Archive de la catégorie ‘Le chien et l'Histoire’
13/04/2010
La thérapie assistée par le chien (TAC) a pris son envol (littéraire et scientifique) au milieu du XXè siècle à la faveur des années 1960 et de leur vent de révolution (même si historiquement elle date d’un peu plus longtemps, voire carrément plus longtemps dans le temps). Ce qui semblerait dire que la TAC est issue d’un contexte politique particulier – l’Occident blanc – qui voit l’émergence d’un climat de bienveillance envers les animaux, et plus largement envers l’environnement, comme l’explique Jérôme Michalon.
Face à l’omnipotence des industries pharmaceutique, les pratiques de soin et d’assistance de l’époque re-découvrent des pratiques millénaires et tentent de leur trouver des justifications. Est-ce que la TAC a bénéficié de la diffusion des idées écologistes, de la prise de conscience que d’autres êtres peuplent le monde et que le sort de l’humain dépend aussi de celui de ces êtres, que l’humain est un être violent, bref la TAC est-elle portée par une idéologie – laquelle? L’écologisme? Le libéralisme? L’anarchisme? – qui sévit depuis des décennies? Vinciane Despret et Jocelyne Porcher ne disent pas autre chose quand elles avancent que : « L’homme en perdant ses instincts a rompu avec la sagesse; il s’agit d’utiliser l’animal pour stigmatiser les malaises de la société » (p. 79. Être bête. Actes Sud).
Sur quelle idéologie la TAC a-t-elle fait son lit? Ainsi, le contexte historico-politique permettrait de comprendre en partie pourquoi il semble difficile pour la TAC de se faire reconnaitre une quelconque légitimité scientifique. Si tel est le cas, la prochaine idéologie chassera l’actuelle et la TAC disparaîtra.
Il est possible de prendre la réflexion à rebours. L’émergence de la TAC coïncide avec la période historique mouvementée des décolonisations et de la redécouverte par l’Occident de l’immense réservoir de connaissances sur le comportement et la psychologie animale des peuples non occidentaux et celui de ceux des professionnels de l’animal : chasseur, dresseur, pêcheur, dompteur, soigneur, etc (ref. Dominique Lestel).
Il devient dès lors plus évident de comprendre pourquoi la TAC peine tant à se faire une niche au soleil ethnocentriste. Elle rejoint « les pratiques des naturalistes du XIXè siècle qui font de l’animal un acteur, un compagnon, un être sensible doté de volonté. Et d’intentions. Cette forme de savoir qui caractérisait le XIXè siècle est aujourd’hui la marque des ‘amateurs’ et quand elle subsiste ou réapparait dans l’éthologie ou la primatologie, elle reste cantonnée et relativement tolérée, dans les marges des pratiques officielles voire dans les livres ou les documentaires de vulgarisation » (Vinciane Despret et Jocelyne Porcher. Être bête. p 115).
La posture du naturaliste se cultive comme un art de vivre avec les animaux, comme la marque d’identité professionnelle, et comme une façon de faire le contraste avec d’autres pratiques, disent les deux auteures (p. 45)… c’est étonnant cette similitude des zoothérapeutes ou intervenants en thérapie assistée par l’animal avec les anciens naturalistes.
Tags: anarchisme, années 1960, contexte politique, Dominique Lestel, écologisme, idées écologistes, idéologie, jerome michalon, libéralisme, naturalistes, pratiques de soin et d’assistance, Vinciane Despret et Jocelyne Porcher, zoothérapeutes
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08/04/2010
Voici l’histoire d’une petite chienne, au flair affûté, qui a sauvé Montréal… L’histoire est racontée comme suit :
Ca a commencé plutôt mal pour cette petite chienne qui un jour de 1641, errait dans les ruelles de Paris lorsqu’elle décida pour conjurer la déprime et la monotonie de ses journées de suivre une drôle de charrette surchargée transportant 6 hommes.
Ce fut le début d’une aventure fantastique. Elle continua à suivre le groupe, et une fois parvenue à Dieppe, elle embarqua avec eux à bord d’un vaisseau, direction le Canada. Un bon jour, ils se retrouvèrent sur les eaux du Saint-Laurent dans une embarcation de fortune et remontant le fleuve vers l’Île-de-Montréal pour aller fonder Montréal, appelé autrefois Ville-Marie. Cette petite troupe comprenait quelques femmes dont Jeanne Mance et avait à sa tête le colonel Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, fondateur et premier gouverneur de Ville-Marie. Faisant fi des rigueurs de l’hiver canadien, de la forêt inhospitalière, des difficultés d’approvisionnement et de communication, M. de Maisonneuve et ses compagnons s’établirent sur l’Île de Montréal.
Dès ses premiers jours sur le sol de la Nouvelle-France, la petite chienne montra une animosité imprévue à l’endroit des iroquois. Le gouverneur l’ayant remarqué demanda comment on l’appelait. Comme on ne lui connaissait pas de nom, il décida de l’appeler » Pilotte « , du nom de ces poissons qui suivent les navires pendant des traversées entières et guident les requins vers les proies que ceux-ci ne voient pas. On l’entraîna à dépister les iroquois qui ne cessaient pas d’épier et de harceler Ville-Marie.

Lambert Closse et sa chienne Pilotte, personnages historiques au Monument à Maisonneuve, Place d'Armes, à Montréal.
Nuit et jour, Ville-Marie devait soutenir une guerre acharnée et incessante d’embuscades et de surprises des guerriers iroquois. Pilotte faisait sa ronde chaque jour avec d’autres chiens jusque dans la forêt et ne manquait jamais de dépister une bande d’iroquois cachés ça et là. Elle était douée d’un instinct merveilleux pour les découvrir, exécutant son travail de patrouille avec une telle persévérance et tant d’intelligence qu’elle jetait tout le monde dans l’étonnement.
Chaque fois que les colons entendaient ses hurlements d’alerte, ils accouraient vers M. de Maisonneuve pour l’informer de la situation. Le 30 mars 1644, Pilotte faisait sa ronde comme tous les matins. Soudain, elle se met à aboyer et à hurler comme jamais auparavant et les autres chiens qui l’accompagnaient l’imitèrent. M. de Maisonneuve, à la tête de trente hommes, se dirigea vers la forêt. Deux cents Iroquois bien embusqués les attendaient, divisés en plusieurs bandes. Un féroce combat s’engagea. M. de Maisonneuve sortit vainqueur de cette escarmouche et devint un héros … mais il ne faut pas oublier que c’est aussi grâce à l’alerte donnée par la brave Pilotte que Montréal fut sauvée.
Tags: 1641, 30 mars 1644, colonel Paul de Chomedey, iroquois, Jeanne Mance, lambert Closse, Montréal, Pilotte, sieur de Maisonneuve, ville-marie
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27/01/2010
Avant même que Sapiens ne se mette à cultiver, les humains et les loups/chiens domestiquables se rapprochaient. C’était bien avant les 10 000 et 14 000 ans dont on parle souvent. Les chercheurs ont trouvé des traces d’ossements dans des tas d’ordures (preuve que nos chers toutous sont des éboueurs) et dans des sites funéraires. Les squelettes des chiens étaient lovés près des humains, leurs déjà maîtres…
Les origines remontent à bien plus loin, en effet en analysant l’ADN mitochondrial (1) des loups/chiens domestiquables, les chercheurs pensent que ces derniers ont commencé à s’associer aux humains il y a des centaines de milliers d’années (145 000 ans dit-on…), au moment où la lignée des loups ‘purs’ se scindent en le groupe des chiens. Ces chiens sont donc appelés ‘proto-domestiquants’, puisqu’ils ont d’eux mêmes modifié leurs comportements de telle façon qu’ils ont ensuite suscité l’intérêt des hommes. Ça veut dire que ces chiens étaient prêts à être domestiqués quand les êtres humains sont apparus.
C’est pourquoi le chien est un membre du groupe social humain. C’est pourquoi vivre avec un animal est un « appel instinctif qui provient de loin, un champ de force qui perturbe, un vice, une vertu, un désir de briser ses ancrages qui nous vient sans doute de l’enfance de l’humanité, improbable époque ou nos ancêtres nomades migraient alors avec les animaux pour découvrir le monde, s’entichaient de la plupart d’entre eux, comme pour célébrer un pacte ». (Matignon, Karine-Lou. Sans les animaux, le monde ne serait pas humain. Espaces Libres. Albin Michel, 2003, p. 255)
1/ L’ADN mitochondrial des individus sert à remonter le fil de l’histoire de l‘homme et à estimer les relations entre les diverses espèces animales au niveau de l’évolution.
Tags: ADN mitochondrial, agriculture, chiens domestiquables, Karine-Lou, loups, Matignon, proto-domestiquants, Sapiens
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21/12/2009
L’histoire des populations canines nous indique que les chiens ont toujours été en contact les uns avec les autres, brassant leurs patrimoines génétiques de proche en proche. Bien entendu, il y a eu de longues périodes durant lesquelles certaines meutes de chiens étaient séparées les unes des autres, au même titre que les populations humaines – d’Amérique et d’Asie – séparées par le détroit de Béring. Il y a eu isolement mais les chercheurs affirment que cela n’a pas duré suffisamment longtemps pour former des sous-espèces : « les populations canines ont toujours fini par se mêler à nouveau en suivant les tribulations migratoires de l’homme, par exemple lors de l’arrivée des Européens accompagnés de leurs chiens dans le Nouveau Monde » (1). Ce qui veut dire que depuis les origines, les chiens – et le décryptage de son génome pourra certainement nous le démontrer – forment une « métapopulation mondiale, semblable à un vaste système de lacs communiquant par des canaux » (2), et ce brassage interdit que se fixent des types bien distincts.
Attention, cela n’induit pas qu’il n’y ait pas de différences – extérieures – entre les chiens, c’est assez évident : un Chihuahua
ne ressemble pas à un Mastiff, ni dans les comportements. Mais de là à conclure que le Chihuahua ou le Mastiff sont de races pures, c’est-à-dire sans que rien d’autres que des gènes de Chihuahua ou de Mastiff
les habitent, c’est pas seulement faire une erreur de réflexion et induire en erreur le propriétaire c’est propager une idéologie malsaine.
Mais au fait, pures de quoi?
[1-2] Guillo, Dominique. Des chiens et des humains. p. 91
Tags: Chihuahua, Dominique, Guillo, Mastiff, patrimoines génétiques, populations canines, race pure
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01/12/2009
L’adaptation à l’être humain est inscrite dans la nature même du chien qui a été le sujet d’expériences génétiques menées par la cupidité humaine.
Les races de chiens ont été inventées. 
Ce n’est pas parce que deux chiens ont des traits extérieurs différents (couleurs de la robe, longueur du nez…) qu’ils appartiennent à un type particulier. Lorsqu’un humain choisit un chiot et qu’il lui est présenté comme étant un chien de race pure, c’est omettre le phénomène de brassage génétique et surtout, surtout, c’est renforcer la vision d’un chien, produit de consommation.
L’origine des races remonte à la seconde moitié XIXe siècle. À cette époque, la manière de concevoir le vivant et l’hérédité est issue des théories des races humaines, de l’eugénisme en particulier. Autant de thèses qui pousseront les nazis au pouvoir! Le tout s’appuyait – s’appuie encore – sur une conception de l’espèce ou de la race comme « type morphologique et comportemental obéissant à un principe de corrélation et transmis héréditairement à la descendance » (1). Ce qu’on appelle ‘le délit de sale gueule’. À l’époque donc – de nos jours encore – on répertorie les chiens selon des types mesurables extérieurement qu’on tente de préserver par une reproduction sélectionnée (à l’interne). Ensuite on cherche une généalogie la plus ancienne possible pour fixer les traits ancestraux du chien et surtout sa valeur aux yeux de l’humain. Chien de race pure, çà veut dire de lignée royale, l’humain n’achète pas à prix d’or un roturier ! C’est oublier qu’avant le XIXe siècle, l’idée de race – race canine – n’existait pas.
Aussi est-il préférable d’avoir un minimum de recul historique pour apprécier les origines idéologiques de l’idée de race.
[1] Guillo, Dominique. Des chiens et des humains, Paris : Le Pommier, 2009, p. 95
Pour pas en savoir beaucoup plus :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_races_de_chiens
Pour aller plus loin, le livre d’André Pichot :

Tags: André Pichot, brassage, chien de race pure, chiot, Des chiens et des humains, Dominique Guillo, espèce, eugénisme, généalogie, génétique, idéologie, invention des races, nazis, origine des races, produit de consommation, race, reproduction sélectionnée, théories des races humaines, type, type morphologique et comportemental, XIXe siècle, ‘délit de sale gueule’
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27/11/2009
L’introduction des animaux dans les établissements psychiatriques a commencé au 18è siècle en Europe. « Il apparaît », écrit Jean-Luc Guichet, « que jamais, historiquement, aux époques antérieures ou ultérieures, le thème de l’animal n’a été aussi important dans l’espace philosophique qu’au XVIIIe siècle. Il se rencontre à tous les carrefours décisifs de la réflexion, métaphysique, théologique, morale, biologique, épistémologique, et incarne l’un des centres essentiels, peut-être même le centre principal, de l’anthropologie qui commence précisément à se constituer de façon autonome » (Burgat, 2006).

Depuis l’aube de l’humanité, les animaux ont eu sur l’homme un effet civilisateur
Ce sont les infirmières qui ont implanté la pratique de thérapie assistée par l’animal en milieu hospitalier de manière systématique un siècle plus tard. Florence Nightingale, fondatrice des techniques infirmières modernes, fut l’une des pionnières dans l’emploi d’animaux pour améliorer la qualité de vie des patients. Durant la guerre de Crimée (1854-1856), elle gardait une tortue à l’hôpital parce qu’elle savait, pour avoir observé le comportement des animaux depuis sa tendre enfance, que ceux-ci avaient le pouvoir de réconforter les gens et de diminuer leur anxiété.
De nos jours, la portée thérapeutique des interventions de thérapie assistée par l’animal est de mieux en mieux documentée et rapportée dans de nombreux articles scientifiques. En fait, depuis que Boris Levinson, un psychiatre américain, a, dans les années 1960, été le premier à poser par écrit ses observations. Il travaillait auprès d’enfants autistes et il a pu noter l’influence bénéfique de la présence des chiens auprès d’eux, interactions induisant des réponses physiologiques et psychologiques extrêmement favorables.
Or, les preuves scientifiques hors de tout doute de l’efficacité thérapeutique de la TAC n’existent pas.
Pas encore…
Tags: 18e siècle, anthropologie, Boris Levinson, établissements psychiatriques, Florence Nightingale, guerre de Crimée, infirmières, portée thérapeutique, présence des chiens
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21/11/2009
Posséder un animal familier constitue un trait qui est très profondément enraciné dans l’espèce humaine. La possession d’un ou plusieurs animaux familiers se retrouve dans toutes les populations humaines et cette pratique est loin d’être réservée aux femmes ou aux enfants. L’extrême diversité des animaux impliqués dans ces associations est remarquable, dit Dominique Lestel (1). 
Ca va du chien, en passant par le bison, le singe…. Certains de ces animaux sont même nourris au sein par les femmes lorsqu’ils sont recueillis très jeunes dans les villages….
Pour Desmond Morris (Des animaux et des hommes), éthologue anglais, l’association avec certains animaux est une pratique tellement répandue chez l’humain qu’on peut comparer son extension à celle de la religion.
L’histoire du chien s’est donc écrite avec celle des civilisations humaines. Certaines lui attribuaient des vertus de guérisseur, des statuts d’auxiliaire de chasse, de gardien et de compagnon d’agrément (2).
De nos jours, le chien est un membre de la famille à part entière. Au point que l’on se bat pour sa garde au cours d’un divorce. « L’animal remplit des fonctions ou rôles d’agent de sécurité, de substitut, de médiateur, de béquille physique ou affective, tout en étant le réceptacle des émotions, affects, fantasmes, projets du possesseur et de ses proches, souligne Hubert Montagner.
Ce qu’on appelle prosaïquement un rôle de Prozac.
[1]Dominique Lestel. L’animal singulier, Seuil, 2004, p .18-19
[2] Matignon, Karine-Lou. Sans les animaux, le monde ne serait pas humain. Albin Michel 2003, p101-102
Tags: Desmond Morris, Dominique Lestel, histoire du chien, Karine-Lou, le monde ne serait pas humain, L’animal singulier, Matignon, Prozac, Sans les animaux
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27/10/2009

Descartes est né en 1596 à La Haye (Touraine, France).
Notre rapport à l’autre fut-il animal est toujours lié à l’histoire des idées et de la sensibilité d’une époque. Actuellement, le chien est un animal de compagnie qui occupe une place particulière dans la vie intime des citadins. Or, cette situation ne se reflète absolument pas dans la vie administrative, municipale et juridique de la cité où le chien reste un corps mécanique, une vulgaire machine.
Il y a schizophrénie entre l’affection réelle d’un propriétaire qui sait son chien et l’approche à la Descartes de l’Administration.
Or, ça partait pourtant bien au 18e siècle. Pour Rousseau, l’animal est doté d’une âme dont l’homme peut éprouver les modifications grâce au sentiment de pitié, ce « contact d’âme à âme par l’effusion des sensibilités » (1).
La simplicité naturelle propre à l’animal rousseauiste revêt pour l’homme une fonction morale, en ce qu’il constitue le « modèle d’équilibre ou de régulation » (2) au regard de la démesure qui toujours guette l’homme à jamais coupé de l’état de nature.
La société québécoise du 21e siècle semble pataugée dans la démesure qui ne reconnaît en l’animal qu’un bien meuble.
Sur le même sujet :
http://www.ledevoir.com/2006/05/06/108538.html
[1] Guichet Jean-Luc, Rousseau, l’animal et l’homme. L’animalité dans l’horizon anthropologique des Lumières Paris, Le Cerf, 2006, p. 142, compte-rendu de Florence Burgat
[2] idem. p. 245
Tags: 18e siècle, âme, animal rousseauiste, Descartes, florence burgat, Guichet Jean-Luc, histoire des idées, Lumières, Rousseau, schizophrénie, sensibilité d’une époque
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