Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive de la catégorie ‘Le chien mythique’

Cultiver le jardin de l’Eden

21/11/2011

De l’immortalité des animauxRégner, cela veut dire (Gn 2, 15) que l’être humain doit cultiver et garder le jardin de l’Éden. Dieu n’a pas fait de l’homme l’exploiteur de la terre mais son protecteur, avance  Eugen Drewermann, De l’immortalité des animaux. En fait, au sein des Églises chrétiennes (catholique, orthodoxe, protestantes, anglicane) il y a eu – et il y a toujours – une minorité de fidèles et d’hommes de foi convaincus que la défense des animaux et de leurs droits est inscrite dans le message chrétien. En voici quelques-uns à méditer en cette semaine pascale…

Ainsi, le père jésuite Guillaume-Hyacinthe Bougeant (1690-1743) écrivait :Amusement philosophique sur le langage des bêtes

Si les Bêtes avaient une âme spirituelle, leur âme serait donc immortelle et libre; elles seraient capables de mériter ou de démériter, dignes de récompense ou de châtiment, il leur faudrait un Paradis et un Enfer, les Bêtes seraient donc une espèce d’Homme ou les Hommes une espèce de Bêtes, toutes conséquences insoutenables dans les principes de la Religion.

Chez les catholiques britanniques, l’illustre cardinal Newman (1801-1890), converti de l’anglicanisme, a été le premier prédicateur connu à comparer dans un sermon (prononcé le Vendredi Saint 1842, à Oxford) la souffrance et la mort du Christ sur la Croix avec celles que les hommes infligent aux animaux.

prière Albert SchweitzerC’est, évidemment, Albert Schweitzer qui prône un sentiment de responsabilité élargi à l’infini qui écrit, en 1973, une ‘Prière pour les animaux’.
Et tant d’autres: l’Abbé Plaquevent….

Le respect des animaux c’est une facette du respect des autres. Nicole Laurin dans Les animaux dans la conscience humaine. Questions d’aujourd’hui et de toujours explique que la théologie doit s’efforcer de penser ‘l’émergence de l’esprit dans l’animalité, la nôtre et celle des autres vivants, ces derniers désormais reconnus comme sujets d’un devenir spirituel, autant dire humain’.

Pour aller plus loin :
La Bible relue par les animaux
Albert Schweitzer et l’éthique envers les animaux

Prières pour les animaux

Une nouvelle liturgie

26/09/2011

Aussi chaque année le 4 octobre, pour la fête de saint François d’Assise (ou le dimanche le plus proche, donc cette semaine), les églises anglicanes et la RSPCA en Angleterre lisent  A service for Animal Welfare, nouvelle liturgie destinée aux animaux rédigée par Andrew Linzey, prêtre anglican.
Theologie animale- Andrew LinzeyCe théologien internationalement connu pour ses écrits sur le christianisme et les animaux avoue que l’histoire de l’Église s’est très peu préoccupée du sort de l’animal. Dans son Animal rights, il défend de véritables droits des animaux –ce qui va à l’encontre de la position traditionnelle de l’Église.

Voici le numéro 1 de ses 5 articles de foi :

Premièrement, être pour Jésus c’est défendre les animaux en tant que créatures de Dieu, contre toutes les conceptions purement humanistes ou utilitaires qui en font des objets, des marchandises, des ressources à notre disposition. Je pense parfois que l’apport le plus important de l’Évangile à notre façon de penser le monde réside dans la simple assertion que nous ne sommes pas Dieu.

Les autres articles sont sur les cahiers antispécistes.

Il fait de la souffrance un critère de considération morale et regrette que les gens (les chrétiens aussi) adhèrent à l’opinion profane commune selon laquelle nous sommes les maîtres des animaux, leurs souverains et propriétaires… C’est une bien mauvaise lecture de l’Évangile, car dit-il ‘la domination promise à l’humanité est une domination par délégation, dans laquelle nous devons nous comporter face à la création en représentants de Dieu, mettant en œuvre non pas nos propres désirs égoïstes, mais la loi divine d’amour et de compassion’.
Une telle façon de penser révèle un appauvrissement spirituel fondamental.

Pour aller plus loin
http://www.dailymotion.com/video/x2pj1t_animal-rights-bill-rev-andrew-linze_animals

Et les posts de sandraetlechien.com: Bénissez mon chien mon père (partie 1 et partie 2)

La légende du chien d’or

30/06/2011

La légende du Chien d’Or a été édifiée sur un fait historique des plus émouvants. Quand vous irez à Québec, vous pourrez voir sur la façade de l’un des principaux monuments de la vieille cité de Champlain, rue Buade, une énorme plaque de marbre, sur laquelle est sculpté un chien rongeant un os, avec cette inscription:

Un chien qui ronge l'os, rue Buade
La figure du chien est dorée, et le tout, chien et inscription, frappent par leur aspect antique. Quel fait étrange a donc donné lieu à ce monument étrange, vieux de près de deux siècles et que l’on conserve soigneusement sur la façade de l’un de nos édifices publics?
Journal de l'Instruction PubliqueUne note publiée en mai 1860, dans le «Journal de l’Instruction Publique,» donne les quelques détails qui suivent sur cette mystérieuse affaire de meurtre, de vengeance, de vendetta, qu’avant de mourir, la victime avait pardonné au meurtrier… C’est la période des grandes guerres entre la France et l’Angleterre et des luttes gigantesques dans lesquelles se sont illustrés les héros canadiens. …
«Le Chien d’Or» est une légende historique de l’ancien régime, traduite par Pamphile Le May en 1884, et issue du parler anglais de William Kirby. La préface dit : Ce roman est un superbe hommage rendu aux ancêtres des Canadiens-Français, et d’autant plus précieux qu’il vient d’un homme appartenant par le sang et les croyances à une nation qui fut l’ennemie séculaire de notre race. Et les premières lignes de ce livre :
–«Voir Naples et mourir!»
C’était là, comte, un fier dicton que nous entendions souvent quand, nos voiles latines déployées, nous croisions dans les parages de la célèbre baie toute étincelante des feux du Vésuve. Nous étions alors convaincus de la justesse de cette orgueilleuse parole, comte, mais aujourd’hui je dis, moi: «Voir Québec et vivre à jamais!»
Le Chien d’Or a-t-il contribué à nous rendre par le récit et la description, la vie d’autrefois?… L’enseignement tient-il encore de nos jours: la vengeance mène à la tragédie?

Pour aller plus loin:

Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française
Livre électronique ‘Le chien d’or’

Nous sommes une société du sacrifice

20/06/2011

Réflexions sur la condition faite aux animauxL’animal a toujours été au cœur des relations entre le monde des dieux et celui des hommes. Il est l’intermédiaire indispensable dont on ne peut toujours pas se passer. Françoise Armengaud, Réflexions sur la condition faite aux animaux, est catégorique, de nos jours, il y a permanence d’un élément sacrificiel hors rituel : celui de l’abattage industriel des animaux. Pour elle, la notion de sacrifice est centrale dans la société de nos jours.
Quand on parle de sacrifice, on se reporte naturellement à l’époque de l’Antiquité Païenne, où l’animal était sacralisé car sacrifier aux dieux. Parfois on brûlait tout l’animal et cela s’appelait un holocauste, du grec, holos, ‘entièrement’; kaiein, ‘brûler’.  Cette ritualisation de l’abattage avait placé l’animal dans un contexte religieux et donnait à l’acte la gravité de l’exception. Cela permettait de tirer du sens de l’animal. Dans ces sociétés, on tirait de l’animal le sens qui résidait en lui – ou plutôt qui était censé résider en lui, car projeté sur lui. On reconnaissait à l’animal du sens et on le lui prenait avec sa vie. Ainsi, on se nourrissait littéralement de cette vie et on se nourrissait Si les lions pouvaient parlersymboliquement du fait que cette vie avait un sens. Bref mangé tout entier, on assimilait l’animal sur tous les plans (voir Françoise Armengaud in Si les lions pouvaient parler, p. 876-877).
Ensuite, le christianisme lui remplaça le sacrifice par une messe ce qui renvoya l’animal dans le monde profane et désacralisa son abattage. L’animal devint une masse de viande dont l’abattage ne nécessitait plus ni rituels ni sacrificateurs professionnels, une créature n’ayant plus aucun lien avec Dieu et vouée seulement à servir l’être humain. (p.39 Des animaux de l’antiquité à nos jours)
À partir de là, l’animal n’ayant plus de sens, on pouvait lui prendre sa vie sans crier gare ou faire quelques simagrées ritualisées : on lui prenait sa vie, on ne doAuberger Janick et Keating Peter. Histoire humaine des animaux de l’antiquité à nos jours. Éllipses, 2009nnait pas sens à ce qu’on prenait mais on s’en nourrissait, bref on se nourrissait du non-sens! C’est pourquoi aujourd’hui il est si facile d’abattre à la chaîne des milliards d’animaux chaque année.
C’est pourquoi aujourd’hui encore au sein même de l’Occident persiste des pratiques de sacrifice désacralisées car vide de sens. C’est le principe prédateur par excellence : la vie animale nourrit et soutient ma vie. Au moins ça a le mérite d’être clair : aujourd’hui on pratique le meurtre à grande échelle.

Sacrifice annuel du Grand Chien Blanc

28/01/2011

Les 6 nations iroquoises considèrent que leur plus grande cérémonie est celle qui a lieu pour le nouvel an. Durant cette cérémonie, il faut sacrifier un chien blanc à Hawenniyo, le dieu favorable aux indiens. Ce sacrifice qui a lieu en février (parfois en mars), purge le peuple du mal. Il est aussi marqué par des interprétations de rêve. Horatio Hale est peut-être celui qui a tenté d’en savoir plus sur cette fête, il indique que ce sacrifice est de loin la plus sainte des fêtes de la théologie iroquoise. Car chez les Iroquois, le chien est un messager intercesseur, il portait les prières des hommes au ciel.

Chien blanc porteur de mythologieReste que l’association des chiens blancs avec le sacré chez les peuples amérindiens - entre autre - est assez répandue.

Ainsi, dans la mythologie abénaquise, Mool-sem est le chien blanc de Gluskab qui pouvait se contracter ou s’agrandir. En gros, il y a Tabal-dak, l’être créateur, qui a crée les humains et a aussi donné vie àet Gluskab et Malsumis nés de la poussière sur sa main. Gluskab et Malsumis ont tous les deux le pouvoir de faire un monde meilleur, mais seulement Gluskab l’essaie en compagnie de son chien blanc.

Dans la mythologie chrétienne, les Dominique sont des chiens du Seigneur et Seigneurs chiens. Dominique contient implicitement « Domini canes » : chiens de Dieu. Par ailleurs, la mère enceinte de Saint Bernard de Clairvaux rêva d’un chien blanc au dos roussâtre. On lui prédit qu’il serait un grand prédicateur qui aboierait contre les hérétiques. (ref)

Il y a un trait commun, peut-être, entre toutes ces croyances et commémorations annuelles. D’abord, c’est un rite funéraire, on sacrifie l’animal qui est le plus près de l’homme, l’animal est blanc, l’homme ne serait-il lui aussi blanc? Celui même qui exploite par sa supériorité technique au lieu d’aider l’homme rouge [l’Amérindien] pour le réduire au rang des colonisés. N’y aurait-il pas un parallèle à faire: le symbole du meurtre de l’envahisseur blanc : on tue le Père Blanc qui est venu apporter la ‘bonne nouvelle’ justement celle qui descend du Ciel?

Pour aller plus loin :
Le père, approche anthropologique” Rémi SAVARD – Anthropologue, professeur retraité de l’enseignement, Université de Montréal
(1969)

Un lévrier, saint de surcroit, soignait les enfants

22/11/2010

L’histoire de saint Guinefort, basée sur des faits réels, est le récit d’un chien qui, dans l’exercice de ses devoirs donc dans sa fidélité, a été tué par son maître. C’est, aussi et surtout, l’histoire d’un chien – de lignée lévrier – auquel les femmes ont rendu un culte parce qu’il guérissait les enfants malades. Ce culte a perduré jusqu’à nos jours malgré les interdictions répétées de l’Église de vénérer un chien.
lévrierTout commence vers 1250. Un seigneur et sa famille vivaient dans un château à une quarantaine de kilomètres au nord de Lyon. Un lévrier nommé, Guinefort, vivait à leur côté et était le favori du seigneur. Un jour que le seigneur, sa femme et la nourrice de leur nouveau-né s’étaient absentés, un serpent s’introduit dans la chambre du nourrisson. Guinefort s’interposa tout de suite à l’attaque du serpent contre l’enfant. Le combat qui les opposa fut et violent et sanglant. Dans leur lutte, le berceau se renversa et du sang se répandit partout dans la chambre. Guinefort vainquit le serpent et attendit le retour de son maître auprès de l’enfant tombé à terre et couvert de sang. En entrant dans la chambre, le seigneur, le chevalier de Villars, crut que son lévrier avait tué son fils ne voyant pas la dépouille du serpent. Pris d’un accès de rage, il passa le pauvre Guinefort au fil de son épée. C’est alors seulement qu’il découvrit le cadavre du serpent et qu’il comprit la loyauté de son chien. Plein de remord, il enterra alors Guinefort et planta un arbre à côté de sa tombe.Guinefort était un saint inscrit au synxaire de Constantinople
C’est alors qu’intervient le dominicain Etienne de Bourbon. inquisiteur de son état, qui ne supporte absolument pas ce culte et ce pèlerinage qui s’étaient créés autour du tombeau de Guinefort. Il fait exhumer le chien mort, couper le bois sacré, fait brûler les ossements du chien. Rien n’y fait, Saint Guinefort était déjà très vénéré. Cette vénération a transcendé les siècles et est resté vivante dans le patrimoine culturel de la ville de Châtillon sur Chalaronne. On doit à l’historien Jean-Claude Schmitt d’en avoir fait une enquête complète.

Guinefort, chien guérisseur d’enfants depuis le xiiie siècle, serait-il l’ancêtre de la zoothérapie moderne?

Pour aller plus loin :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guinefort
http://www.facebook.com/pages/Saint-Guinefort-le-Saint-levrier/29919364227
http://www.animal-respect-catholique.org/saints.htm

Sainte-Rita, bénies toutou et minou

02/11/2010

La Sainte des cas impossibles, l’Avocate des causes désespérées, le Refuge de la dernière heure, Sainte-Rita s’occupe aussi des animaux domestiques. Est-ce si surprenant?
Mgr PHILIPPE et le chevalChaque année (premier dimanche de Novembre et de Mai), à l’occasion de la solennité de Saint François d’Assise dans l’église Sainte Rita (XVe arrondissement de Paris), une messe est célébrée spécialement pour les animaux. Il y a bien eu quelques réticences de la part du clergé du style ‘un chien dans une église! Horreur le profane dans le sacré’, mais, l’initiative de Mgr Philippe a remporté un tel succès depuis sa première messe en 1993, que c’est devenu un pèlerinage bi-annuel incontournable. Ce qui étonne le plus les pratiquants humains c’est qu’il n’y ait ni aboiement, ni jappement, ni la moindre déjection pendant l’office. Comme quoi les préjugés ont la vie dure jusque devant la croix. Par contre,

les humains se font remarquer par leurs bavardages, même aux moments les plus sacrés : à l’évidence, ils sont nombreux à ne pas connaître le rituel de la messe, ne sachant pas quand ils doivent rester debout ou s’asseoir 
Anne-Marie Brisebarre, directrice de recherche au CNRS au Laboratoire d’anthropologie sociale  a étudié ce phénomène pendant de nombreuses années, ‘La messe des animaux’ .
C'est souvent l'angoisse suscitée par la maladie de leurs animaux qui pousse les maîtres désespérés à venir à Sainte-Rita

C'est souvent l'angoisse suscitée par la maladie de leurs animaux qui pousse les maîtres désespérés à venir à Sainte-Rita

Chiens chats, furets, dromadaires etc. restent sages pendant que l’évêque donne sa messe des animaux et bénit individuellement chacun par ces mots:

Soyez bénie, petite créature de Dieu. Que Dieu, la Vierge et sainte Rita vous aient dans leur sainte garde et qu’ils vous accordent longue vie auprès de vos maîtres

L’officiant répète solennellement la formule, traçant avec son pouce le signe de la croix, caressant, imposant les mains sur les animaux malades ou très âgés. L’assemblée se sépare en entonnant le ‘Ainsi soit la vie’, hymne à la beauté et la fidélité des animaux, qui dénonce les actes cruels des hommes à leur égard (ex: la corrida, la chasse), mais aussi les compromissions de l’Église, qui ignore les animaux.
Les animaux sont des créatures de Dieu. S’il y a un paradis pour eux c’est qu’ils ont une place…. auprès des propriétaires c’est assez évident mais ces célébrations leur ouvrent-elles toutes grandes les portes d’une reconnaissance sociale? symbolique? spirituelle? Cette messe peut-elle être vue comme l’aveu de l’existence d’une communauté de destin entre l’homme et ses animaux familiers ? D’une communauté hybride (D. Lestel)?

Les bêtes accueillies à la paroisse Sainte-Rita ont un autre statut : ce sont des familiers, qui ne font pasDésir de partager leur vie dans toutes ses dimensions vivre les hommes, mais vivent avec eux. Par leur présence, « ils humanisent les villes », dit Mgr Philippe, cité par Anne-Marie Brisebarre

Ou peut-être une manière détournée de rejoindre l’humain par le biais de son animal de compagnie, somme toute rien de plus que le travail ordinaire d’un homme d’église, d’un homme de son temps

En choisissant de bénir le couple formé par le maître et son compagnon, l’évêque affirme que ce qu’il fait pour l’animal souffrant rejaillit sur son propriétaire : il « touche le cœur des gens en soignant leurs animaux
Mgr Philippe cité par Anne-Marie Brisebarre

Pour en savoir plus
http://www.scienceshumaines.com/beni-sois-tu-medor-_fr_3312.html
Anne-Marie Brisebarre, « La messe des animaux », Communications, n° 74, 2003

Je ne me fie pas sur les yeux pour voir – 2

10/09/2010

Caroline Leroux a développé une perception extrasensorielle dans laquelle la vue n’intervient pas. D’autant plus qu’en consultation, elle est au téléphone et entre en contact par télépathie avec un animal. Aussi, doit-elle fermer les yeux physiques pour ouvrir ceux de l’âme. Il s’agit de « se mettre dans sa peau, c’est ma définition de la télépathie. La Communication Animale s’adresse au monde intérieur, c’est-à-dire aux émotions et à l’univers psychique et intellectuel spécifique à chaque animal. Je travaille beaucoup avec le ressenti, avec les facultés psychiques. Nos ressentis nous amènent à faire des expériences, à en faire l’expérience ». Donc ça s’apprend. Caroline a été formée auprès de Dawn Haymann, dans l‘état de New-York. Depuis 1995, ainsi que son site le mentionne : « Elle est en mesure d’aider à transformer des comportements problématiques, d’identifier des problèmes/douleurs physiques, de transformer la relation humain/animal (souvent à la base des « problèmes »), de communiquer avec un animal décédé ou tout simplement d’exprimer le point de vue et les émotions ressenties par l’animal…».

Caroline et sa chienne Gentle

Caroline et sa chienne Gentle

Mais sa spécialité est très certainement d’enseigner cette technique : la télépathie c’est la transmission d’informations dans laquelle les mots sont une traduction des images et des sensations que les animaux envoient par blocs de transmission. « Nous recevons des mots lorsque l’on communique avec eux parce que nous sommes humains et que c’est notre mode de communication », explique-t-elle. Ce n’est pas de la médiumnité, « La télépathie c’est la communication en temps réel », dit-elle, qui nécessairement fait intervenir l’empathie. La ‘communicatrice animale’ est capable de percevoir l’état émotionnel de l’animal, de comprendre instantanément ce dont il a besoin. En effet, « dans cette communication, si je prends la peine de me mettre au diapason, je vais recevoir parfaitement le message que l’animal veut transmettre. En prenant le temps de se mettre à leur place et voir comment ils vivent, on traitera les animaux avec plus de compassion et d’équité », explique Caroline. Une fois le combiné raccroché, le propriétaire devient responsable de ce que ‘leur chien leur a dit’ par la voix de l’éveilleuse de conscience : « les gens ont un plan de match et voient désormais leur animal de manière différente ».
L’existence de cette faculté bien naturelle de notre cerveau est désormais scientifiquement prouvée, on sait même dans quelles conditions non seulement elle se manifeste mais aussi comment la réveiller, la travailler et la développer.  En revanche ce que la science ne sait pas encore, c’est comment elle fonctionne. Selon Caroline, l’animal et l’humain vibrent sur deux fréquences différentes, deux longueurs d’ondes différentes : il s’agit de se mettre au diapason, de vibrer sur la même fréquence, bref de synthoniser les postes de radio. Et pourquoi pas? « Ne nous trouvons pas plutôt devant la connaissance de faits qui nous échappent mais que les animaux perçoivent au même titre que les ultras ou infrasons? Plus proches que nous de la nature, jouissant d’une personnalité pétrie de sensibilité plus que d’intelligence et que nulle contingence intellectuelle ne vient distraire, ils sont plus à même  que nous de capter ce que, faute de mieux, nous nommerons des ‘ondes’» dit Philippe De Wailly, Le 6e sens des animaux, p. 18.
6e sens des animauxLes animaux n’ont pas les mêmes blocages psychologiques, les mêmes barrières mentales, les mêmes tabous que les humains, alors « C’est plus facile de faire de la télépathie avec eux, ils n’ont rien à cacher, à prouver, c’est l’intention qui fait toute la différence. Là où ça ne va plus c’est que l’humain a des filtres et des préjugés », expose Caroline.  Il y a une histoire des expériences de parapsychologie animale et Caroline Leroux à sa manière en écrit un chapitre au Québec et en France en offrant des cours et des conférences. Et en martelant ce message : Les animaux veulent être entendus et compris dans leur façon de voir les choses, conclut-elle.
Pour aller plus loin

  1. La ferme de Dawn Haymann dans l‘état de New-York: http://www.springfarmcares.org/ac.htm
  2. Le site de Caroline Leroux: http://www.communication-animal.net/
  3. Le site de Jean-Luc Janiszewski, interpète animalier: http://www.parasciences.net/spip.php?article148

La communication animale : les pieds sur terre et l’esprit ouvert – 1

03/09/2010

Ils sont peu nombreux au Québec à pratiquer ce métier pour le moins particulier. Parmi eux Caroline Leroux qui se dit pionnière de la Communication Animale dans la province. Cela fait 11 ans qu’elle renseigne et guide les propriétaires d’animaux de compagnie (chien, chat, cheval…) et est une des rares au monde à donner des consultations, des cours/ateliers et des conférences en français.
C’est Érik Pigani qui en parle dans son dernier ouvrage ‘La communication animale’. Lui, c’est le spécialiste du psi, c’est-à-dire des facultés paranormales de l’esprit humain comme la télépathie, la clairvoyance, la prémonition. Il a pendant plus de 20 ans rencontré « les acteurs principaux de la recherche scientifique en parapsychologie, observé leurs travaux, recueilli des centaines de témoignages et accédé à des dossiers de travaux inconnus du grand public ». (La communication animale, p. 11). Il a participé activement à une vaste enquête française sur le 6e sens des animaux lancée par la revue Psychologies magazine avec le soutien de 30 millions d’amis sur une idée originale de Rupert Sheldrake.
Caroline Leroux entre en connexion avec des animaux. Elle semble s’immiscer dans l’intimité de la relation entre le propriétaire et l’animal; tout près de l’animal, elle entend ce que ce dernier lui dit… en images. La Communication Animale permet donc d’entrer en contact direct avec un animal et d’entretenir un véritable dialogue.
C’est est un domaine de recherche raillé, les tenants de l’orthodoxie se gaussant de la difficile validation de cette communication tout en reconnaissant que la télépathie ça existe et ça ‘marche’ …. entre humains. N’a-t-elle d’ailleurs pas été prouvée scientifiquement, cette télépathie? 6e sens des animauxMais de là à étendre cette capacité inter-espèce, il y a un pas que Caroline Leroux a franchi, elle qui « n’est pas là pour convaincre. Je n’ai pas à prouver mon expérience de vie professionnelle ». Elle a décidé de plaquer un métier conventionnel pour emprunter un chemin déjà fréquenté par certains chercheurs, vétérinaires (cf. Philippe De Wailly, Le 6e sens des animaux) ou Michel Klein.
La Communication Animale est un mouvement relativement récent dans lequel le bon communicateur doit avoir une excellente connaissance de son sujet, une bonne dose d’empathie et une faculté télépathique qui peut s’éveiller quand les conditions psychologiques s’y prêtent. Alors seulement, la communication peut avoir lieu et Caroline peut entrer en contact psi avec l’animal. « Les animaux ne parlent pas mais communiquent beaucoup leurs émotions, leurs sensations… » or, « la télépathie ou communication animale s’adapte toujours à celui qui reçoit, les animaux parlent en images, je reçois en mots car je parle en mots. La télépathie s’adapte au receveur, c’est un langage universel et praticable entre personnes qui ne parlent pas la même langue », avance-t-elle. En parapsychologie scientifique, la télépathie est un ‘phénomène psi’. Ce terme traduction de la lettre grecque Ѱ a été écrit avec un i pour le différencier d’un phénomène psychologique normal. On dit aussi que tout comme la clairvoyance ou la prémonition, la télépathie est un phénomène de perception extrasensorielle c’est-à-dire une perception qui ne passe pas par l’un de nos 5 sens habituels, rappelle Érik Pigani. Croire ou ne pas croire en cette approche, telle n’est pas la question. Il s’agit plutôt d’en regarder les effets positifs, les aspects négatifs, s’abreuver des recherches scientifiques et se faire une opinion.  Peut-on continuer de parler de hasard, de coïncidences voire de confusions d’identité dans ces phénomènes qui existent et qui engendrent le scepticisme des rationalistes scientifiques? Ou ne sommes-nous juste pas capables pour le moment de déterminer la nature véritable des liens qui se lient entre les humains et les animaux?

Pour aller plus loin :

  1. L’institut de métapsychique internationale: http://www.metapsychique.org/
  2. Rupert Sheldrake: http://www.sheldrake.org/homepage.html
  3. Jaytee, le chien, vous fera certainement changer d’avis sur ces phénomènes psi comme la télépathie : http://www.sheldrake.org/Articles&Papers/papers/animals/dog_video.html. Il a été l’objet d’une expérimentation en parapsychologie scientifique.
  4. Le site de Caroline Leroux: http://www.communication-animal.net/
  5. Dean Radin, Ph.D, auteur de La conscience invisible, est l’un des principaux chercheurs de l’Institut des Sciences Noetic depuis 2001.

Mon père, bénissez mon chien, 2ème partie

14/08/2010
Bien que Benoît XVI n’ait pas lui-même de chat ou de chien au Vatican, espérons qu’il aime les animaux comme son prédécesseur Jean-Paul II qui vouait une grande admiration pour Saint-François-d’Assise. D’ailleurs, c’est Jean-Paul II en 1979, qui a officiellement proclamé Saint-François-d’Assise, patron des écologistes et des animaux. C’est pourquoi le 4 octobre de chaque année, jour de naissance du saint, de nombreux prêtres à travers le Québec (et le monde) procèdent à la bénédiction des animaux (tout l’article).
En fait, ce rituel fait partie de l’ensemble des rituels de bénédictions de l’Église. Il était, certes, plus fréquent jadis dans les campagnes. L’idée était d’attirer la protection de Dieu. Aujourd’hui, en faisant bénir son animal de compagnie, le propriétaire souhaite attirer les grâces divines et les bienfaits sur celui ou celle qui vit à ses côtés.
Rappelons-nous que Dieu a sauvé les animaux du déluge en même temps que Noé et sa famille, Jonas a été sauvé de l’abîme par une baleine, il a montré à Élie un corbeau pour lui apporter de la nourriture….
Cette œuvre du peintre américain Edward Hicks représente la montée à bord des couples d'animaux (1846)

Cette œuvre du peintre américain Edward Hicks représente la montée à bord des couples d'animaux (1846)

L'icône montre le Prophète Elie assis dans une caverne, nourri par un corbeau (I Rois XVII, 1 - 7).

L'icône montre le Prophète Elie assis dans une caverne, nourri par un corbeau (I Rois XVII, 1 - 7).

Les images d’animaux sauvant les humains sont pléthores dans la Bible, n’est qu’à se rappeler Saint-Roch. Homme saint qui, à force de soigner les malades, finit par attraper la peste. Il se retira dans une forêt pour ne pas infecter les autres. Seul un chien vint le nourrir en lui apportant chaque jour un pain dérobé à la table de son maître.
D’où l’iconographie représentant Saint-Roch et le chien ou le dicton qui dit : « Qui voit saint Roch, voit bientôt son chien ».  D’où la popularité de puis des années de la  Fête de la fondation Saint-Roch.

Faire bénir son chien, et pourquoi pas après tout ? Le livre des bénédictions de l’Église catholique comporte d’innombrables textes qui sont mis à jour régulièrement par le Vatican. On peut tout faire bénir, une maison, une moto… alors pourquoi pas un chat ou un chien ? Le chien est parfois l’unique connexion avec le monde extérieur. Exploiter ce potentiel émotif n’est donc pas anodin.  Officiellement ‘nous n’avons pas de célébration de bénédictions d’animaux et leurs propriétaires’, affirme-ton du côté du sanctuaire Sainte-Anne-de-Beaupré. Idem à l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal…. Mais ‘si une personne se présente avec son animal de compagnie, il nous fera plaisir de les bénir’ et ‘à date, cette demande ne nous a pas été adressée’.

Pas encore…. imagesCAJLLIT5


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