Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive pour le mois 12/2010

Il faut modifier nos récits culturels*

26/12/2010

les amis de mes amisL’animal constitue pour beaucoup l’ultime possibilité de trouver un sens à l’humain. ‘Cette quête prend en particulier la forme d’une sauvegarde du vivant comme devoir majeur de l’humanité’ (Dominique Lestel, Les amis de mes amis, p. 182). La reconnaissance de l’homme par l’homme passe par la reconnaissance de l’animal par l’homme. Et ici il n’est pas question d’humaniser l’animal ou naturaliser l’homme.
‘Aucun maître ne me contredira, je pense, si je dis que ma chienne n’était pas comme les autres. La raison affirme pourtant le contraire. Par définition, si chaque chien est unique, alors l’unique devient l’ordinaire. Mais la raison se trompe : ce qui est unique, c’est l’histoire que chaque maître crée avec son animal et tout ce qu’il sait  de lui’ (Alexandra Horowitz, Dans la peau d’un chien, p. 280). Ainsi mon chien devient une personne à mes yeux. La personne n’est pas la condition de l’ami mais bien sa conséquence, ‘c’est en particulier parce que nous sommes si attachés à nos animaux familiers qu’ils deviennent parfois des personnes, et non l’inverse’ (Dominique Lestel).
Voilà le chemin que l’Occident urbain et politique doit parcourir : le chien plus souvent qu’autrement n’est rien. Il n’est pas, il ne nait pas comme personne, comme compagnon, comme rien ou si peu, il n’existe pas; ainsi est-il tout juste toléré rarement accepté. C’est en changeant les émotions humaines à l’encontre de l’animal qu’il y aura transformation sociale : celle d’une prise en compte du non-humain.Dans la peau d'un chien
‘Il ne s’agit plus en effet de définir l’homme mais de le changer, au profit de purs possibles qui n’ont d’autres référents que notre pouvoir de les réaliser, d’œuvrer non plus à l’émergence d’une nouvelle humanité mais à la production d’êtres autres que l’homme’, dit Élisabeth de Fontenay Sans offenser le genre humain (p 60).
sans offenser le genre humainLa science a le courage d’entreprendre cette réflexion, elle qui multiplie les recherches. Elle remet en question les fondements mêmes de l’identité humaine et démontre les proximités amicales inter-espèces. Ainsi, le canidé est conscient de ce que voit l’homme: par ex. le chien comprend un geste tel que pointé du doigt vers un objet ou suivre un regard ou un mouvement de la tête. Il déchiffre la communication humaine comme un enfant. Et mieux que le chimpanzé ! Pourquoi dans ces conditions le chien n’a-t-il pas d’identité? N’a-t-il pas de présence effective? De présence élective? Il semblerait que l’aptitude du chien à communiquer avec l’homme soit innée, c’est ce que défendent Brian Hare et Michael Tomasello dans l’article ‘Human-like social skills in dogs’ : l’homme en domestiquant le chien l’a contraint à évoluer en s’humanisant…. L’homme au cours du processus de domestication a sélectionné chez le chien une aptitude à la communication humaine qui fait partie du patrimoine héréditaire de l’espèce canine. (Nouvel Observateur  janvier 2007 : Quand les animaux pensent, les dernières découvertes scientifiques).
L’appartenance à l’espèce humaine  ne confère aucune dignité particulière, ni ne donne en soi de droits particuliers. En effet, toutes les problématiques du propre de l’homme sont fondées sur cette conviction fondamentale qu’il existe au moins une caractéristique de l’humain qu’on ne retrouve chez aucun animal. À la lumière des résultats scientifiques actuels et de tous ceux qui viendront, il semble bien plus fécond de penser les points d’agencement entre l’humain et l’animal.
Il faut modifier nos récits culturels de façon à ce que les comportements, les débats, les idées…. cessent d’être aberrants et que l’humain cesse de se comporter ave cruauté.
En 2011, ce blogue continuera d’apporter sa pierre à l’édification de….. cette utopie?

* Boris Cylrunik, Mourir de dire: la honte, Odile Jacob, p. 244

Le plus beau cadeau de Noël: jouez avec son chien

20/12/2010

Les jouets ne sont pas nécessaires pour jouer…  

Dans la peau d'un chienDès les premiers mois et tout au long de sa vie, le chien découvre le monde tel un enfant. D’ailleurs les jeux qui amusent les tout-petits fonctionnent aussi auprès de nos compagnons à poils. Jouez à cache-cache derrière une couverture, votre chien appréciera. Amusez-vous à imiter votre chien : sautez sur le lit, jappez, battez l’air. Évaluez les capacités de votre compagnon et aidez-le à les développer. S’il semble connaître les mots ‘balade’ et ‘Balle’, compliquez légèrement l’exercice en précisant votre pensée : ‘balade au parc’ et ‘balle bleue’… quel que soit son âge, jouez avec lui comme si vous étiez un chien. Mettez au point un signal de jeu (tapez dans les mais par terre, haletez devant votre chien, éloignez-vous de lui en courant et en lui jetant des coups d’œil) et commencez à jouer. Servez-vous de vos mains comme lui de sa bouche pour le saisir par la tête, les pattes, la queue ou le ventre. Occupez-lui les mâchoires avec un jouet ou préparez-vous à vous faire pince-mordiller.

 Dans la peau d’un chien. Alexandra Horowitz, p. 270-271

Morceaux choisis… à méditer

15/12/2010

Le chien pris au serieuxLa prétendue faiblesse de caractère de tant de chiens repose souvent sur des erreurs éducatives au cours de la phase de socialisation : on ne joue pas assez avec le chien, en revanche on ‘dresse’ d’autant plus. Plus d’un homme se prend pour un dompteur de lions frustré et prend le chien pour un loup sauvage et féroce. En cela, il se trompe doublement. Premièrement, un dompteur de fauves n’est plus, depuis longtemps, un dompteur d’animaux qui impose aux ‘bêtes sauvages’ sa volonté de fer, mais un ami des animaux sensibles qui sait qu’il ne peut espérer les meilleurs résultats que si ces grands chats ont du plaisir à travailler.  Deuxièmement, il n’y a pas de loups sauvages et féroces. P 54-55

On n’insistera jamais assez sur le fait que le chien n’est pas un être dont les instincts sont fixés une fois pour toutes. Il ne suffit pas de connaître tous les modes de comportements innés pour mieux s’entendre avec le chien. Il est beaucoup plus important en revanche d’analyser exactement ses possibilités d’apprentissage innées, en fonction de son âge, d’observer sa relation avec le compagnon parental et d’étudier les interactions entre le père et le chiot dans les différentes phases de vie pour savoir comment et par quoi se construit la personnalité de chaque chien. Il est précisément un ‘animal d’apprentissage’. P55

La hiérarchie sociale n’est pas une affaire de supériorité physique, elle est certainement plus une question de supériorité psychique. p 57

Si nous voulons aussi nous comporter selon les lois de l’espèce, il nous suffit d’imiter ce que fait le père-chien. Il organise beaucoup de jeux avec les chiots, des jeux de chasse et de prédation en particulier et il les ’scolarise’.  p 60

Le chien adulte ne joue pas non plus avec nous pour développer son savoir mais pour pratiquer son exercice communautaire. p 61

Le chien pris au sérieux
Eberhard Trumler

Réponse du MAPAQ aux questions de sandraetlechien.com

14/12/2010

MAPAQ-Stratégie québécoise de santé et de bien-être des animaux intitulée ’Pour UNE santé bien pensée'

P-42 pour toutes les espèces…

11/12/2010

Il semblerait que pour le ministre Laurent Lessard le fait de procéder à la désignation de toutes les espèces animales, en ce qui a trait à l’application de la section sur la sécurité et le bien-être de la Loi sur la protection sanitaire des animaux (LRQ, chap. P-42) soit une avancée. À la lecture de la Stratégie québécoise de santé et de bien-être des animaux intitulée ’Pour UNE santé bien pensée !‘  c’est une assez mauvaise nouvelle pour les propriétaires de chiens et de chats. Il est loin d’être évident, comme le précise le ministre que cette mesure permette d’intervenir plus efficacement lorsque des abus envers les animaux seront constatés. Pour plusieurs raisons, dont la principale :

C’est quoi un animal de compagnie au Québec? La Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie fait au moins une claire distinction: 

  1. On entend par animal de compagnie tout animal détenu ou destiné à être détenu par l’homme, notamment dans son foyer, pour son agrément et en tant que compagnon.
  2. On entend par élevage et garde des animaux de compagnie à titre commercial l’élevage et la garde pratiqués principalement à des fins lucratives et en quantités substantielles.

Deuxio, cette Stratégie vise avant toute chose à prévenir  des épisodes de maladies dues à l’animal, ça coûte cher une crise de la vache folle pour  une économie! De plus, cette stratégie a été élaborée de concert avec des partenaires… Bien s’en faut mais lorsqu’on analyse les membres des deux groupes de travail, on retrouve : des représentants  du Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, des producteurs agricoles, des membres de la production ovine du Québec, de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, du Centre de développement du porc du Québec…. Des deux groupes de travail qui se sont réunis pour se pencher sur ces questions, il y avait davantage de partenaires de l’industrie et du gouvernement que de la société civile.  N’est à analyser le  groupe de travail qui s’est penché spécifiquement sur la santé et le bien-être des animaux, les seuls à même de donner leur opinion pour nos animaux de compagnie sont les représentants de l’Association des médecins vétérinaires du Québec en espérant qu’ils aient eu voix au chapitre tant les enjeux étaient grands chez les différents représentants des industries bioalimentaire et animale de faire entendre et de pousser leurs enjeux. 
Les forces en présence n’ont pas le même pouvoir dissuasif et de négociation. Aussi, cette Stratégie est un bon pas en avant pour les animaux d’élevage, car tout sera mis en jeu pour prévenir les maladies issues du monde animal et ainsi protéger la population  humaine. Mais rien dans ce texte n’indique que les animaux de compagnie trouvent à en être mieux protégés et défendus.

C’est certain que dans sa portée, cette Stratégie se veut inclusive : en particulier les propriétaires et les gardiens d’animaux, les personnes qui travaillent dans le secteur de la santé et du bien-être des animaux, les acteurs de l’industrie bioalimentaire et ceux en santé publique ainsi que les groupes qui font de la promotion de la santé et du bienêtre des animaux. Est-ce que ça ne fait pas un peu trop de monde pour gérer des dossiers extrêmement délicats et cruciaux et plus souvent qu’autrement diamétralement opposés.  

Autre point,  le ministre a précisé qu’il entend procéder à la désignation de toutes les espèces animales, en ce qui a trait à l’application de la section sur la sécurité et le bien-être de la Loi sur la protection sanitaire des animaux (LRQ, chap. P-42). Cette section de ladite loi, qui est actuellement appliquée par ANIMA-Québec et, depuis peu, plusieurs SPA et SPCA, ne concerne présentement que les chiens et chats puisque ce sont les deux espèces qui y sont actuellement assujetties par règlement. 

Mais qui va assurer les inspections de toutes les espèces?

13ème Journée Internationale pour les Droits des Animaux (JIDA)

10/12/2010

Journée Internationale pour les Droits des Animaux Le 10 décembre de chaque année, jour anniversaire de la ratification de la Déclaration des Droits de l’Homme, ou autour de cette date, des militants pour les droits des animaux du monde entier participent à la Journée Internationale pour les Droits des Animaux.  L’objectif est d’instaurer un débat public à propos de la manière dont les animaux sont traités et de parvenir à une reconnaissance internationale de leurs droits fondamentaux.  Journée anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme par les Nations Unies en 1948, le 10 décembre a été choisi pour insister sur la nécessaire évolution des droits de l’homme vers les droits des animaux.
Du 10 au 12 décembre 2010, se déroule cette campagne animée par l’organisation antivivisection et pour les droits des animaux Uncaged Campaigns.

À quoi bon assurer la santé et le bien-être d’un objet de consommation?

09/12/2010

stratégie québécoise de santé et bien-être des animauxLa Stratégie québécoise de santé et de bien-être des animaux intitulée « Pour UNE santé bien pensée ! » ne vise pas tant à protéger les animaux que les humains. Cette Stratégie ne concerne pas tant les animaux de compagnie que les animaux destinés à l’alimentation humaine et à l’élevage. In fine cette Stratégie a pour objectif de prévenir des épisodes de maladies infectieuses dues aux animaux. L’épisode de fièvre aphteuse au Royaume-Uni, en 2004, a bien mis en évidence l’effet des maladies animales sur l’économie et la société, peut-on y lire…

Rappelons la vision de cette Stratégie :

Le Québec privilégie le partenariat, l’innovation et la communication afin d’améliorer la santé et le bien-être des animaux et de contribuer à la santé publique et à la vitalité du bioalimentaire.

Dans ce texte, il n’est fait mention des chiens et des chats – doit-on comprendre que c’est là la définition du gouvernement pour des animaux de compagnie? – qu’en 2 paragraphes :

  • les chiens et les chats sont inclus dans la Stratégie, en particulier lorsqu’ils sont destinés à l’élevage ou qu’ils servent à des activités commerciales ou sportives.
  • La Stratégie vise principalement les animaux destinés à l’alimentation humaine et à l’élevage, par exemple les bovins laitiers et de boucherie, les porcs, les volailles, les moutons, les chèvres, etc. Toutefois, compte tenu de l’étendue des responsabilités du Ministère, notamment en matière de santé publique et de bien-être des animaux, elle concerne également toutes les espèces animales (animaux de compagnie, espèces fauniques, animaux de production) lorsqu’elles peuvent affecter la santé des humains.

 Où sont les conclusions du Groupe de travail sur le bien-être des animaux de compagnie, ‘Vers un véritable réseau pour le bien-être des animaux de compagnie’ ? Seront-elles intégrées dans un projet de loi plus vaste? Anima Québec nous promet que 2011 sera l’année du bien-être animal.
C’est quoi un animal de compagnie ? 

Pour en savoir plus :

Papa, maman, bébé et…fido! L’animal de compagnie en droit civil ou l’émergence d’un nouveau sujet de droit

Les clés de la violence

07/12/2010

L’une des caractéristiques les plus violentes de l’esprit occidental, c’est cette attirance incroyable et puissante pour le contrôle pur, y compris émotionnel et affectif. C’est particulièrement magnifier dans la robotique actuelle.

Il est peu probable contrairement à ce qu’affirme le ShopWiki Blog qu’un robot puisse permettre à l’enfant de s’éveiller et d’apprendre. Apprendre des logiciels ludo-éducatifs, c’est assez évident on parle de robot mais apprendre un chien, absolument pas, ces petites machines ne remplaceront jamais l’interaction avec un chien. Car interagir avec un animal apporte la satisfaction de besoins émotionnels fondamentaux comme le toucher et l’intimité d’une relation  enveloppante, dans une relation qui est sans danger sur le plan des complications émotionnelles (Jérôme Michalon).
En quoi ces produits issus de la technologie peuvent attendrir les enfants ? Le mode de vie réglé qu’implique le fait de partager sa vie avec un animal en chair et en os ; ou encore le caractère non ambiguë des sentiments exprimés par l’animal comme une source de confort émotionnel pour l’humain ; ça ne se retrouve pas avec un animal-robot.

Par contre un robot a ceci de simple : il ne nous force pas à réfléchir à notre comportement, à compenser notre handicap dans la compréhension de l’Umwelt canin, il ne nous renvoie pas nos biais de communication. Aussi sophistiqué soit-il, un robot animal ne peut faire ressentir les effets physiologiques du contact avec l’animal.

L’animal singulierDominique Lestel va plus loin : ‘la robotique autonome actuelle constitue la forme pure de la domestication – sans l’animal et pure parce que précisément sans animal’. (Animal singulier, p. 99)
Offrir un robot animal à votre enfant pour Noël c’est lui offrir les clés de la violence.

Des soins sophistiqués pour son chien, qu’en dites-vous?

04/12/2010

Le Directeur de l’information de l’Écho de la Rive-Nord et de l’Écho de Saint-Eustache est entrain d’écrire un article sur l’ouverture d’une clinique d’urgence pour les animaux de compagnie dans ce secteur ‘ où on offre de multiples services, dont une spécialité en oncologie. Il a reçu plusieurs commentaires sur le fait qu’il est difficile de se faire soigner au Québec pour les humains alors que chez les animaux, les services sont disponibles sans problème’, dit-il. Voici sa question:

Est-il étrange ou normal que certains animaux de compagnie bénéficient d’autant de soins et d’attention? Est-ce une évolution normale des choses?

Voilà rapidement la réponse de sandraetlechien.com:

L'animal est entré en force dans le groupe familialEt pourquoi ce serait choquant? Ça l’est si l’on reste dans le paradigme du chien=objet de consommation, un vulgaire bien meuble, mais si on le regarde sous l’angle de l’animal de compagnie, cette question est inepte.  En tant qu’animal de compagnie, le chien entre dans la vie d’une personne, d’une famille, il la bouleverse: pour la chose aussi banale que de le sortir chaque ‘jour’, de devoir choisir un endroit, d’apprendre à connaître son quartier et y rencontrer d’autres propriétaires. Il joue un rôle important dans l’équilibre affectif, physique, social… de la cellule familiale. C’est un être à nos côtés, un élément de notre famille… Chaque propriétaire tisse avec son animal des liens forts, emplis d’empathie que nous co-partageons car comme espèce extrêmement sociale et adaptable il a su – sa race – développer des stratégies évolutives et adaptatives donc il sait être empathique à la manière ‘chien’. Chaque propriétaire développe un langage parfois fait d’ordres parfois des onomatopées qui font aussi bien partager des directives que de l’affection, le chien est un être de conscience et de savoir à sa manière chien, bref ce n’est pas un ‘animal’ dans le sens ‘un quadrupède inculte et niaiseux’. L’êPromener son chien est un acte socialtre humain s’est arrogé la place première dans les échelons de l’évolution, or retirer la conscience, le langage, la préscience, que reste-t-il à l’homme? La seule chose qui diffère entre ces deux animaux sociaux c’est que l’humain bipède se raconte des histoires (mythes, article de journaux:), roman, religion….) dont celle-ci: pourquoi un chien aurait-il besoin de soins de santé sophistiqués attendu qu’un simple aller vers l’au-delà me ferait économiser des milliers de dollars?

Comme pour un être que l’on aime on serait prêt à payer sans y penser pour des soins dont on Des soins tertiaires pour son chien et pourquoi pas?pense sérieusement et sincèrement qui vont le sauver, on fait de même avec nos animaux de compagnie. De compagnie ça veut dire près de soi, près du coeur, dans le coeur. L’origine de ce développement est liée au besoin de l’individu qui se sent de plus en plus seul et à une demande très forte de la part des enfants. Le chien et le chat sont des animaux qui peuvent se prévaloir d’un ‘statut de parenté intime’ au sein de la cellule familiale. Ils tiennent une place réelle spatiale, alimentaire, affective, sociale, politique, économique. L’animal de compagnie correspond à un besoin d’appartenance communautaire au-delà des divers phénomènes de mode. Il est source de valorisation, il représente un équilibre médico-psycho-social pour les propriétaires. L’animal permet la permanence ou le rétablissement de passerelles sociales.

Soigner un chienComparer deux systèmes de santé diamétralement organisés et régentés, c’est une gageure. Mais notez que ce type de service va augmenter dans les années à venir, car l’évolution des modes de vie sur les 50 dernières années a modifié le rapport que nous entretenons à l’animal. L’animal domestique est membre à part entière d’une famille. C’est une évolution indéniable, incontournable. Alors que les animaux sont omniprésents dans l’espace urbain, la question de la place que l’on entend leur offrir et des services qu’on est prêt à leur offrir n’a pas encore été véritablement posée ni même pensée.

L’animal n’est pas un mobilier dans nos vies mais un rappel existentiel et fondamental de notre appartenance à LA communauté du vivant à laquelle nous appartenons de plein droit et de plein devoir.

Pour aller plus loin:

Quelle vie de chien, article de Dave Parent, directeur de l’information à l’Écho de la Rive-Nord

Le chien en zoothérapie agit-il moralement?

01/12/2010

Nous avons encore beaucoup à apprendre sur l’importance de la coopération et sur son rapport avec la justice dans le monde animal. Effectivement, il a fallu attendre ces 10 dernières années pour qu’un propos sur la moralité des animaux ne soit pas systématiquement reçu par un froncement de sourcils sceptique et un rire méprisant. La tradition a fait de la moralité l’apanage de l’homme, jusqu’à y voir la définition même de notre humanité. Certains scientifiques continuent de rejeter avec véhémence l’idée que nous pourrions partager cette qualité avec d’autres êtres. Pourtant, de plus en plus de biologistes, de neuroscientifiques, de philosophes et d’éthologues commencent à penser que la moralité serait une stratégie largement adaptative ayant évolué chez bon nombre d’espèces. Je ne dis pas que le comportement moral des animaux est le même que le nôtre. Je pense plutôt que ce qu’on appelle ‘moralité’ est un phénomène biologique très diversifié, nécessaire à toute vie en société. Les composants de base de la moralité – la coopération, l’empathie, l’équité, la justice et la confiance – sont un héritage de nos ancêtres, au même titre que les émotions.

Sous sa forme la plus élémentaire, la moralité peut apparaître comme un comportement prosocial : un comportement dont l’objectif est d’augmenter le bien-être des autres. La moralité est un phénomène intrinsèquement social : elle se manifeste dans les interactions entre les individus comme une sorte de toile ou de tissu qui maintient la tapisserie compliquée des rapports sociaux. Avec le temps, le mot ‘moralité’ en est venu à désigner simplement le fait de connaître la différence entre le bien et le mal, entre être bon et être mauvais.  Chez les animaux, la moralité renvoie à une gamme extrêmement variée de comportements sociaux. Il s’agit d’un ensemble de règles édictant la manière d’agir au sein d’une communauté, assimilé par chacun de ses membres. Le comportement moral comprend la coopération, la réciprocité, l’empathie et l’assistance. Mais il ne se limite pas à ces divers éléments. La moralité possède à la fois les composants émotionnels ou affectifs et des composants cognitifs.
Marc Bekoff . Les émotions des animaux, p. 167-168-169

Le comportement moral comprend la coopération, la réciprocité, l’empathie et l’assistance

Le comportement moral comprend la coopération, la réciprocité, l’empathie et l’assistance

Il reste certe encore beaucoup de recherches à faire sur la manière dont les animaux respectent la moralité et en définissent les règles.

Mais,si la moralité est une stratégie adaptative, le chien qui demeure auprès des hommes depuis des millénaires et désormais qui oeuvre conjointement à un intervenant en thérapie assistée par l’animal, fait-il montre de moralité ? Fait-il montre d’un comportement dont l’objectif est d’augmenter le bien-être des autres?


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