Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive de la catégorie ‘Le chien social’

Un règlement municipal nul et non avenu

14/05/2012

chiens dangereux, règlement, longueuil, contrôle des chiens, morsures, agression, vétéraine, attaque, propriétaires de chiens, relation homme-animal, ville, politique animal, anima urbainLe moins qu’on puisse dire c’est que l’article 58.1 du nouveau règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux de la ville de Longueuil manque de mordant et est parfaitement inadapté, ignorant et bête.

Un chien n’est pas une machine. Tout le monde est d’accord sur le fait que c’est un être vivant qui a des besoins vitaux et qui est capable de communiquer. Il est même établi que, comme tout mammifère, il est capable d’émotions. Alors pourquoi voudrait-on que le chien fonctionne comme une voiture ? Peut-être que le fait d’acheter un chien en fait un bien de consommation!
Il est parfois difficile de déterminer si un chien peut être dangereux avant qu’il morde ou attaque une personne ou un animal. Longueuil devrait envisager l’adoption de règlements visant à diminuer les possibilités que de telles situations surviennent plutôt qu’opter pour un tout répressif inadéquat.

Jean Lessard l’indique : ‘ Chiens qui mordent = chiens dangereux, non ! C’est vraiment trop généralisé comme équation’. Selon, l’éducateur canin comportementaliste, ‘La dangerosité d’un animal se calcule selon une série de facteurs, tels que le poids de l’animal; la catégorie de personnes à risque; si l’agression est défensive ou offensive; si l’agression est prévisible ou imprévisible; s’il y a eu contrôle de la morsure; et si la morsure est simple ou multiple….’.

Dans cet article, la place et le rôle du vétérinaire sont à questionner. Les études vétérinaires durent 5 ans. Selon la faculté de médecine vétérinaire, moins d’une trentaine d’heures sont réservées à l’étude du comportement animal. Tel qu’indiqué dans la description du programme de médecine vétérinaire : ‘De plus, les activités du médecin vétérinaire ne se limitent pas à l’exercice de la profession en cabinet privé, qui absorbe à peine la moitié des diplômés. En effet, la santé publique, la salubrité et l’inspection des viandes, le contrôle des maladies transmissibles à l’homme, les laboratoires de diagnostics et de recherche et l’enseignement sont autant de sphères d’activités qui intéressent le médecin vétérinaire’. Pas d’études du comportement animal. Il y a bien un Groupe de recherche sur les animaux de compagnie (GRAC) dans lequel le comportement animal est un des thèmes de recherche aux côtés de ‘L’analgésie et l’anesthésie,  La cardiologie,  La dentisterie….’. On parle d’un groupe de recherche parmi de nombreux autres…. Pas obligatoire.

Par conséquent, quel médecin vétérinaire va faire cette évaluation? Dans quelle condition? Plusieurs jours après l’événement? Dans un autre environnement ? Lors d’un accident de voiture, il y a autant d’histoires que de témoins, l’on pourra s’attendre dans le cas d’une morsure à une multitude d’histoires dont il faudra tirer le bon grain de l’ivraie. Qui va juger la précision des informations venant des propriétaires ? Qui, rappelle, Jean Lessard, va poser cette évaluation? La compétence de l’évaluateur est le pivot de cette règlementation.

Avant d’étiqueter un chien qui a mordu comme un chien dangereux avec toute l’exclusion que cela peut engendrer dans notre société, avant d’interdire, il faut comprendre pour prévenir. D’autant plus que :

‘ Les agressions instrumentalisées, conditionnées ou apprises peuvent être contre-conditionnées. Les agressions compétitives peuvent être redirigées. Celles de défense peuvent être désensibilisées. Les plus fréquentes sont les agressions de défense (ou bien par peur). Les agressions par peur viennent presque toujours avec le syndrome de privation (un manque en socialisation). Les agressions compétitives viennent d’un excès de tolérance et de problèmes de communication. La confusion dans la communication peut venir de l’utilisation mauvaise du modèle de la hiérarchie… Confronter un chien agressif l’amène à être plus agressif…’ conclut Jean Lessard.

Avec qui voulons-nous vivre et comment? Paradoxalement, pour humaniser le monde que nous souhaitons habiter, il nous faut apprendre à vivre avec et à accueillir des non-humains.

Pour aller plus loin
Pourquoi les pit-bulls ?
Une phénomène de société qui a du mordant

Politique de développement durable et le chien : point de vue économique

08/05/2012

Longueil s'organiseLa Ville de Longueuil est en pleine phase d’élaboration d’un plan de développement durable (Longueuil présente).
En adoptant le nouveau règlement CO-2012-733 sur le contrôle des animaux, la ville envoie à ses citoyens propriétaires de chiens un message d’exclusion qui va à l’encontre d’une politique DD qui a pour but de mettre en place des actions pour durabiliser l’avenir. Pourquoi la Ville se positionne-t-elle délibérément contre le bien-être animal (animal welfare)? Pourquoi opte-t-elle pour un discours prônant le contrôle et le rejet des animaux et de la moitié de ses citoyens? Pour quoi adopter un règlement qui manque de réelle efficacité et – pour l’article 58.1 – est inexécutable?
Au Québec, la loi sur le développement durable indique que c’est

un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Le développement durable s’appuie sur une vision à long terme qui prend en compte le caractère indissociable des dimensions environnementale, social et économique des activités de développement.

Pour répondre à cette définition d’un point de vue animal, Longueuil doit inscrire son règlement dans une politique plus globale d’insertion de l’animal en milieu urbain,  afin de développer une économie verte et durable. En maintenant ce texte restrictif et cruel, elle ne répond pas aux besoins primaires des animaux et de leurs propriétaires. Elle ne répond pas aux besoins futurs de ses citoyens, surtout avec le vieillissement annoncé de la population. Nos aînés s’entourent d’animaux de compagnie. Elle ne répond pas à la mise en place de mesures qui favoriseront notre qualité de vie (référence: Développement économique et du territoire).
D’un point de vue économique, voici les motifs raisonnables qui poussent Sandraetlechien.com a proposé une série de solutions – qui reposent sur une équation qui consiste à faire des choses qui durent, sans nuire à la durée des autres choses  – pour modifier le règlement CO-2012-733 sur le contrôle des animaux et l’inscrire dans la future politique de Développement Durable de la ville:

Devenir ‘ville amie des animaux’ est une étiquette suffisamment remarquable pour attirer de nouveaux résidents. C’est tout le thème de ‘Prêcher par l’exemple‘. L’intérêt du citadin pour l’animal de compagnie et de loisirs conduit à développer une activité économique importante. Pensons simplement à l’ensemble des activités (vente d’animaux, vente d’aliments, spectacle avec présence d’animaux, assurance…..), ça représente un chiffre d’affaires considérable.
L’administration– dit la mairesse Caroline St-Hilaire -  se doit de tenir compte de ce que « nous empruntons pour nos besoins et ce que nous ajoutons en retour au monde dans une perspective de pérennité ».  N’appartient-il pas aux prérogatives de la ville d’offrir la fierté et l’appartenance à ses citoyens? Comment provoquer les rencontres pour que les citoyens de toutes origines se connaissent et cessent de craindre la présence de l’autre, de l’Autre canin?

Une ville DD développe des emplois eco-responsables : des agents de médiation qui auraient pour fonction de dire le règlement, de rendre propre l’espace public, de conduire les personnes âgées dans les parcs à chiens éloignés des centres de service.
La Ville doit entrer dans une logique de renforcement du lien social avec TOUS ses usagersLa ville devrait embaucher des éducateurs canins urbains qui auraient pour mission d’expliquer et de diaboliser le comportement canin, de sensibiliser les enfants au langage canin afin de prévenir les accidents. Un chien bien éduqué peut se comporter très bien dans la ville et respecter de nombreuses règles de sociabilité (cf. chiens visiteurs dans les hôpitaux, chiens guides pour les aveugles…) Pourquoi ne pas faire des démonstrations d’éducation canine sur l’espace public pour sensibiliser les maîtres et les non-maîtres?

Pour atteindre son plein potentiel économique, La richesse collective, c’est possibleune ville DD qui a adopté une culture de l’animal en ville réunit et fait s’engager la majorité des acteurs du monde de l’animal de compagnie. Ces principaux acteurs sont:
- Les particuliers qui possèdent un animal de compagnie,
- Les éleveurs occasionnels qui font reproduire leurs animaux à pedigree (chiens ou chats),
- Des professionnels qui souhaitent vivre de leur travail tout en étant en règle,
- Les associations de protection animale,
- Les pouvoirs publics.

La Ville doit entrer dans une logique de renforcement du lien social avec TOUS ses usagers. La question du Vivant en ville est cruciale d’abord parce que le nombre d’animaux de compagnie ne cesse d’augmenter et puis parce que les végétaux et les animaux qu’ils soient domestiques ou sauvages sont d’ors et déjà présents dans notre ville, c’est un vrai sujet politique.

Longueuil choisit d’exclure les citoyens propriétaires de chiens

18/04/2012
  • Alors que nous arrivions armer de notre désir de voir la collectivité entrer dans une logique de renforcement du lien social avec TOUS les usagers, la Ville de Longueuil a décidé – unilatéralement – d’exclure.
  • Alors que nos propos visaient à faciliter le partage et le respect, la Ville de Longueuil a décidé de s’aliéner la moitié de sa population.
  • Alors que nous avions placé maintes requêtes auprès de la Ville de Longueuil pour bâtir ensemble une concertation, les élus et administrateurs semblent avoir été plus sensibles aux cris de certains électeurs et ont pris une décision qui n’est résolument pas basée sur des données rationnelles, sur des faits, sur des rapports, sur des mémoires mais sur une décision émotive guidée par la peur et l’ignorance.
  • Alors que nous venions déposer des documents pour ensemble conjuguer nos idées, que nous pensions sincèrement qu’il y aurait place pour faire ensemble, la Ville de Longueuil a décrété : « Les aboiements des chiens stressent les cerfs de Virginie dans le Parc Michel Chartrand, ce qui déclenche chez eux des réactions imprévisibles. Pour assurer la sécurité des citoyens, nous pensons raisonnables de limiter l’accès au parc », par conséquent a mis fin sans aucun égard à notre démarche citoyenne qui s’est de fait trouvée bafouée brutalement.
  • Alors que le nouveau Règlement a été adopté il y a seulement 6 mois, qu’il n’a pas eu le temps de vivre et de se faire approuver dans les meilleures conditions (aucune signalétique, aucune campagne de sensibilisation, aucune instance assermentée informée), la Ville de Longueuil n’a pas considéré l’entièreté des usages de l’espace public en favorisant une partie de sa population.

Dans cette vision antagoniste dont la Ville de Longueuil est porteuse, personne ne trouvera sa place.
La question du Vivant en ville est et restera cruciale d’abord parce que le nombre d’animaux de compagnie ne cesse d’augmenter et puis parce que les végétaux et les animaux qu’ils soient domestiques ou sauvages sont d’ors et déjà présents dans notre ville, c’est un vrai sujet politique.

Hier soir, la Ville de Longueuil a choisi de bannir mais en politique on le sait ce n’est généralement pas la meilleure avenue!

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Voici le texte que sandraetlechien.com a lu hier soir:

Nous – propriétaires de chiens –  tenons à vous remercier d’avoir entendu nos besoins de bien-être physique et psychique et de ceux de nos compagnons en abrogeant l’ancien règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux et en dotant la ville de Longueuil des Services Animaliers de la Rive-Sud. Un bon pas a été effectué, qui nous démontre que conjuguer le respect des autres et de l’espace public avec le plaisir de vivre en compagnie d’un chien, d’un animal en ville, c’est possible.
Nous n’avons pas pris le temps de venir vous le dire publiquement et veuillez nous en excuser. Le fait de concevoir un programme global d’insertion de l’animal en ville est un acte politique. Ce sont des choix d’équipements, d’organisation de l’espace public mais aussi d’adhésion forte au constat que le ‘vivant en ville’ est un facteur positif pour votre collectivité.
D’un tout prohibitif nous passons à un presque-tout agréable. Car il y a un ‘mais’, dont vous avez déjà dû débattre. Voici trois points que nous soumettons à votre conseil.

  1. Tout d’abord, il faut accompagner ce changement d’une campagne de communication et de sensibilisation pour expliquer aux gens qui n’ont pas d’animal de compagnie ce qu’est votre nouveau règlement. Il est également crucial de revoir toute la signalétique et de retirer les panneaux arborant l’interdiction des chiens un peu partout en ville et de relocaliser les-dits panneaux dans les endroits interdits aux chiens. De plus, avec l’hiver se produit une dramatique disparition : les poubelles sont toutes retirées, il est inutile de vous dire que ce n’est pas propice aux actes citoyens des propriétaires de chiens et de leurs sacs à crottes.
  2. Ensuite, concernant la problématique dans le parc Michel Chartrand, il faut spécifiquement indiquer quel est le règlement en vigueur et quelle est la zone qui peut être fréquentée quitte à apposer des panneaux indicateurs. Il faut prendre en compte l’usage de l’espace public surtout quand il existe, comme dans notre cas actuel, un conflit. Dans ce genre de situation, le rapport de force devient la règle et les appels que j’ai placés auprès des Amis du parc Michel Chartand pour discuter et bâtir ensemble une concertation ont été inutiles. Pour exemple, la cohabitation entre cyclistes et voitures est délicate en l’absence de bande ou de piste cyclable, il en est de même dans notre cas, il faut prendre en compte la diversité des usages de ce parc. A date rien n’a été prévu comme délimitation de l’espace de liberté pour les chiens en laisse aussi certains propriétaires de chiens ont inévitablement transgressé un règlement qui 1/ n’est affiché nulle part, 2/ne prend pas en compte les besoins de ce groupe particulier, 3/ n’est communiqué à aucune instance décisionnelle (police,…) et 4/ n’est absolument mis en application par des agents de surveillance. Avant d’entreprendre tous changements, peut-on envisager une période d’ajustement afin de faire vivre le présent règlement et, surtout, de procéder à une collecte de faits pour dresser un portrait de la situation réelle des chiens en laisse dans ce parc?
  3. Brossard envisage l’interdiction des chiens dit ‘dangereux’ à plusieurs reprises ici je vous ai demandé de tenir une table de concertation sur le Vivant en ville.Il nous faut tenir une réflexion sur ‘les races dites dangereuses’, car avant d’interdire, il faut comprendre pour prévenir. (pour aller plus loin: Pourquoi les pit bulls de Jean Lessard)

Avec qui voulons-nous vivre et comment? Paradoxalement, pour humaniser le monde que nous souhaitons habiter, il nous faut apprendre à vivre avec et à accueillir des non-humains.

À quand une table de concertation sur la question de la place qu’on veut, comme société longueuilloise, accorder aux animaux?

Il faut en effet faciliter la présence de l’animal en ville, permettre une cohabitation harmonieuse avec les autres usagers et accroître la responsabilité des maîtres, aussi la ville de Longueuil doit développer des initiatives originales pour intégrer les animaux de compagnie dans le service que vous rendez à vos citoyens et ainsi développer une véritable approche citoyenne de l’animal de compagnie

Rappel:

Nous sommes une société violente et hostile à ce qui est différent
Le nouveau Règlement Co-2008-523 sur le contrôle des animaux de Longueuil

Vivre avec un chien à Longueuil, état des lieux

16/04/2012

Interdit aux chiensLa question de l’animal en ville est une question éminemment politique.

C’est une question d’urbanisme, de loisirs, de logement, d’emploi, de transport, de sécurité publique, de civisme.
Entre autre.

Voici la démonstration.

En théorie dans notre ville de Longueuil.

  • J’ai autant le droit de vivre dans cette ville que quiconque choisit d’y déposer ses valises
  • J’ai autant le droit de me promener dans les rues, dans les parcs, sur les trottoirs que les gens qui s’y promènent avec une poussette ou en fauteuil roulant
  • J’ai autant le droit de choisir de louer un appartement que les milliers de locataires longueuillois
  • J’ai autant le droit de profiter de l’environnement que les amoureux de la nature
  • J’ai autant le droit de vivre avec qui me semble comme toutes les familles, couples, célibataires

Or, depuis que je suis longueuilloise, je n’ai plus aucun droit. Je vis avec un animal.

tolérance, chien en ville, coexistence, cohabitation, Longueuil, intolérance, table de concertation, les chiens n'ont pas de place, espaces verts, urbanismeJ’ai choisi d’avoir un chien mais je n’ai pas choisi de vivre dans une société intolérante. Je vis dans la contrainte.

  • Je suis contrainte d’éviter les parcs et les espaces de loisirs familiaux aux heures d’affluence
  • Je suis contrainte de trembler de peur quand mon chien jappe, occasionnellement, dans mon logement
  • Je suis contrainte de recevoir des plaintes anonymes de la part de citoyens bien intentionnés
  • Je suis contrainte de vivre avec la  pressPas de place pour les chiens, les amis du parc Michel Chartrand, tolérance, chien en ville, coexistence, cohabitation, Longueuil, intolérance, table de concertation, les chiens n'ont pas de place, espaces verts, urbanismeion constante de justifier que mon chien est partie intégrante de ma famille
  • Je suis contrainte d’informer les citoyens que mon chien a le droit de se promener en laisse dans les espaces verts quand des pancartes affichent le contraire
  • Je suis contrainte de porter pendant des kilomètres le sac à crottes de mon chien cherchant vainement une poubelle retirée des parcs pour l’hiver
  • Je suis contrainte d’essuyer la violence verbale des citoyens sans chien

En pratique dans notre ville de Longueuil, j’ai des devoirs dans le sens de l’impératif catégorique pour m’éviter le rejet social

  • J’ai le devoir de redoubler d’attention dans l’éducation de mon chien
  • J’ai le devoir de m’acquitter avec conscience et régularité de mes obligations
  • J’ai le devoir d’apporter les soins adéquats et de fournir les besoins nécessaires au bien-être de mon chien dépendant
  • J’ai le devoir de rappeler à qui ne peut l’entendre que les propriétaires de chien n’ont pas d’espaces pour profiter de la relation avec leur compagnon et pratiquer des sportsempathie,Pas de place pour les chiens, les amis du parc Michel Chartrand, tolérance, chien en ville, coexistence, cohabitation, Longueuil, intolérance, table de concertation, les chiens n'ont pas de place, espaces verts, urbanisme
  • J’ai le devoir de rappeler, en Conseil de ville de Longueuil, que je ne suis pas libre de mes déplacements, que je ne suis pas libre de choisir le logement dans lequel je voudrais vivre, que je ne suis pas libre de ma capacité de jouir de la ville et de ses attraits, que je ne suis pas livre de pratiquer mes sports à ma guise…..
  • J’ai le devoir d’alerter que la non-situation de vie des animaux de compagnie à Longueuil, donc des humains qui vivent avec lesdits animaux de compagnie, est intolérable
  • J’ai le devoir de rappeler que derrière chaque animal de compagnie il y a un être humain

Cela fait plusieurs années que sandraetlechien le demande mais va réitérer sa requête demain soir en Conseil de ville :

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Rappel des démarches antérieures:

http://sandraetlechien.com/2011/le-nouveau-reglement-co-2008-523-sur-le-controle-des-animaux-de-longueuil/

Est-ce inhumain de battre un chien?

09/04/2012

Le crime contre l’humanité vise à interdire l’inhumain : autrement dit des actes contraires à la dignité humaine, qui s’opposent à la notion même d’humanité. Mais, c’est quoi l’humanité? La réunion de tous les hommes?
En fait on devrait plutôt poser la question comme suit : est-il éthique de battre un chien? L’éthique est la reconnaissance de l’humain par l’humain, et les caractéristiques spécifiant l’humanité serait : vivre bien, par conséquent sans causer des souffrances superflues aux animaux . Aussi, selon toutes vraisemblances la réponse serait non.

Or voilà, la réponse est oui.

Le chien n’est-il pas qu’un bien meuble, un objet, un truc, bref une machine, à quoi bon s’époumoner de quelques coups? Même s’il existait une argumentation rationnelle en faveur des droits des animaux (et il en existe une), l’éthique ne relève pas des mathématiques. Les démonstrations morales irréfutables (’vous ne devez pas battre des animaux’, par ex.) se heurtent à un obstacle : il est difficile d’y intéresser les gens.
L’amère réalité nous l’enseigne : il n’existe pas d’argument de construction massive : les humains ne sont pas des créatures rationnelles, du moins pas en ce sens, nous ne réagissons pas bien à l’argumentation logique. Bref, les intéresser au sort des animaux par des réflexions ne semble pas la meilleure voie à emprunter. (Entretien avec Adela Cortina, ‘les animaux ont une valeur morale, mais pas de droits’)
Les animaux sont-ils des êtres de droit, au même titre que les humains? Devant les agissements violents d’humains qui massacrent des chiens, s’étrangler d’horreurs ne sert à rien. Tenter de réfléchir au fait qu’humains et chiens ont coévolué  n’apporte pas le répit aux dits chiens. Aborder la portée politique et émancipatrice des nouvelles formes de parenté entre espèces et les conséquences politiques de l’extension aux animaux du statut de  significant other, ça fait certes sérieux, mais ça ne stoppera pas la prochaine attaque de démence d’un humain en manque de barbarie. Les animaux ont les droits que leur concèdent la législation. Tant que notre juridique ne fondera pas notre obligation morale envers les animaux, et tant que les sanctions seront ridicules voire inexistantes – et hausser même substantiellement les amendes pour ceux qui contreviennent aux règles sanitaires ne changera rien (voir annonce ministérielle) -  alors il sera toujours inhumain de battre un chien, ça restera toujours un acte contre l’éthique sans aucune conséquence.

Le droit peut accorder une valeur qui pourra ensuite se diffuser à la majorité. Là un nouveau paradigme fera son apparition. Les vérités seront encore à faire advenir, petit à petit, dans les rouages du quotidien. Rien ne sera immédiat, et simple, ni même assuré. L’exercice sera lent et il y aura – il y a – beaucoup de résistance.  Reconnaître des droits aux animaux, ça ne contraindra pas les êtres abjectes de les battre mais l’homme moyen, progressivement, incorporera de nouvelles attitudes et pourra alors mesurer les différentes valeurs en jeu. Et opter pour la valeur supérieure.

Pour un jour finir par condamner. Collectivement.

C’est un débat à faire

26/03/2012

Les animaux n’ont aucune existence pourquoi s’en soucier! Juridiquement, les animaux au Québec ne sont pas en vie. Ils ne respirent pas. Ne souffrent pas. Ne vivent pas. Aussi, ne venez pas quémander des droits, qui plus est au même titre que l’humain. Assez vite ce type d’arguments ne tient pas.

Les animaux n’ont aucune existence, droit des animaux, dignité des animaux, projet de règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens, Loi sur la protection sanitaire des animaux (L.R.Q., c. P-42)En fait ne tient pas… pour le propriétaire de chien, car pour la personne qui n’a jamais eu d’animal de compagnie, pour l’administration et les gestionnaires d’espaces de loisirs, d’espaces verts, somme toute ces arguments sont très utiles : on classe un problème. On se doute qu’en ouvrant la boîte de Pandore de la question de l’animal en ville ou en banlieue, ça va générer des questionnements impossibles. Mieux vaut surtout pas, quand on est un homme ou une femme politique, faire face aux débats qui vont en découler.

Et pourtant c’est un débat de société à faire. Il n’a jamais eu lieu. Il serait grand temps! Les quelques rencontres du groupe de travail sur le bien-être des animaux de compagnie n’avaient de toute manière pas l’objectif de répondre à cette question : quelle place veut-on comme société accorder aux animaux?  Ce débat ne sera pas facile, car il induit des changements profonds dans notre rapport à l’autre, l’autre différent. Et ne venez pas nous dire que ‘ce ne sont que des animaux’.

Négliger l’importance des droits animaux c’est se bafouer soi-même.
Les animaux dans le Québec francophone n’ont pas de droit. Se battre pour pouvoir faire marcher son chien dans un parc avec des arbres et de l’herbe, en arriver là de la démonstration du besoin primaire d’un couple anthropocanin, au 21è siècle, démontre si besoin est que les animaux n’ont pas de droit. Et la législation québécoise ne leur concède pas grand-chose. La manière de réguler chaque jour davantage la façon dont nous devons les traiter est assez simple : ils sont bannis.

Alors imaginez si nous devions en plus débattre de la question à savoir si les animaux ont un type de droits semblable à ce que nous appelons les ‘droits de l’homme’, c’est-à-dire non pas ces droits que les États concèdent mais ceux inaliénables qu’ils sont tenus de reconnaître. Pendant ce temps, ailleurs, comme le précise Jean-Baptiste Jeangène Vilmer Éthique animale,  ‘Les Suisses ont été jusqu’à inscrire la reconnaissance de la ‘dignité des animaux’ dans leur Constitution. La dignité de la créature a été introduite dans la Constitution suisse depuis 1992 dans le contexte des progrès du génie génétique. La formule concerne aussi les végétaux. Par ailleurs, une loi de 2000 sur la protection des animaux évoque la ‘dignité de l’animal’ entendue comme ‘la valeur propre de l’animal qui doit être respectée par les personnes qui s’en occupent’.

Pourquoi est-ce si difficile au Québec? Peut-être parce que ce qui est en jeu c’est le rapport de l’homme avec lui-même, à l’être de lui-même.

Pour ne pas aller plus loin :
« Vers un véritable réseau pour le bien-être des animaux de compagnie » préparé par le groupe de travail présidé par Geoffrey Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones et député de Jacques-Cartier

Projet de règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens

Gestion animalière dans la Couronne Sud de Montréal : un dossier qui n’a pas de chien

09/12/2011

Voici l’article que Sandraetlechien – Sophie Royer – Marie-Josée Méthot  – Lise Bourassa ont rédigé il y a quelques semaines et qui n’a pas trouvé pages d’opinion pour être publié

Dans le dossier de la gestion animalière, un virage politique s’impose. Les élus municipaux de la Couronne sud de Montréal sont en manque de solutions. Les citoyens veulent en savoir plus. Pendant ce temps, à quelques pas de nos maisons décorées pour les festivités de Noël, des animaux de compagnie sont mis à mort dans des conditions les plus exécrables qui soient.

L’équation est simple, elle provient d’une série d’annonces incohérentes alors que la Société de Contrôle D’animaux Domestiques St-Hubert inc.(S.C.D.D.) prévoit fermer ses portes au 31 décembre et qu’aucun soumissionnaire n’a pu remplir les exigences des différents appels d’offres municipaux. On assiste à une espèce de sauve-qui-peut généralisé du style ‘qui va prendre en charge les animaux dans ma ville’ des mairies précédemment sous contrat avec cette entreprise privée. Ce qui démontre si besoin est la cacophonie dans le dossier de la gestion animalière sur la rive sud de Montréal et …. dans la province au grand complet. Le Québec qui s’est depuis longtemps forgé une réputation de laxisme en matière de protection des animaux va rester la pire parmi toutes les provinces canadiennes en 2012.

La gestion animalière n’est pas l’affaire d’une municipalité isolée c’est un dossier conjoint et collaboratifPas une journée ne se passe sans que telle municipalité indique, dans un grand soulagement, avoir contracté avec la SPA Drummond ou autre organisme. Il est à se demander dans cette urgence quelle réflexion anime les administrateurs municipaux. Il aurait été logique de s’attendre suite au reportage du 21 avril dernier de l’émission « Enquête » à Radio-Canada et suite aux différentes saisies de chiens tout au long de l’été en particulier celle de l’Outaouais à ce que les élus prennent conscience de la situation qui prévaut sur leur territoire concernant la maltraitance, la cruauté et la négligence envers les animaux de compagnie et prennent des mesures qui s’imposent. Or, les municipalités de Ste-Julie, St-Amable et Varennes, entre autre, ont décidé donner le contrat de fourrière à la SPA Drummond sans analyser le fait que cette dernière ne pratiquerait pas la stérilisation des animaux vendus sous leur bannière à l’exception des animaux stérilisés au moment de l’abandon ou de leur capture pour errance. Ce qui va à l’encontre d’une gestion saine, éthique et responsable de la surpopulation animalière. De surcroit, deux  membres du Ca d’Anima Québec – organisme à but non lucratif qui veille à la sécurité et au bien-être des chiens et chats du Québec – ne font pas la stérilisation des animaux qui sont vendus ou mis en adoption sous leur bannière…. faute de moyens!

Tandis que 70 élus dans toute la province ont assisté à la journée de formation ‘Comment négocier le virage animalier de votre municipalité’ donnée le 28 octobre dernier par la caacQ, seuls 28 élus de la Montérégie étaient présents. Doit-on conclure que le dossier de la gestion animalière est, pour ceux qui n’y sont pas allés, un dossier de second ordre? N’en déplaise aux maires, le MAMROT (ministère des Affaires municipales des Régions et de l´Occupation du territoire) s’en est accaparé. Il serait temps. Les lois provinciales actuelles en matière de protection des animaux ont récemment été classées parmi les pires au pays par un sondage mené par l’Animal Legal Defense Fund, une organisation spécialisée dans les questions de droits des animaux. Comment passer du contrôle animalier à un service animalier responsable, tout en s’assurant de l’application des nouvelles recommandations de la loi P-42 qui est actuellement en voie de révision ? Plus de 1900 documents ont été déposés par la participation citoyenne pour que les amendements à la loi P-42 soient conformes aux attentes citoyennes ainsi qu’aux organismes voués au bien-être animalier.

Saisie de chiens maltraités - 2011Pendant ce temps,  la ville de Longueuil nous assure sans nous rassurer (la mairesse a toujours refusé la tenue d’une table ronde publique sur la question) qu’un vrai virage animalier avec un projet novateur naîtra sur son territoire (’d'ici 30 jours’) sans jamais préciser les tenants et aboutissants de ce projet et sans même ouvrir ce projet à l’ensemble des municipalités de la Couronne Sud en mal d’inspirations. Et ainsi passer à côté d’une belle occasion : devenir fer de lance d’un dossier aux multiples ramifications. Alors que les autres municipalités fuient la SCDD, Longueuil reconduit son contrat et se dit désolée de ne pouvoir exiger ‘certaines choses telles qu’organiser des cliniques d’adoption dans le hall d’entrée de l’hôtel de ville’ (sic!). En tant que payeur de contrat, ne serait-on en posture d’exiger que des normes minimales soient appliquées! Plusieurs citoyens ont décrié le fait que, sous sa forme actuelle, le contrat passé avec la SCDD ne permet pas de garantir des normes de soin adéquates pour les chiens et les chats. Il s’avère que le conseil de ville longueuillois serait dépendant du contrat passé avec cette entreprise privée par conséquent aux prises avec les exigences dudit contracteur. Or, tous les services offerts par l’adjudicataire devraient respecter les conditions de la Loi sur la protection sanitaire des animaux [L.L.Q. chapitre P-42] et de la Loi sur la santé des animaux [L.C. 1990, C.21]. Il est fort surprenant qu’aucun article de loi n’offre à une ville la possibilité de modifier un devis en le reconduisant vers de nouvelles exigences.

Pourtant elles sont nombreuses les municipalités au Canada à être innovantes dans le dossier de la gestion animalière. Ainsi Toronto où les animaleries ne pourront plus vendre de chiens ni de chats sur le territoire de la ville, sauf s’ils proviennent d’un refuge pour animaux. Depuis 11 ans, Calgary a mis en place des services animaliers, et Bill Bruce, reconnu pour son expertise dans toute l’Amérique du Nord, en est le responsable. La mission est de favoriser une communauté sécuritaire pour les personnes et les animaux de compagnie au moyen de l’élaboration d’une politique municipale qui reflète les valeurs de ladite communauté.

Pendant que la plus grosse chaine d´animaleries au Canada PJ´S Pets cesse la vente de chiots dans ses succursales pour faire la promotion de l’adoption des chiens de refuges, une animalerie qui selon toute vraisemblance vendra des chiots va s’ouvrir dans la ville de Mont-Saint Hilaire. Or, en cette période de l’année propice aux achats impulsifs pour des cadeaux joyeux de Noël, il est à craindre que le problème de surpopulation animale et de l´existence d´usines à chiots ne trouve une fois de plus d’issues favorables. Il est vrai qu’une Ville n’a pas le pouvoir juridique d’interdire une activité économique comme la vente d’animaux dans les commerces, reste qu’une ville a l’obligation de faire montre d’intelligence dans ses dossiers. Ainsi, Rosemont-La Petite-Patrie tente actuellement de passer un règlement l’interdisant. Gatineau lui emboîte le pas, bien en retard sur la ville de Richmond en Colombien Britannique qui l´interdit depuis 2010.  Des options il y en a! Des possibilités d’action encore plus!

Soyons congruents. La valse des annonces municipales ces dernières semaines fait juste état de la méconnaissance – pour ne pas dire plus – des élus dans le dossier du contrôle animalier. Oui, c’est Québec qui réglemente le commerce et le bien-être des animaux. Or, chaque ville peut faire des recommandations au gouvernement du Québec. Plusieurs citoyens se sont levés lors des périodes de questions des différents conseils de ville depuis plusieurs années (et plus intensivement depuis ce printemps) pour dire : des solutions viables économiquement et socialement existent qui ne sont pas excessives à mettre en place. Sans avoir jamais été entendus sinon pourquoi autant d’annonces dépourvues de vision politique! Les municipalités, le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral ont une responsabilité morale envers les citoyens puisqu’ils détiennent le pouvoir décisionnel.

Depuis la création du groupe de travail sur le bien-être des animaux de compagnie par le MAPAQ, un véritable réseau s’est mis en place au Québec pour assurer une approche concertée, indique le site web du MAPAQ, ça ne semble pas s’être arrêté à la Couronne sud de Montréal.
Les élus doivent maintenant agir et corriger la situation ensemble. La gestion animalière n’est pas l’affaire d’une municipalité isolée c’est un dossier conjoint et collaboratif, il faut asseoir autour d’une même table trois intervenants clés (au moins), les élus, les organismes collaborateurs (SPA, Caacq…) et les fournisseurs de soins et service (vétérinaires, éducateurs, propriétaires…). En effet, les municipalités du Québec sont organisées en MRC, entités administratives qui regroupent une dizaine de municipalités. De manière naturelle, ces municipalités devraient, au travers des MRC, partager des ressources (centre de traitement des déchets, par exemple). Il serait tout à fait envisageable que le service animalier soit mutualisé au niveau des MRC. Pourquoi personne ne semble vouloir aller dans ce sens ? Pour l’observateur, cela reste un mystère qui explique certainement que ça parte dans tous les sens.
Les municipalités de la rive sud ont-elles autant de difficultés à travailler ensemble?

Un chien et une personne âgée

05/12/2011

Le plan structurant du gouvernement du Québec pour répondre aux besoins de la personne âgée manque cruellement de poils.

Au printemps dernier, le premier ministre lançait leur plan de services intégrés pour les aînés. Or, rien, rien sur la présence de l’animal de compagnie. Le chien est un très bon médiateurIl n’y a été nullement question de la présence de l’animal de compagnie, souvent le dernier lien avec la vie ou avec l’autre. D’ailleurs, plus souvent qu’autrement,  l’état de dépendance, l’accès à un logement social, l’entrée en maison de repos ou en institution de soins, … c’est le moment que l’on choisit pour couper brutalement ce lien chargé de valeurs affectives et émotionnelles. On constate les effets bénéfiques de la présence de l’animal sur les personnes âgées même si l’exposition est très limitée. Nombre d’observations et d’études ont pourtant montré l’importance du lien à l’animal de compagnie auprès de personnes solitaires, limitées dans leurs contacts sociaux. L’animal rassure par sa présence, structure les journées et entraîne des contacts sociaux, est un support d’activité motrice (décrispation des mains, sens du toucher…). Les soins à prodiguer (comme les promenades du chien ) obligent à avoir une vie régulière, organisée.

Le chien fait appel à la mémoire affective et sensorielle La thérapie assistée par l’animal peut avoir des effets bénéfiques sur les personnes âgées institutionnalisées, notamment celles souffrant d’un sentiment de solitude et le rôle du soignant devrait être central (Source: La zoothérapie au service de la personne âgée, Bachelor of Science HES-SO en soins infirmiers, Haute Ecole de Santé, Fribourg).
Par ailleurs, une étude récente (Miltiades & Shearer (2011) Attachment to Pet Dogs and Depression in Rural Older Adults, Anthrozoos, volume 24, number 2, pp. 147-154) démontre clairement qu’il existe un véritable lien entre l’attachement à son animal de compagnie, la capacité de prendre soin d’un animal et la dépression chez les personnes âgées.

Sans doute serait-il nécessaire et temps de faire comprendre aux milieux concernés (médecins, thérapeutes, politiciens, éducateurs …) ce qu’offre l’animal de compagnie dans l’épanouissement de la personne âgée.

Pour aller plus loin :
Les articles de Zoothérapie Québec
Une maison de retraite engage un chien visiteur à temps plein
Existe-t-il un lien entre l’attachement à son chien et le phénomène de dépression chez les personnes âgées en milieu rural ?

Nous sommes une société violente et hostile à ce qui est différent

20/09/2011

un-chien-en-villeIl est crucial de s’interroger sur les statuts et les conditions des animaux dans la société contemporaine – et dans la ville de Longueuil en particulier. Leur situation est problématique et la manière dont ils sont traités et utilisés inacceptables.

Il n’est pas bon que l’homme soit seul en ville. Or, c’est bel et bien la direction que les municipalités québécoises – donc Longueuil – nous obligent à prendre. Elles nous contraignent – nous propriétaires de chiens – par des textes intolérants et trop souvent incohérents (telle municipalité autorise, telle autre limitrophe interdit, sur quelle base? quelle logique?). Ainsi à Longueuil, ‘Il est apparu qu’il serait opportun de permettre la présence de chiens en laisse sous le contrôle de leur propriétaire dans différents espaces verts de la Ville‘….Quelle réflexion? Quels objectifs? Quelle planification? Ce n’est pas tant donner l’accès à des parcs ou créer des parcs à chiens pour soi-disant calmer l’ire citoyenne, il faut comprendre dans quelle orientation tout cela s’inscrit, sinon ça ressemble trop à de ‘la politique à la petite semaine’….

Il n’y a pas si longtemps, Longueuil entravait nos libertés de mouvement : un propriétaire de chien ne pouvait se déplacer à sa guise sur tout le territoire de Longueuil. Nouvelle réglementation à LongueuilLa municipalité vient d’alléger certains accès, pour ‘répondre aux besoins des propriétaires d’animaux de compagnie et les aider à assurer leur bien-être‘…. dit le pamphlet municipal. En quoi? Le chien doit être contrôlé, car il est un bien meuble. (plus d’infos). Remarquez Longueuil applique benoitement les règles administratives édictées en d’autres lieux (ça rappelle de très mauvais souvenirs historiques d’appliquer des règles venues d’ailleurs), ce qu’on peut leur reprocher, c’est l’absence de vision, lorsqu’une ville administre mécaniquement des dossiers, il manque un fondement essentiel à la démocratie.
Voilà le leitmotiv de Sandraetlechien, clamé en vain depuis des années aux différents conseils de ville
Il faut en effet faciliter la présence de l’animal dans la ville, permettre une cohabitation harmonieuse avec les autres usagers et accroître la responsabilité des maîtres, aussi la ville de Longueuil doit développer des initiatives originales pour intégrer les animaux de compagnie dans les services qu’elle rend à ses citoyens et ainsi développer une véritable approche citoyenne de l’animal de compagnie.

La présence animale en ville est, en terme municipal, l’un des sujets les moins bien maîtrisés qui donnent un sentiment d’insatisfaction aux administrés. L’absence de collaborateurs qualifiés dans la municipalité longueuilloise par exemple conduit à ce que les questions relatives au bien-être animal fassent l’objet non pas de polémiques mais d’interpellations vaines et stériles à des élus incapables d’apporter des solutions cohérentes. Il s’ensuit des contraintes importantes pour le propriétaire, des souffrances animales avec le nombre important d’abandons, des contraintes pour la société avec plus particulièrement les troubles de l’hygiène et aussi, les agressions par des chiens… et oui une activité commerciale très lucrative….
C’est l’absence de législation intelligente qui a engendré les maux que les animaux de compagnie connaissent actuellement. Même si une ville doit légiférer à l’intérieur de cadres précis, cela n’empêche pas minimalement une certaine intelligence du bien collectif et encore une fois l’élaboration d’une vision.
Anthropologie de l'animal de compagnieIl suffisait de presque rien, d’insérer un peu de nature dans la ville : espace vert et corps animal vivifient et ensauvagent la pierre et le béton. La communication se fait simple et naturelle des hommes aux animaux et par le biais des animaux, des hommes entre eux. Car, l’apprentissage de l’urbanité passe par l’éducation et non par le dressage (Christian Talin. p.73).
L’on entrevoit aussi du même coup les bouleversements qu’entrainerait une véritable prise en compte des intérêts des citoyens propriétaires d’animaux de compagnie, et l’on en vient à se demande si tous les efforts conceptuels qui sontBurgat, Florence. L’animal dans nos sociétés. La documentation française déployés pour maintenir les animaux hors de la communauté morale ne sont finalement pas les arguments d’une idéologie destinée à justifier une domination si ancienne, si multiforme et si lucrative qu’elle semble impossible à ébranler. (Florence Burgat)

Cette évocation permet d’appréhender les contours de la condition animale dans nos sociétés et la nature de ladite société : fondamentalement violente et hostile à ce qui est étranger.

Ce soir: Conseil de ville de Longueuil

Petites horreurs au quotidien

01/09/2011

Comment faire comprendre aux humains que Sapi parle et qu’il ne cherche – certes par une conduite pour le moment inadaptée – qu’un équilibre nouveau?

Chaque jour, à chaque interaction, l’univers de Sapi se reconstruit et du même coup le mien aussi.
Chaque jour, à chaque interaction, l’univers de Sapi se reconstruit et du même coup le mien aussiPour comprendre la vie de mon chien, il me faut savoir ce qui a du sens pour lui.
- Que perçoit Sapi? Que ces dernières semaines ont charrié leur lot de changements. Il a été chahuté émotionnellement. Que ces aventures ont un retentissement plus ou moins fort sur son équilibre psycho comportemental.
- Que voit-il? Qu’entend-il? Que sent-il? Qu’il doit ré-apprendre les bruits inconnus du voisinage, les odeurs environnantes nouvelles, les rythmes de vie quotidienne bousculés…
- Quel impact a-t-il sur le monde? Que dans son incessant va-et-vient entre son monde et le monde humain, Sapi doit s’adapter, cela peut s’exprimer à travers des conduites inattendues autant que gênantes parfois. Ainsi, Sapi a compris qu’en manifestant de façon bruyante et frappante – il jappe et lèche et saute – son affection et son désir de comprendre le monde dans lequel, désormais, il évolue, il avait un certain pouvoir. Or, ce rituel de salutation ne fait évidemment pas l’unanimité et surtout il n’est pas compris.

Les rencontres de voisinage entre Sapi et les humains créent des conflits entre Umwelt qui ont pour conséquence une mauvaise interprétation par les humains des actions du canin.
Sapi doit sentir, tout, c’est important pour re-créer son environnement et y trouver des repères. Il communique avec sa petite queue, son nez, ses oreilles et dans la moindre de ses postures. L’humain n’y voit qu’une intrusion doublée d’une agression sonore. Or aboyer est pour lui pertinent : l’autre voisin fait peur tant qu’il reste debout là à le regarder; cet aboiement d’avertissement met les choses au clair… mais juste pour Sapi et pour moi…. L’aboiement fait beaucoup de bruit (en nombre de décibels), surtout dans les couloirs ou dans l’ascenseur et donc est désagréable.

Alors, il me faut m’adapter aux difficultés de mon chien. Le TTouch l’aide beaucoup et le click-bonbon fait des merveilles.

Alors, il me faut m’adapter aux difficultés des humains. Leur expliquer que Sapi se trouve, pour le moment, abruptement confronté à une rupture des repères de son quotidien, qu’il est bien éduqué et que … La patience et l’indulgence sont requis face à certains comportements gênants pour ne pas ajouter encore un peu plus à sa maladresse ou à son possible désarroi.

L’animalité, essai sur le statut de l’humainEt leur partager l’unique merveilleux de ma relation à mon chien par des morceaux de ce que je crois savoir de lui…. Que d’ailleurs Sapi leur démontre une fois la connexion établie. Et ils y gagnent de prendre mon chien au sérieux, leur regard change. Entrent-ils pour autant dans notre communauté hybride?

C’est dans cet interstice que l’on voit surgir l’immense gouffre qui sépare le monde en deux blocs (au moins); ceux qui vivent avec un chien et pour lesquels le centre du monde est décentré et ceux qui placent l’homme au centre du tout et qui rejettent dans la marge tout ce qui est différent, autre, dérangeant, méconnu, incompris et qui assènent des petites horreurs anthropocanines qui ne sont que l’expression d’une incommunicabilité radicale entre êtres vivants.


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