Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]


Témoignage d’un projet de zoothérapie en Belgique


15/01/2010 par Sandra

Christophe, infirmier chef de service dans une unité de prise en charge de patients psychotiques chroniques, nous explique le cheminement de son établissement – un hôpital neuropsychiatrique à Namur en Belgique  - pour développer un projet de zoothérapie.

Les patients dont nous avons la responsabilité pratiquent depuis plusieurs années l’hippothérapie dans un manège spécialisé et cette expérience mêlée aux activités ponctuelles durant lesquelles nos patients sont mis en présence de nos chiens personnels (randonnées, activités extérieures diverses…) nous confortent dans l’idée de à implanter sur le site et de
manière permanente, un atelier ou l’on pratiquerait l’animation et la thérapie assistée par l’animal. Je n’ai pas l’intention de vous dresser une liste exhaustive des bienfaits de ces rencontres mais nous avons observé dans tous les cas une nette amélioration des habiletés, des

Le rôle de médiateur et de catalyseur a été déterminant

Le rôle de médiateur et de catalyseur a été déterminant

 symptômes résistants et des échanges relationnels en présence des chiens. En effet, il m’a toujours semblé que l’on passait à coté de l’essentiel avec lui : développer son immense capacité relationnelle. Mon chien m’a d’abord accompagné quelques fois au travail puis a participé à de nombreuses activités organisées avec les patients.
Et là, pas de doute possible, quelle gifle à l’immobilisme dont souffre la majorité de ces personnes !
Concentration durable, mise en veilleuse de la plupart des idées et de comportements délirants, manifestations émotionnelles, échanges des ressentis, capacités psychomotrices améliorées, mobilisation, marque d’intérêt, troubles cognitifs améliorés, apaisement, responsabilisation des acteurs de la relation…
Bref, ces activités se sont réellement transcendées de par la présence du chien. Son rôle de médiateur, de catalyseur a été déterminant. D’une activité thérapeutique à visée modeste, nous sommes passés à une activité ouvrant des perspectives de réflexion et de travail inespérées tant au niveau des sphères physiques que des sphères psychiques et émotionnelles.
Nous avons contacté plusieurs personnes pour créer un comité scientifique pluridisciplinaire afin de réunir une composante d’approches différentes sur le sujet. Ce comité regroupe des personnes spécialisées dans le domaine de l’animal (éducateur canin, vétérinaire comportementaliste, éthologue) et des professionnels de la santé mentale (éducateur spécialisé, psychologue, infirmier, médecin psychiatre).
le chien de Christophe et son 'ami'Le projet est lancé. Nous réfléchissons à développer une réelle démarche scientifique pouvant le soutenir. Notre souhait est de poser un fonctionnement établi pour assurer le respect de l’animal tout autant que celui des patients et des intervenants qui interagiront dans ce cadre. La démarche classique (anamnèse, observation, objectif, action, évaluation) nous sert de base pour construire une approche de laquelle nous espérons pouvoir retirer des observations qui pourront être validés.
Nous pensions partir de deux modèles :
1/ Le premier partirait de l’observation des symptômes de la population cible (liste des symptômes positifs et négatifs de la psychose, pathologie cible dans notre cas)
2/  Le second partirait de l’observation des 14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson (L’individu malade ou en santé est un tout complet présentant 14 besoins fondamentaux et le rôle de l’infirmièr(e) consiste à l’aider et à reconquérir son autonomie le plus rapidement possible).
Le but étant d’objectiver les réponses améliorantes que l’on pourrait amener via la zoothérapie aux besoins déficitaires des patients ainsi qu’à leurs symptômes les plus présents. Ces deux points de départ découlant de modèles scientifiques établis, nous espérons que la démarche qui en sortira ainsi que les observations qui en résulteront pourront rencontrer une certaine forme de reconnaissance.

Merci Christophe de participer à Sandraetlechien.com et d’apporter votre pierre à cette belle construction anthropocanine

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2 réponses au “Témoignage d’un projet de zoothérapie en Belgique”

  1. Zaghloul Elodie dit que :

    Je m’appelle Elodie, j’ai 21 ans.
    Je suis étudiante infirmière en 3ème année à Erasme.
    Je réalise mon mémoire sur la médiation par l’animal, à savoir le chien et le cheval!
    J’ai suivi 2 associations composées de bénévoles accompagnés de chiens qui se rendaient dans les hôpitaux dans le service de pédiatrie à liège (au CHR), et à Ottignies (centre william lennox qui organise des séance d’hippothérapie) pour rendre le quotidien des enfants malades un peu moins lourd…
    Malheureusement je découvre votre projet trop tard…

    Etant donné que vous pratiquez de telles activités, j’aurais aimé avoir votre avis sur ce sujet . En quoi pensez vous que cela est important pour la personne soigné ?? j’admire vraiment le genre animal, j’ai une certaine fascination pour celui-ci… Je voulais aussi vous demander si les formations qui sont organisées en Belgique sont reconnues au niveau légal ? et si un titre de zoothérapeute nous est délivré ? Et sont-elles obligatoires pour exercer des AAA ? En tant que future infirmière, je dois expliciter au maximum dans mon TFE la pertinence du choix de ce sujet … Mais malheureusement, je reste un peu coincée du fait que je n’ai pu qu’observer les activités pendant mon stage…

    Selon vous, quel est le rôle propre de l’infirmier(e) dans ce type d’activité ?

    Je voulais juste avoir votre avis professionnel sur la pertinence de ce sujet en tant qu’infirmière ? Car malgré ma motivation pour expliquer en quoi cela relève de notre rôle d’infirmier?

    les professeurs me trouve trop brève sur la justification …

    Vous me seriez d’une grande utilité…

    Merci d’avance

    Elodie

  2. Sandra dit que :

    Élodie,
    De plus en plus les projets sont portés par des infirmières qui se réapproprient le ‘care’ sur le ‘cure’. Les apports de la thérapie assistée par le chien sont nombreux souvent documentés d’autres nécessiteront encore et encore des recherches. je vous invite à lire sandraetlechien.com car nous abordons ces sujets avec franchise et ouverture.

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