Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive pour le mois 10/2010

Le propre de l’homme c’est quoi?

29/10/2010

Réflexions avec Élisabeth de Fontenay et son ‘Sans offenser le genre humain’

sans offenser le genre humainIl faut bien accepter qu’au début du XXIe siècle nous devions penser à l’être de l’homme comme à quelque chose d’à la fois tragique et irreprésentable : nous sommes cernés par le passé lointain de notre espèce, le passé récent de notre historicité et le futur incertain de notre humanité, absences qui rendent dérisoires les affirmations de spécificité et les efforts de détermination. P 44

Car nous ne pouvons plus désormais sauf à accepter que la réflexion philosophique le cède à l’enflure rhétorique opposer la nature et la culture, l’inné et l’acquis, l’homme et l’animal. p 48

S’en tenir le plus possible à une anthropologie négative: affirmer que l’homme est un état qui ne peut ni ne doit être défini. p 50

Tel est en effet le caractère distinctif de l’homme en face de tous les autres animaux: seul il perçoit le bien et le mal, le juste et l’injuste et les autres valeurs; or, c’est la possession commune de ces valeurs qui fait la famille et la cité – disait Aristote. Cette thèse semble tellement irréfutable par sa forte articulation du langage et de la politique, qu’on n’a jamais pu vraiment la dépasser en énonçant un critère d’humanité donné plus décisif…..C’est un désir narcissique qui cause la faute logique…C’est la liberté du sujet moral qui fonde la dignité comme propre de l’homme et non le langage articulé. p 54, p56, p58

Canimarcher et canicourir pour prévenir le vieillissement cérébral

26/10/2010

Les dossiers de la recherche No40Tout le monde le sait l’activité physique est bonne pour le corps… et pour la tête. La tête dans le sens : les capacités cognitives comme la mémoire et l’apprentissage sont améliorées avec des exercices réguliers ce qui ne signifie pas une activité physique extrême mais équilibrée. ‘L’activité physique régulière améliore l’humeur et la tolérance au stress, réduit l’anxiété et les risques de dépression’, indiquent Charles-Yannick Guezennec et Martine Duclos ( Chef de Service de Médecine du Sport et des Explorations Fonctionnelles du CHU Gabriel-Montpied de Clermont-Ferrand, Auvergne, France) dans ‘Les Dossiers de la recherche’ août 2010.
Tous les chiens ont besoin de marcher et de courir, c’est un besoin primaire, biologique, primordial, bref une nécessité. Tous les humains devraient marcher ou bouger au moins une heure trois jours par semaine. Pendant 6 mois, des études ont démontré que cela augmente le volume de la substance grise dans le cortex frontal et temporal. Les auteurs de l’article intitulé ‘Le sport change aussi la tête’ disent : ‘cela doit inciter les personnes – âgées – à poursuivre ou reprendre une activité physique même réduite : en plus d’une action positive sur l’humeur, ils maintiendront ou amélioreront leurs performances cognitives’.Tout sur la psychologie du chien
La canimarche et la canicross permettent au tandem humain-canin de vivre une relation dans une ‘organisation symbiotique’ pour reprendre les propos de Joël Dehasse (p 388 dans Tout sur la psychologie du chien). Ces deux sports/loisirs permettent au chien et à l’humain, chacun dans leurs compétences, de développer des aptitudes souvent insoupçonnées d’endurance, de jeu… ‘Il ne s’agit plus de hiérarchie de pouvoir mais d’une multiplicité de hiérarchies de compétences’, dit le vétérinaire comportementaliste. L’humain doit faire confiance à l’intelligence du canin qui le guide. D’autant que tout chien peut tracter une ‘charge’ pesant jusqu’à 3 fois son poids. Le chien comme membre du groupe social humain saisit ce que veut ce dernier et se ‘prend’ au jeu. Comme animal d’apprentissage (on parle ici du chien ET de l’humain), c’est dans le plaisir et le jeu que doivent se dérouler les activités physiques…
Finale-course-championnat du monde Dryland 2009Chaque jour, à chaque interaction le co-univers canin-humain se renforcit si et seulement si l’humain donne au chien des moyens de s’épanouir. L’activité de bouger avec son chien a donc un effet indéniable sur le psychisme humain et… canin. Comme l’entrainement augmente les capacités d’apprentissage, la canimarche et la canicross sont des phénomènes anthropocanins qui unissent en un effort commun – mais un effort différent – deux espèces. On ne parle pas de meute au sens éthologique du terme. Même si cette métaphore est très répandue et facile de maniement, elle n’en reste pas moins teintée des relents d’organisation dans laquelle l’homme est placé dans un rôle dominant, le fumeux ‘mâle alpha’. On parlerait plutôt de co-entraineurs. Le chien aide l’humain à avancer en tirant dans son harnais. Incidemment, il en est canalisé. L’humain fait de l’exercice et offre au chien la capacité d’apprendre par lui-même quand les événements désirés sont renforcés. C’est l’attention humaine et l’attention canine qui permettent à l’un et à l’autre d’anticiper les faits et gestes et de lire l’un dans l’autre. Et d’avancer vers la bonne humeur et la santé mentale.
En étant devant l’humain, le chien marche ou court vers l’avenir un pas devant nous!

Soulageante néoténie

23/10/2010

Tantôt déifié, tantôt diabolisé, l’animal a connu le meilleur et le pire et a incarné surtout l’idée que nous nous en faisions. Dès lors, en biomédecine, l’animal devient un outil thérapeutique avec la thérapie assistée par l’animal.
Avant de faire entrer un animal quel qu’il soit dans une enceinte de soins, il faut remplir des exigences très strictes de contrôle pour éviter l’entrée nouvelle d’agents pathogènes externes, afin de protéger l’homme plus vulnérable que l’animal dans le combat de la vie. Le contrôle prend la forme de la rédaction d’un protocole, préalable à l’introduction des animaux dans un établissement de santé. On y retrouvera les règles et procédures qu’on entend suivre au moment où l’animal sera présent. On s’assurera évidemment que toutes les personnes concernées par les activités en prennent connaissance et qu’elles s’y conforment en tout temps.
Site_vetopsy.frConcernant la sélection et la formation des animaux ainsi que leur encadrement, c’est la sélection qui offre les meilleurs outils (individus). Il faut comprendre que les chiens sont dûment sélectionnés pour que persistent des traits infantiles chez l’adulte. Jean-Pierre Digard parle de « néoténie domesticatoire ». Les adultes humains, et qui plus est des enfants en souffrance, sont aussi influencés par ces caractéristiques. Ils s’y projettent. On peut penser que les animaux domestiques ayant des traits néoténiques vont provoquer une réponse de protection, de sécurité, de jeu, de transfert, de bien-être, etc. chez l’enfant.
D’une certaine manière en prenant soin d’un plus petit que soi, qui ressemble à soi, on s’auto-inflige le soulagement.

Machine à gérer des émotions

20/10/2010

Kididog de VtechLe Kididog de la marque Vtech est un petit chien mécanique dont la tête est un petit écran, ce qui lui permet d’exprimer certaines expressions. Les expressions sont la clé pour attendrir les enfants, ajouté à cela le fait qu’il soit un produit issu de la technologie. AIBO est le chien robot commercialisé par Sony, qui peut se déplacer, voir l’environnement et reconnaître des commandes vocales. Autonome, il peut apprendre et mûrir sous la conduite de son propriétaire, de stimuli provenant de l’environnement ou grâce à d’autres robots.Aibo de Sony

N’est-il pas exact de dire que ces robots renvoient à l’archétype historiquement puissant : considérer l’animal comme un outil, si le chien robot est cassé, on le jette. Il est facile de considérer simplement comme une machine des robots animalisés, mais n’ouvre-t-on insidieusement les portes à appliquer ce même raisonnement avec cette fois des êtres vivants ? Comment ces artefacts jouent sur la représentation qu’on se fait de l’animal ? Sur le statut particulier qu’on lui confère? Comment finalement, cela engendre certains (parmi les plus violents) de nos comportements sur les animaux?
Il ne s’agit pas de rejeter ces machines mais de se comporter différemment avec elles, or ce n’est résolument pas l’objectif de l’industrie qui veut donner à vivre le presque comme-si c’était un vrai. Et c’est là qu’on peut dire avec David Thoreau :

Les hommes sont devenus les instruments de leurs instruments
(Walden ou la vie dans les bois, p. 35)

La fin de l’année approchant, pourquoi ne pas s’interroger sur le besoin qu’a l’humain de s’entourer de ces amitiés artificielles (Dominique Lestel, Les amis de mes amis) et se demander : comme l’animal est un miroir, quelle image de soi renvoie ces machines génératrices d’émotions?

Pour des achats responsables:

Guide annuel Jouets 2010 de Protégez-vous

Une déclaration sous le feu des critiques

18/10/2010

sans offenser le genre humainLa Déclaration universelle des droits de l’animal présente incontestablement le défaut de proposer une personnification et de tomber dans l’anthropomorphisme. La réforme préconisée en son article 14 alinéa 2 tend plus ou moins, bien que sans provocation, à faire défendre les droits de l’animal au même titre que les droits de l’homme, ce qui ne peut manquer d’être interprété comme une provocation de type utilitariste. Et il faut reconnaitre que deux énoncés du préambule laissent philosophiquement perplexe, en ce qui stipulent que ‘tout être vivant possède des droits naturels’ ce qui revient à faire fond sur l’hypothétique et controversé ‘droit naturel’ sollicité décidément de toutes parts, puisque certains le font servir à asseoir les seuls droits de l’homme. Or, les philosophes se réclamant du droit naturel n’ont jamais accepté, à l’exception d‘Ulpien, que les animaux puissent en bénéficier. Une seconde proposition du préambule de cette Déclaration apparait aussi très fragile: ‘Considérant que le respect des animaux par l’homme est inséparable du respect des hommes entre eux…’. On peut sans doute, en dernière analyse et avec précaution, promouvoir une telle opinion, mais sûrement pas comme un attendu. Il reste que cette Déclaration est, dans son implacable généralité, un texte généreux, exorbitant sans doute et qu’il ne faudrait recevoir que comme une idée-limite.
Élisabeth de Fontenay
- ‘Sans offenser le genre humain’ -  p 108-109

Déclaration Universelle des Droits de l’Animal

15/10/2010

La Déclaration Universelle des Droits de l’animal a été proclamée solennellement le 15 octobre 1978 à la Maison de l’UNESCO à Paris. Elle constitue une prise de position philosophique sur les rapports qui doivent désormais s’instaurer entre l’espèce humaine et les autres espèces animales. Son texte révisé par la Ligue Internationale des Droits de l’Animal en 1989, a été rendu public en 1990.

PRÉAMBULE :

Considérant que la Vie est une, tous les êtres vivants ayant une origine commune et s’étant différenciés au cours de l’évolution des espèces,
Considérant que tout être vivant possède des droits naturels et que tout animal doté d’un système nerveux possède des droits particuliers,
Considérant que le mépris, voire la simple méconnaissance de ces droits naturels provoquent de graves atteintes à la Nature et conduisent l’homme à commettre des crimes envers les animaux,
Considérant que la coexistence des espèces dans le monde implique la reconnaissance par l’espèce humaine du droit à l’existence des autres espèces animales,
Considérant que le respect des animaux par l’homme est inséparable du respect des hommes entre eux,

IL EST PROCLAME CE QUI SUIT :

Article premier
Tous les animaux ont des droits égaux à l’existence dans le cadre des équilibres biologiques.
Cette égalité n’occulte pas la diversité des espèces et des individus.

Article 2
Toute vie animale a droit au respect.

Article 3
Aucun animal ne doit être soumis à de mauvais traitements ou à des actes cruels.
Si la mise à mort d’un animal est nécessaire, elle doit être instantanée, indolore et non génératrice d’angoisse.

L’animal mort doit être traité avec décence.

Article 4
L’animal sauvage a le droit de vivre libre dans son milieu naturel, et de s’y reproduire.
La privation prolongée de sa liberté, la chasse et la pêche de loisir, ainsi que toute utilisation de l’animal sauvage à d’autres fins que vitales, sont contraires à ce droit.

Article 5
L’animal que l’homme tient sous sa dépendance a droit à un entretien et à des soins attentifs.
Il ne doit en aucun cas être abandonné, ou mis à mort de manière injustifiée.
Toutes les formes d’élevage et d’utilisation de l’animal doivent respecter la physiologie et le comportement propres à l’espèce.
Les exhibitions, les spectacles, les films utilisant des animaux doivent aussi respecter leur dignité et ne comporter aucune violence.

Article 6
L’expérimentation sur l’animal impliquant une souffrance physique ou psychique viole les droits de l’animal.
Les méthodes de remplacement doivent être développées et systématiquement mises en œuvre.

Article 7
Tout acte impliquant sans nécessité la mort d’un animal et toute décision conduisant à un tel acte constituent un crime contre la vie.

Article 8
Tout acte compromettant la survie d’une espèce sauvage, et toute décision conduisant à un tel acte constituent un génocide, c’est à dire un crime contre l’espèce.
Le massacre des animaux sauvages, la pollution et la destruction des biotopes sont des génocides.

Article 9
La personnalité juridique de l’animal et ses droits doivent être reconnus par la loi.
La défense et la sauvegarde de l’animal doivent avoir des représentants au sein des organismes gouvernementaux.

Article 10
L’éducation et l’instruction publique doivent conduire l’homme, dès son enfance, à observer, à comprendre, et à respecter les animaux.

Une différence de genre

10/10/2010

Un horizon de recherche zoothérapeutique très stimulant est de documenter comment, dans une situation à vocation thérapeutique, un animal peut devenir un être signifiant. Et cette réflexion ne peut faire l’impasse sur le type de relation mis en place par les hommes et par les femmes avec l’animal. Des études semblent indiquées qu’il y existe une approche distincte, une différence de genre.

It is clear to me that gender differences result from the interaction of factors that operate at multiple levels, and it is unlikely that any single factor can account for the array of differences in human–animal relationships that have been documented over different behaviors and cultures. (1)

Attendu qu’on assiste à l’épuisement progressif de recherches sur des données quantifiables, reproductibles en zoothérapie pour se tourner vers la création de variable « perception de l’animal, » il importe voir comment l’homme et la femme abordent cette relation avec l’animal.

While women were more humanistic and moralistic about animals, they were also more negativistic. And while women expressed more concern for the welfare of individual animals, men were more concerned with species preservation and habitat conservation.
Most investigations of attitudes toward the use of animals have found that women are more sympathetic than men towards animal welfare and are less supportive of animal research. These differences transcend national boundaries. (1)

gender differences in human-animal interactionCeci est peu considéré dans les comptes-rendus de recherches. Autre point, les infirmières, comme ‘pros de la relation de soin’, ont été les premières à mettre en place des initiatives de soin incluant les animaux. Comme femmes, elles ont beaucoup fait pour faire entrer la thérapie assistée par l’animal dans les établissements. Et elles se sont beaucoup battues pour faire reconnaitre l’apport de l’animal. Est-ce une simple coïncidence? Certains articles suggèrent même que les infirmières devraient avoir plus de place dans la décision et la conduite de ce type d’initiative.

Bref, les animaux en eux-mêmes n’ont pas d’effet thérapeutique en soi sur les patients. Tout dépend de l’interprétation que se fait le thérapeute du potentiel de changement apporté par l’animal dans la relation. Tout dépend de comment les différents acteurs deviennent des figures d’attachement les uns pour les autres. Tout dépend de la manière dont en tant que femme et en tant qu’homme on aborde la relation à l’animal.

En quoi le thérapeute est attaché à son patient, en quoi le patient est attaché au thérapeute, en quoi le patient est attaché à l’animal, en quoi le thérapeute est attaché à l’animal, en quoi l’animal est attaché au thérapeute, et en quoi l’animal est attaché au patient.(2)

En quoi le thérapeute est homme ou femme, en quoi le patient est une patiente….. La relation thérapeutique est un objet d’études passionnant si et seulement si on garde en ligne de mire les relations de genre qui sont porteuses d’informations éclairantes.

Pour aller plus loin:

(1) Harold A. Herzog, Gender Differences in Human–Animal Interactions: A Review, Western Carolina University, Cullowhee, USA, ANTHROZOÖS Vol. 20, Issue 1, 2007

(2) Michalon, J., L. Langlade, and C. Gauthier, Points de vue sur la recherche autour des Interactions avec l’Animal à but Thérapeutique et/ou Educatif. Note de synthèse. A. Micoud and F. Charvolin, Editors. 2008, Modys (UMR 5264 – CNRS) / Fondation Adrienne & Pierre Sommer

‘Données’ est le pluriel d’anecdote

07/10/2010

Face à un travail de recherches, les scientifiques considèrent toujours la fiabilité des données, la manière dont elles ont été rassemblées et comment elles sont finalement expliquées, interprétées et diffusées. Les anecdotes (ou les histoires) sont des données qui ont toujours leur place dans les descriptions des animaux. Certains scientifiques pourtant détestent ou ignorent les anecdotes sous prétexte que ‘ce ne sont là que des histoires rien de plus’. Ce ne sont pas des ‘données dures’; elles ne sont pas reproductibles et peuvent être trop entachées de parti pris et d’implication personnelle. Toutefois notre façon de théoriser l’évolution du comportement repose en grande partie sur des histoires. Les scientifiques qui y trouvent à redire sont peu nombreux.

Marc Bekoff. Les émotions des animaux, Manuels Payot, 2007, p. 220

On reproche souvent aux études sur la thérapie assistée par le chien (TAC) de ne pas présenter des panels de cas suffisants pour en extraire des données biomédicales irréprochables. Les intervenants de TAC voulant à tout prix utiliser des outils inadaptés et inadaptables ne pourront faire face à la puissante machine pharmaco-médicale. À moins….
Pourquoi ne pas envisager chacun des cas étudié sous cet angle de l’anecdote, après tout chaque chien est unique, chaque malade est unique, chaque intervenant est unique, chaque histoire est unique. L’accumulation de toutes ces anecdotes zoothérapeutiques – et ça commence à en faire depuis le temps – nous autorise à constituer une solide base de données sur la thérapie assistée par le chien et ainsi forger des outils susceptibles de faire avancer la recherche empirique et de susciter de nouvelles histoires. Et oui les contextes sont différents, les époques, les interventions… mais les émotions derrière chacune des activités, les résultats observés et quantifiés… ont une origine commune : la thérapie émotions des animauxassistée par le chien a des impacts notoires. Est-ce que cela sera seulement suffisant? Car la recherche scientifique se nourrit de théories largement acceptées, centrales et unificatrices, c’est demander beaucoup que d’ouvrir à d’autres démarches, mais Marc Bekoff (p. 220) le dit :

En réalité, les analyses systématiques des anecdotes peuvent déboucher sur des données reproductibles par le biais d’expériences imitant des situations anecdotiques.

En ce sens, c’est à la recherche en thérapie assistée par le chien de siphonner dans les anecdotes, actuellement disponibles, les données reproductibles et de les reproduite, alors il y aura reconnaissance et entrée dans le monde biomédical.

Bouger en couleurs avec son chien

01/10/2010

La ville de Rigaud, connue pour ses trésors naturels, ne dément pas sa vocation récréotouristique : une canimarche et une canicross vont s’y tenir le 9 octobre prochain. Pour la première fois à l’ouest de Québec – ville doyenne du canicross – une municipalité va héberger des activités sportives attelées à son chien.
Cette course découverte dans les sentiers du parc Chartier-de-Lotbinière sera précédée d’une canimarche en famille bon enfant où petits et grands découvriront les joies d’un sport peu connu qui mérite d’être connu et qui est de plus en plus populaire! Dans l’environnement merveilleux du Mont-Rigaud de cette fin de semaine de l’Action de grâce, c’est le Festival des couleurs. Et des couleurs il y en aura sur toutes les joues ravivées par le mouvement!
C’est tout une programmation qu’a réservée la ville de Rigaud à ses visiteurs pour sa 13e édition du Festival des couleurs … même les poilus ont leur escapade nature et leurs événements conçus spécialement pour eux par l’organisateur Louis Patenaude. Grâce à la grande disponibilité de la ville, Louis Patenaude a réservé rien moins que le stade de baseball du parc Chartier-de-Lotbinière pour présenter plusieurs activités sportives et ludiques aux 6 pattes ! On parle d’agilité, de rencontres avec des gens qui pratiquent le canicross, d’initiation personnalisée, de conférences avec AkkoSport (équipements de canicross, et canimarche et canirandonnée), de démonstrations de trottinette attelée. Les mordus entraineront le public à faire un effort en commun dans les sentiers automnaux … L’objectif est de donner le goût aux gens de sortir attelé à son chien, de montrer que c’est un sport et un loisir accessibles à tous et que la meilleure manière de s’initier est de courir… en meute!
Sam le berger catalanSensations et émotions seront au rendez-vous!

L’administration rigaudienne semble avoir compris qu’appréhender la question de l’homme et de l’animal en milieu urbain consiste notamment à porter une attention particulière à la qualité de la vie urbaine en offrant des moments magiques où humain et canin se rencontrent dans des espaces de joie et d’activités ‘fraicheurs’.
Par ce geste, la direction municipale se positionne sur l’intégration des animaux de compagnie dans la ville : ils font partie de la fête!  Et est en bonne place pour attirer un nombre important d’adeptes du sport attelé à son chien!

Pour venir et en savoir plus:
http://www.festivaldescouleurs.com/


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