Est-ce inhumain de battre un chien?
09/04/2012Le crime contre l’humanité vise à interdire l’inhumain : autrement dit des actes contraires à la dignité humaine, qui s’opposent à la notion même d’humanité. Mais, c’est quoi l’humanité? La réunion de tous les hommes?
En fait on devrait plutôt poser la question comme suit : est-il éthique de battre un chien? L’éthique est la reconnaissance de l’humain par l’humain, et les caractéristiques spécifiant l’humanité serait : vivre bien, par conséquent sans causer des souffrances superflues aux animaux . Aussi, selon toutes vraisemblances la réponse serait non.
Or voilà, la réponse est oui.
Le chien n’est-il pas qu’un bien meuble, un objet, un truc, bref une machine, à quoi bon s’époumoner de quelques coups? Même s’il existait une argumentation rationnelle en faveur des droits des animaux (et il en existe une), l’éthique ne relève pas des mathématiques. Les démonstrations morales irréfutables (’vous ne devez pas battre des animaux’, par ex.) se heurtent à un obstacle : il est difficile d’y intéresser les gens.
L’amère réalité nous l’enseigne : il n’existe pas d’argument de construction massive : les humains ne sont pas des créatures rationnelles, du moins pas en ce sens, nous ne réagissons pas bien à l’argumentation logique. Bref, les intéresser au sort des animaux par des réflexions ne semble pas la meilleure voie à emprunter. (Entretien avec Adela Cortina, ‘les animaux ont une valeur morale, mais pas de droits’)
Devant les agissements violents d’humains qui massacrent des chiens, s’étrangler d’horreurs ne sert à rien. Tenter de réfléchir au fait qu’humains et chiens ont coévolué n’apporte pas le répit aux dits chiens. Aborder la portée politique et émancipatrice des nouvelles formes de parenté entre espèces et les conséquences politiques de l’extension aux animaux du statut de significant other, ça fait certes sérieux, mais ça ne stoppera pas la prochaine attaque de démence d’un humain en manque de barbarie. Les animaux ont les droits que leur concèdent la législation. Tant que notre juridique ne fondera pas notre obligation morale envers les animaux, et tant que les sanctions seront ridicules voire inexistantes – et hausser même substantiellement les amendes pour ceux qui contreviennent aux règles sanitaires ne changera rien (voir annonce ministérielle) - alors il sera toujours inhumain de battre un chien, ça restera toujours un acte contre l’éthique sans aucune conséquence.
Le droit peut accorder une valeur qui pourra ensuite se diffuser à la majorité. Là un nouveau paradigme fera son apparition. Les vérités seront encore à faire advenir, petit à petit, dans les rouages du quotidien. Rien ne sera immédiat, et simple, ni même assuré. L’exercice sera lent et il y aura – il y a – beaucoup de résistance. Reconnaître des droits aux animaux, ça ne contraindra pas les êtres abjectes de les battre mais l’homme moyen, progressivement, incorporera de nouvelles attitudes et pourra alors mesurer les différentes valeurs en jeu. Et opter pour la valeur supérieure.
Pour un jour finir par condamner. Collectivement.

En matière de mauvais traitements envers les animaux, les deux principales lois qui s’appliquent au Québec sont le Code criminel et la
temps que les Droits de l’homme intègrent toutes les composantes environnementales dont le milieu de vie et le respect de la vie au sens particulièrement des Droits de l’animal dans leurs attendus. Le ‘cercle de l’égalité doit être élargi aux animaux non-humains, de même qu’au cours des siècles se sont progressivement effacées les barrières que certains traçaient autour des notions de race, de sexe, de tribu, ou de nation’, peut-on lire dans l’avertissement au actes du colloque qui s’est tenu il y a un an ( 14 novembre 2009) à l’université
Veiller au respect des droits de l’animal, c’est nécessairement veiller au respect des droits de l’homme, car c’est exprimer l’égalité des espèces face à la vie. C’est officialiser l’interaction des droits de l’homme et des droits de l’animal, c’est reconnaître leur complémentarité. C’est renoncer à l’anthropocentrisme pour adopter une conduite et une morale centrées sur la défense de la vie, c’est-à-dire le biocentrisme