Un homme peu sûr
30/01/2012
L’homme est tellement peu sûr de savoir ce qu’il est, qu’il presse l’animal de le lui ‘dire’ et cherche dans cette altérité de quoi déduire sa propre identité (p 16, L’animal dans nos sociétés). C’est ce qui pourrait expliquer la violence faite à l’encontre des animaux. La séparation de l’homme et de l’animal procède d’un interdit essentiel : la nature animale est ravalée parce que trop proche.
Alors, définir l’animal reste une ‘affaire d’hommes’. Mais, le problème c’est que la définition de l’homme n’a jamais su se passer de la référence à l’animal.
Qu’il s’agisse en effet de nommer l’humain ‘animal raisonnable ou l’animal politique’, l’humain c’est toujours l’animal c’est-à-dire étymologiquement le vivant ou encore ‘l’animé’ avec un quelque chose de plus. Ce quelque chose en plus nous l’appelons raison, logos, justice, âme, langage, conscience, liberté, parole, sens de la mort, sens de l’histoire, sens de l’éternité, sens du sens… De telle sorte que l’animal, lui, est virtuellement toujours représenté en manque. En manque de toutes ces bonnes choses : la justice, la raison, la parole etc. Comme s’il était une sorte d’humain avec quelque chose en moins. Inapte, diminué, inabouti. Moindre substance sur la carte de la création. Ou alors, simple étape, ébauche, jalon, maillon sur la grande chaîne de l’évolution.
1/ Telle serait la première ‘mauvais manière’ idéologique faite à l’animal : la méconnaissance du propre. Or toute méconnaissance du propre de l’animal se traduit par une dévalorisation impropre et finalement inique.
2/ La seconde mauvaise manière dont il y a à se plaindre c’est que par principe les animaux ne sont pas pris au sérieux.
3/ Troisième mauvaise manière : l’affirmation des vertus humaines se valorisent trop souvent sur le dos de l’animal.Risquons sinon une définition du moins une vision de l’humanité : l’humanité cette vaste entreprise d’extraction de l’animalité.
Françoise Armengaud, ‘Si les lions pouvaient parler’, p. 876-877

elle serait la première ‘mauvais manière’ idéologique faite à l’animal : la méconnaissance du propre. Or toute méconnaissance du propre de l’animal se traduit par une dévalorisation impropre et finalement inique.
Nos compagnons ne sont pas des réceptacles passifs de sensations mais des sujets actifs, co-constructeurs de leurs propres perceptions. Les chiens ont un cerveau. Il est important par conséquent de prendre en compte le fait qu’ils ont un rapport subjectif et affectif au travail, aux situations quotidiennes, aux mesquineries…
Les chiens sont de performants révélateurs de ce que nous exprimons inconsciemment. Si l’homme parle verbalement pour son animal, celui-ci parle non verbalement pour l’humain. Et d’avoir à constamment décrypter le langage, verbal et non verbal, de cet humain, les chiens sont devenus des ‘êtres particulièrement tournés vers l’écoute’, ainsi que le remarque Marie-Christine Mouren-Siméoni, dans Si les lions pouvaient parler.
Or, le ’sentir’ est le fond commun de l’homme et de l’animal. Le premier aura accès au second par un ‘sentir commun’, c’est-à-dire par l’empathie ou la sympathie, respectivement ‘sentir du dedans’ et le ‘sentir avec’, exprime Sandrine Willems dans L’animal à l’âme (p 61). La réalité est que l’empathie qui s’appuie sur des signes corporels échappant à la conscience fonctionne selon des cercles concentriques dans lesquels les apparences jouent un rôle essentiel. Plus on s’éloigne de ce qui nous ressemble pour aller vers ce qui est différent de nous (homme vers animal), plus la sécurité psychique est mise à l’épreuve. Et plus il faut s’y préparer afin que l’empathie n’en souffre pas trop.
Pensez à ce parallèle : l’exploitation industrielle des animaux et le totalitarisme. ‘Il y a un lien entre l’attitude inconsciente à l’égard des actions honteuses dans les États totalitaires et l’indifférence envers les cruautés perpétrées sur les animaux, présente même dans les États libres. Les deux phénomènes s’alimentent de l’Adhésion tacite des masses à tout ce qui se passe normalement’, explique
p. 378. Tout sur la psychologie du chien. 

Les résultats obtenus par de nombreux chercheurs sont éloquents sur l’apport de la TAA : au niveau physiologique, il a été démontré que caresser un animal de compagnie réduit de manière significative la pression artérielle, la température de la peau et le rythme cardiaque… . Sur le plan psychologique (Barthalot, 2001) :