans l’intimité de la relation entre le propriétaire et l’animal; tout près de l’animal, elle entend ce que ce dernier lui dit… en images. La Communication Animale permet donc d’entrer en contact direct avec un animal et d’entretenir un véritable dialogue.
C’est est un domaine de recherche raillé, les tenants de l’orthodoxie se gaussant de la difficile validation de cette communication tout en reconnaissant que la télépathie ça existe et ça ‘marche’ …. entre humains. N’a-t-elle d’ailleurs pas été prouvée scientifiquement, cette télépathie? 6e sens des animauxMais de là à étendre cette capacité inter-espèce, il y a un pas que Caroline Leroux a franchi, elle qui « n’est pas là pour convaincre. Je n’ai pas à prouver mon expérience de vie professionnelle ». Elle a décidé de plaquer un métier conventionnel pour emprunter un chemin déjà fréquenté par certains chercheurs, vétérinaires (cf. Philippe De Wailly, Le 6e sens des animaux) ou Michel Klein.
La Communication Animale est un mouvement relativement récent dans lequel le bon communicateur doit avoir une excellente connaissance de son sujet, une bonne dose d’empathie et une faculté télépathique qui peut s’éveiller quand les conditions psychologiques s’y prêtent. Alors seulement, la communication peut avoir lieu et Caroline peut entrer en contact psi avec l’animal. « Les animaux ne parlent pas mais communiquent beaucoup leurs émotions, leurs sensations… » or, « la télépathie ou communication animale s’adapte toujours à celui qui reçoit, les animaux parlent en images, je reçois en mots car je parle en mots. La télépathie s’adapte au receveur, c’est un langage universel et praticable entre personnes qui ne parlent pas la même langue », avance-t-elle. En parapsychologie scientifique, la télépathie est un ‘phénomène psi’. Ce terme traduction de la lettre grecque Ѱ a été écrit avec un i pour le différencier d’un phénomène psychologique normal. On dit aussi que tout comme la clairvoyance ou la prémonition, la télépathie est un phénomène de perception extrasensorielle c’est-à-dire une perception qui ne passe pas par l’un de nos 5 sens habituels, rappelle Érik Pigani. Croire ou ne pas croire en cette approche, telle n’est pas la question. Il s’agit plutôt d’en regarder les effets positifs, les aspects négatifs, s’abreuver des recherches scientifiques et se faire une opinion.  Peut-on continuer de parler de hasard, de coïncidences voire de confusions d’identité dans ces phénomènes qui existent et qui engendrent le scepticisme des rationalistes scientifiques? Ou ne sommes-nous juste pas capables pour le moment de déterminer la nature véritable des liens qui se lient entre les humains et les animaux?

Pour aller plus loin :

  1. L’institut de métapsychique internationale: http://www.metapsychique.org/
  2. Rupert Sheldrake: http://www.sheldrake.org/homepage.html
  3. Jaytee, le chien, vous fera certainement changer d’avis sur ces phénomènes psi comme la télépathie : http://www.sheldrake.org/Articles&Papers/papers/animals/dog_video.html. Il a été l’objet d’une expérimentation en parapsychologie scientifique.
  4. Le site de Caroline Leroux: http://www.communication-animal.net/
  5. Dean Radin, Ph.D, auteur de La conscience invisible, est l’un des principaux chercheurs de l’Institut des Sciences Noetic depuis 2001.

C’est la relation qui compte

10/03/2010

Les 50 dernières années ont vu fleurir nombre d’études mesurant – prééminence des méthodes quantitatives – les effets de la thérapie assistée par l’animal. Dans l’histoire de la recherche sur les interactions avec l’animal à but thérapeutique et/ou éducatif, très peu d’études échappent au travail de codage, comptage, analyse multi variée, définition de corrélations, de liens significatifs. Pourquoi? Les enjeux en étaient de généralisation. Car les scientifiques des années 1960 et plus se méfiaient – à juste titre – de l’engouement populaire et médiatique autour de la zoothérapie et surtout ils voulaient éviter que ce soit l’inclinaison de tel médecin pour les animaux qui favorise la mise en place de projets thérapeutiques. Donc les recherches ont tourné autour de ‘l’animal peut-il être thérapeutique?’ avec une hypothèse à tester et un modèle de recherche défini. Les scientifiques tels que Alan Beck et Aaron H. Katcher en sont les plus grands protagonistes, eux qui trouvent que «les travaux inspirateurs de Levinson et des Corsons s’appuient sur des observations assez simples non issues de protocoles expérimentaux ».  Ainsi, les deux chercheurs – et dans leur lignée plusieurs centaines d’autres – ont visé la constitution d’un champ scientifique autonome. Au fil des ans, on a mesuré, on a décrit sans s’enflammer des résultats, on a pesé, on a observé les signes (aspect grandement documenté) pour constater que la TAC avait des effets indirects mais des effets quand même sur la santé humaine.

Or, pour Dr Joël Dehasse, Vétérinaire comportementaliste diplômé, les preuves scientifiques ne sont pas suffisantes et ne s’accumulent pas.  Le spécialiste européen (D-ECVBM-ca) dit :

Actuellement, il n’y a aucune étude vraiment scientifique sur le sujet – ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’effet – mais que la médecine scientifique ne s’y arrêtera pas. Publier des résultats positifs avec statistiques comme preuves est un bon début, mais certains scientifiques ont tendance à ne publier que leurs résultats positifs et pas leurs expériences avec résultats négatifs. Dès lors on ne prouve plus grand chose et, surtout, on ne peut pas généraliser les résultats d’une étude. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas aller de l’avant en zoothérapie, avec respect pour l’animal

Chienposium 2010

Le Dr Dehasse sera présent samedi au Collège Maisonneuve, à Montréal.

Aujourd’hui, le monde scientifique se questionne sur la pertinence des méthodes quantitatives pour traiter de la TAC, car comme le précise Jérôme Michalon, ces études ont oublié une variable essentielle dans leurs études statistiques : l’influence des variables ‘relation’ et ‘perception’ vis-à-vis de l’animal. Celle-là même que le Dr Dehasse juge trop utilisée. Les méthodes quantitatives produisent des preuves de l’existence d’une relation mais elles ne montrent pas les mécanismes en œuvre dans la TAC. C’est un peu comme si on démontrait les effets d’un médicament sans savoir ce qui est actif pour le corps humain.
Or, c’est la nature de la relation entre l’humain et l’animal qui produit des effets. C’est la voie que semblent vouloir emprunter les nouvelles recherches qui induisent presqu’obligatoirement une approche multidisciplinaire : jusqu’à maintenant les recherches faites n’ont pas inclus les connaissances de l’anthropologie, peu les savoirs vétérinaires…

Sources :

 Michalon, J., L. Langlade, and C. Gauthier, Points de vue sur la recherche autour des Interactions avec l’Animal à but Thérapeutique et/ou Educatif. Note de synthèse. A. Micoud and F. Charvolin, Editors. 2008, Modys (UMR 5264 – CNRS) / Fondation Adrienne & Pierre Sommer


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