Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive de la catégorie ‘Le chien et l'éthologue’

L’affect nous invite à penser

22/10/2009

L’être humain a le devoir de comprendre le comportement des espèces animales. C’est un essentiel pour éviter que les animaux compagnons ne souffrent inutilement.
Pour la majorité des gens, un être moral c’est un humain. D’où le ‘on ne tuera pas son prochain’ et pourquoi? Parce que c’est normalement un être de moralité. Quand il est question des chiens, on parle au mieux de devoirs comme celui de s’abstenir de mauvais traitements. Et encore cette notion est élastique, car si ce traitement sert l’intérêt humain, il n’y a plus de mauvais traitement, qu’on pense aux habitudes alimentaires, aux objectifs de la science ou aux activités de loisirs. C’est donc d’une morale à deux vitesses qui dirige les actions humaines envers les chiens. « Et elle s’appuie sur la conviction qu’humains et animaux appartiennent à des ordres radicalement distincts. Pourtant, depuis Darwin on sait que cette conviction est dénuée de fondement »[1].
Depuis, l’éthologie a démontré que le chien adopte une conduite propre à son espèce quand il est avec les siens et une autre adaptée à la relation avec l’humain. Cette adaptation à tel ou tel mode de communication favorise, par conséquent, l’échange affectif avec l’homme[2].
Donc favorise la relation. Une relation faite d’observations, de perceptions et d’échanges entre l’Autre poilu et l’Autre nu. En ce sens, l’affect permet d’interpréter et de découvrir des postures, des signes, des actions. On peut donc parler d’empathie d’affects avec son animal. Ca veut dire que ça se comprend et s’interprète. Donc que la relation anthropocanine existe. C’est loin d’être une évidence pour la majorité d’entre nous, repliés furieusement en nous-mêmes, dans notre petit univers limité et clos, finalement autodestructeur.
En entrant en relation avec l’Autre poilu, « nous sortons de nous-mêmes pour rencontrer des intensités »[3] . Alors se tisse un lien entre l’éthologie et l’ontologie.

[1] Reus Estiva, ‘Le scandale de la généalogie darwinienne’, p 25, in L’animal dans nos sociétés, La documentation française, janvier 2004
[2] Talin Christian. Anthropologie de l’animal de compagnie, Atelier de l’Archer, 2000, p 79
[3] Op cit.  p 88


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