L’attelage canin? C’est le moyen de transport du pauvre
20/02/2012Il n’y a pas si longtemps, au Québec, les chiens étaient employés pour la traction de petites carrioles. Ils tiraient toutes sortes de cargaisons: transport du petit bois, des bidons de lait, des courriers postaux etc. L’armée les employait pour le transport des munitions et des vivres. Toutes les races étaient employées, pourvu que les individus soient costauds. En pratique, comme les races les plus musclées (molosses) étaient les plus chères à l’entretien, on voyait davantage de corniauds. Bien souvent, les chiens portaient une muselière pour ne pas importuner les passants et les chiens alentour.
Il faut bien reconnaître que ces attelages canins sont l’apanage du pauvre. Dès que le statut du propriétaire le permettait, ânes, mulets, chevaux et bœufs prenaient le relais.
En Europe, l’habitude d’atteler des chiens semble avoir pris naissance à la fin de la Révolution, essentiellement dans la moitié Nord de la France. L’essor fut tel, que la préfecture de Paris dut l’interdire en 1824 pour des raisons de sécurité et d’encombrement. En fait, ‘C’est l’aversion à l’égard de la visibilité publique du sang et des corps meurtris des bêtes qui incite les premiers militants de la cause animale, en Europe, à proscrire des pratiques longtemps tenues pour banales. Les campagnes conduites contre l’usage des attelages de chiens constituent une autre preuve éloquente. Les griefs adressées à la pratique doivent encore bien peu à la sympathie réservée à un animal familier. En fait, les premiers détracteurs de l’usage de chiens comme bêtes de trait s’insurgent avant tout contre le spectacle répugnant auquel ils peuvent donner lieu (p 24, Christophe Traïni, La cause animale, 1820-1980, essai de sociologie historique).
C’est pourquoi, en 1850, la loi Grammont visant à la protection animale aboutit à l’interdiction de cette pratique.
En Amérique du Nord, on peut parler avec certitude d’attelage de chiens dès le X° siècle car la civilisation de Thulé établie dès cette époque autour de la Baie d’Hudson utilisait le traîneau à chiens depuis leurs origines.
Parallèlement, la ruée vers l’or au Klondike c’est en partie fait sur le dos des chiens qui travaillaient sans relâche à assurer les transports de bois, de courrier, de vivres, d’hommes et d’or. Ils faisaient tous les travaux que les chevaux exécutaient au Sud.
Puis progressivement, de chiens de travail on est passé à chiens d’attelages de course. C’est ainsi que les premières courses d’attelage virent le jour, avec des paris importants mis en jeux. D’ailleurs, le Québécois Emile St. Godard (1905-1948) remporte la médaille d’or des Jeux olympiques de Lake Placid en 1932, lors d’une démonstration d’attelages de chien. À ce jour, il demeure le seul coureur d’attelages de chiens à être intronisé au Temple de la renommée des sports du Canada et du Manitoba.
Ou plus proche de nous, les festivités du Carnaval de Québec comptent des activités puisées dans le mode de vie folklorique québécois, comme la course en canot et la course en traîneaux à chiens. Ainsi, en 1940, par un bel après-midi ensoleillé, tout près du Château Frontenac, un meneur de chiens exerce son attelage à la course.
Pour aller plus loin:
Les origines du service postal par traineau à chiens
Les chiens de trait
Origines du traineau à chiens
Histoire du plus grand carnaval d’hiver au monde

Pensez à ce parallèle : l’exploitation industrielle des animaux et le totalitarisme. ‘Il y a un lien entre l’attitude inconsciente à l’égard des actions honteuses dans les États totalitaires et l’indifférence envers les cruautés perpétrées sur les animaux, présente même dans les États libres. Les deux phénomènes s’alimentent de l’Adhésion tacite des masses à tout ce qui se passe normalement’, explique 
Bien entendu, l’église catholique a réagi en les déclarant
En 1907, les ‘
En décembre 1907, les organisations étudiantes profitent du match de rugby entre les étudiants d’Oxford et de Cambridge pour mobiliser le plus grand nombre possible d’entre eux en vue d’une expédition visant à jeter la statue dans la 
Utilisation contre les chars par les Russes de chiens bardés d’explosifs et préalablement affamés est attestée. Les Carnets de guerre de
Après le premier conflit mondial, des chiens guides d’aveugles sont apparus en Allemagne. Ces animaux étaient chargés de guider les blessés qui avaient perdu la vue. Chaque année de nouveaux chiens étaient formés, ils étaient déjà plus d’un millier en 1932. Cette initiative a été suivie ensuite par de nombreux pays, de la Suisse à l’Angleterre. En France, il a fallu attendre l’initiative de Paul Corteville (
La seconde moitié du 18e siècle est marquée par le développement – qui devient considérable au 19e siècle – de l’utilisation des animaux domestiques (aussi bien en ville que dans les campagnes) pour le trait. Ce sont notamment les chevaux mais aussi les chiens plus économiques que les équidés. Le transport animal connaît un fort développement concurrencé par la navigation fluviale et le portage humain, la moitié du trafic des marchandises alors se fait par traction animale. Du fait de la raréfaction des cas de rage, de l’essor des élevages, l’usage du chien se répand.
Mais ces chiens sont maniés par une population qui n’en a pas l’habitude, qui n’a pas souvent la patience, qui reporte sur eux la violence qu’elle vit souvent dans les rapports sociaux, explique
Du fait de la généralisation de ces pratiques insanes et de la réaction du public face aux manières brutales des conducteurs, du fait de la révolution industrielle, de l’abolition de l’esclavage, de l’industrialisation… les mœurs changent au cours de ces siècles. L’homme devient plus sensible à la douleur de l’animal, il ne peut plus tolérer le spectacle atroce des conducteurs battre et tuer les animaux en public.
Reste que l’association des chiens blancs avec le sacré chez les peuples amérindiens - entre autre - est assez répandue.
La Déclaration universelle des droits de l’animal présente incontestablement le défaut de proposer une personnification et de tomber dans l’anthropomorphisme. La réforme préconisée en son article 14 alinéa 2 tend plus ou moins, bien que sans provocation, à faire défendre les droits de l’animal au même titre que les droits de l’homme, ce qui ne peut manquer d’être interprété comme une provocation de type utilitariste. Et il faut reconnaitre que deux énoncés du préambule laissent philosophiquement perplexe, en ce qui stipulent que ‘tout être vivant possède des droits naturels’ ce qui revient à faire fond sur l’hypothétique et controversé ‘droit naturel’ sollicité décidément de toutes parts, puisque certains le font servir à asseoir les seuls droits de l’homme. Or, les philosophes se réclamant du droit naturel n’ont jamais accepté, à l’exception d