Où sont les Tom Negro de ce monde ?
11/02/2013La brutalité exercée sur les bêtes est inéluctablement appelée à se reverser un jour sur les hommes, s’habituer à violenter les animaux équivaut à se préparer à des actes criminels sur l’espèce humaine. C’est William Hogarth, peintre anglais, qui l’a affreusement démontré dès 1751. Le graveur, dessinateur et caricaturiste des mœurs (1697-1764) pensait que les comportements violents et imprévisibles infligés aux animaux se reversaient systématiquement sur les hommes…
De là sont nées les diverses sociétés de Prévention de la Cruauté à l’égard des Animaux, à leurs commencements le bien-être animal ne faisait pas partie de l’équation, ce qu’il convenait de circonvenir c’était la violence du peuple, comme l’œuvre de William Hogarth ‘Les quatre âges de la cruauté’ l’a illustrée. L’artiste s’en prend avec virulence aux brutalités de son temps ….
Chacune des gravures représente une étape dans la vie de Tom Negro. Dans la première, lors de son enfance dans l’un des quartiers les plus misérables de Londres, celui-ci s’amuse à martyriser un chien, plus loin des enfants torturent un oiseau, d’autres brutalisent des chats. Le spectacle se passe sur la place publique sous l’œil intéressé et amusé des badauds. Dans le 2e âge de la cruauté, Tom Negro, adulte, exerce le métier de cocher et brutalise un cheval tombé à terre. Il met en scène des adultes sadiques qui jouissent de leurs méfaits : mouton assommé à coup de masse…
Dans la troisième il est arrêté après avoir sauvagement assassiné sa maitresse. Dans la quatrième gravure, intitulée ‘la récompense de la cruauté’, le corps de Tom Negro loin de mériter la sépulture d’un bon chrétien, est dépecé pour une dissection dans un amphithéâtre : un chien, passant par là, dévore son cœur qui gît parmi ses entrailles.
Par leur très large diffusion, ces gravures, vendues 1 schilling, contribuèrent très largement à répandre l’idée selon laquelle la cruauté des enfants à l’égard des animaux prépare les actes criminels de l’âge adulte.
Cette série de gravures est à l’origine d’un puissant stéréotype qui ne cesse de hanter les militants de la protection animale :
d’ailleurs dans ses débuts, la RSPCA – Société Royale Pour la Prévention de la Cruauté à l’égard des Animaux – n’a pas encore pour objet la protection de l’animal. Le scandale auquel les militants entendent remédier n’est pas encore la souffrance de l’animal, mais bel et bien la cruauté dont font preuve ceux qui, après s’être exercés sur les bêtes, menacent de se tourner vers les hommes. Si les couches supérieures de l’establishment britannique sont convaincues de la nécessité d’œuvrer au plus vite, c’est bien parce qu’elles craignent que les classes laborieuses après s’être accoutumées au sang des bêtes puissent menacer un bon ordre social exempt de violence. L’un des mobiles de l’organisation des sociétés se dédiant à la prévention de la cruauté – en général et non seulement à l’égard des animaux – se fonde sur une peur sociale, ‘peur d’une révolution imminente d’une société de plus en plus dominée par une foule barbare et brutale, bref la peur de l’anarchie’ (voir Christophe Traïni, p 40-41)
Pour aller plus loin
Christian Talin. Anthropologie de l’animal de compagnie
Christophe Traïni. La cause animale, 1820-1980, essai de sociologie historique

les principaux contributeurs à sa théorie de l’évolution, avant même les passereaux des Galapagos, les
e supérieur adoré ; un sentiment de dépendance, de crainte, de révérence de gratitude, d’espoir pour le futur, etc. » écrit-il avant de conclure : « On voit quelque chose d’approchant dans l’amour inconditionnel d’un chien pour son maître, et sa profonde soumission envers lui. » Bref, « les chiens possèdent quelque chose de très voisin de la conscience ».
Il faut bien reconnaître que ces attelages canins sont l’apanage du pauvre. Dès que le statut du propriétaire le permettait, ânes, mulets, chevaux et bœufs prenaient le relais.
En Amérique du Nord, on peut parler avec certitude d’attelage de chiens dès le X° siècle car la civilisation de Thulé établie dès cette époque autour de la Baie d’Hudson utilisait le traîneau à chiens depuis leurs origines.
Ou plus proche de nous, les festivités du Carnaval de Québec comptent des activités puisées dans le mode de vie folklorique québécois, comme la course en canot et la course en traîneaux à chiens. Ainsi, en 1940, par un bel après-midi ensoleillé, tout près du Château Frontenac, un meneur de chiens exerce son attelage à la course.
Pensez à ce parallèle : l’exploitation industrielle des animaux et le totalitarisme. ‘Il y a un lien entre l’attitude inconsciente à l’égard des actions honteuses dans les États totalitaires et l’indifférence envers les cruautés perpétrées sur les animaux, présente même dans les États libres. Les deux phénomènes s’alimentent de l’Adhésion tacite des masses à tout ce qui se passe normalement’, explique 
Bien entendu, l’église catholique a réagi en les déclarant
En 1907, les ‘
En décembre 1907, les organisations étudiantes profitent du match de rugby entre les étudiants d’Oxford et de Cambridge pour mobiliser le plus grand nombre possible d’entre eux en vue d’une expédition visant à jeter la statue dans la 
Utilisation contre les chars par les Russes de chiens bardés d’explosifs et préalablement affamés est attestée. Les Carnets de guerre de
Après le premier conflit mondial, des chiens guides d’aveugles sont apparus en Allemagne. Ces animaux étaient chargés de guider les blessés qui avaient perdu la vue. Chaque année de nouveaux chiens étaient formés, ils étaient déjà plus d’un millier en 1932. Cette initiative a été suivie ensuite par de nombreux pays, de la Suisse à l’Angleterre. En France, il a fallu attendre l’initiative de Paul Corteville (
La seconde moitié du 18e siècle est marquée par le développement – qui devient considérable au 19e siècle – de l’utilisation des animaux domestiques (aussi bien en ville que dans les campagnes) pour le trait. Ce sont notamment les chevaux mais aussi les chiens plus économiques que les équidés. Le transport animal connaît un fort développement concurrencé par la navigation fluviale et le portage humain, la moitié du trafic des marchandises alors se fait par traction animale. Du fait de la raréfaction des cas de rage, de l’essor des élevages, l’usage du chien se répand.
Mais ces chiens sont maniés par une population qui n’en a pas l’habitude, qui n’a pas souvent la patience, qui reporte sur eux la violence qu’elle vit souvent dans les rapports sociaux, explique
Du fait de la généralisation de ces pratiques insanes et de la réaction du public face aux manières brutales des conducteurs, du fait de la révolution industrielle, de l’abolition de l’esclavage, de l’industrialisation… les mœurs changent au cours de ces siècles. L’homme devient plus sensible à la douleur de l’animal, il ne peut plus tolérer le spectacle atroce des conducteurs battre et tuer les animaux en public.
Reste que l’association des chiens blancs avec le sacré chez les peuples amérindiens - entre autre - est assez répandue.