Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive pour le mois 03/2012

C’est un débat à faire

26/03/2012

Les animaux n’ont aucune existence pourquoi s’en soucier! Juridiquement, les animaux au Québec ne sont pas en vie. Ils ne respirent pas. Ne souffrent pas. Ne vivent pas. Aussi, ne venez pas quémander des droits, qui plus est au même titre que l’humain. Assez vite ce type d’arguments ne tient pas.

Les animaux n’ont aucune existence, droit des animaux, dignité des animaux, projet de règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens, Loi sur la protection sanitaire des animaux (L.R.Q., c. P-42)En fait ne tient pas… pour le propriétaire de chien, car pour la personne qui n’a jamais eu d’animal de compagnie, pour l’administration et les gestionnaires d’espaces de loisirs, d’espaces verts, somme toute ces arguments sont très utiles : on classe un problème. On se doute qu’en ouvrant la boîte de Pandore de la question de l’animal en ville ou en banlieue, ça va générer des questionnements impossibles. Mieux vaut surtout pas, quand on est un homme ou une femme politique, faire face aux débats qui vont en découler.

Et pourtant c’est un débat de société à faire. Il n’a jamais eu lieu. Il serait grand temps! Les quelques rencontres du groupe de travail sur le bien-être des animaux de compagnie n’avaient de toute manière pas l’objectif de répondre à cette question : quelle place veut-on comme société accorder aux animaux?  Ce débat ne sera pas facile, car il induit des changements profonds dans notre rapport à l’autre, l’autre différent. Et ne venez pas nous dire que ‘ce ne sont que des animaux’.

Négliger l’importance des droits animaux c’est se bafouer soi-même.
Les animaux dans le Québec francophone n’ont pas de droit. Se battre pour pouvoir faire marcher son chien dans un parc avec des arbres et de l’herbe, en arriver là de la démonstration du besoin primaire d’un couple anthropocanin, au 21è siècle, démontre si besoin est que les animaux n’ont pas de droit. Et la législation québécoise ne leur concède pas grand-chose. La manière de réguler chaque jour davantage la façon dont nous devons les traiter est assez simple : ils sont bannis.

Alors imaginez si nous devions en plus débattre de la question à savoir si les animaux ont un type de droits semblable à ce que nous appelons les ‘droits de l’homme’, c’est-à-dire non pas ces droits que les États concèdent mais ceux inaliénables qu’ils sont tenus de reconnaître. Pendant ce temps, ailleurs, comme le précise Jean-Baptiste Jeangène Vilmer Éthique animale,  ‘Les Suisses ont été jusqu’à inscrire la reconnaissance de la ‘dignité des animaux’ dans leur Constitution. La dignité de la créature a été introduite dans la Constitution suisse depuis 1992 dans le contexte des progrès du génie génétique. La formule concerne aussi les végétaux. Par ailleurs, une loi de 2000 sur la protection des animaux évoque la ‘dignité de l’animal’ entendue comme ‘la valeur propre de l’animal qui doit être respectée par les personnes qui s’en occupent’.

Pourquoi est-ce si difficile au Québec? Peut-être parce que ce qui est en jeu c’est le rapport de l’homme avec lui-même, à l’être de lui-même.

Pour ne pas aller plus loin :
« Vers un véritable réseau pour le bien-être des animaux de compagnie » préparé par le groupe de travail présidé par Geoffrey Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones et député de Jacques-Cartier

Projet de règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens

Mon chien, les miens et moi: une tribu

19/03/2012

La psychologie et la psychiatrie évolutionnistes avancent une théorie bien intéressante pour expliquer pourquoi l’être humain a besoin de vivre avec des animaux (ou des animaux pour vivre), levant par là même tout ce qui peut encore subsister de mystère sur la présence des animaux à nos côtés.
Quelque chose de la mentalité tribale a dû subsister dans l'Homme moderne par la voie des adaptations phylogénétiques à la vie en tribuAinsi, vivre avec un animal, ne serait qu’une inscription (presque génétique) de plus dans notre évolution.  Nos lointains ancêtres au mode de vie tribal de chasseurs-cueilleurs -  qui a duré quelque trois millions d’années au moins – aurait laissé des traces sous forme de tendances, de ‘prédispositions phylogénétiques’, susceptibles d’expliquer l’existence de certaines attentes affectives que remplit le chien ou l’animal de compagnie.

L’homme et la femme, programmés chasseurs-cueilleurs, désirent retrouver une ambiance tribale: la présence d’animaux de compagnie les aide en ce sens. Une famille et son chien reconstituent une tribu; un être humain et son chien forment une ‘tribu à deux’. Le chien recrée le lien tribal. Quel propriétaire de chien n’est pas ému par l’accueil joyeux que son animal lui fait à son retour au foyer, parfois après une absence pourtant fort courte : le chien réagit à chaque fois comme si son compagnon humain revenait dans le clan tribal après une longue et lointaine expédition. Peu d’humains sont reçus ainsi à leur retour par les membres de leur famille …
Étant carnivores et prédateurs, les chiens (et les chats) correspondent aux tendances de chasseurs inscrites dans le psychisme humain. Pour le Chien, le groupe humain auquel il est attaché est effectivement sa meute, sa ‘tribu’, comportant un leader auquel il obéit. La nature de la relation du chien envers son maître ‘leader de la meute’ pourrait être perçue par l’Homme et lui être renvoyée (inversée: suiveur fidèle), de façon partiellement imaginaire, partiellement objective. Le compagnonnage qui s’est très tôt installé entre l’ancêtre du Chien et l’Homme chasseur-cueilleur a dû être facilité par cette prédisposition com¬mune à vivre en ‘tribu’, et à se comporter en prédateurs sociaux.

Pour aller plus loin: Why Do People Have Pets ? Today’s Reasons are reasons for All Times.
Article par Philippe Bernard et Albert Demaret

Bien meuble, chair à canon matière à science… belle progression!

12/03/2012

Tobie Nathan, Isabelle Stengers, Lucien HounkpatinMais cher Professeur, quel gaspillage! Quand on pense à l’intérêt théorique que présente un tel cas… c’est une superbe occasion…. Un nouveau domaine pour développer la théorie…. Imaginez cela : un sauvage, un primitif, un fossile vivant entièrement à notre disposition. On pourrait étudier son psychisme, vérifier si la technique psychanalytique marche dans son cas… l’interroger sur ses fantasmes

c’est Sandor Ferenczi qui parle

Une névrose traumatique chez un primitif…. Est-ce seulement possible? La théorie permet-elle un tel monstre?

C’est Sigmund Freud qui lui répond

Le primitif est celui qu’on interprète et le civilisé celui qu’on écoute.
Un primitif qui porte les armes contre un être civilisé ce n’est pas un soldat c’est un animal enragé qu’il faut supprimer…..

La damnation de Freud p 20-21-24

Si on conjuguait cet échange?

Mais cher Propriétaire, quel gaspillage! Quand on pense qu’il faut des preuves sur l’intention de causer la souffrance à un animal … c’est une superbe occasion…. Mettez-lui donc des chaînes autour du cou qu’il obéisse à vos exigences d’homme, ne vous en n’occupez point et exigez la sainte paix…. Imaginez cela : un chien, un moins que rien, une chose entièrement à votre disposition. Changez-en au moindre trouble.

Un propriétaire

Parfaitement contrôlé, il vous obéira par force, vous n’aurez pas à perdre votre temps à étudier son psychisme ou vérifier si l’approche en renforcement positif marche dans son cas… Allez chercher un nouveau spécimen dans l’animalerie du coin, voilà ce qu’il faut. Pas besoin de travailler avec cette bête, perte de temps, vous avez mieux à faire.
Un animal qui a des exigences, ce n’est pas un signal, c’est un animal qu’il faut supprimer.

Celui qui répond

Peut-être le jour viendra-t-il où le reste du règne animal retrouvera ces droits qui n’auraient jamais pu lui être enlevés autrement que par la tyrannie. Les Français ont déjà réalisé que la peau foncée n’est pas une raison pour abandonner sans recours un être humain aux caprices d’un persécuteur. Peut-être finira-t-on un jour par s’apercevoir que le nombre de jambes, la pilosité de la peau ou l’extrémité de l’os sacrum sont des raison tout aussi insuffisantes pour abandonner une créature sensible au même sort.

Jeremy Bentham (1748-1832)

Bien meuble, chair à canon matière à science… belle progression!

Cohérence zoothérapeutique

05/03/2012
cohérence cardiaque

La cohérence cardiaque est un état particulier de la fluctuation de la fréquence cardiaque qui permet d'équilibrer le système nerveux autonome et la gestion émotionnelle

À l’inverse du chaos, nous vivons aussi des moments de cohérence. Ce ne sont pas nécessairement ceux qui nous marquent. Ce ne sont pas que des implants d’extase ou de ravissement. Dans un laboratoire de Californie où on étudie la cohérence cardiaque, Josh, le fils d’un des ingénieurs, âgé de 12 ans, rendait souvent visite à son père et à son équipe. Il était toujours accompagné de Mabel, son labrador. Un jour, un des ingénieurs eu l’idée de mesurer la cohérence cardiaque de Josh et de Mabel. Séparés, GuérirJosh et Mabel étaient dans un état mi-chaotique mi-cohérent tout à fait ordinaire. Mais dès qu’on les mettait ensemble, ils entraient tous les deux en cohérence. Si on les séparait, la cohérence disparaissait à nouveau, presque immédiatement. Pour Josh et Mabel, le simple fait d’être ensemble était générateur de cohérence. Ils devaient le sentir intuitivement, puisqu’ils étaient inséparables. Pour eux, être ensemble n’était certainement pas une expérience hors du commun mais simplement quelque chose qui nourrissait leur être émotionnel, à chaque instant. Quelque chose qui leur faisait du bien. Quelque chose qui faisait que Josh ne se demandait jamais s’il ne ferait pas mieux de vivre avec un autre chien, ni Mabel avec un autre maître. Leur relation leur apportait une cohérence intérieure, elle entrait en résonance avec leur cœur.
L’état de cohérence cardiaque influe aussi sur les autres rythmes physiologiques. En particulier, la variabilité naturelle de la tension artérielle et celle de la respiration s’alignent rapidement sur la cohérence cardiaque et ces trois systèmes se synchronisent…… La cohérence du rythme cardiaque représente une réelle économie d’énergie pour l’organisme.

Est-ce une voie intéressante à investiguer en thérapie assistée par l’animal?

David Servan-Schreiber, Guérir, le stress, l’anxiété et la dépression, p. 69-70


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