Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive pour le mois 02/2012

Les animaux ont contribué à l’amélioration de notre vie émotionnelle

27/02/2012

Made for Each Other: The Biology of the Human-Animal Bond L’évolution de l’homme moderne a été, dans une large mesure, propulsée par ses interactions historiques avec les animaux et les liens émotionnels qui se sont alors formés. Aussi, si les humains ont eu une vision anthropomorphique des animaux, c’est bien parce que ces deux espèces se ressemblent. Et les points qu’ils ont en commun sont évidents notamment avec le loup/chien. Un grand nombre de biologistes, d’archéologues et d’anthropologues estiment que l’une des raisons pour lesquelles nous sommes si différents des primates, est que les loups nous ont beaucoup appris sur nos affinités avec eux et notre comportement de chasseur. Du reste, leur métamorphose en chien a commencé bien plus tôt que ce l’on suppose généralement. Du moins si l’on suit les conclusions de Meg Daley Olmert. Elle décrit une coévolution agréable, au cours de laquelle nous étions devenus si proches des loups de plus en plus apprivoisés que nous pouvions allaiter les louveteaux. Les sécrétions d’ocytocine des loups et des humains lors de nos rencontres intimes rendaient chaque espèce plus douce et bienveillante à l’égard de l’autre.

Meg Daley Olmert croit aussi que les loups-chiens, qui gardaient le territoire des hommes, nous ont rendus plus intelligents en tant qu’espèce. Enfin, elle formule l’hypothèse selon laquelle nous ne souffririons plus d’insomnies et d’agitations nocturnes; le fonctionnement de notre cerveau s’est amélioré grâce à un sommeil long et profond. L’ocytocine nous a permis de réaliser d’autres exploits.

Si l’on poursuit dans cette logique, on peut dire que la relation entretenue entre les deux espèces étaient vivantes, elle repose sur une transformation complexe des acteurs et non pas uniquement sur l’échange mécanique de messages, d’objets ou de sentiments. Cette transformation correspond à un apprentissage compris comme un processus relationnel.

La thérapie assistée par l’animal s’éclaire à la lecture ce qui précède!

Pour aller plus loin:

Les animaux nous rendent-ils plus humains?

L’attelage canin? C’est le moyen de transport du pauvre

20/02/2012

Il n’y a pas si longtemps, au Québec, les chiens étaient employés pour la traction de petites carrioles. Ils tiraient toutes sortes de cargaisons: transport du petit bois, des bidons de lait, des courriers postaux  etc. L’armée les employait pour le transport des munitions et des vivres. Toutes les races étaient employées, pourvu que les individus soient costauds. En pratique, comme les races les plus musclées (molosses) étaient les plus chères à l’entretien, on voyait davantage de corniauds. Bien souvent, les chiens portaient une muselière pour ne pas importuner les passants et les chiens alentour.

Cette photo date de 1929 et a été prise près de la ville de QuébecIl faut bien reconnaître que ces attelages canins sont l’apanage du pauvre. Dès que le statut du propriétaire le permettait, ânes, mulets, chevaux et bœufs prenaient le relais.

En Europe, l’habitude d’atteler des chiens semble avoir pris naissance à la fin de la Révolution, essentiellement dans la moitié Nord de la France. L’essor fut tel, que la préfecture de Paris dut l’interdire en 1824 pour des raisons de sécurité et d’encombrement. En fait, ‘C’est l’aversion à l’égard de la visibilité publique du sang et des corps meurtris des bêtes qui incite les premiers militants de la cause animale, en Europe, à proscrire des pratiques longtemps tenues pour banales. Les campagnes conduites contre l’usage des attelages de chiens constituent une autre preuve éloquente. Les griefs adressées à la pratique doivent encore bien peu à la sympathie réservée à un animal familier. En fait, les premiers détracteurs de l’usage de chiens comme bêtes de trait s’insurgent avant tout contre le spectacle répugnant auquel ils peuvent donner lieu (p 24, Christophe Traïni, La cause animale, 1820-1980, essai de sociologie historique).
C’est pourquoi, en 1850, la loi Grammont visant à la protection animale aboutit à l’interdiction de cette pratique.

En Amérique du Nord, on peut parler avec certitude d’attelage de chiens dès le X° siècleEn Amérique du Nord, on peut parler avec certitude d’attelage de chiens dès le X° siècle car la civilisation de Thulé établie dès cette époque autour de la Baie d’Hudson utilisait le traîneau à chiens depuis leurs origines.

Parallèlement, la ruée vers l’or au Klondike c’est en partie fait sur le dos des chiens qui travaillaient sans relâche à assurer les transports de bois, de courrier, de vivres, d’hommes et d’or. Ils faisaient tous les travaux que les chevaux exécutaient au Sud.

Puis progressivement, de chiens de travail on est passé à chiens d’attelages de course. C’est ainsi que les premières courses d’attelage virent le jour, avec des paris importants mis en jeux. D’ailleurs, le Québécois Emile St. Godard (1905-1948) remporte la médaille d’or des Jeux olympiques de Lake Placid en 1932, lors d’une démonstration d’attelages de chien. À ce jour, il demeure le seul coureur d’attelages de chiens à être intronisé au Temple de la renommée des sports du Canada et du Manitoba.

les festivités du Carnaval de Québec comptent une course en traîneaux à chiensOu plus proche de nous, les festivités du Carnaval de Québec comptent des activités puisées dans le mode de vie folklorique québécois, comme la course en canot et la course en traîneaux à chiens. Ainsi, en 1940, par un bel après-midi ensoleillé, tout près du Château Frontenac, un meneur de chiens exerce son attelage à la course.

Pour aller plus loin:
Les origines du service postal par traineau à chiens
Les chiens de trait
Origines du traineau à chiens
Histoire du plus grand carnaval d’hiver au monde

Doga: le yoga et le chien ou le yoga pour chien?

13/02/2012

Les postures de yoga imitent la nature. Les postures du chien sont naturelles. Quand l’humain fait du yoga, il pratique des postdoga, Yoga Dogs 2010, postures, asana, chien, pratiqueures naturelles. L’humain imite son chien :) ….
Plus sérieusement, le Doga n’est pas à proprement parler du yoga pour les chiens. De toute évidence, certaines postures seront à jamais impraticables pour le chien (voir ci-contre).

Apprentissage du Bateau

Le yoga peut aussi être défini comme des techniques et stratégies employées pour atteindre l'union entre soi, son poilu et l'univers

Mais, c’est une activité qui permet au maître de se connecter à son chien pour renforcer l’unicité des liens qui les unit, en plus de revisiter certaines positions traditionnelles du yoga donc d’apprendre avec son poilu… et de se mettre dans une position inusitée et différente.

Il y a des postures qui sont évidentes pour le chien : la classique du « chien tête en bas » qui imite l’étirement naturel du chien quand il se lève, par exemple. Ou la posture du chaturanga dans laquelle le chien fait le beau. Les salutations (soleil ou lune) peuvent être mixées aux mouvements du chien. Ainsi vous êtes debout ; le chien est devant vous. Vous prenez une respiration profonde et vous amorcez une flexion en avant en tendant le bras et le chien vous donne la patte. Ou vous l’amenez à faire une salutation à son tour.

À des degrés divers, le partenaire poilu participe aux exercices. Tout dépend, bien entendu, de son tempérament et sûrement de son humeur du jour. Chaque chien réagit au Doga de façon différente. Certains s’y mettent naturellement, d’autres sont plus récalcitrants Car les mouvements sont lents et se font dans le silence… sauf quand le chien se laisse distraire et se met à aboyer. Il est inutile de penser que vous allez dépenser toute l’énergie de votre chien là, reste que l’environnement et le calme ambiant diffèrent de la routine quotidienne.

Le yoga, union, doga, chien, témoin, expérience, univers, posture

Pour illustration : chaque fois que je m’asseois sur les talons, Sapi s’asseoit en face de moi et fait le beau (chaturanga).

Là où cela devient intéressant, c’est d’établir une concentration suffisamment cobra ou bhujangasana, doga, yoga pour chien, asana, yogi,préparation du corps et de l’espritforte et durable pour que le chien suive le maître dans son enchainement corporel, d’où la difficulté de lui apprendre une technique en utilisant une partie du corps humain.  Une fois que le chien a maîtrisé un nouveau mouvement, l’humain ‘conditionne’ son chien avec son corps, il introduit un mouvement corporel qui va devenir un déclencheur systématique pour le chien.

Apparemment, le Doga permettrait de combattre le stress…. Cela a fonctionné pour la maîtresse, la moitié du temps pour Sapi…. Bon, de toute manière, le yoga est une discipline qui s’acquiert avec le temps.

Cette pratique vise aussi à améliorer la digestion et la fonction cardiaque des chiens eCalifornie, le Bodhi Store,jouets,chiens adeptes du yoga,«balle de l'Om»,chant de l'Om, yogi Bhagavan Da.t à soulager leur colonne vertébrale, dit-on. Qu’à cela ne tienne, les conditions de vie moderne créant de nombreux déséquilibres, tant mieux si une activité d’harmonie du corps et de l’esprit peut permettre de compenser.
Il n’en reste pas moins que le Doga est un moment privilégié de partage entre le chien et son maître.

Sandraetlechien a fait ses premiers asanas chez Dogue Shop

Pour aller plus loin:

Yoga pour chiens
Doga…ou le yoga avec son chien

Doga a new take on downward facing dog

Le yoga pour chien « made in Japan »

Doga Yoga for dogs

Le yoga des chiens, traduction de Doga : Yoga For Dogs, de Jennifer Brilliant et William Berloni

C’est facile de rejeter le droit d’être aux animaux

06/02/2012

La vie vivante Nous vivons dans des systèmes. ‘L’économie mondiale est devenue un système. La technoscience en est un autre. L’appareil médiatique planétaire, qui s’est substitué à l’ancien journalisme, s’apparente à un système. Le cyberespace est un dispositif comparable. La même remarque peut être faite de la finance planétaire, vaste réseau hors sol dont rend assez mal compte l’expression ‘marchés financiers’. Ces différents systèmes posent les mêmes difficultés à la citoyenneté démocratique et aux États nations. Qui les gouverne vraiment?’ se demande Jean-Claude Guillebaud, p 23 La vie vivante.
Dans cette vastitude, les adversités deviennent quasiment impossibles à personnaliser. Ceux qui servent la domination, ce sont rarement des hommes, des groupes, des partis. Confrontés à ces systèmes, nous risquons l’effacement.
Mais voilà, il y a les animaux. Ils ne sont pas un système, même s’ils sont accouchés plus souvent qu’autrement par (et dans) un système ‘puppy mills’ (du moins au Québec). Les animaux sont vrais. Tangibles, ils sont là vraiment, maintenant, comme un miroir de notre possible. Alors que dans la vie courante les systèmes sont proliférant et charrient en les mêlant de manière confuse, promesses et menaces, l’animal est là à nous renvoyer cette absurdité, à nous renvoyer notre propre insuffisance.
Parfois même notre rien.
Qui pourrait encore définir avec certitude ce qu’est aujourd’hui un individu, un être humain, une conscience, une réalité, une matière? Tous les concepts qui définissaient notre rapport au monde sont devenus soupçonnables. Reste la relation aux animaux qui représente quasiment les anciennes relations humaines qui procédaient de la subjectivité, vous savez celles qui mêlaient confiance, solidarité, empathie, dévouement, complicité…. Là est le mystère. Car les animaux nous éduquent. Là est leur grande faute. Parce que nous ne voulons pas être domestiqués ni éduqués par eux. Nous ne voulons rien leur devoir. (Jocelyne Porcher)
Ce qui est en jeu c’est le rapport de l’homme avec lui-même, à l’être de lui-même. Il faut une mutation de ce rapport disait Bernard Sichère, or l’animal la permet cette mutation.
D’un bord l’absurde d’une globalisation à vitesse inhumaine et la trop-signifiante rencontre avec une Altérité Autre, dans ce hiatus il n’est pas nécessaire de faire appel à des droits inaliénables pour fonder notre obligation morale envers un être quel qu’il soit : il suffit pour cela que nous lui accordions une valeur morale. Or, tous les êtres sur cette terre n’ont pas la même valeur morale. Les animaux ont une valeur relative à d’autres valeurs avec lesquelles elle peut entrer en conflit….


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