Archive pour le mois 08/2010
28/08/2010
Certains dispositifs behavioristes – ceux qui font du conditionnement – ne laissent aucune chance au chien d’exprimer sa manière d’être et de les surprendre. Ils conditionnent le chien à effectuer mécaniquement une commande…. Pour quel bénéfice ?
Ainsi, l’ordre des choses est conservé: l’animal ne peut déroger à cette ornière idéologique dans laquelle il a été formaté: ‘il fait ce que je veux’. Ceci est une autre ‘influence négative de la domestication’, selon l’expression de Romanes, le père de la psychologie comparative interspécifique.
Pourtant, iIl existe une approche qui ouvre des perspectives riches d’enseignement parce qu’ouverte aux changements, une approche qui induit des transformations traduisant de nouvelles manières d’êtres, dans laquelle le scientifique et le propriétaire ne savent pas quelles sont les bonnes questions à adresser aux animaux mais qui accueillent ce doute intelligent en adoptant une position de recherche nouvelle: quelles sont - du point de vue du chien, de l’animal - les expérimentations qui permettent d’obtenir de leur part les meilleurs réponses qui soient ? Bien entendu, ça ne se fait pas immédiatement, ça prend beaucoup de temps, d’essai-erreurs mais ô combien porteurs d’avenir.
Actuellement, il semble que la société québécoise envisage encore l’éducation du chien de manière behavioriste: conditionnement pur de dur. Une portion infime d’observateurs du comportement canin a adopté une autre voie – voix: les animaux les ont transformés afin qu’ils les transforment.
Dans les dispositifs de conditionnement, le chien est généralement soumis à un apprentissage au cours duquel il doit apprendre à réagir à certains stimuli : une lumière qui s’allume, un son de cloche, un dessin. Lorsqu’il perçoit le stimulus qu’on lui demande de reconnaître ou de discriminer, il doit présenter la réaction que lui a enseignée son expérimentateur. Il sera dans le meilleur des cas récompensé par un peu de nourriture dans les moins bons puni par un choc électrique ou toute autre expérience désagréable. À force de répéter le stimulus, l’expérimentateur obtient ce qu’il cherchait : le chien est conditionné, il se comporte à présent comme un jouet mécanique à ressorts. Ici encore le terme ‘invention’ au sens d’une production d’existence permet de décrire ce qui a pu arriver au chien dans ce type de dispositif. En observant la façon dont le chien est soumis à des contraintes qui ne lui laissent aucune chance, les sociologues Arnold Arluke et Clinton Sanders - Regarding animals – ont repris à leur compte cette conclusion sans appel de Vicki Hearne : ‘Dans la mesure où les behavioristes font tout pour dénier toute possibilité de croire à la capacité du chien de croire, d’avoir des intentions, de signifier etc., il n’y aura aucun courant d’intentions, de significations ou de croyances qui aura une chance d’advenir. Le chien peut essayer de répondre au behavioriste, mais le behavioriste ne répondra pas à la réponse du chien… le chien du behavioriste ne fera pas que sembler stupide, il sera stupide!’.
De ce dispositif très appauvrissant et remarquable par le manque de politesse de ses chercheurs, on pourrait pourtant, mais par contraste, trouver des indices nous permettant de proposer une autre version, complémentaire des changements qui sont partout repérables. Que se passe-t-il dans ce dispositif? Bien sûr, il a mutilé le chien, il n’a rien fait d’autre que de produire une existence sans intelligence. Mais soyons attentifs : cette lobotomie à distance n’est possible que parce que les chercheurs se sont eux même mutilés. Il n’y a pas que le chien qui soit stupide dans cette histoire. Les chercheurs le sont autant que lui, non pas parce qu’ils l’étaient avant mais parce qu’ils se sont soumis à un dispositif qui ne leur donnait aucune chance d’être ni intéressés ni intéressants. En écoutant les conclusions de Hearne – ‘Le behavioriste ne répondra pas à la réponse du chien’ – on pourrait même formuler autrement notre affirmation : les behavioristes n’ont laissé aucune chance au chien de leur donner une chance. Ils n’ont à aucun moment autorisé le chien à les modifier, à les surprendre, à leur apprendre quelque chose et à changer leur manière de s’adresser à lui.
Dès lors l’affirmation des primatologues et des éthologistes ‘ils ont changé mais nous avons changé aussi’ peut recevoir si nous voulons être fidèles à la manière dont eux-mêmes peuvent parfois décrire leur travail, une autre traduction : ‘Les animaux ont changé aussi parce qu’ils nous ont changés’.
Despret, Vinciane. Quand le loup habitera avec l’agneau, Les empêcheurs de tourner en rond, 2002, p 29-31
Tags: apprentissage, Arnold Arluke et Clinton Sanders, behavioriste, chien, conditionné, dispositifs behavioristes, éthologistes, expérimentateur, influence négative de la domestication, Les empêcheurs de tourner en rond, primatologues, psychologie comparative interspécifique, Quand le loup habitera avec l’agneau, Romanes, stimuli, stimulus, Vicki Hearne, Vinciane Despret
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25/08/2010
Une ville durable est une ville qui accueille le social, le végétal et l’animal… Si l’intégration dans la ville de la nature végétale (et minérale) est déjà bien assise dans les politiques urbaines de Longueuil, celle de l’animal ne semble faire l’objet de peu de prise de conscience, du moins à la lecture du ‘Le Guide espace citoyen Longueuil’ magazine d’information municipale de juillet dernier dans lequel l’animal de compagnie – réparti dans 23% des ménages québécois – est rangé sous la rubrique : Nuisances p. 49 du document? Du moins si l’on en juge par le Règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux de la ville de Longueuil.
Le texte que sandraetlechien.com a présenté hier : ici.
Réaction de Michel Latendresse, vice-président du comité exécutif et conseiller municipal de l’Arrondissement de Saint-Hubert : ‘On va regarder ça’……
Soyez certain que vous serez épaulé dans cette tâche
Tags: Association des médecins vétérinaires du Québec, Barreau du Québec, conseiller municipal de l’Arrondissement de Saint-Hubert, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Groupe de travail sur le bien-être des animaux de compagnie, Institut spécialisé dans la gestion des animaux en ville, La Lettre des Villes de l’Afirac, Le Guide espace citoyen Longueuil’, Longueuil, magazine d’information municipale, Michel Latendresse, Ministère de l’Agriculture, morsures, politiques urbaines, Règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux de la ville de Longueuil, rencontres Animal et Société, vice-président du comité exécutif
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18/08/2010
La présence dans la ville d’animaux domestiques, commensaux et sauvages est de plus en plus massive. Il en découle de nombreux bienfaits … mais aussi des désagréments. Ici, tout le monde pense en priorité aux déjections canines; mais ce n’est qu’un des multiples problèmes que pose la présence animale dans la ville : dangerosité de certains chiens, hurlements nocturnes des chats en chaleur, ré-introduction de la poule etc.
L’animal de compagnie domestique a pris un développement considérable en ville ces dernières décennies. Le chien et le chat sont les compagnons les plus expressifs, mais à côté, on note l’existence des oiseaux de volière et des poissons d’aquarium…. L’animal est entré en force dans le groupe familial urbain d’aujourd’hui. Il joue un rôle important dans l’équilibre affectif de la cellule familiale. L’animal de compagnie correspond à un besoin d’appartenance communautaire au-delà de divers phénomènes de mode. Il est source de valorisation, il est facteur d’activités physiques et relationnelles, il représente un équilibre médico-psycho-social pour les propriétaires…. Il est un facteur positif dans la vie urbaine : l’animal fait société tant il permet la permanence ou le rétablissement de passerelles sociales. Néanmoins, nous assistons simultanément à la multiplication des nuisances, abandons, situations insécurisantes… L’objectif est :
Pour faciliter la présence de l’animal dans la ville, pour permettre une cohabitation harmonieuse avec les autres usagers et accroître la responsabilité des maîtres, la ville de Longueuil doit développer des initiatives originales pour intégrer les animaux de compagnie dans les services qu’elle rend à ses citoyens et ainsi développer une véritable approche citoyenne de l’animal de compagnie
Il y a nécessité d’adopter une politique de gestion de l’animal dans la ville de Longueuil qui embrasse la totalité de la problématique. Pourquoi?
Pour répondre aux besoins des citoyens qu’ils soient propriétaires ou pas d’animaux de compagnie
Parce que le phénomène des animaux de compagnie n’est pas pour décroître (il va bien falloir y réfléchir)
Pour sensibiliser les enfants aux animaux de compagnie, leur comportement
Pour prévenir les actes de cruauté envers les animaux
Pour économiser et….
Parce que la manière dont les animaux sont traités dans une ville détermine la grandeur de ladite ville. La manière dont une municipalité répond aux besoins de ses citoyens détermine si les dits-citoyens s’implantent durablement dans une ville. Par exemple, cela fait des années que les propriétaires de chiens demandent qu’on réponde à leurs besoins (avoir des parcs à chiens de proximité dans leur localité), vu les fins de non recevoir que plusieurs d’entre nous ont reçues, il est grand temps de lancer une réflexion plus générale sur la place de l’animal dans l’espace urbain. Car, l’argument ‘on n’a pas d’espaces’ n’est pas recevable si l’on met en application une vision urbaine de la vie et de la place des animaux domestiques qui qu’on le veuille ou non sont déjà là.
Faciliter la relation au vivant est « un élément constitutif de la qualité de vie en milieu urbain. La présence de l’animal contribue sans nul doute à l’élaboration d’un projet durable de prise en compte des attentes du citoyen. Chiens, chats mais aussi oiseaux, rongeurs ou tout autre représentant de la faune autochtone participent à l’humanité de l‘espace public», (La Lettre des Villes de l’Afirac, décembre 2008), http://sandraetlechien.com propose qu’une réflexion globale sur la présence des animaux de compagnie dans l’espace urbain de la ville de Longueuil soit tenue. Conjuguer le respect des autres et de l’espace public avec le plaisir de vivre en compagnie d’un chien, d’un animal en ville, c’est possible.
http://sandraetlechien.com/ va demander lors de la séance publique du conseil de la Ville de Longueuil, le 24 août la tenue d’une table de réflexion/concertation/consultation publique pour réfléchir à quelle présence de l’animal en ville Longueuil veut et poser enfin des actes cohérents.
Lieu: 4250 ch Savane, Saint-Hubert, ville de Longueuil.
Pour aller plus loin:
http://www.petsandthecity.fr/citadins-bienveillants.html
Les rencontres Animal et Société du Ministère de l’Agriculture et de le Pêche -France
http://www.animaletsociete.fr/
Les parcs à chiens, une histoire d’humains, un photoreportage de Jacinthe Tremblay
http://sandraetlechien.com doit beaucoup de ses réflexions aux travaux exemplaires qui ont été menés dans le cadre des synthèses du Millénaire, Grand Lyon (France) Septembre 2005, intitulé ‘Les relations homme-animal en milieu urbain’: /http://www.millenaire3.com
Tags: 'Les relations homme-animal en milieu urbain', animal, conseil de ville, groupe familial urbain, Jacinthe Tremblay, L'actualité, L'animal de compagnie domestique, Lettre des Villes de l’Afirac, Longueuil, millenaire3.com, photoreportage, présence animale, réflexion urbaine, vision urbaine de la vie et de la place des animaux domestiques
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14/08/2010
Bien que Benoît XVI n’ait pas lui-même de chat ou de chien au Vatican, espérons qu’il aime les animaux comme son prédécesseur Jean-Paul II qui vouait une grande admiration pour Saint-François-d’Assise. D’ailleurs, c’est Jean-Paul II en 1979, qui a officiellement proclamé Saint-François-d’Assise, patron des écologistes et des animaux. C’est pourquoi le 4 octobre de chaque année, jour de naissance du saint, de nombreux prêtres à travers le Québec (et le monde) procèdent à la bénédiction des animaux (
tout l’article).
En fait, ce rituel fait partie de l’ensemble des rituels de bénédictions de l’Église. Il était, certes, plus fréquent jadis dans les campagnes. L’idée était d’attirer la protection de Dieu. Aujourd’hui, en faisant bénir son animal de compagnie, le propriétaire souhaite attirer les grâces divines et les bienfaits sur celui ou celle qui vit à ses côtés.
Rappelons-nous que Dieu a sauvé les animaux du déluge en même temps que
Noé et sa famille,
Jonas a été sauvé de l’abîme par une baleine, il a montré à Élie un corbeau pour lui apporter de la nourriture….

Cette œuvre du peintre américain Edward Hicks représente la montée à bord des couples d'animaux (1846)

L'icône montre le Prophète Elie assis dans une caverne, nourri par un corbeau (I Rois XVII, 1 - 7).
Les images d’animaux sauvant les humains sont pléthores dans la Bible, n’est qu’à se rappeler Saint-Roch. Homme saint qui, à force de soigner les malades, finit par attraper la peste. Il se retira dans une forêt pour ne pas infecter les autres. Seul un chien vint le nourrir en lui apportant chaque jour un pain dérobé à la table de son maître.
D’où l’iconographie représentant Saint-Roch et le chien ou le dicton qui dit : « Qui voit saint Roch, voit bientôt son chien ». D’où la popularité de puis des années de la Fête de la fondation Saint-Roch.
Faire bénir son chien, et pourquoi pas après tout ? Le livre des bénédictions de l’Église catholique comporte d’innombrables textes qui sont mis à jour régulièrement par le Vatican. On peut tout faire bénir, une maison, une moto… alors pourquoi pas un chat ou un chien ? Le chien est parfois l’unique connexion avec le monde extérieur. Exploiter ce potentiel émotif n’est donc pas anodin. Officiellement ‘nous n’avons pas de célébration de bénédictions d’animaux et leurs propriétaires’, affirme-ton du côté du sanctuaire Sainte-Anne-de-Beaupré. Idem à l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal…. Mais ‘si une personne se présente avec son animal de compagnie, il nous fera plaisir de les bénir’ et ‘à date, cette demande ne nous a pas été adressée’.
Pas encore…. 
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10/08/2010
On bénit les animaux de compagnie dans les églises du Québec (catholique ou anglicane).
Depuis plusieurs années, dans la région de Drummondville durant la semaine de l’Action de
Grâce, Luc Lafond, prêtre, bénit les animaux de compagnie et leurs propriétaires. C’est l’occasion de fêter le patron des animaux et de la nation, Saint-François d’Assise et de rendre grâce à Dieu pour ses créatures.
Elles sont nombreuses les paroisses à offrir un rituel de bénédiction des animaux. Ainsi, en décembre dernier, dans Montréal-Nord, plus de 50 personnes ont pris part à une de ces céréminies au Mail Léger-Langelier. Chats, chiens… ont reçu les sacrements du curé Richard Depairon, des paroisses Sainte-Colette et Saint-Camille.
Idem à la paroisse de Sainte-Anne-de-Bellevue, l’abbé Jean-Ronald Mallette anime sa messe dominicale devant un parterre de poils, griffes et moustaches. Chaque premier dimanche du mois, une cérémonie spéciale où les animaux de compagnie peuvent amener leurs maîtres assister à une cérémonie religieuse en leur honneur a lieu à l’église anglicane Christ Church, de Beaurepaire, à Beaconsfield. Cette église a lancé en collaboration avec les Centres d’adoption d’animaux de compagnie du Québec (caacQ) un tout nouveau concept, Museaux et Prières. Ou comment célébrer la relation anthropocanine. Ce culte est a pour objectif de changer les perceptions des Québécois à l’égard du bien être des animaux. La Sainte Communion a été offerte, chaque mois depuis janvier dernier, à toutes les personnes présentes et des gâteries ont été données à tous les chiens. Des bols d’eau étaient également fournis (pour les chiens!).
Ainsi est-il fréquent de lire ce genre d’invitation: ‘La Chorale Gospel Outaouais et la Société protectrice des animaux de l’Outaouais invitent toutes les familles et leurs animaux de compagnie à une fête spéciale, le dimanche 16 mai 2010, à 15 h 30, à la cathédrale Saint-Joseph, 245, boulevard Saint-Joseph, Gatineau. La bénédiction des animaux aura lieu lors d’une messe gospel, qui se tiendra entièrement à l’extérieur, célébrée par l’abbé Jean Sans-Cartier et animée par la Chorale Gospel Outaouais’.
À Hudson, la tradition veut que les Services animaliers Wags and Whisker et le Service des parcs et loisirs d’Hudson invitent la population à une journée d’adoption d’animaux et de bénédiction au centre communautaire.
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06/08/2010
‘J’ai toujours vécu avec des animaux’, ‘Pour l’amour des animaux’…, sous ce drap se cache une bien sombre face de l’humanité. Il est totalement faux de penser que j’agis moralement ‘pour l’amour des chiens’. Un chien a-t-il besoin d’un humain pour vivre? L’humain a, bel et bien, besoin du chien.
Sinon pourquoi y en aurait-il autant? Parce que les animaux de compagnie offrent une sensation de plénitude, de fusion avec l’univers. Ils renvoient une image gratifiante de l’humain : Ils nous trouvent toujours aimables! ‘L’amour des animaux est un amour égoïste. L’animal valorise l’homme, qui est au centre de son attention, de son univers, et qui a sur lui un pouvoir de vie ou de mort. Je suis convaincu que nous n’aimons pas tant l’animal lui-même que sa dépendance à notre égard’, explique Jean-Baptiste Jeangène Vilmer dans Éthique animale.
En effet, n’avez-vous jamais pensé à ça : je décide de la nourriture de mon chien, je décide qu’il aime ça, je suppose qu’il aime ça car il mange tout, mais s’il mangeait tout parce qu’il avait juste faim? J’ai un pouvoir sans fin sur lui… ou presque. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer dans une entrevue au Devoir en juin 2009, avançait :
Pour renforcer son contrôle, le maître se construit à travers essentiellement deux comportements: le dressage et le maternage. Le dressage permet à l’homme de satisfaire son besoin d’autorité, en assujettissant et en dominant l’animal, que des spécialistes, des professionnels peuvent même lui livrer «clés en main» comme une voiture prête à être conduite. Le maternage, qui s’exprime à travers une avalanche d’affection, de nourriture excessive (il y a une confusion courante entre affection et nourrissage) et de soins divers, revient à considérer l’animal comme un enfant. Il est même créé pour cela: nos animaux de compagnie sont sélectionnés pour conserver des caractères infantiles à la fois dans leur comportement (néoténie) et leur morphologie (pédomorphisation), c’est ce qui nous fait «craquer» puisque c’est ce qui répond à notre besoin de maternage.
L’animal de compagnie n’est autre qu’un objet narcissique, une sorte de miroir qui nous renvoie l’image d’un être supérieur, qui vient combler la solitude ou la frustration. C’est aussi, pour beaucoup d’humains, un objet symbiotique avec lequel on n’a pas de limites. Ainsi, tout ce qui est vécu par l’animal passe dans l’humain et inversement. En ce sens le psychiatre et professeur Pierre Guyotat a raison, l’animal est un objet transactionnel ou transitionnel. Il fonctionne dans un groupe comme un bien d’échange et surtout comme un objet à tout faire : à caresser, à torturer, à suralimenter, à interpeller…
Notre psychisme peut assigner un autre rôle à l’animal. Plus retors. Le service le plus éminent qu’il nous rend, c’est certainement ce sentiment de puissance sur un environnement dont on ne connaît plus les limites et les évolutions, sur ce petit morceau de nature à la maison qui ‘sert de rédemption à la culpabilité d’exploiter sans vergogne d’autres animaux: toute cette affection, cette compassion, cet amour que nous déversons sur les uns sert peut-être à nous donner l’illusion de compenser le mal que nous faisons aux autres’, dit Jean-Baptiste Jeangène Vilmer.
Mais dans tous les cas, l’animal de compagnie exprime l’homme.
Tags: amour égoïste, contrôle, culpabilité, Éthique animale, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Le Devoir, maternage, néoténie, objet narcissique, pédomorphisation, Pierre Guyotat, Pour l’amour des animaux, rédemption
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02/08/2010
Tant que l’homme et les animaux sont regardés comme des créations indépendantes, un sérieux obstacle s’oppose à notre désir naturel de pousser aussi loin que possible notre recherche des causes de l’expression. Cette conception peut expliquer tout et n’importe quoi; et elle s’est révélée pernicieuse autant pour l’étude de l’expression que pour toute autre branche de l’histoire naturelle. Certaines expressions de l’homme, par exemple lorsque les cheveux se hérissent sous l’influence d’une terreur extrême ou que les dents se découvrent par l’effet d’une colère furieuse, ne sont guère compréhensibles sauf si l’on se convainc que l’homme a connu jadis un état bien inférieur et semblable à l’animalité. Le fait que certaines expressions soient communes à des espèces distinctes quoiqu’apparentées, comme les mouvements des mêmes muscles faciaux pendant le rire chez l’homme et chez divers singes, devient un peu plus compréhensible si nous croyons qu’ils descendent d’un ancêtre commun. Celui qui admet d’une façon générale que la structure corporelle et les habitudes de tous les animaux ont évolué graduellement considérera l’ensemble de la question de l’expression sous un jour nouveau et plein d’intérêt. Charles Darwin, Expression des émotions chez l’homme et les animaux, Rivages Poche, p 20-21
À quelques siècles de distance, deux conclusions similaires. Ce n’est qu’en étudiant la proximité spatiale et la continuité temporelle entre l’homme et les animaux/chiens que nous découvrirons ces communautés hybrides et qu’il sera ainsi plus facile d’appréhender la thérapie assistée par le chien.
Une communauté hybride homme/animal est une association d‘hommes et d’animaux dans une culture donnée qui c
onstitue un espace de vie pour les uns et pour les autres, dans lequel sont partagés des intérêts, des affects et du sens. Il ne s’agit pas d’associations générales mais d’associations particulières….. S’il s’agit d’associations polyspécifiques, il s’agit avant tout d’agencements chargés de sens et d’émotions entre des individus qui appartiennent à des espèces différentes, et l’individualité des protagonistes compte plus que les espèces impliquées… .
Dominique Lestel. L’animal singulier, Seuil, p 19-20
Tags: ancêtre commun, animalité, charles darwin, créations indépendantes, Dominique Lestel, expression, Expression des émotions chez l’homme et les animaux, L’animal singulier
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