Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive pour le mois 04/2012

Nous empestons la mort sans même nous en apercevoir

30/04/2012

Sans offenser le genre humainVaches folles, oiseaux infectés, grande peur de la contagion interspécifique, gigantesque massacre de mammifères et de volatiles, parce qu’il faut bien veiller sur les hommes…. Et on ‘voudrait nous faire croire que ce ne sont pas les intérêts mercantiles et le dévergondage mondial du développement qui provoquent ces nouvelles plaies’ ? Élisabeth De Fontenay, ‘Sans offenser le genre humain’.
En considérant les animaux comme un simple outil de production on en est arrivé à l’animal-machine, qu’il est facile de liquider sans le moindre remord. L’abattage industriel a fait de la tuerie administrée un acte purement technique. L’abattage domestique a fait de la séparation de chats et de chiens un acte facile.  Les Québécois ont donné, vendu, fait euthanasier un chien à 261 000 reprises et un chat à 491 000 reprises.
NouAuberger Janick et Keating Peter. Histoire humaine des animaux de l’antiquité à nos jours. Éllipses, 2009s avons rompu le contrat domestique et tacite qui nous unissait à ceux des animaux que nos lointains ancêtres avaient domestiqués. Pire c’est avec l’indifférence lâche et le soulagement honteux qu’on consent à encore plus d’abattage pour manger (’Les vaches n’ont pas de sentiments: l’auto-persuasion qui nous permet de manger de la viande‘).
Certes, nous sommes issus de civilisations qui pratiquaient des sacrifices : on offrait un animal qui devait être toujours parfaitement sain à un dieu ou aux dieux. On observait aussi les animaux comme on observe d’ailleurs les hommes, les astres et les phénomènes atmosphériques, pour y lire un signe envoyé par les dieux et en tirer des présages; enfin on lit dans les viscères de l’animal sacrifié (le foie souvent, cf. l’hépatoscopie) cherchant les particularités ou anomalies susceptibles d’annoncer heureux ou funestes événements, avancent Janick Auberger et Peter Keating dans ‘Histoire humaine des animaux de l’antiquité à nos jours’. Aujourd’hui, dans les massacres à l’échelle mondiale, il n’y a plus de divin que le dieu technique, le dieu argent, le dieu consommation. A-t-on jamais pensé à ces scènes d’extermination de ces ‘choses’, de ces ‘objets’, de ces ‘denrées’? Quelles sont les conséquences sur le plan symbolique pour une nation?

Si les lions pouvaient parler sous la direction B. CyrulnikDans les sociétés modernes, on tire du sens, ou le sentiment d’une possession exclusive du sens, à partir du non-sens supposé de l’animal. On ne reconnait pas de sens à l’animal  mais on lui prend sa vie. L’humain se nourrissant littéralement de cette vie et se nourrissant symboliquement du fait que cette vie n’a pas de sens.  Françoise Armengaud, ‘Au titre du sacrifice : l’exploitation économique, symbolique et idéologique des animaux in ‘Si les lions pouvaient parler’ Boris Cyrulnik.

Mais ce que nous faisons à tous ces êtres vivants doués de sensibilité et porteurs de monde il faut en effet savoir que c’est à nous-mêmes qu’en fin de compte nous le faisons. La biologie, la génétique, la théorie de l’évolution enseignent que continuité et parenté – avérées même si elles paraissent encore à certains intolérables – échoient désormais à tous les hôtes de la terre, termine Élisabeth de Fontenay.

Chiens bons à tout

23/04/2012

Grande Boucherie Canine à ParisDans les siècles passés, pendant que le chien était utilisé comme pisteur de gibier, éboueur et commensal de l’homme, sa chair était consommée dans l’Europe néolithique et dans l’Amérique précolombienne. Et, il n’y a pas si longtemps en Chine, en France … en Allemagne où la dernière boucherie canine a fermé ses portes à Munich entre les deux guerres. Ses poils étaient filés et tissés (en Amérique et dans les Pyrénées jusqu’au 19e siècle).

L’homme n’hésite pas à remodeler l’apparence de l’animal de compagnie. Il sélectionne chez l’animal des formes de comportement répondant à ses attentes et le conditionne à des rituels. Il lui impose ses compétences, codes et des décisions. Il l’enferme dans ses émotions, affects et projections et attend de lui des interactions conventionnelles, dit Christian Talin, dans Anthropologie de l’animal de compagnie.

Le chien a servi pour la garde des personnes et des biens, la défense et la conduite des troupeaux, le nettoyage, le combat, les courses, le portage, la mise en mouvement de moteurs (Les chiens tournebroches du Moyen-Âge et des Roue à chien pour tournebrocherémouleurs jusqu’au 19e siècle), les recherches en tous genres, le guidage des aveugles, la zoothérapie…. L’homme décidément a tout fait subir au chien, lui imposant les transformations les plus extrêmes, ne serait-ce qu’à penser aux multiples races de chien, l’homme n’hésitant pas à lui tailler les oreilles et la queue quand il croit cela utile ou seyant.

Ainsi, l’animal de compagnie a clairement une fonction narcissique. L’amour des animaux est un amour égoïste : l’animal valorise l’homme qui est au centre de son attention, de son univers et qui a sur lui tout pouvoir. ‘ Je suis convaincu que nous n’aimons pas tant l’animal lui-même que sa dépendance à notre égard’, explique Jean-Baptiste Jeangène Vilmer (’L’animal et nous‘). Et surtout la relation dans laquelle la perception continue d’affects se transforme peu à peu en une communication d’intensité variable avec l’animal apprivoisé qui dès lors devient rapidement complice. Cette complicité est source d’un bien-être partagé?, se demande-t-on avec Christian Talin.

Les chiens ne se signalent pas seulement, dans l’histoire, par les ‘services’ matériels qu’ils ont pu rendre à l’homme. Ils ont aussi suscité des croyances et des opinions variées, qui ont influé en retour sur leur traitement. «Les animaux sont un prétexte pour parler de nous et de nos comportements en société», affirme Jacqueline Milliet.

Longueuil choisit d’exclure les citoyens propriétaires de chiens

18/04/2012
  • Alors que nous arrivions armer de notre désir de voir la collectivité entrer dans une logique de renforcement du lien social avec TOUS les usagers, la Ville de Longueuil a décidé – unilatéralement – d’exclure.
  • Alors que nos propos visaient à faciliter le partage et le respect, la Ville de Longueuil a décidé de s’aliéner la moitié de sa population.
  • Alors que nous avions placé maintes requêtes auprès de la Ville de Longueuil pour bâtir ensemble une concertation, les élus et administrateurs semblent avoir été plus sensibles aux cris de certains électeurs et ont pris une décision qui n’est résolument pas basée sur des données rationnelles, sur des faits, sur des rapports, sur des mémoires mais sur une décision émotive guidée par la peur et l’ignorance.
  • Alors que nous venions déposer des documents pour ensemble conjuguer nos idées, que nous pensions sincèrement qu’il y aurait place pour faire ensemble, la Ville de Longueuil a décrété : « Les aboiements des chiens stressent les cerfs de Virginie dans le Parc Michel Chartrand, ce qui déclenche chez eux des réactions imprévisibles. Pour assurer la sécurité des citoyens, nous pensons raisonnables de limiter l’accès au parc », par conséquent a mis fin sans aucun égard à notre démarche citoyenne qui s’est de fait trouvée bafouée brutalement.
  • Alors que le nouveau Règlement a été adopté il y a seulement 6 mois, qu’il n’a pas eu le temps de vivre et de se faire approuver dans les meilleures conditions (aucune signalétique, aucune campagne de sensibilisation, aucune instance assermentée informée), la Ville de Longueuil n’a pas considéré l’entièreté des usages de l’espace public en favorisant une partie de sa population.

Dans cette vision antagoniste dont la Ville de Longueuil est porteuse, personne ne trouvera sa place.
La question du Vivant en ville est et restera cruciale d’abord parce que le nombre d’animaux de compagnie ne cesse d’augmenter et puis parce que les végétaux et les animaux qu’ils soient domestiques ou sauvages sont d’ors et déjà présents dans notre ville, c’est un vrai sujet politique.

Hier soir, la Ville de Longueuil a choisi de bannir mais en politique on le sait ce n’est généralement pas la meilleure avenue!

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Voici le texte que sandraetlechien.com a lu hier soir:

Nous – propriétaires de chiens –  tenons à vous remercier d’avoir entendu nos besoins de bien-être physique et psychique et de ceux de nos compagnons en abrogeant l’ancien règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux et en dotant la ville de Longueuil des Services Animaliers de la Rive-Sud. Un bon pas a été effectué, qui nous démontre que conjuguer le respect des autres et de l’espace public avec le plaisir de vivre en compagnie d’un chien, d’un animal en ville, c’est possible.
Nous n’avons pas pris le temps de venir vous le dire publiquement et veuillez nous en excuser. Le fait de concevoir un programme global d’insertion de l’animal en ville est un acte politique. Ce sont des choix d’équipements, d’organisation de l’espace public mais aussi d’adhésion forte au constat que le ‘vivant en ville’ est un facteur positif pour votre collectivité.
D’un tout prohibitif nous passons à un presque-tout agréable. Car il y a un ‘mais’, dont vous avez déjà dû débattre. Voici trois points que nous soumettons à votre conseil.

  1. Tout d’abord, il faut accompagner ce changement d’une campagne de communication et de sensibilisation pour expliquer aux gens qui n’ont pas d’animal de compagnie ce qu’est votre nouveau règlement. Il est également crucial de revoir toute la signalétique et de retirer les panneaux arborant l’interdiction des chiens un peu partout en ville et de relocaliser les-dits panneaux dans les endroits interdits aux chiens. De plus, avec l’hiver se produit une dramatique disparition : les poubelles sont toutes retirées, il est inutile de vous dire que ce n’est pas propice aux actes citoyens des propriétaires de chiens et de leurs sacs à crottes.
  2. Ensuite, concernant la problématique dans le parc Michel Chartrand, il faut spécifiquement indiquer quel est le règlement en vigueur et quelle est la zone qui peut être fréquentée quitte à apposer des panneaux indicateurs. Il faut prendre en compte l’usage de l’espace public surtout quand il existe, comme dans notre cas actuel, un conflit. Dans ce genre de situation, le rapport de force devient la règle et les appels que j’ai placés auprès des Amis du parc Michel Chartand pour discuter et bâtir ensemble une concertation ont été inutiles. Pour exemple, la cohabitation entre cyclistes et voitures est délicate en l’absence de bande ou de piste cyclable, il en est de même dans notre cas, il faut prendre en compte la diversité des usages de ce parc. A date rien n’a été prévu comme délimitation de l’espace de liberté pour les chiens en laisse aussi certains propriétaires de chiens ont inévitablement transgressé un règlement qui 1/ n’est affiché nulle part, 2/ne prend pas en compte les besoins de ce groupe particulier, 3/ n’est communiqué à aucune instance décisionnelle (police,…) et 4/ n’est absolument mis en application par des agents de surveillance. Avant d’entreprendre tous changements, peut-on envisager une période d’ajustement afin de faire vivre le présent règlement et, surtout, de procéder à une collecte de faits pour dresser un portrait de la situation réelle des chiens en laisse dans ce parc?
  3. Brossard envisage l’interdiction des chiens dit ‘dangereux’ à plusieurs reprises ici je vous ai demandé de tenir une table de concertation sur le Vivant en ville.Il nous faut tenir une réflexion sur ‘les races dites dangereuses’, car avant d’interdire, il faut comprendre pour prévenir. (pour aller plus loin: Pourquoi les pit bulls de Jean Lessard)

Avec qui voulons-nous vivre et comment? Paradoxalement, pour humaniser le monde que nous souhaitons habiter, il nous faut apprendre à vivre avec et à accueillir des non-humains.

À quand une table de concertation sur la question de la place qu’on veut, comme société longueuilloise, accorder aux animaux?

Il faut en effet faciliter la présence de l’animal en ville, permettre une cohabitation harmonieuse avec les autres usagers et accroître la responsabilité des maîtres, aussi la ville de Longueuil doit développer des initiatives originales pour intégrer les animaux de compagnie dans le service que vous rendez à vos citoyens et ainsi développer une véritable approche citoyenne de l’animal de compagnie

Rappel:

Nous sommes une société violente et hostile à ce qui est différent
Le nouveau Règlement Co-2008-523 sur le contrôle des animaux de Longueuil

Vivre avec un chien à Longueuil, état des lieux

16/04/2012

Interdit aux chiensLa question de l’animal en ville est une question éminemment politique.

C’est une question d’urbanisme, de loisirs, de logement, d’emploi, de transport, de sécurité publique, de civisme.
Entre autre.

Voici la démonstration.

En théorie dans notre ville de Longueuil.

  • J’ai autant le droit de vivre dans cette ville que quiconque choisit d’y déposer ses valises
  • J’ai autant le droit de me promener dans les rues, dans les parcs, sur les trottoirs que les gens qui s’y promènent avec une poussette ou en fauteuil roulant
  • J’ai autant le droit de choisir de louer un appartement que les milliers de locataires longueuillois
  • J’ai autant le droit de profiter de l’environnement que les amoureux de la nature
  • J’ai autant le droit de vivre avec qui me semble comme toutes les familles, couples, célibataires

Or, depuis que je suis longueuilloise, je n’ai plus aucun droit. Je vis avec un animal.

tolérance, chien en ville, coexistence, cohabitation, Longueuil, intolérance, table de concertation, les chiens n'ont pas de place, espaces verts, urbanismeJ’ai choisi d’avoir un chien mais je n’ai pas choisi de vivre dans une société intolérante. Je vis dans la contrainte.

  • Je suis contrainte d’éviter les parcs et les espaces de loisirs familiaux aux heures d’affluence
  • Je suis contrainte de trembler de peur quand mon chien jappe, occasionnellement, dans mon logement
  • Je suis contrainte de recevoir des plaintes anonymes de la part de citoyens bien intentionnés
  • Je suis contrainte de vivre avec la  pressPas de place pour les chiens, les amis du parc Michel Chartrand, tolérance, chien en ville, coexistence, cohabitation, Longueuil, intolérance, table de concertation, les chiens n'ont pas de place, espaces verts, urbanismeion constante de justifier que mon chien est partie intégrante de ma famille
  • Je suis contrainte d’informer les citoyens que mon chien a le droit de se promener en laisse dans les espaces verts quand des pancartes affichent le contraire
  • Je suis contrainte de porter pendant des kilomètres le sac à crottes de mon chien cherchant vainement une poubelle retirée des parcs pour l’hiver
  • Je suis contrainte d’essuyer la violence verbale des citoyens sans chien

En pratique dans notre ville de Longueuil, j’ai des devoirs dans le sens de l’impératif catégorique pour m’éviter le rejet social

  • J’ai le devoir de redoubler d’attention dans l’éducation de mon chien
  • J’ai le devoir de m’acquitter avec conscience et régularité de mes obligations
  • J’ai le devoir d’apporter les soins adéquats et de fournir les besoins nécessaires au bien-être de mon chien dépendant
  • J’ai le devoir de rappeler à qui ne peut l’entendre que les propriétaires de chien n’ont pas d’espaces pour profiter de la relation avec leur compagnon et pratiquer des sportsempathie,Pas de place pour les chiens, les amis du parc Michel Chartrand, tolérance, chien en ville, coexistence, cohabitation, Longueuil, intolérance, table de concertation, les chiens n'ont pas de place, espaces verts, urbanisme
  • J’ai le devoir de rappeler, en Conseil de ville de Longueuil, que je ne suis pas libre de mes déplacements, que je ne suis pas libre de choisir le logement dans lequel je voudrais vivre, que je ne suis pas libre de ma capacité de jouir de la ville et de ses attraits, que je ne suis pas livre de pratiquer mes sports à ma guise…..
  • J’ai le devoir d’alerter que la non-situation de vie des animaux de compagnie à Longueuil, donc des humains qui vivent avec lesdits animaux de compagnie, est intolérable
  • J’ai le devoir de rappeler que derrière chaque animal de compagnie il y a un être humain

Cela fait plusieurs années que sandraetlechien le demande mais va réitérer sa requête demain soir en Conseil de ville :

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Rappel des démarches antérieures:

http://sandraetlechien.com/2011/le-nouveau-reglement-co-2008-523-sur-le-controle-des-animaux-de-longueuil/

Est-ce inhumain de battre un chien?

09/04/2012

Le crime contre l’humanité vise à interdire l’inhumain : autrement dit des actes contraires à la dignité humaine, qui s’opposent à la notion même d’humanité. Mais, c’est quoi l’humanité? La réunion de tous les hommes?
En fait on devrait plutôt poser la question comme suit : est-il éthique de battre un chien? L’éthique est la reconnaissance de l’humain par l’humain, et les caractéristiques spécifiant l’humanité serait : vivre bien, par conséquent sans causer des souffrances superflues aux animaux . Aussi, selon toutes vraisemblances la réponse serait non.

Or voilà, la réponse est oui.

Le chien n’est-il pas qu’un bien meuble, un objet, un truc, bref une machine, à quoi bon s’époumoner de quelques coups? Même s’il existait une argumentation rationnelle en faveur des droits des animaux (et il en existe une), l’éthique ne relève pas des mathématiques. Les démonstrations morales irréfutables (’vous ne devez pas battre des animaux’, par ex.) se heurtent à un obstacle : il est difficile d’y intéresser les gens.
L’amère réalité nous l’enseigne : il n’existe pas d’argument de construction massive : les humains ne sont pas des créatures rationnelles, du moins pas en ce sens, nous ne réagissons pas bien à l’argumentation logique. Bref, les intéresser au sort des animaux par des réflexions ne semble pas la meilleure voie à emprunter. (Entretien avec Adela Cortina, ‘les animaux ont une valeur morale, mais pas de droits’)
Les animaux sont-ils des êtres de droit, au même titre que les humains? Devant les agissements violents d’humains qui massacrent des chiens, s’étrangler d’horreurs ne sert à rien. Tenter de réfléchir au fait qu’humains et chiens ont coévolué  n’apporte pas le répit aux dits chiens. Aborder la portée politique et émancipatrice des nouvelles formes de parenté entre espèces et les conséquences politiques de l’extension aux animaux du statut de  significant other, ça fait certes sérieux, mais ça ne stoppera pas la prochaine attaque de démence d’un humain en manque de barbarie. Les animaux ont les droits que leur concèdent la législation. Tant que notre juridique ne fondera pas notre obligation morale envers les animaux, et tant que les sanctions seront ridicules voire inexistantes – et hausser même substantiellement les amendes pour ceux qui contreviennent aux règles sanitaires ne changera rien (voir annonce ministérielle) -  alors il sera toujours inhumain de battre un chien, ça restera toujours un acte contre l’éthique sans aucune conséquence.

Le droit peut accorder une valeur qui pourra ensuite se diffuser à la majorité. Là un nouveau paradigme fera son apparition. Les vérités seront encore à faire advenir, petit à petit, dans les rouages du quotidien. Rien ne sera immédiat, et simple, ni même assuré. L’exercice sera lent et il y aura – il y a – beaucoup de résistance.  Reconnaître des droits aux animaux, ça ne contraindra pas les êtres abjectes de les battre mais l’homme moyen, progressivement, incorporera de nouvelles attitudes et pourra alors mesurer les différentes valeurs en jeu. Et opter pour la valeur supérieure.

Pour un jour finir par condamner. Collectivement.

Interdit aux chiens: à vos photos

02/04/2012

Interdit aux chiens, chiens citadins, politiques municipales, règlement liberticide, politique animale en ville, Québec, carte des sentiers, parcs, espaces de loisirs, Sandraetlechien vous lance une invitation à nous faire parvenir les photos de tous les panneaux indiquant que les chiens – donc leurs humains – ne sont pas les bienvenus sur les sentiers, les pistes cyclables, les aires de loisirs et de sport, les parcs, les chemins…. au Québec.

Faites parvenir à sandraetlechien@gmail.com votre photo et indiquez le lieu et la date où vous l’avez prise, nous tenterons d’avoir un portrait de la situation au Québec : MERCI.  Ainsi à la fin de l’été, nous dresserons une carte du Québec, une autre carte qui donnera une vision descriptive et factuelle de ce qui se passe. Alors, sera-t-il possible de démontrer visuellement que les propriétaires de chien vivent avec beaucoup de restrictions sur leurs libertés de mouvement et n’ont qu’un accès très limité à la province du Québec !

Interdit aux chiens, chiens citadins, politiques municipales, règlement liberticide, politique animale en ville, Québec, carte des sentiers, parcs, espaces de loisirs, ,Cette situation est d’autant plus révoltante qu’elle pénalise tous les propriétaires: ceux qui ont un chalet, ceux pour qui un chien est un choix de vie, un rempart contre la solitude et l’exclusion

Cette situation est d’autant plus révoltante qu’elle pénalise TOUS les propriétaires: ceux qui ont le choix de laisser courir leurs chiens sur le terrain de leur chalet, ceux qui restent en ville et pour qui un chien est un choix de vie, un rempart contre la solitude et l’exclusion

La position québécoise est avant tout :

1. restrictive, car elle interdit aux propriétaires de chiens l’accès à certains espaces ;  et
2. ségrégative, car elle favorise le rejet des chiens en insistant sur le caractère nocif de leurs présences.

Nos compagnons canins sont capables de vivre, et de bien vivre, partout où nous vivons. C’est au maître, ensuite, d’assurer à son chien des conditions de vie décentes. Moins d’activité avec son chien, moins d’interaction, moins d’intérêt font également le nid de problèmes comportementaux. Il y a un lien de causalité qu’il nous reste à démontrer entre les milliers de mises à mort de chiens/an au Québec et l’impossibilité dans laquelle se trouvent les propriétaires de chien et leurs familles de fréquenter les lieux de loisirs et de détente, les espaces verts, les pistes cyclables, les sentiers de sport avec leurs chiens…. Les propriétaires ne savent tout simplement pas où aller avec leur toutou, car les parcs à chiens ne suffisent pas à remplir les besoins éthologiques du chien.

Existe-t-il des éléments qui démontreraient que le Québec mène une politique d’intégration active et positive de l’animal?

Vos photos le confirmeront ou l’infirmeront.

Merci d’avance pour votre participation!


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