Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive de la catégorie ‘Jappons’

C’est facile de rejeter le droit d’être aux animaux

06/02/2012

La vie vivante Nous vivons dans des systèmes. ‘L’économie mondiale est devenue un système. La technoscience en est un autre. L’appareil médiatique planétaire, qui s’est substitué à l’ancien journalisme, s’apparente à un système. Le cyberespace est un dispositif comparable. La même remarque peut être faite de la finance planétaire, vaste réseau hors sol dont rend assez mal compte l’expression ‘marchés financiers’. Ces différents systèmes posent les mêmes difficultés à la citoyenneté démocratique et aux États nations. Qui les gouverne vraiment?’ se demande Jean-Claude Guillebaud, p 23 La vie vivante.
Dans cette vastitude, les adversités deviennent quasiment impossibles à personnaliser. Ceux qui servent la domination, ce sont rarement des hommes, des groupes, des partis. Confrontés à ces systèmes, nous risquons l’effacement.
Mais voilà, il y a les animaux. Ils ne sont pas un système, même s’ils sont accouchés plus souvent qu’autrement par (et dans) un système ‘puppy mills’ (du moins au Québec). Les animaux sont vrais. Tangibles, ils sont là vraiment, maintenant, comme un miroir de notre possible. Alors que dans la vie courante les systèmes sont proliférant et charrient en les mêlant de manière confuse, promesses et menaces, l’animal est là à nous renvoyer cette absurdité, à nous renvoyer notre propre insuffisance.
Parfois même notre rien.
Qui pourrait encore définir avec certitude ce qu’est aujourd’hui un individu, un être humain, une conscience, une réalité, une matière? Tous les concepts qui définissaient notre rapport au monde sont devenus soupçonnables. Reste la relation aux animaux qui représente quasiment les anciennes relations humaines qui procédaient de la subjectivité, vous savez celles qui mêlaient confiance, solidarité, empathie, dévouement, complicité…. Là est le mystère. Car les animaux nous éduquent. Là est leur grande faute. Parce que nous ne voulons pas être domestiqués ni éduqués par eux. Nous ne voulons rien leur devoir. (Jocelyne Porcher)
Ce qui est en jeu c’est le rapport de l’homme avec lui-même, à l’être de lui-même. Il faut une mutation de ce rapport disait Bernard Sichère, or l’animal la permet cette mutation.
D’un bord l’absurde d’une globalisation à vitesse inhumaine et la trop-signifiante rencontre avec une Altérité Autre, dans ce hiatus il n’est pas nécessaire de faire appel à des droits inaliénables pour fonder notre obligation morale envers un être quel qu’il soit : il suffit pour cela que nous lui accordions une valeur morale. Or, tous les êtres sur cette terre n’ont pas la même valeur morale. Les animaux ont une valeur relative à d’autres valeurs avec lesquelles elle peut entrer en conflit….

Coévolution coopérative

09/01/2012

Tout sur la psycho du chienp. 378. Tout sur la psychologie du chien. Joel Dehasse partage :

Chiens et humains ont évolué ensemble depuis plus de 10 000 ans. L’évolution de la structure de la société a modifié la génétique humaine et celle du chien. L’homme a supprimé ses prédateurs, il a domestiqué ses anciennes proies, il a altéré le mode de vie de nombreuses espèces autour de lui, il a modifié les paysages et le climat de sa planète. L’homme occidental s’est distancié des processus de sélection naturelle, et il a fait de même pour les animaux domestiques, le chien inclus.
La culture coopère avec la génétique pour fabriquer le nouvel humain, le nouveau chien. L’homme est incapable désormais d’échapper à sa culture, à sa société et le chien est incapable d’échapper à l’homme. L’être humain est symbiotique d’une entité virtuelle (une croyance, une illusion) : la société occidentale. Le chien est emporté par cette même vague qui transforme l’être humain libre en une fourmi d’une fourmilière, en pion impersonnel.  C’est de l’amensalisme de la part de la société qui empêche le développement de l’être, dans un système gagnant-perdant, l’homme étant le perdant. C’est aussi un esclavagisme, la société utilisant l’être à son profit afin de croître à ses dépens. L’homme fait de même avec le chien. Rares sont les humains qui permettent à leur chien de créer pleinement leur vie, de vivre intensément, de développer tous leurs potentiels, la plupart des chiens sont maltraités (passivement) par l’irrespect de leurs besoins éthologiques minimaux d’activité et d’interaction sociale.
pyramide_de_maslowLa coévolution coopérative existe cependant chez quelques êtres. L’expérience est vécue ensemble dans le respect et l’enrichissement mutuels; cela nécessite de prendre conscience des messages engendrés par l’expérience. On y retrouve très peu de chiens de famille, mais bien certains chiens de travail, de sport, de danse (free style) ou encore quelques chiens d’assistancecarolynn scott et Rookie.
Pour arriver à une coévolution coopérative, la question à se poser devrait être : ‘Qu’est-ce que je possède qui puisse améliorer la vie de mon chien et réciproquement, que possède-t-il pour améliorer la mienne?’. Dans le modèle d’autoresponsabilité, le chien nous apporte à chaque instant un miroir de conscience, s’il n’améliore pas nos capacités de survie biologique, ni notre apparent bien-être psychologique, il nous donne des messages de réalisation de soi et de développement spirituel.

Sous les mots de tous les jours: l’anthropomorphisme bêtifiant

14/12/2011

Selon l’organisme de protection des animaux à l’origine de la saisie, les conditions dans lesquelles se trouvaient les chiens étaient carrément «inhumaines», parmi les pires que leur équipe de secours ait été témoin. (article tiré de Canoe.ca Actualités:  Un projet de loi déposé cette semaine)

C’est assez particulier de faire référence à l’inhumanité des conditions de vie des chiens, lorsqu’on est incapable de leur prêter ne serait-ce que des droits! Et pourtant ce genre de glissement sémantique est fréquent dans les médias et surtout auprès des gens qui s’enragent de la soi-disant bestialité des humains qui font subir toutes sortes d’abus aux animaux. Ça crée des rapports contemporains des hommes aux animaux pour le moins boiteux !
Peut-être n’est-ce que le symptôme de l’inquiétude largement partagée au sujet de la vie, aussi bien celle des espèces animales que celle de l’espèce humaine. Ces trébuchements de mots – et Freud n’en a-t-il pas bâti dessus sa théorie – ne représentent-ils pas un questionnement contemporain sur le vivant, l’homme aussi bien que l’animal ?

Sur quelle conception de la vie doit-on fonder les rapports entre les êtres humains et les rapports entre les humains et les animaux ? Certainement pas en traitant d’inhumaines des conditions animales.

L’éthologie animale pose un regard sans concession sur ce qu’on avait pu considérer comme le privilège exclusif de l’être humain : la technologie, le langage, la moralité, la politique, la notion du temps et peut-être même la conscience de la mort. Ce qui ne suscite aucune polémique alors qu’on devrait en parler largement, on devrait en débattre quotidiennement, c’est un changement de fond qui s’est opéré dans les sciences animales et qui ont des répercussions phénoménales. à l’égal de la théorie darwinienne en son temps.

Que fait-on au lieu d’apporter des mots au débat? On écrit sans penser, ce qui met en lumière nos ignorances collectives:  les mots ont un poids et dans cet extrait journalistique on suppose que les chiens devraient être traités comme des êtres humains, là sous couvert de bons sentiments suinte l’anthropomorphisme.
Anthropologie de l'animal de compagnie

L’anthropomorphisme qui réduit l’animal à un ‘comme l’humain’. Un animal qui est refusé dans sa sensibilité. Il faut diaboliser cet anthropomorphisme qui réduit l’altérité radicale de l’animal qui en aucun cas ne devrait être un alter ego, ‘effet pernicieux de l’anthropomorphisme bêtifiant, toujours infantilisant, parfois délirant’ (Christian Talin . Anthropologie de l’animal de compagnie, p125).
Envisager un amour fusionnel avec l’animal au détriment de son monde spécifique c’est éminemment de la violence. Que ce soit pour le bien des animaux ou pour sauver les humains, cet anthropomorphisme des mots ne dit rien d’autre que notre peur de n’être pas l’espèce la plus évoluée.

Gestion animalière dans la Couronne Sud de Montréal : un dossier qui n’a pas de chien

09/12/2011

Voici l’article que Sandraetlechien – Sophie Royer – Marie-Josée Méthot  – Lise Bourassa ont rédigé il y a quelques semaines et qui n’a pas trouvé pages d’opinion pour être publié

Dans le dossier de la gestion animalière, un virage politique s’impose. Les élus municipaux de la Couronne sud de Montréal sont en manque de solutions. Les citoyens veulent en savoir plus. Pendant ce temps, à quelques pas de nos maisons décorées pour les festivités de Noël, des animaux de compagnie sont mis à mort dans des conditions les plus exécrables qui soient.

L’équation est simple, elle provient d’une série d’annonces incohérentes alors que la Société de Contrôle D’animaux Domestiques St-Hubert inc.(S.C.D.D.) prévoit fermer ses portes au 31 décembre et qu’aucun soumissionnaire n’a pu remplir les exigences des différents appels d’offres municipaux. On assiste à une espèce de sauve-qui-peut généralisé du style ‘qui va prendre en charge les animaux dans ma ville’ des mairies précédemment sous contrat avec cette entreprise privée. Ce qui démontre si besoin est la cacophonie dans le dossier de la gestion animalière sur la rive sud de Montréal et …. dans la province au grand complet. Le Québec qui s’est depuis longtemps forgé une réputation de laxisme en matière de protection des animaux va rester la pire parmi toutes les provinces canadiennes en 2012.

La gestion animalière n’est pas l’affaire d’une municipalité isolée c’est un dossier conjoint et collaboratifPas une journée ne se passe sans que telle municipalité indique, dans un grand soulagement, avoir contracté avec la SPA Drummond ou autre organisme. Il est à se demander dans cette urgence quelle réflexion anime les administrateurs municipaux. Il aurait été logique de s’attendre suite au reportage du 21 avril dernier de l’émission « Enquête » à Radio-Canada et suite aux différentes saisies de chiens tout au long de l’été en particulier celle de l’Outaouais à ce que les élus prennent conscience de la situation qui prévaut sur leur territoire concernant la maltraitance, la cruauté et la négligence envers les animaux de compagnie et prennent des mesures qui s’imposent. Or, les municipalités de Ste-Julie, St-Amable et Varennes, entre autre, ont décidé donner le contrat de fourrière à la SPA Drummond sans analyser le fait que cette dernière ne pratiquerait pas la stérilisation des animaux vendus sous leur bannière à l’exception des animaux stérilisés au moment de l’abandon ou de leur capture pour errance. Ce qui va à l’encontre d’une gestion saine, éthique et responsable de la surpopulation animalière. De surcroit, deux  membres du Ca d’Anima Québec – organisme à but non lucratif qui veille à la sécurité et au bien-être des chiens et chats du Québec – ne font pas la stérilisation des animaux qui sont vendus ou mis en adoption sous leur bannière…. faute de moyens!

Tandis que 70 élus dans toute la province ont assisté à la journée de formation ‘Comment négocier le virage animalier de votre municipalité’ donnée le 28 octobre dernier par la caacQ, seuls 28 élus de la Montérégie étaient présents. Doit-on conclure que le dossier de la gestion animalière est, pour ceux qui n’y sont pas allés, un dossier de second ordre? N’en déplaise aux maires, le MAMROT (ministère des Affaires municipales des Régions et de l´Occupation du territoire) s’en est accaparé. Il serait temps. Les lois provinciales actuelles en matière de protection des animaux ont récemment été classées parmi les pires au pays par un sondage mené par l’Animal Legal Defense Fund, une organisation spécialisée dans les questions de droits des animaux. Comment passer du contrôle animalier à un service animalier responsable, tout en s’assurant de l’application des nouvelles recommandations de la loi P-42 qui est actuellement en voie de révision ? Plus de 1900 documents ont été déposés par la participation citoyenne pour que les amendements à la loi P-42 soient conformes aux attentes citoyennes ainsi qu’aux organismes voués au bien-être animalier.

Saisie de chiens maltraités - 2011Pendant ce temps,  la ville de Longueuil nous assure sans nous rassurer (la mairesse a toujours refusé la tenue d’une table ronde publique sur la question) qu’un vrai virage animalier avec un projet novateur naîtra sur son territoire (’d'ici 30 jours’) sans jamais préciser les tenants et aboutissants de ce projet et sans même ouvrir ce projet à l’ensemble des municipalités de la Couronne Sud en mal d’inspirations. Et ainsi passer à côté d’une belle occasion : devenir fer de lance d’un dossier aux multiples ramifications. Alors que les autres municipalités fuient la SCDD, Longueuil reconduit son contrat et se dit désolée de ne pouvoir exiger ‘certaines choses telles qu’organiser des cliniques d’adoption dans le hall d’entrée de l’hôtel de ville’ (sic!). En tant que payeur de contrat, ne serait-on en posture d’exiger que des normes minimales soient appliquées! Plusieurs citoyens ont décrié le fait que, sous sa forme actuelle, le contrat passé avec la SCDD ne permet pas de garantir des normes de soin adéquates pour les chiens et les chats. Il s’avère que le conseil de ville longueuillois serait dépendant du contrat passé avec cette entreprise privée par conséquent aux prises avec les exigences dudit contracteur. Or, tous les services offerts par l’adjudicataire devraient respecter les conditions de la Loi sur la protection sanitaire des animaux [L.L.Q. chapitre P-42] et de la Loi sur la santé des animaux [L.C. 1990, C.21]. Il est fort surprenant qu’aucun article de loi n’offre à une ville la possibilité de modifier un devis en le reconduisant vers de nouvelles exigences.

Pourtant elles sont nombreuses les municipalités au Canada à être innovantes dans le dossier de la gestion animalière. Ainsi Toronto où les animaleries ne pourront plus vendre de chiens ni de chats sur le territoire de la ville, sauf s’ils proviennent d’un refuge pour animaux. Depuis 11 ans, Calgary a mis en place des services animaliers, et Bill Bruce, reconnu pour son expertise dans toute l’Amérique du Nord, en est le responsable. La mission est de favoriser une communauté sécuritaire pour les personnes et les animaux de compagnie au moyen de l’élaboration d’une politique municipale qui reflète les valeurs de ladite communauté.

Pendant que la plus grosse chaine d´animaleries au Canada PJ´S Pets cesse la vente de chiots dans ses succursales pour faire la promotion de l’adoption des chiens de refuges, une animalerie qui selon toute vraisemblance vendra des chiots va s’ouvrir dans la ville de Mont-Saint Hilaire. Or, en cette période de l’année propice aux achats impulsifs pour des cadeaux joyeux de Noël, il est à craindre que le problème de surpopulation animale et de l´existence d´usines à chiots ne trouve une fois de plus d’issues favorables. Il est vrai qu’une Ville n’a pas le pouvoir juridique d’interdire une activité économique comme la vente d’animaux dans les commerces, reste qu’une ville a l’obligation de faire montre d’intelligence dans ses dossiers. Ainsi, Rosemont-La Petite-Patrie tente actuellement de passer un règlement l’interdisant. Gatineau lui emboîte le pas, bien en retard sur la ville de Richmond en Colombien Britannique qui l´interdit depuis 2010.  Des options il y en a! Des possibilités d’action encore plus!

Soyons congruents. La valse des annonces municipales ces dernières semaines fait juste état de la méconnaissance – pour ne pas dire plus – des élus dans le dossier du contrôle animalier. Oui, c’est Québec qui réglemente le commerce et le bien-être des animaux. Or, chaque ville peut faire des recommandations au gouvernement du Québec. Plusieurs citoyens se sont levés lors des périodes de questions des différents conseils de ville depuis plusieurs années (et plus intensivement depuis ce printemps) pour dire : des solutions viables économiquement et socialement existent qui ne sont pas excessives à mettre en place. Sans avoir jamais été entendus sinon pourquoi autant d’annonces dépourvues de vision politique! Les municipalités, le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral ont une responsabilité morale envers les citoyens puisqu’ils détiennent le pouvoir décisionnel.

Depuis la création du groupe de travail sur le bien-être des animaux de compagnie par le MAPAQ, un véritable réseau s’est mis en place au Québec pour assurer une approche concertée, indique le site web du MAPAQ, ça ne semble pas s’être arrêté à la Couronne sud de Montréal.
Les élus doivent maintenant agir et corriger la situation ensemble. La gestion animalière n’est pas l’affaire d’une municipalité isolée c’est un dossier conjoint et collaboratif, il faut asseoir autour d’une même table trois intervenants clés (au moins), les élus, les organismes collaborateurs (SPA, Caacq…) et les fournisseurs de soins et service (vétérinaires, éducateurs, propriétaires…). En effet, les municipalités du Québec sont organisées en MRC, entités administratives qui regroupent une dizaine de municipalités. De manière naturelle, ces municipalités devraient, au travers des MRC, partager des ressources (centre de traitement des déchets, par exemple). Il serait tout à fait envisageable que le service animalier soit mutualisé au niveau des MRC. Pourquoi personne ne semble vouloir aller dans ce sens ? Pour l’observateur, cela reste un mystère qui explique certainement que ça parte dans tous les sens.
Les municipalités de la rive sud ont-elles autant de difficultés à travailler ensemble?

La maltraitance animale, ça commence où?

28/11/2011

La maltraitance désigne des mauvais traitements infligés à des personnes ou animaux que l’on traite avec brutalité, rigueur ou sévérité, les victimes étant souvent dépendantes et sans défense.
L’article 55.9.2 du Code criminel du Québec précise les actes compromettant la sécurité et le bien-être des animaux, tels que les suivants : lorsque l’animal n’a pas accès à de l’eau potable ou à de la nourriture, n’est pas gardé dans un habitat convenable et salubre, est blessé ou malade et ne reçoit pas les soins de santé requis ou est soumis à des abus ou à de mauvais traitements. Laissez des nuits et des fins de semaine entières un chat dehors, par tous les temps, retrouvez le chat pelotonné contre la vitre de la maison attendant à toutes heures du jour et de la nuit que les propriétaires ouvrent la porte, est-ce de la maltraitance?
La maltraitance est multiformeEn matière de mauvais traitements envers les animaux, les deux principales lois qui s’appliquent au Québec sont le Code criminel et la Loi sur la protection sanitaire des animaux. La Loi est appliquée par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Le Code criminel du Canada utilise l’expression ‘négligence volontaire’ qui exige que la négligence soit le produit d’un acte prédéterminé.

446. (3) Aux fins des poursuites engagées en vertu de l’alinéa (1)a), la preuve qu’une personne a omis d’accorder à un animal ou à un oiseau des soins ou une surveillance raisonnables, lui causant ainsi des dommages ou des blessures, fait preuve, en l’absence de toute preuve contraire, que ces dommages ou blessures ont été causés par négligence volontaire.

Comment prouver l’intention volontaire de cruauté? Même s’il serait sûrement plus adéquat de faire la distinction entre la cruauté intentionnelle et la cruauté négligente, il n’en reste pas moins que le fardeau de la preuve m’incombe… Alors, dans le cas de notre chat laissé en déshérence toute la journée sans eau ni nourriture, il ne peut y avoir maltraitance, car les propriétaires font bien ce qu’ils veulent avec leur bien privé! Et de plus, quelles preuves avons-nous sur l’intention de causer la souffrance à cet animal? L’ignorance et l’incompétence de propriétaires insouciants ne feront l’objet d’aucune poursuite. Notre législation actuelle est lamentablement inadéquate et très en retard par rapport à de nombreux pays au monde qui reconnaissent l’importance d’avoir des lois appropriées pour la protection des animaux.
Aussi bien laissez crever ce chat de froid avec l’hiver qui s’en vient (les propriétaires n’en seront qu’à leur 2e  essai de chat), le Canada est le seul pays qui rend la poursuite de négligence pratiquement impossible. À l’heure actuelle, moins de ¼ de 1 % des plaintes pour cruauté envers les animaux donnent lieu à des verdicts de culpabilité.
Alors l’histoire d’un chat qui dort dehors et qui n’a droit à aucune considération… Franchement, il y a d’autres dossiers plus importants !

Pourtant la maltraitance ne commence-t-elle pas là?

S’occuper de la cause animale ne veut pas dire abandonner la cause humanitaire

14/11/2011

La position de principe ‘soucions-nous d’abord de l’homme’ n’est qu’un alibi pour des gens qui ne se soucient de rien du tout.

Extrait de  Éthique animale de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, p.138:

Ceux qui citent volontiers les enfants du Tiers-Monde comme un prétexte pour ne pas se soucier des animaux ne font en général strictement rien ni pour les uns ni pour les autres. Ensuite, et là réside la faute logique, ce n’est pas par ce qu’il y a pire ailleurs que l’on doit rien faire ici. Ce n’est pas parce que des enfants meurent de faim que l’on ne doit rien faire pour la souffrance des poules pondeuses, dans la mesure où l’un n’empêche pas l’autre.
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer- Éthique animaleÀ celui qui demande comment pouvez-vous penser au bien-être des phoques quand la famine humaine ravage de régions entières?, il faut répondre : comment pouvez-vous acheter des manteaux de fourrure, un nouveau rouge à lèvres, offrir un toilettage à votre chien, jeter de la nourriture tous les jours, gaspiller autant d’argent, d’énergie et de temps quand la famine humaine ravage des régions entières? Celui qui pense sérieusement que la souffrance humaine est un prétexte valable pour ne pas s’occuper des animaux quand on peut le faire devrait cesser immédiatement de consacrer son énergie à autre chose, c’est-à-dire à toutes les activités égoïstes et insignifiantes qui font le quotidien du consommateur moyen. Il est par ailleurs intéressant de noter que les meilleurs défenseurs des animaux sont ceux dont l’humanitarisme est global et qui se préoccupent des animaux dans la continuité de l’homme et non contre lui, de Schweitzer à Gandhi et Salt, en passant par les fondateurs des associations de protection animale qui étaient aussi des acteurs de l’abolition de l’esclavage (William Wilberforce au Royaume-Uni, William Cullen Bryant aux États-Unis).

Souhaitons-leur à ces gens-là la Rencontre

01/10/2011

À la perte de repères des gens, à leur désorientation qui se manifeste par la violence, l’indifférence, le rejet, l’agression, à leur bouleversement de-ne-pas-être qui prend racine dans la fatigue, la dépression, le malaise, à la crise existentielle de celles et ceux pour qui marcher le nez en l’air est un accomplissement herculéen, souhaitons-leur la rencontre avec un chien.
Placer l'homme au centre de tout est une façon de rejeter tout le resteSouhaitons-leur ce merveilleux et sain travail sur soi, de se rencontrer dans le regard de son chien, non pas comme un ‘je pense donc je suis’ mais au contraire de faire l’expérience d’un par-delà moi, mon ego, myself. En somme, souhaitons-leur de se déterritorialiser, de s’extraire de leur corps là maintenant pour embrasser une altérité Autre, une autre Altérité, dans un monde riche et foisonnant.
Il serait vain de penser expliquer aux gens qui ne vivent pas avec un animal, qui les rejettent, les administrent, les violentent les bienfaits très égocentrés de leurs présence à nos côtés. C’est inutile ces gens-là sont trop encombrés de leurs histoires, pris dans leurs processus, pour s’ouvrir. Souhaitons-leur simplement la crise, celle qui débouche sur l’accomplissement. Celle qui touche, celle qui fait entrer en mouvement. Le chien permet la vie. Le chien touche. Parce que tourné vers le monde. La vie, écrit Hans Jonas (Évolution et liberté), est «prête à la rencontre» et donc «capable d’expérience». Le chien actualise quotidiennement la rencontre, la vie, la possibilité d’expériences. Donc favorise le regard, change le regard.

Voilà, la rencontre surgit quand on regarde autrement, quand on accepte d’être effleuré, quand l’autre en face n’est plus un intrus mais un partenaire d’évolution. La rencontre a lieu lorsque quelque chose offre l’expérience du vivant, de la vie, du chaos du toujours-en-construction. Souhaitons-leur à ces gens-là qui ne savent pas la joie de vivre avec un Autre différent, souhaitons-leur d’être conduits vers un ailleurs qui regorge de possibilités, d’être décentrés de leur petit-monde, de leur actualité. Souhaitons-leur à ces gens-là d’être touchés par la différence. Alors, leur moi tout-puissant sera déplacé, renversé… et renouvelé.

Souhaitons-leur à ces gens-là de (re)naître en vie.

Nous sommes une société violente et hostile à ce qui est différent

20/09/2011

un-chien-en-villeIl est crucial de s’interroger sur les statuts et les conditions des animaux dans la société contemporaine – et dans la ville de Longueuil en particulier. Leur situation est problématique et la manière dont ils sont traités et utilisés inacceptables.

Il n’est pas bon que l’homme soit seul en ville. Or, c’est bel et bien la direction que les municipalités québécoises – donc Longueuil – nous obligent à prendre. Elles nous contraignent – nous propriétaires de chiens – par des textes intolérants et trop souvent incohérents (telle municipalité autorise, telle autre limitrophe interdit, sur quelle base? quelle logique?). Ainsi à Longueuil, ‘Il est apparu qu’il serait opportun de permettre la présence de chiens en laisse sous le contrôle de leur propriétaire dans différents espaces verts de la Ville‘….Quelle réflexion? Quels objectifs? Quelle planification? Ce n’est pas tant donner l’accès à des parcs ou créer des parcs à chiens pour soi-disant calmer l’ire citoyenne, il faut comprendre dans quelle orientation tout cela s’inscrit, sinon ça ressemble trop à de ‘la politique à la petite semaine’….

Il n’y a pas si longtemps, Longueuil entravait nos libertés de mouvement : un propriétaire de chien ne pouvait se déplacer à sa guise sur tout le territoire de Longueuil. Nouvelle réglementation à LongueuilLa municipalité vient d’alléger certains accès, pour ‘répondre aux besoins des propriétaires d’animaux de compagnie et les aider à assurer leur bien-être‘…. dit le pamphlet municipal. En quoi? Le chien doit être contrôlé, car il est un bien meuble. (plus d’infos). Remarquez Longueuil applique benoitement les règles administratives édictées en d’autres lieux (ça rappelle de très mauvais souvenirs historiques d’appliquer des règles venues d’ailleurs), ce qu’on peut leur reprocher, c’est l’absence de vision, lorsqu’une ville administre mécaniquement des dossiers, il manque un fondement essentiel à la démocratie.
Voilà le leitmotiv de Sandraetlechien, clamé en vain depuis des années aux différents conseils de ville
Il faut en effet faciliter la présence de l’animal dans la ville, permettre une cohabitation harmonieuse avec les autres usagers et accroître la responsabilité des maîtres, aussi la ville de Longueuil doit développer des initiatives originales pour intégrer les animaux de compagnie dans les services qu’elle rend à ses citoyens et ainsi développer une véritable approche citoyenne de l’animal de compagnie.

La présence animale en ville est, en terme municipal, l’un des sujets les moins bien maîtrisés qui donnent un sentiment d’insatisfaction aux administrés. L’absence de collaborateurs qualifiés dans la municipalité longueuilloise par exemple conduit à ce que les questions relatives au bien-être animal fassent l’objet non pas de polémiques mais d’interpellations vaines et stériles à des élus incapables d’apporter des solutions cohérentes. Il s’ensuit des contraintes importantes pour le propriétaire, des souffrances animales avec le nombre important d’abandons, des contraintes pour la société avec plus particulièrement les troubles de l’hygiène et aussi, les agressions par des chiens… et oui une activité commerciale très lucrative….
C’est l’absence de législation intelligente qui a engendré les maux que les animaux de compagnie connaissent actuellement. Même si une ville doit légiférer à l’intérieur de cadres précis, cela n’empêche pas minimalement une certaine intelligence du bien collectif et encore une fois l’élaboration d’une vision.
Anthropologie de l'animal de compagnieIl suffisait de presque rien, d’insérer un peu de nature dans la ville : espace vert et corps animal vivifient et ensauvagent la pierre et le béton. La communication se fait simple et naturelle des hommes aux animaux et par le biais des animaux, des hommes entre eux. Car, l’apprentissage de l’urbanité passe par l’éducation et non par le dressage (Christian Talin. p.73).
L’on entrevoit aussi du même coup les bouleversements qu’entrainerait une véritable prise en compte des intérêts des citoyens propriétaires d’animaux de compagnie, et l’on en vient à se demande si tous les efforts conceptuels qui sontBurgat, Florence. L’animal dans nos sociétés. La documentation française déployés pour maintenir les animaux hors de la communauté morale ne sont finalement pas les arguments d’une idéologie destinée à justifier une domination si ancienne, si multiforme et si lucrative qu’elle semble impossible à ébranler. (Florence Burgat)

Cette évocation permet d’appréhender les contours de la condition animale dans nos sociétés et la nature de ladite société : fondamentalement violente et hostile à ce qui est étranger.

Ce soir: Conseil de ville de Longueuil

Petites horreurs au quotidien

01/09/2011

Comment faire comprendre aux humains que Sapi parle et qu’il ne cherche – certes par une conduite pour le moment inadaptée – qu’un équilibre nouveau?

Chaque jour, à chaque interaction, l’univers de Sapi se reconstruit et du même coup le mien aussi.
Chaque jour, à chaque interaction, l’univers de Sapi se reconstruit et du même coup le mien aussiPour comprendre la vie de mon chien, il me faut savoir ce qui a du sens pour lui.
- Que perçoit Sapi? Que ces dernières semaines ont charrié leur lot de changements. Il a été chahuté émotionnellement. Que ces aventures ont un retentissement plus ou moins fort sur son équilibre psycho comportemental.
- Que voit-il? Qu’entend-il? Que sent-il? Qu’il doit ré-apprendre les bruits inconnus du voisinage, les odeurs environnantes nouvelles, les rythmes de vie quotidienne bousculés…
- Quel impact a-t-il sur le monde? Que dans son incessant va-et-vient entre son monde et le monde humain, Sapi doit s’adapter, cela peut s’exprimer à travers des conduites inattendues autant que gênantes parfois. Ainsi, Sapi a compris qu’en manifestant de façon bruyante et frappante – il jappe et lèche et saute – son affection et son désir de comprendre le monde dans lequel, désormais, il évolue, il avait un certain pouvoir. Or, ce rituel de salutation ne fait évidemment pas l’unanimité et surtout il n’est pas compris.

Les rencontres de voisinage entre Sapi et les humains créent des conflits entre Umwelt qui ont pour conséquence une mauvaise interprétation par les humains des actions du canin.
Sapi doit sentir, tout, c’est important pour re-créer son environnement et y trouver des repères. Il communique avec sa petite queue, son nez, ses oreilles et dans la moindre de ses postures. L’humain n’y voit qu’une intrusion doublée d’une agression sonore. Or aboyer est pour lui pertinent : l’autre voisin fait peur tant qu’il reste debout là à le regarder; cet aboiement d’avertissement met les choses au clair… mais juste pour Sapi et pour moi…. L’aboiement fait beaucoup de bruit (en nombre de décibels), surtout dans les couloirs ou dans l’ascenseur et donc est désagréable.

Alors, il me faut m’adapter aux difficultés de mon chien. Le TTouch l’aide beaucoup et le click-bonbon fait des merveilles.

Alors, il me faut m’adapter aux difficultés des humains. Leur expliquer que Sapi se trouve, pour le moment, abruptement confronté à une rupture des repères de son quotidien, qu’il est bien éduqué et que … La patience et l’indulgence sont requis face à certains comportements gênants pour ne pas ajouter encore un peu plus à sa maladresse ou à son possible désarroi.

L’animalité, essai sur le statut de l’humainEt leur partager l’unique merveilleux de ma relation à mon chien par des morceaux de ce que je crois savoir de lui…. Que d’ailleurs Sapi leur démontre une fois la connexion établie. Et ils y gagnent de prendre mon chien au sérieux, leur regard change. Entrent-ils pour autant dans notre communauté hybride?

C’est dans cet interstice que l’on voit surgir l’immense gouffre qui sépare le monde en deux blocs (au moins); ceux qui vivent avec un chien et pour lesquels le centre du monde est décentré et ceux qui placent l’homme au centre du tout et qui rejettent dans la marge tout ce qui est différent, autre, dérangeant, méconnu, incompris et qui assènent des petites horreurs anthropocanines qui ne sont que l’expression d’une incommunicabilité radicale entre êtres vivants.

Un retour long, laborieux et finalement abrutissant

24/08/2011

Terminal 3Nous étions pourtant arrivés avec plusieurs heures d’avance, justement pour prévenir toutes complications administratives. Cela n’a servi à rien. Au Terminal 3 de l’aéroport Charles-de-Gaulle, les règles sont appliquées à la lettre…. Sauf qu’ils sont peu à les connaître! Les bagages étaient enregistrés depuis longtemps, les vérifications des documents de Sapi étaient effectuées, le poids de l’un et de l’autre a été contrôlé, les étiquettes de destination et d’identification apposées, les reçus ont été remis, bref il ne restait plus, une 1h30 avant le décollage, qu’à embarquer Sapi. Il entre dans sa cage, s’asseoit et regarde le début des grandes manœuvres. La cage a été sanglée : on lève, on bascule, on pousse, on secoue pour faire passer la courroie et surtout bien fermer la cage. Sapi ne bougeait pas. Il a fallu lever la cage et la poser sur le tapis roulant. Sapi ne bougeait pas. Le tapis roulant a eu du mal à démarrer, on a bousculé, poussé, secoué la cage. Sapi ne bougeait pas. Le tapis a roulé et la cage s’est éloignée lentement jusqu’à taper contre le rebord du sas d’entrée : la cage était trop haute. Et Sapi ne bougeait pas. Là les agents de bord et du personnel de terre ont réfléchi. Plusieurs minutes. Les scenarii se sont multipliés; comme faire passer la cage sur le côté avec le chien dedans! Mais on s’est rendu compte que c’était, disons, pas très cohérent. Lorsque la responsable de l’enregistrement d’Air Transat a eu l’idée d’essayer une autre entrée, un autre tapis roulant. Sapi a été transporté jusqu’à la rangée 1 qui devait être plus large, c’est certain la cage allait passer. On a soulevé la cage, posé sur un charriot, transporté Sapi plusieurs mètres devant et réessayé. Le tapis roulant n’était pas encore réchauffé, alors il a fallu attendre avant qu’on ne se rende compte que c’était le même type d’entrée, donc que la cage ne passerait pas. L’heure avançait.
Système de controle de bagage pour aeroportC’est alors qu’un chef est sorti de son bureau. On les reconnaît les chefs ils portent des uniformes : en l’occurrence une chemise rayée dans les tons orangées. Le chef sait. Il faut sortir le chien de sa cage et recommencer l’enregistrement. Les règles doivent être appliquées stricto sensu. Mais par quelqu’un d’autre. Un chef fait faire. Il a appelé une personne pour faire la besogne. Appel. Ligne occupée. Attente. Appel. La personne pour faire la besogne va arriver. L’heure avançait. La personne connaisseuse des tapis roulants, des cages, des chiens n’arrivait toujours pas. L’heure avançait. Il a fallu la rappeler. Puis, l’employé est arrivé souriant, bonasse, lent, pas méchant mais à l’évidence incapable de faire passer une cage sur un tapis roulant dans une entrée uniformisée, partir avec le chien dans les couloirs latéraux, rentrer le chien dans la cage qui aura été souverainement contrôlée et enfin préparer le chien pour l’embarquer dans la soute – si possible dans le bon avion. Alors, la personne pour faire la besogne a commencé de parlementer avec le chef.
Une cage aux dimensions de Sapi (aux normes IATA) est un bagage hors dimension. Par définition, ça ne passe pas par l’enregistrement usuel même si c’est aussi transporté en soute. À Montréal, on abandonne la cage dans un couloir. À Paris, on palabre. L’heure avançait, 1 heure avant le décollage, Sapi était toujours dans le Terminal 3 devant un parterre de badauds en attente de leur vol retardé et qui trouvait distrayant ces aventures anthropocanines.
Alors, je leur ai montré qu’en glissant la cage sur le côté, un des problèmes était résolu. Désormais, le tapis roulant était réchauffé, la cage est passée coucher. Les badauds ont poussé un soupir de soulagement. Puis, j’ai noué un morceau de sangle autour du collier de Sapi et j’ai demandé à suivre le chef, la personne pour faire la besogne, la responsable de l’enregistrement d’Air Transat dans les couloirs. Ils sont tous les trois entrés dans une pièce et m’ont fait signe d’attendre derrière la porte vitrée. Ils passaient au détecteur, ils ont retiré un à un leur clé, leurs papiers, leurs cartes magnétique…. L’heure avançait. Sapi était assis, sage, et m’a longuement regardé. Ils ont hurlé de derrière la porte pour que j’entre. Sapi est passé au travers du détecteur qui n’a pas sonné! La cage, le chef, la personne pour faire la besogne et la responsable de l’enregistrement d’Air Transat attendaient de l’autre côté. Je ne devais pas franchir le détecteur. Je leur ai tendu Sapi, ils l’ont poussé dans la cage, on était en dehors des hangars, le soleil tapait. À quoi diable ça sert de nous demander d’arriver des heures à l’avance pour ça!
bagage aéroport

Il ne restait plus que quelques minutes. Je suis sortie de ces couloirs toute seule. Je n’ai pas pu dire au revoir aux miens. Douane passée, la navette conduisant à l’avion partait, j’ai sauté dedans… juste à temps pour voir la cage hissée dans l’avion.
L’arrivée à Montréal n’a guère était plus reposante, les difficultés se sont poursuivies. Air Transat avait repoussé son vol de plusieurs heures, plusieurs avions ont atterri en même temps. Le flot humain devait passer la douane, moins d’une dizaine de bureaux était ouvert. Attente. Le douanier a tamponné mon passeport et m’a souhaité la bienvenue. Il ne savait pas où était mon chien. Je suis descendue dans l’espace bagages. C’est grand l’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal quand on cherche une cage et un chien. J’ai demandé à une personne en uniforme qui ne parlait ni anglais ni français. C’était la rangée 10. J’ai couru. J’ai vu la cage toute seule dans un recoin, derrière une colonne de béton. Sapi ne bougeait pas. Il attendait. Bonheur de le voir. La cage était sanglée, je suis parvenue à le sortir pour me faire dire par les gens de la sécurité qu’il devait re-rentrer. J’ai cherché un chariot. Il n’y en avait pas qui pouvait contenir et la cage et la valise. Une cage aux dimensions de Sapi est un bagage hors dimension.
J’ai commencé de trainer les deux, Sapi hurlait, il ne voulait plus rester dans sa cage. Il n’en pouvait plus. J’ai trainé seule la cage, attendu en ligne avec les dizaines de voyageurs qui venaient d’atterrir et porté tant bien que mal mon bagage jusqu’au second passage douanier. Sapi hurlait. Là on m’a demandé de passer le contrôle douanier, cette fois avec Sapi. Je trainais ma cage jusqu’au bureau, je ne savais pas ce que je faisais là. Tous les papiers de Sapi étaient en règle. En fait, l’agence des services frontaliers du Canada prélèvent une taxe sur l’entrée des animaux de compagnie au Canada : 34, 18$.Or ce bureau là en particulier ne prenait pas l’interac. Il a fallu changer de bureau, traverser deux colonnes de foule de voyageurs transportant toute sorte de paquets, le tout escortée par un jeune douanier en formation qui prenait son rôle très au sérieux. Je me suis acquittée de mon dû et ai regagné le premier bureau, retraversé les deux colonnes de foule de voyageurs et trainé jusqu’à la sortie la cage de Sapi et mon bagage. Lorsqu’un douanier m’a proposé son aide.

Il a été le seul en plus de 2heures 30 de déplacements implacables à m’offrir ce soutien. Qu’il s’en voit ici remercier. Nous sommes sortis tous les trois par la grande porte des arrivées, lui poussant la cage de Sapi qui hurlait et moi portant la valise.
3 heures avaient passé depuis notre atterrissage.

Il y a des règlements qui visent à préserver le bien-être animal pendant le transport et les compagnies aériennes souscrivent toutes (ou presque) aux normes IATA.
Le problème c’est l’application humaine de ces règlements dans des environnements excessivement uniformisés donc pas adaptés au ‘hors norme’.
Il est à souligner que le billet de Sapi a coûté 500$.


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