Nous empestons la mort sans même nous en apercevoir
30/04/2012
Vaches folles, oiseaux infectés, grande peur de la contagion interspécifique, gigantesque massacre de mammifères et de volatiles, parce qu’il faut bien veiller sur les hommes…. Et on ‘voudrait nous faire croire que ce ne sont pas les intérêts mercantiles et le dévergondage mondial du développement qui provoquent ces nouvelles plaies’ ? Élisabeth De Fontenay, ‘Sans offenser le genre humain’.
En considérant les animaux comme un simple outil de production on en est arrivé à l’animal-machine, qu’il est facile de liquider sans le moindre remord. L’abattage industriel a fait de la tuerie administrée un acte purement technique. L’abattage domestique a fait de la séparation de chats et de chiens un acte facile. Les Québécois ont donné, vendu, fait euthanasier un chien à 261 000 reprises et un chat à 491 000 reprises.
Nou
s avons rompu le contrat domestique et tacite qui nous unissait à ceux des animaux que nos lointains ancêtres avaient domestiqués. Pire c’est avec l’indifférence lâche et le soulagement honteux qu’on consent à encore plus d’abattage pour manger (’Les vaches n’ont pas de sentiments: l’auto-persuasion qui nous permet de manger de la viande‘).
Certes, nous sommes issus de civilisations qui pratiquaient des sacrifices : on offrait un animal qui devait être toujours parfaitement sain à un dieu ou aux dieux. On observait aussi les animaux comme on observe d’ailleurs les hommes, les astres et les phénomènes atmosphériques, pour y lire un signe envoyé par les dieux et en tirer des présages; enfin on lit dans les viscères de l’animal sacrifié (le foie souvent, cf. l’hépatoscopie) cherchant les particularités ou anomalies susceptibles d’annoncer heureux ou funestes événements, avancent Janick Auberger et Peter Keating dans ‘Histoire humaine des animaux de l’antiquité à nos jours’. Aujourd’hui, dans les massacres à l’échelle mondiale, il n’y a plus de divin que le dieu technique, le dieu argent, le dieu consommation. A-t-on jamais pensé à ces scènes d’extermination de ces ‘choses’, de ces ‘objets’, de ces ‘denrées’? Quelles sont les conséquences sur le plan symbolique pour une nation?
Dans les sociétés modernes, on tire du sens, ou le sentiment d’une possession exclusive du sens, à partir du non-sens supposé de l’animal. On ne reconnait pas de sens à l’animal mais on lui prend sa vie. L’humain se nourrissant littéralement de cette vie et se nourrissant symboliquement du fait que cette vie n’a pas de sens. Françoise Armengaud, ‘Au titre du sacrifice : l’exploitation économique, symbolique et idéologique des animaux in ‘Si les lions pouvaient parler’ Boris Cyrulnik.
Mais ce que nous faisons à tous ces êtres vivants doués de sensibilité et porteurs de monde il faut en effet savoir que c’est à nous-mêmes qu’en fin de compte nous le faisons. La biologie, la génétique, la théorie de l’évolution enseignent que continuité et parenté – avérées même si elles paraissent encore à certains intolérables – échoient désormais à tous les hôtes de la terre, termine Élisabeth de Fontenay.

Dans les siècles passés, pendant que le chien était utilisé comme pisteur de gibier, éboueur et commensal de l’homme, sa chair était consommée dans l’Europe néolithique et dans l’Amérique précolombienne. Et, il n’y a pas si longtemps en Chine, en France … en Allemagne où la dernière 
La question de l’animal en ville est une question éminemment politique.
J’ai choisi d’avoir un chien mais je n’ai pas choisi de vivre dans une société intolérante. Je vis dans la contrainte.
ion constante de justifier que mon chien est partie intégrante de ma famille

Devant les agissements violents d’humains qui massacrent des chiens, s’étrangler d’horreurs ne sert à rien. Tenter de réfléchir au fait qu’humains et chiens ont coévolué n’apporte pas le répit aux dits chiens. Aborder la portée politique et émancipatrice des nouvelles formes de parenté entre espèces et les conséquences politiques de l’extension aux animaux du statut de significant other, ça fait certes sérieux, mais ça ne stoppera pas la prochaine attaque de démence d’un humain en manque de barbarie. Les animaux ont les droits que leur concèdent la législation. Tant que notre juridique ne fondera pas notre obligation morale envers les animaux, et tant que les sanctions seront ridicules voire inexistantes – et hausser même substantiellement les amendes pour ceux qui contreviennent aux règles sanitaires ne changera rien (voir
Sandraetlechien vous lance une invitation à nous faire parvenir les photos de tous les panneaux indiquant que les chiens – donc leurs humains – ne sont pas les bienvenus sur les sentiers, les pistes cyclables, les aires de loisirs et de sport, les parcs, les chemins…. au Québec.