Archive pour le mois 06/2010
28/06/2010
La biomédicine n’est qu’une des formes du savoir médical, il en existe d’autres, différentes et peut-être que la thérapie assistée par le chien/animal permet d’ouvrir la biomédecine sur des savoirs engendrant des relations médecin-patient plus complexes, possiblement plus naturelles. Du fait que, la force des hypothèses biomédicales et leurs applications découlent de nombreuses sources - l’efficacité de beaucoup de ces pratiques, le réseau étendu
d’institutions qui s’y abreuvent, les investissements économiques et politiques dans ce modèle particulier et le fait que les médecins tiennent la critique quant aux autres pratiques envisageables (Gordon, 1988) - sur quelles bases s’appuient les médecins pour approuver des activités de TAC dans leurs unités de travail?
C’est essentiellement par une démarche d’essai-erreur que le soignant apprend à reconstituer les limites de son rôle professionnel par rapport aux malades et des décisions qu’il doit prendre. Et dans ce sens, la TAC est une ‘personal knowledge’ (Del Vecchio Good M et Good Byron(1), composée d’éléments subjectifs, ce qui permet de construire une certaine forme de connaissance, de réalité qui prend forme et place, dans le cadre du rapport interpersonnel et institutionnel fortement organisé.
Les intervenants de TAC ont voulu user des outils de la biomédecine pour rendre compte des bienfaits de cette approche. Il en résulte que :
If current trends are any indication, animal-assisted intervention (AAI) programs are likely to continue to proliferate in the absence of convincing efficacy data. The field appears to be driven forward by the ardent faith of its numerous practitioners who believe that these interventions work, and are happy to grasp at any evidence, however weak, to support their own convictions. In this respect, the development of AAIs resembles the early careers of many other now-respected treatments for disorders of adolescent mental health; treatments that have since been validated by large numbers of high-quality, clinical trials. If AAIs are going to succeed in moving away from the fringes of clinical practice and into the mainstream, they will need to follow a similar path. For the field to progress as an empirically-supported treatment for many of the populations that it is currently attempting to serve, rigorous efficacy and effectiveness research conducted by individuals trained in clinical research and program evaluation is needed. In the absence of such research, the scientific and medical communities will continue to assume little or no long-term beneficial impact of these interventions.
Kruger. K, Trachtenberg. S et Serpell. J.
Can animal help human heal ? Animal assisted interventions in adolescent mental health. Center for the interaction of animals and society. University of Pensylvania School of Veterinary Medecine
(1) Del Vecchio Good M et Good Byron
‘Learning medicine, the construction of medical knowledge at Harvard Medical School’ in Knowledge, power and practice. The anthropology of everyday life, Lindenbaum & Lock, Berkeley, p 81-107
Tags: biomédicine, Del Vecchio Good M et Good Byron, démarche d’essai-erreur, hypothèses biomédicales, relations médecin-patient, rôle professionnel, savoir médical, thérapie assistée par le chien/animal
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25/06/2010
Parce que l’Homme ne peut se comprendre lui-même sans accepter sa parenté avec l’animal, dans une recherche parfois vertigineuse de la limite (Claude Beata, président de l’Association ZooPsy), il est un domaine de la relation à l’animal qui exprime toute la dangerosité du lien d’attachement : le hoarding.
Le magazine Animal publiait dans son édition de mai dernier un article intitulé ’L’animal hoarding, une maladie méconnue’. L’animal hoarding c’est l’amassement compulsif d’animaux, ça peut paraître très surprenant d’accumuler des animaux vivants et de les cloitrer dans des espaces restreints. Il n’est pas rare, quand les associations de protection des animaux parviennent à intervenir, de découvrir des dizaines de dizaines d’animaux entassés dans des cages ou attachés, sans aucune qualité de vie, squelettiques, malades, faméliques et souffrants. Vu leur grand nombre, les propriétaires ne sont plus capables de les nourrir ni de les soigner. Ils ont perdu le contrôle mais les hoarders sont convaincus qu’ils aident les animaux. Sous couvert de l’affirmation ‘l’animal a besoin de moi, je suis celui qui l’aide; j’ai toujours fait comme ça, il n’est pas malade’, cette maltraitance particulière prend la forme d’une maladie psychiatrique classée aux USA parmi les troubles obsessionnels compulsifs. En effet, les collectionneurs d’animaux sont souvent des personnes victimes de troubles psychologiques, c’est ce qui a conduit, après plusieurs années d’études, le psychiatre américain, Gary J. Patronek a dénommé ce trouble.
Ainsi Anima-Québec qui a saisi 114 des 200 chiens vivant dans la résidence familiale d’un couple dans le Bas St-Laurent, en 2007. Là on ne parle pas d’une dissonance de la relation qu’un pouvoir absolu de l’humain sur l’animal et un déni de la violence engendrée. En fait, comme l’exprime Caroline Lanty, avocate et administrateur SPA de Paris (France) : ‘C’est par l’animal maltraité que l’humain investi dans une cause qui lui est chère, trouvera son utilité et sa place dans la société’.
Or, la société est aussi responsable, car selon l’auteur Nathan J. Winograd, les collectionneurs d’animaux prospèrent dans les communautés où le taux d’euthanasie est élevé. Ainsi le hoarder a l’excuse toute trouvée : ‘si je ne suis pas là, qui les sauvera’?
Pour aller plus loin
www.animalhoarding.com
http://www.tele-animaux.com/actualite,article,avoir-des-animaux-jusqu-au-delire-:1155.html
http://canada.myletsadopt.com/tag/refuges/
Tags: amassement compulsif d’animaux, animaux, Association ZooPsy, Claude Beata, collectionnage d’animaux, Gary J, hoarder, hoarding, maltraitance, Nathan J. Winograd, Patronek
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21/06/2010

On ne nous reprochera pas de coller des étiquettes au comportement humain mais lorsqu’il s’agit des animaux nous sommes censés réprimer cette habitude. Ce qui nous est presque impossible, car les humains mentalisent automatiquement. La mentalisation nous offre un raccourci vers les comportements qui nous entourent. Au lieu de fractionner nos observations sur la façon dont notre patron réagit à notre retard (des sourcils se froncent, son visage rougit, il tape du poing sur la table etc.) nous intégrons toutes ces informations en une seule évaluation (il est furieux). Nous structurons le comportement des autres en fonction des buts, désirs, besoins et émotions que nous percevons. Cette stratégie donne d’excellents résultats avec le patron et elle se révèle tout aussi efficace avec un chien qui se précipite sur nous, la queue frétillante, par opposition à un autre chien qui gronde en nous voyant, tête baissée et poil hérissé. Nous disons que l’un est ‘heureux’ et l’autre en ‘colère’ même si de nombreux scientifiques méprisent ces allusions à un état mental. Ils préfèrent dire que le premier est ‘joueur’ et le second ‘agressif’.
Les malheureux chiens font tout pour nous instruire sur leurs sentiments mais la science se livre à des acrobaties linguistiques pour éviter de les mentionner. Je n’approuve pas cette prudence.
Pour le darwiniste, il n’y a rien de plus logique que postuler l’existence d’une continuité émotionnelle. Je crois en fin de compte que la répugnance à parler d’émotions animales est moins liée à la science qu’à la religion. Et pas n’importe quelle religion, mais celles qui prirent forme dans des régions caractérisées par une absence d’animaux qui nous ressemblent.
Avec des petits singes et des grands singes à chaque tournant, aucune culture de forêt tropicale n’a donné naissance à une religion dissociant les humains de la nature. En Extrême-Orient – comme en Inde, en Chine et au Japon –où elles sont entourées de primates indigènes, les religions ne tracent pas de démarcation entre les humains et les autres animaux. La réincarnation prend des formes nombreuses et diverses. Un homme peut devenir un poisson et un poisson un Dieu. Les Dieux-singes comme Hanuman n’ont rien d’inhabituel.
Seules les religions judéo-chrétiennes placent les humains sur un piédestal faisant d’eux la seule espèce dotée d’une âme. On comprend aisément comment cette conception a pu voir le jour chez les nomades vivant dans le désert. Sans animaux pour leur tendre un miroir, l’idée que nous sommes seuls leur est venue naturellement. Ils se sont vus créés à l’image de Dieu et représentant l’unique forme de vie intelligente sur terre. Cette conviction demeure si ancrée qu’aujourd’hui encore ils recherchent la même forme de vie en braquant de puissants télescopes sur des galaxies lointaines.
Frans de Waal. L’Âge de l’empathie, LLL, Les liens qui libèrent, p 299-300
Tags: chien, continuité émotionnelle, darwiniste, Dieu, Extrême-Orient, forêt tropicale, Frans de Waal. L’Âge de l’empathie, hanuman, Mentalisation, réincarnation, religion, religion judéo-chrétienne, science
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17/06/2010
C’est au regard que ça se joue. Le regard est un contact qui offre une sphère de communication intime sans trop de complication relationnelle. Le chien regarde beaucoup. Cette aptitude à fixer du regard est une de ses spécificités qui ne se retrouve pas chez les loups domestiqués.
Le regard joue un rôle très important dans la régulation de l’interaction sociale. Et ça va même plus loin.
Le regard du chien peut être considéré comme un comportement d’attachement capable d’influencer l’équilibre neuroendocrinien du propriétaire.
Dans ‘L’attachement’-collection Zoopsychiatrie, voici ce que rapporte Colette Arpaillange, vétérinaire comportementaliste: Une équipe de recherche japonaise a mesuré la concentration d’ocytocine dans les urines de propriétaires de chiens après une interaction visuelle plus ou moins prolongée. Groupe 1 = les propriétaires se déclarent particulièrement satisfaits de la relation avec leurs chiens et ont le sentiment d’avoir une communication de qualité. Dans ce groupe les chiens maintiennent des interactions visuelles prolongées avec leurs maîtres
Dans le groupe 2 = qui se distingue par une relation globalement moins satisfaisante, les contacts visuels sont réduits. Le taux d’ocytocine augmente de façon proportionnelle à la fréquence des échanges de regards initiés par le chien dans le groupe 1. Cet effet n’apparaît pas lors des interactions uniquement tactiles.
Le regard c’est le signal le plus puissant de tout notre répertoire de communication non verbal. Comme le précisait Véronique Servais, de l’Université de Liège
‘Le regard mutuel, mais aussi le fait de regarder et d’être regardé, sont des éléments importants de la communication inter espèces’. 
Les auteurs soulignent que les chiens et les hommes partagent les mêmes modes d’attachement ce qui explique la place particulière qu’ils tiennent auprès des humains. La capacité à fixer le regard est un des signes fondamentaux d’attachement entre le propriétaire et le chien. Aussi, le regard contribue à établir la proximité avec les personnes donnant les soins.
Et de celles en recevant?
Tags: interactions visuelles, le regard, l’attachement, l’équilibre neuroendocrinien, L’hormone, ocytocine, propriétaires, Université de Liège, véronique servais, Zoopsychiatrie
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14/06/2010
Pour la seule province de Québec, près de 500,000 animaux seront abandonnés d’ici à la fin de l’année. En ce moment même, des milliers de drames se déroulent avec l’assentiment muet de la population québécoise et des autorités publiques. La période des déménagements bat son plein, on vide les maisons pour gagner un nouveau nid et on doit se départir du chat – lu sur un forum: il est pas accepté dans le nouveau bloc, si je le donne c est tout simplement car je me retrouve en appartement alors qu’il a toujours vécu en maison et il ne s’adapte pas et si je fait ca se n’est pas de gaité de coeur mais vraiment parce qu’il est malheureux -. En quittant la maison, l’humain détruit l’univers de son animal de compagnie alors en abandonnant chien et chat attachés au pied du lavabo, on pose un acte criminel, violent, cruel… en toute impunité – lu sur un forum: Un chien s’adapte n’importe où – même vivre dans la rue ne le dérange pas – du moment qu’il est avec son maître, du moment qu’il est avec sa meute. On part en vacances et … le chien est devenu encombrant. Sans aucune mauvaise conscience, on le lâche dans la nature pour lui rendre sa liberté. Non il ne va pas repartir à l’état sauvage’. Il va mourir. Il va être recueilli par une fourrière et sera euthanasié quelques jours après son arrivée.
Et pourquoi c’est aussi simple? Parce que l’animal domestique au Québec est un bien meuble, dixit le code civil. Franchement pourquoi faire plus de cas d’un objet de consommation : il est jetable comme le reste de la garde-robe. Aussi, la même litanie se reproduit année après année, à la même époque, la Ville de Montréal et la Société québécoise pour la défense des animaux (SQDA) lancent des appels au civisme des citoyens. En vain.
Cette année pourquoi en serait-il autrement? Le nombre de mises à mort va augmenter proportionnellement aux nombres d’abandon, la situation est catastrophique : on ne peut pas gérer la surpopulation des animaux domestiques par l’euthanasie.
Il est temps que les autorités publiques prennent connaissance de ces chiffres : au Québec, 45% des ménages possèdent un animal domestique. Les statistiques démontrent qu’en moyenne, chacun n’est gardé que 2 ans par ses propriétaires.
Pour aller plus loin:
http://sandraetlechien.com/2010/au-quebec-la-loi-n%e2%80%99a-pas-de-mordant/
http://www.lesblogues.com/animaux/17773/Victime+d&%23039%3Babandon,+de+maltraitance+et+d&%23039%3Bautres+horreurs.html
http://aequoanimo.com/lesabandons.html
http://frenchtoutou.over-blog.net/article-30570724.html
Tags: abandon, acte criminel, animal de compagnie, animaux, bien meuble, code civil, cruel, déménagements, euthanasie, mises à mort, mourir, objet de consommation, Société québécoise pour la défense des animaux, violent
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Jappons | Aucun commentaire »
11/06/2010
Certaines entreprises autorisent leurs salariés à venir travailler avec leur animal de compagnie et vous savez quoi? L’impact sur la productivité et le bien-être du salarié-propriétaire s’en trouvent grandement améliorés.
Dre Meredith Wells, chargée de cours en psychologie et la co-auteure Dre Rose Perrine, professeur de psychologie à la Eastern Kentucky University in Richmond (Kentucky) ont mené une enquête auprès de 31 entreprises américaines locales qui autorisaient leurs employés à venir au bureau avec chat et chien (ces entreprises n’ont pas encore autorisées les mygales ni les tigres). Les 193 employés sondés ont majoritairement affirmé que la présence de leur animal avait des impacts notoirement bénéfiques sur leur bien-être, que cela réduisait leur stress professionnel et que… cela leur permettait de mieux s’organiser au bureau et de faire de bonnes affaires.
En effet, il est de coutume que les employés personnalisent leurs emplacements de travail (cadres, photos, plantes….) et… tapis pour le chien/chat. Cela rend l’environnement plus amical et agréable. C’est réconfortant en plus de favoriser les échanges entre collègues et avec les clients. Le chien c’est bien connu désormais agit comme un lubrifiant social en améliorant les interactions et les conversations et surtout le chien a ce je-ne-sais-quoi de suffisamment réconfortant pour qu’un inconnu fasse le premier pas, aille vers et dise le premier mot. On voit ces scénarii se produire tous les jours sur les trottoirs.
Comment convaincre votre entreprise? Dans la recherche ci-dessus, la politique autorisant les animaux a été initiée par les propriétaires d’une de ces petites entreprises de 10 salariés ou moins… Mieux vaut demander avant d’amener votre chien…
Tags: chien au bureau, entreprise, lieu de travail, travail
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Le chien social | Aucun commentaire »
08/06/2010
Il est désormais temps de s’intéresser à la signification de la relation anthropozoologique observable sur le terrain en situation thérapeutique. L’animal être de conscience – le chien évidemment – est en interaction, un être de sens, un être de liens. L’animal est sujet qui offre à l’homme un miroir plus ou moins déformant, donc plus ou moins acceptable. Les expériences de TAC sont productrices d’existence, elles sont « le lieu de création de liens multiples et non univoques entre les théories et les pratiques qui en constituent d’abord
les outils et ensuite les conséquences » (‘Naissance d’une théorie éthologique’ Vinciane Despret, p.29). Autre point, il est illusoire de croire que dans la triade thérapeutique les uns n’influencent pas les autres, les uns sont éléments de l’expérience de l’autre, une des variables. À trop vouloir quantifier ce qui prouve l’efficience de la TAC on passe à côté des relations particulières qui se sont nouées à un moment particulier dans un environnement particulier. Parce qu’il ne faut pas se leurrer chacun des intervenants – le chien compris – est « pris à l’intérieur d’une hypothèse plus fondamentale que l’hypothèse à laquelle il travaille » (p.31)
Il semblerait qu’à ce jour les recherches de TAC à travers les questions qu’elles posent et les réponses qu’elles apportent racontent « nos croyances, nos utopies et la manière dont nous construisons ce qui nous définit et nous constitue par rapport à l’animalité » (ibid, p.34). Ainsi le contexte de justification permet de comprendre comment on en arrive à l’interprétation. C’est ainsi que Franklin et al. proposent une méthodologie destinée à mieux appréhender la relation humain/animal, pour notamment comprendre ses liens avec des bénéfices pour la santé humaine. Ils décrivent ainsi un programme de recherche, décliné en 4 types de collecte de données :
(1) l’observation directe et régulière des interactions humain/animal dans des contextes ordinaires (création d’éthogrammes)
(2) l’observation et l’analyse d’enregistrements vidéos, tournés à partir de caméras placées dans les lieux domestiques
(3) conduite d’entretiens des acteurs humains
(4) l’analyse des carnets et/ou journaux tenus par les humains à propos de leur relation avec l’animal.
Ce programme prend pour unité d’observation la relation ordinaire entre les humains et les animaux ; le but étant d’expliquer comment la signification de celle-ci peut être un élément bénéfique pour la santé.
Pour aller plus loin
Franklin, A., M. Emmison, D. Haraway and M. Travers (2007). « Investigating the therapeutic benefits of companion animals: Problems
and challenges. » Qualitative sociology review III Animals & people(1 Special issue – People and Animals. On the problem of intersubjectivity in interactions of humans and animals): Pp 42-58. P 46.
Michalon, J., L. Langlade, and C. Gauthier, Points de vue sur la recherche autour des Interactions avec l’Animal à but Thérapeutique et/ou Educatif. Note de synthèse. A. Micoud and F. Charvolin, Editors. 2008, Modys (UMR 5264 – CNRS) / Fondation Adrienne & Pierre Sommer
Tags: animal, animalité, conscience, éthogramme, éthogrammes, existence, Franklin et al, Liens, méthodologie, qualitative sociology review, relation anthropozoologique, sens, situation thérapeutique, TAC, théories, triade thérapeutique
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07/06/2010
Article paru dans le quotidien français – La Voix du Nord - le jeudi 27.05.2010
Certains handicapés avaient avant une peur bleue des chiens. Maintenant, ils leur parlent!
Ils étaient douze, venus des maisons de Sin-le-Noble et Roubaix de l’AFEJI, association qui lutte contre les handicaps et les exclusions par l’éducation, l’insertion sociale et professionnelle, à participer au canicross de l’ASLA. …
L’année dernière, pour la première fois, un groupe de personnes handicapées intellectuelles avait participé à cette manifestation sportive. L’expérience fut si bénéfique qu’elle a été renouvelée et, en lien avec l’association Passeurs Ailes, présidée par Marie Masson, qui intervient dans le cadre d’actions ou de thérapies assistées par les animaux, douze personnes se sont inscrites à la course. Avec leurs neuf compagnons à quatre pattes, des huskies, les sportifs ont participé, pour trois d’entre eux en courant et pour les neuf autres en marchant.
Au sein de l’association, Marie Masson a en charge les activités associant des animaux tandis que sa vice-présidente, Régine Balavoine, se charge de la thérapie assistée. Marie s’est donc chargée de rassembler les chiens, trouvés dans sa propre famille et chez des proches. « Pour cette course, lors des entraînements, chacun a effectué les 5 km à son rythme et l’intervention de Benoît Delaplace (entraîneur de l’ASLA) a permis d’estimer les capacités de chacun. » On prétend souvent que la présence d’animaux aux côtés de la personne handicapée est des plus bénéfiques, Régine le confirme : « Parmi les personnes présentes, certaines avaient une peur bleue des chiens. Aujourd’hui ce sont presque les plus acharnés. Ils leur parlent et, parfois, disent des choses qu’ils ne diraient pas à leurs éducateurs. » Au regard de ces résultats, on comprend que l’expérience engagée l’année dernière se soit répétée et on ne doute pas que l’année prochaine, un nouveau groupe participera au canicross du dimanche de Pentecôte.
Tags: association Passeurs Ailes, canicross, france, handicapés, La Voix du Nord
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04/06/2010
Nous avons constaté que la question de la différence entre l’homme et l’animal est une question sur laquelle de très nombreux philosophes, psychologues, anthropologues, sociologues se sont penchés. Visiblement cette question les intéresse. Par ailleurs, de toute évidence, les réponses qu’ils ont apportées sont différentes de celle qu’on obtiendrait si on interrogeait d’autres personnes, qui ont d’autres rapports aux animaux, et ce contraste nous intéresse. Or, si cette question mobilise les universitaires, nous ne pouvons pas être sûres qu’elles puissent avoir un intérêt pour les éleveurs, ni que ce soit une question pertinente. Alors, selon vous, en tant qu’éleveur, comment devrions-nous la construire et la poser pour qu’elle ait une chance d’intéresser ceux auxquels nous la posons et qu’elle ait une chance de recevoir des réponses intéressantes ? (p. 26)
Vincianne Despret et Jocelyne Porcher ont inversé la méthodologie de leur enquête-terrain en demandant à leur public-cible, en l’occurrence des éleveurs de vaches et de cochons, ce qui serait intéressant de savoir sur la relation qui les unit à leurs bêtes. D’ou le titre de l’ouvrage: Être bête. Actes Sud.
Serait-il absurde d’emprunter cette approche de travail pour la thérapie assistée par le chien et de remplacer dans la phrase ci-dessus, éleveurs par médecins? Ainsi selon les praticiens, et selon les contextes, la question changerait, évoluerait, se modulerait donc serait plus près de la réalité.
Serait-il absurde d’emprunter cette approche de travail pour la thérapie assistée par le chien et de remplacer dans la phrase précitée, éleveurs par patients? Ainsi selon les bénéficiaires qui sont différents selon chaque établissement, et dans chaque établissement, qui sont particuliers aux différents contextes, les humains et les canins seraient différents.
… rendant la TAC unique. Unique, la posture intellectuelle de travail : demander aux gens (médecins et patients) de penser avec les chercheurs de TAC.
Tags: Actes Sud, animal, différence, enquête-terrain, Être bête, Homme, Vinciane Despret et Jocelyne Porcher méthodologie
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01/06/2010
Le fait d’étudier le chien dans un environnement hospitalier médicalisé et technologisé nous aide à repenser la place de l’homme dans cet univers et plus largement dans la nature et dans la société.
Les animaux ne sont ni des machines, ni des humains. Avec leur chair nous avons fait du social en inventant la chasse. Avec leurs os, nous avons fabriqué nos premiers outils. En les peignant et en les sculptant, nous avons fait naître nos croyances originelles. En les observant, nous avons compris notre place dans le monde. Le jour où l’on acceptera enfin qu’il existe une pensée sans parole chez les animaux, nous éprouverons un grand malaise à les avoir humiliés et considérés aussi longtemps comme des outils.
(Boris Cyrulnik. La plus belle histoire des animaux)
Il y aurait plusieurs explications au fait que l’homme cherche tant à s’entourer d’animaux même dans un univers hospitalier :
la nostalgie de la nature et la montée de la sensibilité écologiste et surtout le recul des liens sociaux traditionnels, la fragilisation des liens professionnels, l’effacement des rôles familiaux qui font que les humains modernes attachent plus en plus de valeur à la fidélité d’un chien ou à la liberté d’un chat.
(Jean-Pierre Digard. La plus belle histoire des animaux)
Il n’en reste pas moins que la présence d’un chien se pose comme un don pour les patients, car le chien n’a pas d’actes ou de désirs stratégiques, pas d’attentes en retour, pas de riposte même après une offense. Les chiens de TAC semblent avoir une disposition immédiate à pardonner. Pour le patient et surtout le petit patient, le chien est un don non seulement parce qu’il semble exprimer de l’amour mais surtout parce qu’il permet, sur fond de cet attachement particulier, d’être oublié tout en étant là, « il instaure ainsi une sorte de régime de paix sans réciprocité, tout en maintenant un enjeu affectif particularisé » (Albert Piette).
Tags: chasse, chien, croyances originelles, Cyrulnik, don, effacement des rôles familiaux, environnement hospitalier médicalisé, fragilisation des liens professionnels, nature, nostalgie de la nature, os, pensée sans parole, place de l’homme, premiers outils, recul des liens sociaux traditionnels, sensibilité écologiste, société, univers hospitalier
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