Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]


Nous sommes une société violente et hostile à ce qui est différent


20/09/2011 par Sandra

un-chien-en-villeIl est crucial de s’interroger sur les statuts et les conditions des animaux dans la société contemporaine – et dans la ville de Longueuil en particulier. Leur situation est problématique et la manière dont ils sont traités et utilisés inacceptables.

Il n’est pas bon que l’homme soit seul en ville. Or, c’est bel et bien la direction que les municipalités québécoises – donc Longueuil – nous obligent à prendre. Elles nous contraignent – nous propriétaires de chiens – par des textes intolérants et trop souvent incohérents (telle municipalité autorise, telle autre limitrophe interdit, sur quelle base? quelle logique?). Ainsi à Longueuil, ‘Il est apparu qu’il serait opportun de permettre la présence de chiens en laisse sous le contrôle de leur propriétaire dans différents espaces verts de la Ville‘….Quelle réflexion? Quels objectifs? Quelle planification? Ce n’est pas tant donner l’accès à des parcs ou créer des parcs à chiens pour soi-disant calmer l’ire citoyenne, il faut comprendre dans quelle orientation tout cela s’inscrit, sinon ça ressemble trop à de ‘la politique à la petite semaine’….

Il n’y a pas si longtemps, Longueuil entravait nos libertés de mouvement : un propriétaire de chien ne pouvait se déplacer à sa guise sur tout le territoire de Longueuil. Nouvelle réglementation à LongueuilLa municipalité vient d’alléger certains accès, pour ‘répondre aux besoins des propriétaires d’animaux de compagnie et les aider à assurer leur bien-être‘…. dit le pamphlet municipal. En quoi? Le chien doit être contrôlé, car il est un bien meuble. (plus d’infos). Remarquez Longueuil applique benoitement les règles administratives édictées en d’autres lieux (ça rappelle de très mauvais souvenirs historiques d’appliquer des règles venues d’ailleurs), ce qu’on peut leur reprocher, c’est l’absence de vision, lorsqu’une ville administre mécaniquement des dossiers, il manque un fondement essentiel à la démocratie.
Voilà le leitmotiv de Sandraetlechien, clamé en vain depuis des années aux différents conseils de ville
Il faut en effet faciliter la présence de l’animal dans la ville, permettre une cohabitation harmonieuse avec les autres usagers et accroître la responsabilité des maîtres, aussi la ville de Longueuil doit développer des initiatives originales pour intégrer les animaux de compagnie dans les services qu’elle rend à ses citoyens et ainsi développer une véritable approche citoyenne de l’animal de compagnie.

La présence animale en ville est, en terme municipal, l’un des sujets les moins bien maîtrisés qui donnent un sentiment d’insatisfaction aux administrés. L’absence de collaborateurs qualifiés dans la municipalité longueuilloise par exemple conduit à ce que les questions relatives au bien-être animal fassent l’objet non pas de polémiques mais d’interpellations vaines et stériles à des élus incapables d’apporter des solutions cohérentes. Il s’ensuit des contraintes importantes pour le propriétaire, des souffrances animales avec le nombre important d’abandons, des contraintes pour la société avec plus particulièrement les troubles de l’hygiène et aussi, les agressions par des chiens… et oui une activité commerciale très lucrative….
C’est l’absence de législation intelligente qui a engendré les maux que les animaux de compagnie connaissent actuellement. Même si une ville doit légiférer à l’intérieur de cadres précis, cela n’empêche pas minimalement une certaine intelligence du bien collectif et encore une fois l’élaboration d’une vision.
Anthropologie de l'animal de compagnieIl suffisait de presque rien, d’insérer un peu de nature dans la ville : espace vert et corps animal vivifient et ensauvagent la pierre et le béton. La communication se fait simple et naturelle des hommes aux animaux et par le biais des animaux, des hommes entre eux. Car, l’apprentissage de l’urbanité passe par l’éducation et non par le dressage (Christian Talin. p.73).
L’on entrevoit aussi du même coup les bouleversements qu’entrainerait une véritable prise en compte des intérêts des citoyens propriétaires d’animaux de compagnie, et l’on en vient à se demande si tous les efforts conceptuels qui sontBurgat, Florence. L’animal dans nos sociétés. La documentation française déployés pour maintenir les animaux hors de la communauté morale ne sont finalement pas les arguments d’une idéologie destinée à justifier une domination si ancienne, si multiforme et si lucrative qu’elle semble impossible à ébranler. (Florence Burgat)

Cette évocation permet d’appréhender les contours de la condition animale dans nos sociétés et la nature de ladite société : fondamentalement violente et hostile à ce qui est étranger.

Ce soir: Conseil de ville de Longueuil

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Une réponse au “Nous sommes une société violente et hostile à ce qui est différent”

  1. Dominique Bertrand dit que :

    Il est effectivement aberrant qu’on ne puisse promener son chien en laisse dans les parcs de Longueuil! Quelle arrogance de la part des `humains’ de s’approprier exclusivement les espaces verts.A écouter nos élus et ceux qui méprisent les animaux on se retrouverait dans une municipalité sans chiens,chats ou mème sans oiseaux, puisqu’il faut d’abord protégér l’intégrité de leurs sacro-saintes pelouses et plates-bandes.

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