Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
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Comment la relation à l’animal peut-elle devenir thérapeutique ?


16/11/2010 par Sandra

Du site http://zootherapie.asso.fr/?page_id=157L’honnêteté scientifique nous oblige néanmoins à mentionner que les résultats de ces travaux sont extrêmement variables, et leurs méthodologies pas toujours très rigoureuses. On peut toutefois, et en dépit de l’incertitude quant à la « réalité » des effets thérapeutiques des animaux sur les humains, réfléchir à « ce qui », dans la communication et l’interaction avec des animaux non humains, pourra être une base pour construire une relation thérapeutique.
Dans l’entretien thérapeutique, ou dans un lieu de vie thérapeutique, l’animal peut jouer un rôle à quantité de niveaux. Je ne citerai ici que les plus élémentaires.
1– Interagir avec un animal apporte au patient la satisfaction de besoins émotionnels fondamentaux comme le toucher et l’intimité d’une relation « enveloppante », dans une relation qui est sans danger sur le plan des complications émotionnelles.
2– Présent (ou parfois seulement évoqué) dans une salle de thérapie, l’animal favorise le développement d’une relation thérapeutique, comme dans les études des époux Corson et de Levinson. Plusieurs facteurs jouent ici : un animal paisible va rassurer et apaiser le patient (effet relaxant) ; il va également favoriser le contact et la conversation (facilitation sociale), mais il y a plus : il est un véritable médiateur entre un patient très retiré, voire hostile, et un thérapeute parfois désemparé.Du site www.rachelzootherapie.ch/4538.html
3– L’animal apporte aussi une aide au thérapeute, ce qui est moins souvent reconnu. Il lui permet, dans les moments de tension ou de difficulté, de ne pas mettre trop de pression sur le patient. En se tournant vers l’animal, le thérapeute se détend, patiente, se remet à l’écoute et se recalibre pour revenir ensuite vers le patient avec un esprit plus ouvert.
4– La présence d’un animal aide à structurer l’interaction thérapeute-patient sur le plan spatial et temporel, en orientant l’attention et favorisant tout naturellement le développement d’une attention conjointe.
5– La présence d’un animal favorise la concentration en temporisant l’interaction et diminuant les parasites : centré sur un animal, sur l’observation de son comportement, de ses expressions, etc., un échange qui n’est pas trop saturé en élément verbaux va comporter moins d’informations à traiter et prêtera moins à la distraction et à l’hyperactivité.
Du site www.agatea.org/Page_activites.html6– La présence d’un animal permet au patient d’évoluer sur base de modalités de communication où il est aussi compétent (et parfois plus) que le thérapeute. En effet, tout le monde se met au niveau de fonctionnement de la communication non verbale (comportement, émotion). C’est la base de l’interaction avec un animal. Ici le patient n’est pas déficient, et la relation reste significative pour chacun.
7– La présence d’un animal va permettre de travailler à partir des relations « élémentaires » (la peur, la confiance, la réciprocité, etc.) et de construire de sens à partir de cela. Les possibilités de construction de sens, à partir des réactions de l’animal aux comportements du patient à son égard par exemple, sont infinies.
8– Enfin, l’animal introduit de l’humour et de la souplesse dans des interactions parfois rigides et sérieuse.
D’une manière générale, la présence d’un animal permet, en favorisant la créativité du thérapeute, de construire de « nouvelles réalités » pour le patient, par exemple des réalités où son déficit de langage n’est pas un obstacle au développement de relations gratifiantes.

Sources :
 Michalon, J., L. Langlade, and C. Gauthier, Points de vue sur la recherche autour des Interactions avec l’Animal à but Thérapeutique et/ou Educatif. Note de synthèse. A. Micoud and F. Charvolin, Editors. 2008, Modys (UMR 5264 – CNRS) / Fondation Adrienne & Pierre Sommer

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