Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive pour le mois 07/2011

Courir avec son chien est un authentique exercice spirituel

22/07/2011

Voici venu le moment de charger les running et le harnais dans le sac de voyage. Cela fait 47 semaines que Sapi et moi nous entrainons en vue du Trophée des montagnes 2011. Il s’en est passé des choses. Des images en filigrane dans le coeur, des instants gravés dans les muscles des jambes.

Depuis 1 an, grâce à Jean-François le coach on a couru, on s’est dépassés, sans vraiment jamais réaliser ce qui était entrain de s’accomplir, l’essentiel était de courir et de sortir … Par tous les temps, souvent seuls sur la trail, 4 fois/semaine, neige, froid, glace rien ne nous a arrêté. Car il y avait ces moments où nos deux souffles entraient en écho, où la foulée ne faisait plus que 6. Ça arrive, plus souvent qu’autrement quand la beauté d’un sentier unit l’humain-l’animal-le végétal. Ainsi est venu le printemps tardif et mouillé et les premières chaleurs qui ont charriées leur lot de tiques…. Il reste des images merveilleuses en tête, ce soir de décembre le long du fleuve St-Laurent, l’eau gonflée des premières précipitations neigeuses et Montréal parée des couleurs festives de Noël lovée dans un halo brumeux. Ou ce dimanche de printemps quand les oies sont passées si bas que Sapi et moi nous nous sommes arrêtés… leurs ombres glissaient.

mon 1er demi-marathon!1h50 - 20,17 kmsEt puis ce premier demi-marathon… pas couru vite, pensez, mais fait, on l’a fait! Puis on l’a refait encore et encore jusqu’à améliorer notre temps de…1H!

Rythme hebdomadaire d’entrainement, scansion de l’agenda, moments d’exception bien éloignés des routines du quotidien, c’est ça qui manque déjà…
Près de 2900 kms ont été parcourus depuis le mois d’août 2010, dont 900 environ en canicross (sans compter les sorties de canitrottinette juste pour Sapi)… À quoi ça correspond toute cette distance ? À un détour. Pour me rassembler moi,  avoir les pieds sur terre au sens physique et moral du terme, c’est-à-dire entrer de plein pied dans l’existence, être en devenir avec mon chien. Ce sont ces moments de communion qui apaisent les tensions internes tout en en créant de nouvelles et deviennent physiologiquement nécessaires.

Courir avec son chien est un acte de subversionCourir avec son chien c’est prendre son temps, c’est forcément prendre du temps (le voler sur la vie?), le temps de plonger dans son intériorité, n’habitant plus à la surface de soi, entrant en la seule profondeur. Le recours à la forêt, à la montagne, aux sentiers, est une échappée belle pour reprendre son souffle, affûter ses sens, renouveler sa curiosité. Le chemin parcouru, même pour quelques heures, rétablit un centre de gravité.

Courir avec son chien est un acte de subversion: c’est entrer en Nature, c’est aller là où peu vont, sans savoir où l’on va, c’est se rassembler.

Courir avec son chien est un authentique exercice spirituel.

La valise de Sapi

19/07/2011

Partir avec un chien sportif en voyageTout ça c’est sans compter les deux harnais, les bungees, la longe, la laisse, la ceinture pour la voiture, la clochette, la serviette de bain….
Avons-nous oublié de quoi?

Voici la pharmacie vétérinaire de base de Sapi

o    Eau salée et Baxedin pour la désinfection lors de blessures
o    Compresses (pas de coton, les morceaux collent à la plaie)
o    1 paquet de bandages
o    1 bandage de fixation collant
o    Compresses d’alcool
o    Une paire de ciseaux
o    Crème cicatrisante
o    Une pince à tiques
o    Un thermomètre
o    Produits pour les yeux
o    Traitement des coussinets + bottines
o    Fortiflora (à commencer une semaine avant le départ)
o     Un peigne, une brosse
o    Une gamelle rétractable
o    Une doudou de couchage
o    Un schampoing
o    Des bonbons
o    Et tous les papiers officiels de SapiLa cage et une partie du stock de Sapi

Pour en savoir plus sur la trousse de premiers soins canins:
Your Pet’s First Aid Kit

Quand toute une Unité de soins relève les manches, un projet avance

16/07/2011

La zoothérapie, nouvelles avancéesSandraetlechien vous avait fait découvrir le projet de thérapie assistée par deux chiens de l’Unité de soins Les Trieux, en Belgique, en 2010, bien avant qu’un chapitre 5 ‘Présentation du développement d’un projet A.A.T. intégré dans une unité hospitalière de prise en charge communautaire de patients psychotiques chroniques non stabilisés’ soit écrit dans le livre « Zoothérapie, nouvelles avancées ».
Grâce à Christophe Médart, infimier en chef et responsable du projet, aujourd’hui, Sandraetlechien vous présente quelques éléments du  rapport d’activités intermédiaire de ce projet qui a pris  naissance en 2008… Le temps a passé depuis les premières formulations d’hypothèses cliniques fondées sur l’observation fortuite in vivo.

Développé au sein de l’unité de soins « Les Trieux » de l’Hôpital Neuro‐Psychiatrique Saint-Martin, le projet de Thérapie Assistée par Animal (T.A.A.) consiste à développer un outil thérapeutique inédit et novateur permettant à des patients psychotiques chroniques de progresser grâce  à l’accompagnement de l’animal dans le cadre d’une démarche scientifique. Les objectifs poursuivis par la mise en place du projet T.A.A. sont par conséquent de nature thérapeutique et scientifique.
SLe projet de Thérapie Assistée par Animal consiste à développer un outil thérapeutique inédit et novateur ur le plan thérapeutique, le projet vise à apporter une réponse précise aux besoins des patients psychotiques chroniques non stabilisés ainsi que de favoriser la résurgence d’habiletés sociales et de capacités d’autonomie. Cette thérapie vient en soutien aux plans thérapeutiques individuels de type communautaire à visée de resocialisation déjà mis en place. Concrètement, le projet consiste en l’introduction de deux chiens (un Golden et un Berger Allemand) dans le quotidien des patients et en la responsabilisation de ces derniers par rapport à des êtres vivants qu’ils vont investir émotionnellement.
Sur le plan scientifique, le projet T.A.A. réalise des observations relatives à l’évolution des symptômes des patients en présence des chiens. Des grilles d’observation et d’évaluation ont spécialement été élaborées à cet égard.

Les premiers résultats sont très prometteurs et encourageants et, à l’observation et de l’avis même des patients, la présence des chiens a énormément changé leurs implications dans les activités qui soutiennent leurs traitements et leurs prises en charge globales.
Le projet compte un berger allemand1. Une nette diminution de l’expression symptomatique tant positive que négative de la psychose pendant l’ensemble du décours des activités T.A.A.
2. Un meilleur investissement des 14 besoins fondamentaux de la part des patients par l’entremise de la relation en miroir avec les chiens au quotidien et ce, quelque soit le niveau d’investissement à l’égard de ces derniers.

Le projet compte un berger allemand femelleQue de chemin parcouru : plusieurs projets de recherche universitaire (Sciences humaines, sciences vétérinaires, soins infirmiers…) se sont greffés sur ce projet : des thèses, des mémoires et autant de données brutes récoltées. Une manne! Ce qui induit de tenir des réunions du comité d’accompagnement scientifique chaque trimestre dans l’objectif de coordonner les différentes recherches scientifiques conduites par les différentes universités partenaires du projet TA.A.

Et que de projets à venir comme : Déterminer les bases communes d’une future formation pouvant déboucher sur la reconnaissance future de la fonction d’intervenant en zoothérapie.

Merci Christophe de partager ce long processus de travail, de réflexions, d’actions et de réalisations. C’est enthousiasmant et vraiment enrichissant.

Facteurs communs des psychothérapies efficaces

13/07/2011

Choisir-une-psychotherapie-efficaceDans l’ouvrage ‘Choisir une psychothérapie efficace’, Jean Cottraux a listé, ce qui pour lui, sont les caractéristiques communes des psychothérapies efficaces:

1. La thérapie comporte un manuel pour le patient et un autre pour le thérapeute.
2. La psychothérapie suscite des espoirs de changement.
f42d88e03. Une alliance thérapeutique positive se noue entre le patient et le thérapeute.
4. La psychothérapie commence par une psychoéducation qui explique au patient son trouble.
5. Le rôle des expériences précoces dans le façonnement des problèmes actuels est reconnu.
6. Les systèmes de croyances erronées sont modifiés progressivement.
f42d88e07. Le psychothérapeute propose un affrontement progressif du malaise en favorisant l’acceptation des émotions positives ou négatives.
8. Il y a une mise en place des stratégies de résolution de problème qui permettent au patient de mieux prendre des décisions.
9. Des plans d’action sont organisés en accord avec le patient.
f42d88e010. Le but ultime est de changer la vie du patient en fonction de ses valeurs personnelles.

La présence du chien trouve à rencontrer et renforcer plusieurs des points ci-dessus mentionnés. Qu’en dites-vous?

Pour aller plus loin:
Article de Jean Cottraux dans la rubrique « Apprendre à vivre » Grands Dossiers N° 23 – Juin – juillet – août 2011

Changer tout en restant soi-même

Il manque l’essentiel à la loi (L.R.Q., c. P-42), quant à son dernier règlement: une copie à revoir

11/07/2011

Madame Madeleine Fortin
Sous-ministre adjointe
Direction générale de la santé animale et de l’inspection des aliments
200, chemin Sainte-Foy, 12e étage
Québec (Québec)
G1R 4X6

Le projet de règlement sur ‘sur la sécurité et le bien-être des chiens et des chats’ est décevant car il ne peut, en l’état, répondre aux trop nombreuses et variées situations touchant les chats et les chiens – est-ce là la définition de l’animal domestique au Québec?
Il est du devoir de l’État de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher la cruauté infligée aux animaux et réduire les souffrances de ces derniers. Or, ce que nous apprennent les jurisprudences et les meilleures pratiques dans le monde, c’est que les outils juridiques de contrôle et les réponses techniques d’interdiction ne suffisent pas pour gérer correctement la présence animale en ville et auprès de citoyens. L’essentiel réside dans l’éducation, la responsabilisation, l’information et la sensibilisation.
C’est pourquoi, ce projet de règlement ne nous aide en rien à appréhender ce qui est en jeu aujourd’hui dans nos relations aux animaux domestiques. Ce projet ne modifie pas la Loi mais la complète… en fait bouche des trous. Les éléments ci-après auraient mérité d’être tenus pour essentiel aussi bien dans l’esprit de la Loi que dans son règlement.

Quid du bien-être

chien en villeCe projet vise à établir les normes relatives à la garde des chats et des chiens dans le but d’en assurer la sécurité et le bien-être. Or il appert plutôt être une réponse économico-sanitaire plutôt qu’un dossier fondamental de droit à la sécurité et au bien-être des animaux. Ce texte a omis avec une constance et une unanimité que nous ne pouvons qu’admirer,  de s’ intéresser à la relation entre les humains et les animaux, entre autre à sa dimension affective, en réduisant systématiquement nos liens avec les animaux à des rapports d’exploitation, d’encadrement technique… ; ce qui vous empêche de comprendre quelle est la place des animaux domestiques dans le lien social et surtout ce qui vous empêche d’offrir à ce projet de loi l’ampleur qu’il mérite. En effet, cela aurait nécessité un tout autre traitement.
Par ailleurs, ce texte ne peut être une réponse à la question des fourrières dans les villes du Québec et des méthodes d’euthanasie au vu de l’article 50. Qui fait l’injection?

Le droit des animaux: un droit de second ordre

La PROTECTION ANIMALE au Québec, il faut que ÇA CHANGEL’animal de compagnie est assimilé à une chose juridiquement inanimé puis animée bien meuble par nature et son propriétaire déclaré civilement responsable. L’un des problèmes actuels, en matière de cruauté animale, réside dans la définition même de l’animal domestique par conséquent de la jurisprudence y découlant. Les juges sensibles à la cause du bien-être animal et qui croient qu’il est temps de se doter d’une nouvelle jurisprudence devraient donner des sentences plus élevées. Or le monde n’est vraiment conscientisé à la législation en matière animale.  ‘Au lieu de nous concentrer sur les problématiques réelles, comme la façon dont les animaux sont maltraités, nous nous concentrons sur des problématiques mineures, comme ce qu’il advient de l’animal dans le cas d’un divorce. Ces questions sont intéressantes, mais elles n’ont rien à voir avec les milliers d’animaux maltraités. Il s’agit de l’expression d’un droit de propriété sur les animaux. Au lieu de regarder les intérêts de l’animal, nous nous concentrons encore sur notre possession de celui-ci’ (Voir le Journal du Barreau, Vol. 40 no 12).
Il nous faut une nouvelle définition de l’animal de compagnie adaptée à la réalité scientifique, sociale et politique….
Combien seront-ils pour faire appliquer ce règlement ? Combien en coûtera-t-il aux responsables d’infraction?

Différentes réalités

Un chien deux réalités radicalement différents.

Lorsque plusieurs chiens sont tenus à l’attache, ils développent des interactions positives avec leur environnement produisant des exercices physiques et mentaux (phénomènes décrits par  Dr Arleigh Reynolds)

Lorsque plusieurs chiens sont tenus à l’attache, ils développent des interactions positives avec leur environnement produisant des exercices physiques et mentaux (phénomènes décrits par Dr Arleigh Reynolds)

Cet article paraît relever du bien-être pour l’animal citadin, or il devient contre-productif pour l’association des Mushers du  Québec. Ils se disent déçus de l’article 27.
Les chiens de traîneau sont des chiens de meute qui sont tenus à l’attache, ainsi, disent-ils, les chiens développent des interactions positives avec leur environnement produisant des exercices physiques et mentaux comblant et améliorant leur bien-être.

Alors que le statut de l’animal familier ne cesse d’évoluer dans la société, cela ne se reflète pas dans les textes réglementaires locaux. Pour exemple, le règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux de la ville de Longueuil permet d’apprécier l’absence de réflexion quant à la place des animaux de compagnie en ville: « Constitue une nuisance le fait qu’un chien se trouve dans une place publique, un parc, un terrain de jeux, une piste cyclable sauf pour la traverser, un marché public, un espace de verdure, sur le terrain d’une école, dans un édifice public, une bibliothèque, une piscine, un aréna, un centre hospitalier, un édifice gouvernemental ou municipal ou tout autre endroit du même genre ». Où le chien peut-il aller?
Là où ce règlement aurait pu trouver grâce à nos yeux, c’est en son article 19 intitulé ‘parc’ si et seulement s’il avait été inscrit comme une obligation à faire respecter par toutes les municipalités, au moins on aurait pu y voir l’expression d’un intérêt réel pour le bien-être animal. Très rapidement, le texte embraie sur le fait que les parcs municipaux ne sont pas visés par cet article… Ça aurait pourtant représenté l’expression d’une compréhension des besoins fondamentaux des animaux.

Établir un nouveau contrat social animal

Il y a plusieurs aspects tels que mentionnés que ce projet de règlement et encore moins la Loi aborderont et c’est très problématique car l’évolution des modes de vie modifie prodigieusement le rapport que nous entretenons à l’animal. L’animal domestique est membre à part entière d’une famille. Il revêt différentes formes : l’animal sportif du musher, le chien thérapeute du CLSC…. C’est une évolution indéniable, incontournable qui prend de plus en plus d’ampleur.

Pour un nouveau contrat social animalLa Loi aura encore du retard… Alors que les animaux sont omniprésents dans l’espace urbain, la question de la place que l’on entend leur offrir n’a pas encore été véritablement posée. L’animal n’est pas seulement un mobilier dans nos vies mais un rappel existentiel et fondamental de notre appartenance à LA communauté du vivant à laquelle nous appartenons de plein droit et de plein devoir.

Sandraetlechien ne relèvera pas les points abordés par d’autres et vous invite à lire :

http://www.respect-animal.ca/pdf/analyse-reglement-mapaq-chien-chat-fr-v01.pdf
http://petluck.ca/tag/mapaq?lang=fr
http://sandraetlechien.com/2010/2796/
Quebec named best province to be an animal abuser

Prendre position

07/07/2011

Et l'homme créa l'animalL’hésitation sur la ou les natures des animaux vient du fait qu’on ne peut accéder à leurs mondes intérieurs, que notre regard extérieur ne collecte que des gestes bruts jamais expliqués par les bêtes et que nous ne pouvons qu’interpréter à l’aide d’une idée, d’une croyance, d’une théorie. De cette interprétation dépend ce que nous croyons savoir.
Éric Baratay (p. 137-138)

Jamais le face à face de l’homme comme espèce avec l’animal ne pourra dénouer la question de son essence. Les raisons sont idéologiques seulement idéologiques de penser l’existence d’un pont entre les deux espèces, d’un savoir-vivre ensemble. Or l’idéologie ça s’apprend, un saut évolutif dans le vivant est toujours possible. En nos âmes et consciences prenons position, indignons-nous! De manière intelligente et ciblés : adressons-nous au politique qui peut légiférer et cessons de diffuser des horreurs dans les médias sociaux, il sera toujours temps de mobiliser la communauté lorsqu’un influenceur ce sera montré intéressé.
L’homme en tant qu’espèce peut bien, comme chaque espèce, présenter des caractéristiques uniques, mais il n’y a aucune raison d’en imposer aux autres espèces. Il me semble que l’humain ne peut consister que dans le doute sur l’humain. Ce doute de conscience est fantastique car porteur de changement. Et si nous rêvions d’un monde où les espèces se côtoient en équilibre.
Cet abîme de l’animalité – le fameux qui suis-je? En effet qu’est-ce qui me distingue de l’animal?– peut être formateur d’une nouvelle construction de l’être-au-monde de l’homme. Penser l’animal sert souvent à mesurer la différence entre lui et nous et à nous définir. En conséquence, ce qui est attribué à l’animal est fonction de la proximité tolérée avec l’Homme et de ce qui est réservé à celui-ci. L’animal n’est pas pensé pour ce qu’il est ou pourrait être. Sa spécificité est niée au profit d’une analyse par défaut : on lui donne peu si on le veut éloigné de l’homme, on lui donne plus si on le croit proche. L’animalité n’est pas une réalité mais une catégorie, une condition accordée qui sert à dessiner l’humanité, toujours par comparaison, souvent en antithèse. (cf. Éric Baratay)

Il est fort peu probable que l’ego trouve l’assurance qu’il cherche en affirmant qu’il est un homme parmi les succès de l’évolution. Car désormais la science nous a appris que c’était faux.

L'animal dans nos sociétésPour aller plus loin :
‘L’introuvable propre de l’homme’, Pierre Guenancia in L’Animal dans nos sociétés, La Documentation française, 2004


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