Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive de la catégorie ‘Jappons’

Un règlement municipal nul et non avenu

14/05/2012

chiens dangereux, règlement, longueuil, contrôle des chiens, morsures, agression, vétéraine, attaque, propriétaires de chiens, relation homme-animal, ville, politique animal, anima urbainLe moins qu’on puisse dire c’est que l’article 58.1 du nouveau règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux de la ville de Longueuil manque de mordant et est parfaitement inadapté, ignorant et bête.

Un chien n’est pas une machine. Tout le monde est d’accord sur le fait que c’est un être vivant qui a des besoins vitaux et qui est capable de communiquer. Il est même établi que, comme tout mammifère, il est capable d’émotions. Alors pourquoi voudrait-on que le chien fonctionne comme une voiture ? Peut-être que le fait d’acheter un chien en fait un bien de consommation!
Il est parfois difficile de déterminer si un chien peut être dangereux avant qu’il morde ou attaque une personne ou un animal. Longueuil devrait envisager l’adoption de règlements visant à diminuer les possibilités que de telles situations surviennent plutôt qu’opter pour un tout répressif inadéquat.

Jean Lessard l’indique : ‘ Chiens qui mordent = chiens dangereux, non ! C’est vraiment trop généralisé comme équation’. Selon, l’éducateur canin comportementaliste, ‘La dangerosité d’un animal se calcule selon une série de facteurs, tels que le poids de l’animal; la catégorie de personnes à risque; si l’agression est défensive ou offensive; si l’agression est prévisible ou imprévisible; s’il y a eu contrôle de la morsure; et si la morsure est simple ou multiple….’.

Dans cet article, la place et le rôle du vétérinaire sont à questionner. Les études vétérinaires durent 5 ans. Selon la faculté de médecine vétérinaire, moins d’une trentaine d’heures sont réservées à l’étude du comportement animal. Tel qu’indiqué dans la description du programme de médecine vétérinaire : ‘De plus, les activités du médecin vétérinaire ne se limitent pas à l’exercice de la profession en cabinet privé, qui absorbe à peine la moitié des diplômés. En effet, la santé publique, la salubrité et l’inspection des viandes, le contrôle des maladies transmissibles à l’homme, les laboratoires de diagnostics et de recherche et l’enseignement sont autant de sphères d’activités qui intéressent le médecin vétérinaire’. Pas d’études du comportement animal. Il y a bien un Groupe de recherche sur les animaux de compagnie (GRAC) dans lequel le comportement animal est un des thèmes de recherche aux côtés de ‘L’analgésie et l’anesthésie,  La cardiologie,  La dentisterie….’. On parle d’un groupe de recherche parmi de nombreux autres…. Pas obligatoire.

Par conséquent, quel médecin vétérinaire va faire cette évaluation? Dans quelle condition? Plusieurs jours après l’événement? Dans un autre environnement ? Lors d’un accident de voiture, il y a autant d’histoires que de témoins, l’on pourra s’attendre dans le cas d’une morsure à une multitude d’histoires dont il faudra tirer le bon grain de l’ivraie. Qui va juger la précision des informations venant des propriétaires ? Qui, rappelle, Jean Lessard, va poser cette évaluation? La compétence de l’évaluateur est le pivot de cette règlementation.

Avant d’étiqueter un chien qui a mordu comme un chien dangereux avec toute l’exclusion que cela peut engendrer dans notre société, avant d’interdire, il faut comprendre pour prévenir. D’autant plus que :

‘ Les agressions instrumentalisées, conditionnées ou apprises peuvent être contre-conditionnées. Les agressions compétitives peuvent être redirigées. Celles de défense peuvent être désensibilisées. Les plus fréquentes sont les agressions de défense (ou bien par peur). Les agressions par peur viennent presque toujours avec le syndrome de privation (un manque en socialisation). Les agressions compétitives viennent d’un excès de tolérance et de problèmes de communication. La confusion dans la communication peut venir de l’utilisation mauvaise du modèle de la hiérarchie… Confronter un chien agressif l’amène à être plus agressif…’ conclut Jean Lessard.

Avec qui voulons-nous vivre et comment? Paradoxalement, pour humaniser le monde que nous souhaitons habiter, il nous faut apprendre à vivre avec et à accueillir des non-humains.

Pour aller plus loin
Pourquoi les pit-bulls ?
Une phénomène de société qui a du mordant

Longueuil choisit d’exclure les citoyens propriétaires de chiens

18/04/2012
  • Alors que nous arrivions armer de notre désir de voir la collectivité entrer dans une logique de renforcement du lien social avec TOUS les usagers, la Ville de Longueuil a décidé – unilatéralement – d’exclure.
  • Alors que nos propos visaient à faciliter le partage et le respect, la Ville de Longueuil a décidé de s’aliéner la moitié de sa population.
  • Alors que nous avions placé maintes requêtes auprès de la Ville de Longueuil pour bâtir ensemble une concertation, les élus et administrateurs semblent avoir été plus sensibles aux cris de certains électeurs et ont pris une décision qui n’est résolument pas basée sur des données rationnelles, sur des faits, sur des rapports, sur des mémoires mais sur une décision émotive guidée par la peur et l’ignorance.
  • Alors que nous venions déposer des documents pour ensemble conjuguer nos idées, que nous pensions sincèrement qu’il y aurait place pour faire ensemble, la Ville de Longueuil a décrété : « Les aboiements des chiens stressent les cerfs de Virginie dans le Parc Michel Chartrand, ce qui déclenche chez eux des réactions imprévisibles. Pour assurer la sécurité des citoyens, nous pensons raisonnables de limiter l’accès au parc », par conséquent a mis fin sans aucun égard à notre démarche citoyenne qui s’est de fait trouvée bafouée brutalement.
  • Alors que le nouveau Règlement a été adopté il y a seulement 6 mois, qu’il n’a pas eu le temps de vivre et de se faire approuver dans les meilleures conditions (aucune signalétique, aucune campagne de sensibilisation, aucune instance assermentée informée), la Ville de Longueuil n’a pas considéré l’entièreté des usages de l’espace public en favorisant une partie de sa population.

Dans cette vision antagoniste dont la Ville de Longueuil est porteuse, personne ne trouvera sa place.
La question du Vivant en ville est et restera cruciale d’abord parce que le nombre d’animaux de compagnie ne cesse d’augmenter et puis parce que les végétaux et les animaux qu’ils soient domestiques ou sauvages sont d’ors et déjà présents dans notre ville, c’est un vrai sujet politique.

Hier soir, la Ville de Longueuil a choisi de bannir mais en politique on le sait ce n’est généralement pas la meilleure avenue!

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Voici le texte que sandraetlechien.com a lu hier soir:

Nous – propriétaires de chiens –  tenons à vous remercier d’avoir entendu nos besoins de bien-être physique et psychique et de ceux de nos compagnons en abrogeant l’ancien règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux et en dotant la ville de Longueuil des Services Animaliers de la Rive-Sud. Un bon pas a été effectué, qui nous démontre que conjuguer le respect des autres et de l’espace public avec le plaisir de vivre en compagnie d’un chien, d’un animal en ville, c’est possible.
Nous n’avons pas pris le temps de venir vous le dire publiquement et veuillez nous en excuser. Le fait de concevoir un programme global d’insertion de l’animal en ville est un acte politique. Ce sont des choix d’équipements, d’organisation de l’espace public mais aussi d’adhésion forte au constat que le ‘vivant en ville’ est un facteur positif pour votre collectivité.
D’un tout prohibitif nous passons à un presque-tout agréable. Car il y a un ‘mais’, dont vous avez déjà dû débattre. Voici trois points que nous soumettons à votre conseil.

  1. Tout d’abord, il faut accompagner ce changement d’une campagne de communication et de sensibilisation pour expliquer aux gens qui n’ont pas d’animal de compagnie ce qu’est votre nouveau règlement. Il est également crucial de revoir toute la signalétique et de retirer les panneaux arborant l’interdiction des chiens un peu partout en ville et de relocaliser les-dits panneaux dans les endroits interdits aux chiens. De plus, avec l’hiver se produit une dramatique disparition : les poubelles sont toutes retirées, il est inutile de vous dire que ce n’est pas propice aux actes citoyens des propriétaires de chiens et de leurs sacs à crottes.
  2. Ensuite, concernant la problématique dans le parc Michel Chartrand, il faut spécifiquement indiquer quel est le règlement en vigueur et quelle est la zone qui peut être fréquentée quitte à apposer des panneaux indicateurs. Il faut prendre en compte l’usage de l’espace public surtout quand il existe, comme dans notre cas actuel, un conflit. Dans ce genre de situation, le rapport de force devient la règle et les appels que j’ai placés auprès des Amis du parc Michel Chartand pour discuter et bâtir ensemble une concertation ont été inutiles. Pour exemple, la cohabitation entre cyclistes et voitures est délicate en l’absence de bande ou de piste cyclable, il en est de même dans notre cas, il faut prendre en compte la diversité des usages de ce parc. A date rien n’a été prévu comme délimitation de l’espace de liberté pour les chiens en laisse aussi certains propriétaires de chiens ont inévitablement transgressé un règlement qui 1/ n’est affiché nulle part, 2/ne prend pas en compte les besoins de ce groupe particulier, 3/ n’est communiqué à aucune instance décisionnelle (police,…) et 4/ n’est absolument mis en application par des agents de surveillance. Avant d’entreprendre tous changements, peut-on envisager une période d’ajustement afin de faire vivre le présent règlement et, surtout, de procéder à une collecte de faits pour dresser un portrait de la situation réelle des chiens en laisse dans ce parc?
  3. Brossard envisage l’interdiction des chiens dit ‘dangereux’ à plusieurs reprises ici je vous ai demandé de tenir une table de concertation sur le Vivant en ville.Il nous faut tenir une réflexion sur ‘les races dites dangereuses’, car avant d’interdire, il faut comprendre pour prévenir. (pour aller plus loin: Pourquoi les pit bulls de Jean Lessard)

Avec qui voulons-nous vivre et comment? Paradoxalement, pour humaniser le monde que nous souhaitons habiter, il nous faut apprendre à vivre avec et à accueillir des non-humains.

À quand une table de concertation sur la question de la place qu’on veut, comme société longueuilloise, accorder aux animaux?

Il faut en effet faciliter la présence de l’animal en ville, permettre une cohabitation harmonieuse avec les autres usagers et accroître la responsabilité des maîtres, aussi la ville de Longueuil doit développer des initiatives originales pour intégrer les animaux de compagnie dans le service que vous rendez à vos citoyens et ainsi développer une véritable approche citoyenne de l’animal de compagnie

Rappel:

Nous sommes une société violente et hostile à ce qui est différent
Le nouveau Règlement Co-2008-523 sur le contrôle des animaux de Longueuil

Vivre avec un chien à Longueuil, état des lieux

16/04/2012

Interdit aux chiensLa question de l’animal en ville est une question éminemment politique.

C’est une question d’urbanisme, de loisirs, de logement, d’emploi, de transport, de sécurité publique, de civisme.
Entre autre.

Voici la démonstration.

En théorie dans notre ville de Longueuil.

  • J’ai autant le droit de vivre dans cette ville que quiconque choisit d’y déposer ses valises
  • J’ai autant le droit de me promener dans les rues, dans les parcs, sur les trottoirs que les gens qui s’y promènent avec une poussette ou en fauteuil roulant
  • J’ai autant le droit de choisir de louer un appartement que les milliers de locataires longueuillois
  • J’ai autant le droit de profiter de l’environnement que les amoureux de la nature
  • J’ai autant le droit de vivre avec qui me semble comme toutes les familles, couples, célibataires

Or, depuis que je suis longueuilloise, je n’ai plus aucun droit. Je vis avec un animal.

tolérance, chien en ville, coexistence, cohabitation, Longueuil, intolérance, table de concertation, les chiens n'ont pas de place, espaces verts, urbanismeJ’ai choisi d’avoir un chien mais je n’ai pas choisi de vivre dans une société intolérante. Je vis dans la contrainte.

  • Je suis contrainte d’éviter les parcs et les espaces de loisirs familiaux aux heures d’affluence
  • Je suis contrainte de trembler de peur quand mon chien jappe, occasionnellement, dans mon logement
  • Je suis contrainte de recevoir des plaintes anonymes de la part de citoyens bien intentionnés
  • Je suis contrainte de vivre avec la  pressPas de place pour les chiens, les amis du parc Michel Chartrand, tolérance, chien en ville, coexistence, cohabitation, Longueuil, intolérance, table de concertation, les chiens n'ont pas de place, espaces verts, urbanismeion constante de justifier que mon chien est partie intégrante de ma famille
  • Je suis contrainte d’informer les citoyens que mon chien a le droit de se promener en laisse dans les espaces verts quand des pancartes affichent le contraire
  • Je suis contrainte de porter pendant des kilomètres le sac à crottes de mon chien cherchant vainement une poubelle retirée des parcs pour l’hiver
  • Je suis contrainte d’essuyer la violence verbale des citoyens sans chien

En pratique dans notre ville de Longueuil, j’ai des devoirs dans le sens de l’impératif catégorique pour m’éviter le rejet social

  • J’ai le devoir de redoubler d’attention dans l’éducation de mon chien
  • J’ai le devoir de m’acquitter avec conscience et régularité de mes obligations
  • J’ai le devoir d’apporter les soins adéquats et de fournir les besoins nécessaires au bien-être de mon chien dépendant
  • J’ai le devoir de rappeler à qui ne peut l’entendre que les propriétaires de chien n’ont pas d’espaces pour profiter de la relation avec leur compagnon et pratiquer des sportsempathie,Pas de place pour les chiens, les amis du parc Michel Chartrand, tolérance, chien en ville, coexistence, cohabitation, Longueuil, intolérance, table de concertation, les chiens n'ont pas de place, espaces verts, urbanisme
  • J’ai le devoir de rappeler, en Conseil de ville de Longueuil, que je ne suis pas libre de mes déplacements, que je ne suis pas libre de choisir le logement dans lequel je voudrais vivre, que je ne suis pas libre de ma capacité de jouir de la ville et de ses attraits, que je ne suis pas livre de pratiquer mes sports à ma guise…..
  • J’ai le devoir d’alerter que la non-situation de vie des animaux de compagnie à Longueuil, donc des humains qui vivent avec lesdits animaux de compagnie, est intolérable
  • J’ai le devoir de rappeler que derrière chaque animal de compagnie il y a un être humain

Cela fait plusieurs années que sandraetlechien le demande mais va réitérer sa requête demain soir en Conseil de ville :

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Rappel des démarches antérieures:

http://sandraetlechien.com/2011/le-nouveau-reglement-co-2008-523-sur-le-controle-des-animaux-de-longueuil/

C’est un débat à faire

26/03/2012

Les animaux n’ont aucune existence pourquoi s’en soucier! Juridiquement, les animaux au Québec ne sont pas en vie. Ils ne respirent pas. Ne souffrent pas. Ne vivent pas. Aussi, ne venez pas quémander des droits, qui plus est au même titre que l’humain. Assez vite ce type d’arguments ne tient pas.

Les animaux n’ont aucune existence, droit des animaux, dignité des animaux, projet de règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens, Loi sur la protection sanitaire des animaux (L.R.Q., c. P-42)En fait ne tient pas… pour le propriétaire de chien, car pour la personne qui n’a jamais eu d’animal de compagnie, pour l’administration et les gestionnaires d’espaces de loisirs, d’espaces verts, somme toute ces arguments sont très utiles : on classe un problème. On se doute qu’en ouvrant la boîte de Pandore de la question de l’animal en ville ou en banlieue, ça va générer des questionnements impossibles. Mieux vaut surtout pas, quand on est un homme ou une femme politique, faire face aux débats qui vont en découler.

Et pourtant c’est un débat de société à faire. Il n’a jamais eu lieu. Il serait grand temps! Les quelques rencontres du groupe de travail sur le bien-être des animaux de compagnie n’avaient de toute manière pas l’objectif de répondre à cette question : quelle place veut-on comme société accorder aux animaux?  Ce débat ne sera pas facile, car il induit des changements profonds dans notre rapport à l’autre, l’autre différent. Et ne venez pas nous dire que ‘ce ne sont que des animaux’.

Négliger l’importance des droits animaux c’est se bafouer soi-même.
Les animaux dans le Québec francophone n’ont pas de droit. Se battre pour pouvoir faire marcher son chien dans un parc avec des arbres et de l’herbe, en arriver là de la démonstration du besoin primaire d’un couple anthropocanin, au 21è siècle, démontre si besoin est que les animaux n’ont pas de droit. Et la législation québécoise ne leur concède pas grand-chose. La manière de réguler chaque jour davantage la façon dont nous devons les traiter est assez simple : ils sont bannis.

Alors imaginez si nous devions en plus débattre de la question à savoir si les animaux ont un type de droits semblable à ce que nous appelons les ‘droits de l’homme’, c’est-à-dire non pas ces droits que les États concèdent mais ceux inaliénables qu’ils sont tenus de reconnaître. Pendant ce temps, ailleurs, comme le précise Jean-Baptiste Jeangène Vilmer Éthique animale,  ‘Les Suisses ont été jusqu’à inscrire la reconnaissance de la ‘dignité des animaux’ dans leur Constitution. La dignité de la créature a été introduite dans la Constitution suisse depuis 1992 dans le contexte des progrès du génie génétique. La formule concerne aussi les végétaux. Par ailleurs, une loi de 2000 sur la protection des animaux évoque la ‘dignité de l’animal’ entendue comme ‘la valeur propre de l’animal qui doit être respectée par les personnes qui s’en occupent’.

Pourquoi est-ce si difficile au Québec? Peut-être parce que ce qui est en jeu c’est le rapport de l’homme avec lui-même, à l’être de lui-même.

Pour ne pas aller plus loin :
« Vers un véritable réseau pour le bien-être des animaux de compagnie » préparé par le groupe de travail présidé par Geoffrey Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones et député de Jacques-Cartier

Projet de règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens

Bien meuble, chair à canon matière à science… belle progression!

12/03/2012

Tobie Nathan, Isabelle Stengers, Lucien HounkpatinMais cher Professeur, quel gaspillage! Quand on pense à l’intérêt théorique que présente un tel cas… c’est une superbe occasion…. Un nouveau domaine pour développer la théorie…. Imaginez cela : un sauvage, un primitif, un fossile vivant entièrement à notre disposition. On pourrait étudier son psychisme, vérifier si la technique psychanalytique marche dans son cas… l’interroger sur ses fantasmes

c’est Sandor Ferenczi qui parle

Une névrose traumatique chez un primitif…. Est-ce seulement possible? La théorie permet-elle un tel monstre?

C’est Sigmund Freud qui lui répond

Le primitif est celui qu’on interprète et le civilisé celui qu’on écoute.
Un primitif qui porte les armes contre un être civilisé ce n’est pas un soldat c’est un animal enragé qu’il faut supprimer…..

La damnation de Freud p 20-21-24

Si on conjuguait cet échange?

Mais cher Propriétaire, quel gaspillage! Quand on pense qu’il faut des preuves sur l’intention de causer la souffrance à un animal … c’est une superbe occasion…. Mettez-lui donc des chaînes autour du cou qu’il obéisse à vos exigences d’homme, ne vous en n’occupez point et exigez la sainte paix…. Imaginez cela : un chien, un moins que rien, une chose entièrement à votre disposition. Changez-en au moindre trouble.

Un propriétaire

Parfaitement contrôlé, il vous obéira par force, vous n’aurez pas à perdre votre temps à étudier son psychisme ou vérifier si l’approche en renforcement positif marche dans son cas… Allez chercher un nouveau spécimen dans l’animalerie du coin, voilà ce qu’il faut. Pas besoin de travailler avec cette bête, perte de temps, vous avez mieux à faire.
Un animal qui a des exigences, ce n’est pas un signal, c’est un animal qu’il faut supprimer.

Celui qui répond

Peut-être le jour viendra-t-il où le reste du règne animal retrouvera ces droits qui n’auraient jamais pu lui être enlevés autrement que par la tyrannie. Les Français ont déjà réalisé que la peau foncée n’est pas une raison pour abandonner sans recours un être humain aux caprices d’un persécuteur. Peut-être finira-t-on un jour par s’apercevoir que le nombre de jambes, la pilosité de la peau ou l’extrémité de l’os sacrum sont des raison tout aussi insuffisantes pour abandonner une créature sensible au même sort.

Jeremy Bentham (1748-1832)

Bien meuble, chair à canon matière à science… belle progression!

C’est facile de rejeter le droit d’être aux animaux

06/02/2012

La vie vivante Nous vivons dans des systèmes. ‘L’économie mondiale est devenue un système. La technoscience en est un autre. L’appareil médiatique planétaire, qui s’est substitué à l’ancien journalisme, s’apparente à un système. Le cyberespace est un dispositif comparable. La même remarque peut être faite de la finance planétaire, vaste réseau hors sol dont rend assez mal compte l’expression ‘marchés financiers’. Ces différents systèmes posent les mêmes difficultés à la citoyenneté démocratique et aux États nations. Qui les gouverne vraiment?’ se demande Jean-Claude Guillebaud, p 23 La vie vivante.
Dans cette vastitude, les adversités deviennent quasiment impossibles à personnaliser. Ceux qui servent la domination, ce sont rarement des hommes, des groupes, des partis. Confrontés à ces systèmes, nous risquons l’effacement.
Mais voilà, il y a les animaux. Ils ne sont pas un système, même s’ils sont accouchés plus souvent qu’autrement par (et dans) un système ‘puppy mills’ (du moins au Québec). Les animaux sont vrais. Tangibles, ils sont là vraiment, maintenant, comme un miroir de notre possible. Alors que dans la vie courante les systèmes sont proliférant et charrient en les mêlant de manière confuse, promesses et menaces, l’animal est là à nous renvoyer cette absurdité, à nous renvoyer notre propre insuffisance.
Parfois même notre rien.
Qui pourrait encore définir avec certitude ce qu’est aujourd’hui un individu, un être humain, une conscience, une réalité, une matière? Tous les concepts qui définissaient notre rapport au monde sont devenus soupçonnables. Reste la relation aux animaux qui représente quasiment les anciennes relations humaines qui procédaient de la subjectivité, vous savez celles qui mêlaient confiance, solidarité, empathie, dévouement, complicité…. Là est le mystère. Car les animaux nous éduquent. Là est leur grande faute. Parce que nous ne voulons pas être domestiqués ni éduqués par eux. Nous ne voulons rien leur devoir. (Jocelyne Porcher)
Ce qui est en jeu c’est le rapport de l’homme avec lui-même, à l’être de lui-même. Il faut une mutation de ce rapport disait Bernard Sichère, or l’animal la permet cette mutation.
D’un bord l’absurde d’une globalisation à vitesse inhumaine et la trop-signifiante rencontre avec une Altérité Autre, dans ce hiatus il n’est pas nécessaire de faire appel à des droits inaliénables pour fonder notre obligation morale envers un être quel qu’il soit : il suffit pour cela que nous lui accordions une valeur morale. Or, tous les êtres sur cette terre n’ont pas la même valeur morale. Les animaux ont une valeur relative à d’autres valeurs avec lesquelles elle peut entrer en conflit….

Coévolution coopérative

09/01/2012

Tout sur la psycho du chienp. 378. Tout sur la psychologie du chien. Joel Dehasse partage :

Chiens et humains ont évolué ensemble depuis plus de 10 000 ans. L’évolution de la structure de la société a modifié la génétique humaine et celle du chien. L’homme a supprimé ses prédateurs, il a domestiqué ses anciennes proies, il a altéré le mode de vie de nombreuses espèces autour de lui, il a modifié les paysages et le climat de sa planète. L’homme occidental s’est distancié des processus de sélection naturelle, et il a fait de même pour les animaux domestiques, le chien inclus.
La culture coopère avec la génétique pour fabriquer le nouvel humain, le nouveau chien. L’homme est incapable désormais d’échapper à sa culture, à sa société et le chien est incapable d’échapper à l’homme. L’être humain est symbiotique d’une entité virtuelle (une croyance, une illusion) : la société occidentale. Le chien est emporté par cette même vague qui transforme l’être humain libre en une fourmi d’une fourmilière, en pion impersonnel.  C’est de l’amensalisme de la part de la société qui empêche le développement de l’être, dans un système gagnant-perdant, l’homme étant le perdant. C’est aussi un esclavagisme, la société utilisant l’être à son profit afin de croître à ses dépens. L’homme fait de même avec le chien. Rares sont les humains qui permettent à leur chien de créer pleinement leur vie, de vivre intensément, de développer tous leurs potentiels, la plupart des chiens sont maltraités (passivement) par l’irrespect de leurs besoins éthologiques minimaux d’activité et d’interaction sociale.
pyramide_de_maslowLa coévolution coopérative existe cependant chez quelques êtres. L’expérience est vécue ensemble dans le respect et l’enrichissement mutuels; cela nécessite de prendre conscience des messages engendrés par l’expérience. On y retrouve très peu de chiens de famille, mais bien certains chiens de travail, de sport, de danse (free style) ou encore quelques chiens d’assistancecarolynn scott et Rookie.
Pour arriver à une coévolution coopérative, la question à se poser devrait être : ‘Qu’est-ce que je possède qui puisse améliorer la vie de mon chien et réciproquement, que possède-t-il pour améliorer la mienne?’. Dans le modèle d’autoresponsabilité, le chien nous apporte à chaque instant un miroir de conscience, s’il n’améliore pas nos capacités de survie biologique, ni notre apparent bien-être psychologique, il nous donne des messages de réalisation de soi et de développement spirituel.

Sous les mots de tous les jours: l’anthropomorphisme bêtifiant

14/12/2011

Selon l’organisme de protection des animaux à l’origine de la saisie, les conditions dans lesquelles se trouvaient les chiens étaient carrément «inhumaines», parmi les pires que leur équipe de secours ait été témoin. (article tiré de Canoe.ca Actualités:  Un projet de loi déposé cette semaine)

C’est assez particulier de faire référence à l’inhumanité des conditions de vie des chiens, lorsqu’on est incapable de leur prêter ne serait-ce que des droits! Et pourtant ce genre de glissement sémantique est fréquent dans les médias et surtout auprès des gens qui s’enragent de la soi-disant bestialité des humains qui font subir toutes sortes d’abus aux animaux. Ça crée des rapports contemporains des hommes aux animaux pour le moins boiteux !
Peut-être n’est-ce que le symptôme de l’inquiétude largement partagée au sujet de la vie, aussi bien celle des espèces animales que celle de l’espèce humaine. Ces trébuchements de mots – et Freud n’en a-t-il pas bâti dessus sa théorie – ne représentent-ils pas un questionnement contemporain sur le vivant, l’homme aussi bien que l’animal ?

Sur quelle conception de la vie doit-on fonder les rapports entre les êtres humains et les rapports entre les humains et les animaux ? Certainement pas en traitant d’inhumaines des conditions animales.

L’éthologie animale pose un regard sans concession sur ce qu’on avait pu considérer comme le privilège exclusif de l’être humain : la technologie, le langage, la moralité, la politique, la notion du temps et peut-être même la conscience de la mort. Ce qui ne suscite aucune polémique alors qu’on devrait en parler largement, on devrait en débattre quotidiennement, c’est un changement de fond qui s’est opéré dans les sciences animales et qui ont des répercussions phénoménales. à l’égal de la théorie darwinienne en son temps.

Que fait-on au lieu d’apporter des mots au débat? On écrit sans penser, ce qui met en lumière nos ignorances collectives:  les mots ont un poids et dans cet extrait journalistique on suppose que les chiens devraient être traités comme des êtres humains, là sous couvert de bons sentiments suinte l’anthropomorphisme.
Anthropologie de l'animal de compagnie

L’anthropomorphisme qui réduit l’animal à un ‘comme l’humain’. Un animal qui est refusé dans sa sensibilité. Il faut diaboliser cet anthropomorphisme qui réduit l’altérité radicale de l’animal qui en aucun cas ne devrait être un alter ego, ‘effet pernicieux de l’anthropomorphisme bêtifiant, toujours infantilisant, parfois délirant’ (Christian Talin . Anthropologie de l’animal de compagnie, p125).
Envisager un amour fusionnel avec l’animal au détriment de son monde spécifique c’est éminemment de la violence. Que ce soit pour le bien des animaux ou pour sauver les humains, cet anthropomorphisme des mots ne dit rien d’autre que notre peur de n’être pas l’espèce la plus évoluée.

Gestion animalière dans la Couronne Sud de Montréal : un dossier qui n’a pas de chien

09/12/2011

Voici l’article que Sandraetlechien – Sophie Royer – Marie-Josée Méthot  – Lise Bourassa ont rédigé il y a quelques semaines et qui n’a pas trouvé pages d’opinion pour être publié

Dans le dossier de la gestion animalière, un virage politique s’impose. Les élus municipaux de la Couronne sud de Montréal sont en manque de solutions. Les citoyens veulent en savoir plus. Pendant ce temps, à quelques pas de nos maisons décorées pour les festivités de Noël, des animaux de compagnie sont mis à mort dans des conditions les plus exécrables qui soient.

L’équation est simple, elle provient d’une série d’annonces incohérentes alors que la Société de Contrôle D’animaux Domestiques St-Hubert inc.(S.C.D.D.) prévoit fermer ses portes au 31 décembre et qu’aucun soumissionnaire n’a pu remplir les exigences des différents appels d’offres municipaux. On assiste à une espèce de sauve-qui-peut généralisé du style ‘qui va prendre en charge les animaux dans ma ville’ des mairies précédemment sous contrat avec cette entreprise privée. Ce qui démontre si besoin est la cacophonie dans le dossier de la gestion animalière sur la rive sud de Montréal et …. dans la province au grand complet. Le Québec qui s’est depuis longtemps forgé une réputation de laxisme en matière de protection des animaux va rester la pire parmi toutes les provinces canadiennes en 2012.

La gestion animalière n’est pas l’affaire d’une municipalité isolée c’est un dossier conjoint et collaboratifPas une journée ne se passe sans que telle municipalité indique, dans un grand soulagement, avoir contracté avec la SPA Drummond ou autre organisme. Il est à se demander dans cette urgence quelle réflexion anime les administrateurs municipaux. Il aurait été logique de s’attendre suite au reportage du 21 avril dernier de l’émission « Enquête » à Radio-Canada et suite aux différentes saisies de chiens tout au long de l’été en particulier celle de l’Outaouais à ce que les élus prennent conscience de la situation qui prévaut sur leur territoire concernant la maltraitance, la cruauté et la négligence envers les animaux de compagnie et prennent des mesures qui s’imposent. Or, les municipalités de Ste-Julie, St-Amable et Varennes, entre autre, ont décidé donner le contrat de fourrière à la SPA Drummond sans analyser le fait que cette dernière ne pratiquerait pas la stérilisation des animaux vendus sous leur bannière à l’exception des animaux stérilisés au moment de l’abandon ou de leur capture pour errance. Ce qui va à l’encontre d’une gestion saine, éthique et responsable de la surpopulation animalière. De surcroit, deux  membres du Ca d’Anima Québec – organisme à but non lucratif qui veille à la sécurité et au bien-être des chiens et chats du Québec – ne font pas la stérilisation des animaux qui sont vendus ou mis en adoption sous leur bannière…. faute de moyens!

Tandis que 70 élus dans toute la province ont assisté à la journée de formation ‘Comment négocier le virage animalier de votre municipalité’ donnée le 28 octobre dernier par la caacQ, seuls 28 élus de la Montérégie étaient présents. Doit-on conclure que le dossier de la gestion animalière est, pour ceux qui n’y sont pas allés, un dossier de second ordre? N’en déplaise aux maires, le MAMROT (ministère des Affaires municipales des Régions et de l´Occupation du territoire) s’en est accaparé. Il serait temps. Les lois provinciales actuelles en matière de protection des animaux ont récemment été classées parmi les pires au pays par un sondage mené par l’Animal Legal Defense Fund, une organisation spécialisée dans les questions de droits des animaux. Comment passer du contrôle animalier à un service animalier responsable, tout en s’assurant de l’application des nouvelles recommandations de la loi P-42 qui est actuellement en voie de révision ? Plus de 1900 documents ont été déposés par la participation citoyenne pour que les amendements à la loi P-42 soient conformes aux attentes citoyennes ainsi qu’aux organismes voués au bien-être animalier.

Saisie de chiens maltraités - 2011Pendant ce temps,  la ville de Longueuil nous assure sans nous rassurer (la mairesse a toujours refusé la tenue d’une table ronde publique sur la question) qu’un vrai virage animalier avec un projet novateur naîtra sur son territoire (’d'ici 30 jours’) sans jamais préciser les tenants et aboutissants de ce projet et sans même ouvrir ce projet à l’ensemble des municipalités de la Couronne Sud en mal d’inspirations. Et ainsi passer à côté d’une belle occasion : devenir fer de lance d’un dossier aux multiples ramifications. Alors que les autres municipalités fuient la SCDD, Longueuil reconduit son contrat et se dit désolée de ne pouvoir exiger ‘certaines choses telles qu’organiser des cliniques d’adoption dans le hall d’entrée de l’hôtel de ville’ (sic!). En tant que payeur de contrat, ne serait-on en posture d’exiger que des normes minimales soient appliquées! Plusieurs citoyens ont décrié le fait que, sous sa forme actuelle, le contrat passé avec la SCDD ne permet pas de garantir des normes de soin adéquates pour les chiens et les chats. Il s’avère que le conseil de ville longueuillois serait dépendant du contrat passé avec cette entreprise privée par conséquent aux prises avec les exigences dudit contracteur. Or, tous les services offerts par l’adjudicataire devraient respecter les conditions de la Loi sur la protection sanitaire des animaux [L.L.Q. chapitre P-42] et de la Loi sur la santé des animaux [L.C. 1990, C.21]. Il est fort surprenant qu’aucun article de loi n’offre à une ville la possibilité de modifier un devis en le reconduisant vers de nouvelles exigences.

Pourtant elles sont nombreuses les municipalités au Canada à être innovantes dans le dossier de la gestion animalière. Ainsi Toronto où les animaleries ne pourront plus vendre de chiens ni de chats sur le territoire de la ville, sauf s’ils proviennent d’un refuge pour animaux. Depuis 11 ans, Calgary a mis en place des services animaliers, et Bill Bruce, reconnu pour son expertise dans toute l’Amérique du Nord, en est le responsable. La mission est de favoriser une communauté sécuritaire pour les personnes et les animaux de compagnie au moyen de l’élaboration d’une politique municipale qui reflète les valeurs de ladite communauté.

Pendant que la plus grosse chaine d´animaleries au Canada PJ´S Pets cesse la vente de chiots dans ses succursales pour faire la promotion de l’adoption des chiens de refuges, une animalerie qui selon toute vraisemblance vendra des chiots va s’ouvrir dans la ville de Mont-Saint Hilaire. Or, en cette période de l’année propice aux achats impulsifs pour des cadeaux joyeux de Noël, il est à craindre que le problème de surpopulation animale et de l´existence d´usines à chiots ne trouve une fois de plus d’issues favorables. Il est vrai qu’une Ville n’a pas le pouvoir juridique d’interdire une activité économique comme la vente d’animaux dans les commerces, reste qu’une ville a l’obligation de faire montre d’intelligence dans ses dossiers. Ainsi, Rosemont-La Petite-Patrie tente actuellement de passer un règlement l’interdisant. Gatineau lui emboîte le pas, bien en retard sur la ville de Richmond en Colombien Britannique qui l´interdit depuis 2010.  Des options il y en a! Des possibilités d’action encore plus!

Soyons congruents. La valse des annonces municipales ces dernières semaines fait juste état de la méconnaissance – pour ne pas dire plus – des élus dans le dossier du contrôle animalier. Oui, c’est Québec qui réglemente le commerce et le bien-être des animaux. Or, chaque ville peut faire des recommandations au gouvernement du Québec. Plusieurs citoyens se sont levés lors des périodes de questions des différents conseils de ville depuis plusieurs années (et plus intensivement depuis ce printemps) pour dire : des solutions viables économiquement et socialement existent qui ne sont pas excessives à mettre en place. Sans avoir jamais été entendus sinon pourquoi autant d’annonces dépourvues de vision politique! Les municipalités, le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral ont une responsabilité morale envers les citoyens puisqu’ils détiennent le pouvoir décisionnel.

Depuis la création du groupe de travail sur le bien-être des animaux de compagnie par le MAPAQ, un véritable réseau s’est mis en place au Québec pour assurer une approche concertée, indique le site web du MAPAQ, ça ne semble pas s’être arrêté à la Couronne sud de Montréal.
Les élus doivent maintenant agir et corriger la situation ensemble. La gestion animalière n’est pas l’affaire d’une municipalité isolée c’est un dossier conjoint et collaboratif, il faut asseoir autour d’une même table trois intervenants clés (au moins), les élus, les organismes collaborateurs (SPA, Caacq…) et les fournisseurs de soins et service (vétérinaires, éducateurs, propriétaires…). En effet, les municipalités du Québec sont organisées en MRC, entités administratives qui regroupent une dizaine de municipalités. De manière naturelle, ces municipalités devraient, au travers des MRC, partager des ressources (centre de traitement des déchets, par exemple). Il serait tout à fait envisageable que le service animalier soit mutualisé au niveau des MRC. Pourquoi personne ne semble vouloir aller dans ce sens ? Pour l’observateur, cela reste un mystère qui explique certainement que ça parte dans tous les sens.
Les municipalités de la rive sud ont-elles autant de difficultés à travailler ensemble?

La maltraitance animale, ça commence où?

28/11/2011

La maltraitance désigne des mauvais traitements infligés à des personnes ou animaux que l’on traite avec brutalité, rigueur ou sévérité, les victimes étant souvent dépendantes et sans défense.
L’article 55.9.2 du Code criminel du Québec précise les actes compromettant la sécurité et le bien-être des animaux, tels que les suivants : lorsque l’animal n’a pas accès à de l’eau potable ou à de la nourriture, n’est pas gardé dans un habitat convenable et salubre, est blessé ou malade et ne reçoit pas les soins de santé requis ou est soumis à des abus ou à de mauvais traitements. Laissez des nuits et des fins de semaine entières un chat dehors, par tous les temps, retrouvez le chat pelotonné contre la vitre de la maison attendant à toutes heures du jour et de la nuit que les propriétaires ouvrent la porte, est-ce de la maltraitance?
La maltraitance est multiformeEn matière de mauvais traitements envers les animaux, les deux principales lois qui s’appliquent au Québec sont le Code criminel et la Loi sur la protection sanitaire des animaux. La Loi est appliquée par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Le Code criminel du Canada utilise l’expression ‘négligence volontaire’ qui exige que la négligence soit le produit d’un acte prédéterminé.

446. (3) Aux fins des poursuites engagées en vertu de l’alinéa (1)a), la preuve qu’une personne a omis d’accorder à un animal ou à un oiseau des soins ou une surveillance raisonnables, lui causant ainsi des dommages ou des blessures, fait preuve, en l’absence de toute preuve contraire, que ces dommages ou blessures ont été causés par négligence volontaire.

Comment prouver l’intention volontaire de cruauté? Même s’il serait sûrement plus adéquat de faire la distinction entre la cruauté intentionnelle et la cruauté négligente, il n’en reste pas moins que le fardeau de la preuve m’incombe… Alors, dans le cas de notre chat laissé en déshérence toute la journée sans eau ni nourriture, il ne peut y avoir maltraitance, car les propriétaires font bien ce qu’ils veulent avec leur bien privé! Et de plus, quelles preuves avons-nous sur l’intention de causer la souffrance à cet animal? L’ignorance et l’incompétence de propriétaires insouciants ne feront l’objet d’aucune poursuite. Notre législation actuelle est lamentablement inadéquate et très en retard par rapport à de nombreux pays au monde qui reconnaissent l’importance d’avoir des lois appropriées pour la protection des animaux.
Aussi bien laissez crever ce chat de froid avec l’hiver qui s’en vient (les propriétaires n’en seront qu’à leur 2e  essai de chat), le Canada est le seul pays qui rend la poursuite de négligence pratiquement impossible. À l’heure actuelle, moins de ¼ de 1 % des plaintes pour cruauté envers les animaux donnent lieu à des verdicts de culpabilité.
Alors l’histoire d’un chat qui dort dehors et qui n’a droit à aucune considération… Franchement, il y a d’autres dossiers plus importants !

Pourtant la maltraitance ne commence-t-elle pas là?


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