Miam-miam mangeons un chien!
15/10/2012Dans certaines civilisations, le chien est un mets très prisé des gourmets. Les Aztèques élevaient des chiens pour les vendre au marché. C’est encore le cas en Corée et dans certaines régions de Chine. Un des plats préférés des banquets de cérémonie chinois est le chow-chow de neuf mois, engraissé au riz, rasé, bouilli puis frit à l’huile. Les Vietnamiens affectionnent particulièrement les chiens roux à langue noire qu’ils conditionnent en saucisses.
Voilà la cynophagie n’est pas l’apanage des peuples barbares, sous-développés. Il n’y a pas si longtemps on doutait de l’appartenance à la famille humaine des peuples qui s’adonnaient à ces pratiques et pourtant…. Pourtant, toutes ou presque les civilisations ont mangé, mangent, mangeront du chien. Lors de la conquête de l’Amérique, les missionnaires faisaient preuve de zèle civilisateur en obligeant les « sauvages » à renoncer à ces coutumes. Consommer du chien est en France un tabou qui, pourtant, supporte de nombreuses dérogations. Il a été retrouvé, dans certaines nécropoles gauloises, des restes de chiens qui avaient été consommés, alors que d’autres, qui n’avaient pas été dépouillés, étaient manifestement des animaux de compagnie. Pendant le siège de Paris de 1594, on faisait bouillir d’énormes marmites de chats et de chiens que l’on distribuait aux pauvres. Au cours de la guerre de 1870, la viande était vendue à 2,50 F le kilo, rue Saint-Honoré à Paris. Et on en consommait encore pendant les deux guerres mondiales. Le chien servira de nourriture et sa viande subira les inspections sanitaires du IIIe Reich à partir de 1943.
Mais c’est Jacqueline Milliet qui explique la raison de cette pratique culturelle qui n’est pas uniquement basée sur le respect ou le non respect d’un interdit alimentaire mais relève plutôt des processus domesticatoires en vigueur dans les sociétés humaines. Mais quelques soit la société on ne mange pas du chien mais on mange un chien!
Pour nous, le chien représente le compagnon à quatre pattes et nous serions enclins à penser que la cynophagie n’est qu’une pratique de barbares. Car ce qui nous révulse c’est que le chien a un statut particulier: non seulement il est entré dans nos maisons, il partage nos repas et nous entretenons des relations affectives avec lui. En tant de guerre, ces notions sociale, territoriale, affective sautent. Là la logique de survie prend le relais: il est en effet plus facile de dissoudre le conflit moral né du paradoxe de la viande en rapprochant les animaux des choses (et peut-être de l’animal-machine de Descartes), ce qui rend leur ingestion moins embarrassante.
Il est facile de fustiger les mangeurs de viande canine. Pour se donner cette bonne conscience, le carnivore humain démentalise les animaux de boucherie alors même qu’il anthropomorphise les animaux de compagnie.
Pour aller plus loin:
Milliet Jacqueline. Manger du chien ? C’est bon pour les sauvages !
Comment concilier le goût pour la viande et l’amour des animaux

Dans le livre de Karine Lou Matignon, Sans les animaux, le monde ne serait pas humain, le docteur vétérinaire 
Le développement durable, c’est aussi s’épanouir et mieux vivre (
Vivre avec un animal en ville est difficile. Vivre ensemble avec un animal en ville touche à des problématiques de partage de l’espace public, de tolérance et ne manque pas d’engendrer des conflits.
réalité : l’animal s’est durablement installé dans la ville.
Le moins qu’on puisse dire c’est que l’article 58.1 du nouveau règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux de la ville de Longueuil manque de mordant et est parfaitement inadapté, ignorant et bête.
Dans les siècles passés, pendant que le chien était utilisé comme pisteur de gibier, éboueur et commensal de l’homme, sa chair était consommée dans l’Europe néolithique et dans l’Amérique précolombienne. Et, il n’y a pas si longtemps en Chine, en France … en Allemagne où la dernière
Il faut bien reconnaître que ces attelages canins sont l’apanage du pauvre. Dès que le statut du propriétaire le permettait, ânes, mulets, chevaux et bœufs prenaient le relais.
En Amérique du Nord, on peut parler avec certitude d’attelage de chiens dès le X° siècle car la civilisation de Thulé établie dès cette époque autour de la Baie d’Hudson utilisait le traîneau à chiens depuis leurs origines.
Ou plus proche de nous, les festivités du Carnaval de Québec comptent des activités puisées dans le mode de vie folklorique québécois, comme la course en canot et la course en traîneaux à chiens. Ainsi, en 1940, par un bel après-midi ensoleillé, tout près du Château Frontenac, un meneur de chiens exerce son attelage à la course.
p. 378. Tout sur la psychologie du chien. 

Les visages sont extrêmement importants pour évaluer les sentiments des animaux. Charles Darwin et ses successeurs ont souligné le rôle crucial des expressions faciales dans notre compréhension des émotions d’autrui. Les visages sont déterminants pour deviner ce que les autres ressentent et pour prévoir ce qu’ils vont faire. Il n’y a pas de communication plus directe pour un animal que de plonger ses yeux dans ceux de l’autre, dit Marc Bekoff, en page 108. Une étude récente (
Ainsi, on peut déduire qu’autrui souffre en observant ce qui apparaît comme des conséquences de la souffrance : il se tord, il se débat, il hurle, écrit en page 52, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer.
de lire les émotions. Or, le chien parvient à décrypter sur le visage de son maître ses moindres intentions, serait-il plausible que le chien apprend le sens de son maître, soit apte à saisir la présence qui parle et passe outre la constitution de l’acteur que chacun se crée pour aller à l’essentiel : par-delà les préjugés et les présavoirs, le chien nous lit.