Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive pour le mois 05/2010

Construire de nouvelles réalités

28/05/2010

À force de vouloir soigner et de « savoir soigner, c’est pouvoir guérir » (Didier Fassin, Entre politiques du vivant et politiques de la vie, pour une anthropologie de la santé. Anthropologie et sociétés, 24, 1 : 95-116) et s’ouvrir à des approches complémentaires, alternatives, autres, on ne peut passer à côté d’une des plus grandes découvertes récentes qui fut sans doute de

Constater que le cerveau chez les mammifères et d’autres espèces est en constante évolution. Si bien que nous devons reconnaître aujourd’hui que si les animaux changent, nous devons aussi changer notre la plus belle histoire des animauxperception d’eux ! À cet effet, on s’est rendu compte, entre autre chose, que plusieurs animaux pouvaient se représenter mentalement des images ou des concepts, c’est-à-dire faire appel à un symbole hors de la réalité du moment présent. En ce qui concerne le chien, celui-ci possède comme nous un lobe préfrontal connecté à la mémoire, qui lui permet d’éprouver ce qu’il se représente.
Cyrulnik, Digard, Picq. La plus belle histoire des animaux, Points-Seuil, p.344

Sandraetlechien.com n’a de cesse de soumettre à votre réflexion la relation thérapeutique à l’animal (au chien en particulier). Recherches, statistiques, comptes-rendus de colloque, lectures, ils sont nombreux les scientifiques à envisager la relation avec l’animal autrement que comme instrumentale. Il est un point essentiel:

est thérapeutique ce qui engendre des apprentissages (des changements) permettant à la personne de mieux surmonter les problèmes (quels qu’ils soient) que lui pose l’existence. Si la présence de l’animal, pour gratifiante qu’elle soit, n’entraîne aucun changement dans la manière dont la personne gère ses difficultés, on ne peut parler de thérapie (*)

Dans l’entretien thérapeutique, ou dans un lieu de vie thérapeutique, l’animal peut jouer un rôle à quantité de niveaux : il est celui qui apporte un potentiel de changement important dans une relation thérapeutique. Il ouvre de nouvelles perspectives sur la base de modalités de communication différentes.

Sources :
(*) Michalon, J., L. Langlade, and C. Gauthier, Points de vue sur la recherche autour des Interactions avec l’Animal à but Thérapeutique et/ou Educatif. Note de synthèse. A. Micoud and F. Charvolin, Editors. 2008, Modys (UMR 5264 – CNRS) / Fondation Adrienne & Pierre Sommer

Éducation réciproque

25/05/2010

Finalement de nos jours, il est question de réinvestir la relation. Peut-on parler de véritable lien quand il est question d’un lien avec un animal non humain ?
Cette question n’est pas pure rhétorique comme le précise Véronique Servais ‘ car les sociologues considèrent que, l’animal n’étant pas un vrai sujet, il ne peut y avoir dans la relation avec lui cette intersubjectivité indispensable à tout véritable lien social. Pour eux, donc, la relation à l’animal s’apparente à une relation avec un objet, et c’est sur cette base que l’on qualifiera d’anthropomorphique toute imputation de qualités mentales à un animal’.
Pour avoir un lien avec un animal il faut aussi le considérer comme une personne. Or, interaction, regard, contact, émotion, communication sont autant de comportements qui permettent de former avec un animal des interactions significatives. Suffisamment pour créer un lien avec l’animal et le prendre pour ‘un pareil’ tout en étant différent car ‘il n’est pas humain’.  Soit dit en passant, le statut de personne est éminemment social (les génocides nous indiquent que ce n’est pas parce qu’on est humain qu’on est une personne).
Ainsi, ce flou entre ‘mon chien se souvient, il a une personnalité et c’est comme mon enfant’- bref ‘il est comme moi’ et ‘il est différent car c’est un chien, je ne sais pas ce qu’il veut me dire’ est l’ingrédient essentiel et nécessaire à une bonne relation. Mais, une relation vivante repose avant tout sur une transformation complexe des acteurs et non sur l’échange mécanique de messages, d’objets ou de sentiments. La qualité détermine notre mode de relation à l’animal.
Pour, Christian Talin, ’La relation unique entre l’homme et son animal de compagnie se manifeste par un échange qualitatif d’affects. Elle fait évidemment appel à nos cinq sens, mais également à ce qu’on appelle communément la sensibilité et à notre intelligence’ (Anthropologie de l’animal de compagnie, Atelier de l’Archer, p. 28).
Le chien est un Autre, un Autre signifiant non humain avec qui la relation est possible si et seulement si l’humain est capable de découvrir son animal dans sa différence, sa spécificité et s’en émerveiller : ‘ce qui réactive des émotions d’enfance quelque fois oubliées chez les personnes de tout âge’ (p. 126 C. Talin). anthropologie de l'animal de compagnieCes interactions hors normes permettent à l’humain de faire l’expérience de modalités relationnelles nouvelles donc d’apprendre des choses sur lui-même.
Une relation anthropocanine (anthropo-animale) correspond à un apprentissage grâce auquel chacun des acteurs (humain et animal) se transforme d’une manière progressive et irréversible.
Cheminer aux côtés d’un animal, c’est promouvoir, recevoir, s’offrir une éducation réciproque.

Une structure interactionnelle simplifiée

22/05/2010

Avec les animaux, on se trouve au niveau des structures élémentaires des relations : peur, approche, retrait, confiance, stress, détente… Grâce à cette simplicité de l’interaction, je peux aussi voir l’effet que mon comportement a sur l’animal, ce qui est à la base du lien social. Ces structures élémentaires de la relation qui sont mises en oeuvre dans les relations avec les animaux se trouvent bien sûr aussi dans les relations avec les êtres humains.
Mais elles sont là obscurcies par le langage, et par une quantité d’autres informations qui ne sont pas nécessairement significatives sur le plan de la relation, d’ailleurs. Relation anthropocanine - http://coeurdartichien.fr/wp-content/uploads/2010/03/chien1.jpg
Il y  a une autre dimension de l’interaction sociale qui est simplifiée dans les interactions avec les animaux : c’est la structure temporelle et spatiale de l’interaction. Celle-ci est en réalité assez complexe. Une simple conversation par exemple exige de la part de tous les participants une collaboration étroite pour maintenir l’organisation spatiale, les tours de paroles, la gestion de l’attention et de l’engagement. Or il se peut que certaines personnes éprouvent des difficultés à s’insérer dans une interaction comme une conversation, en raison de sa structure temporelle et spatiale trop compliquée. Avec un animal, c’est beaucoup plus simple. On peut être déficient sur le plan de l’organisation d’une conversation humaine et être capable de développer une interaction bien structurée avec un animal. En favorisant l’attention et la concentration, l’animal peut aussi aider à structurer une interaction. Il est sensible mais peu exigeant quant au respect des normes sociales humaines.

Pour aller plus loin

« La relation homme/animal : limites et possibilités d’application de ses effets positifs dans le traitement des maladies psychiques » – Véronique Servais

Smith, Sharon L., 1983 – Interactions between pet dog and familiy members : an ethological study. In New perspectives on our lives with companion animals, A.H. Katcher et A.M. Beck (Eds.) University of Pennsylvania Press: Philadelphie, 29-36

Le chien Niagara, héros obscur de la Nouvelle-France

20/05/2010

En 1689, le capitaine Raymond Blaise sieur des Bergères remplace le capitaine François Lefebvre Duplessis Faber comme commandant du Fort St-Louis à Chambly. Le nouveau chef arriva avec son légendaire chien Niagara. Niagara, gros chien gardien bien nourri par son maître, était rusé et avait au besoin un aboiement extraordinaire qui communiquait la terreur-panique aux ennemis. Il portait très bien son nom… qui signifiait en Érié: «celui qui fait gronder le tonnerre». Une fois son maître – le capitaine Des Bergères – en poste au Fort Chambly, on s’est aperçu des nombreuses absences de Niagara. Il faisait de nombreux  voyages aller-retour à La Prairie et cela même si « les avenues étaient souvent occupées par l’ennemi Iroquois ». Un jour, Niagara arriva au village palissadé de La Prairie qui venait de subir une de ces nombreuses attaques surprises et « il fût reconnu par les soldats de la garnison qui en avertirent le commandant. Craignant que quelques Français avec qui Niagara aurait pu venir n’eussent été pris par les Iroquois, l’officier eu l’idée d’écrire une courte lettre qu’on attacha au col du chien ».
Selon Albert LeBeau, Niagara serait un 'terre neuve'Niagara parcourut le trajet de quatre lieues (15 kms) et se présenta à son maître le capitaine Des Bergères. Fier de son chien, le capitaine prit lecture de la lettre, et décida de renvoyer le poilu en lui mettant la réponse au col. Par cette manière Niagara fut établi estafette (courrier) entre les avants postes de Chambly, Boucherville et La Prairie.
Niagara obtint une solde de soldat pour ses précieux services (et…. aussi pour garantir sa ration). Il fut incorporé sous le nom de Monsieur de Niagara. Chien sentinelle et courrier du roi, il devint vite le héros dans le triangle des forts entre La Prairie-Chambly-Boucherville pendant l’effroyable guerre Franco-Iroquoise de 1687-1701.

Pour en savoir plus
http://www.laprairie-shlm.com/archives/ajlj/2006/Septembre2006.pdf
http://www.laprairie-shlm.com/archives/ajlj/2006/Novembre2006.pdf
Société d’Histoire de la Seigneurie de Chambly
Société d’Histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine

L’oubli de la nature

17/05/2010

L’union entre nature et culture nous permet d’appartenir au monde. En oubliant la nature dans ses pratiques, les sciences humaines ont exclu derechef une partie de la compréhension de l’homme : celle capable de s’émouvoir devant le spectacle de la vie.
L’anthropologie s’est intéressée très tôt à la place symbolique et pragmatique qu’occupaient les animaux dans certaines communautés humaines. Il en est ressorti que l’animal est un élément non négligeable dans de nombreuses cultures. Mais, elle s’est longuement cantonnée à le faire par défaut, un chapitre parfois même seulement un paragraphe dans un gros livre. L’animal n’était qu’une représentation de la culture de l’homme. L’anthropologie n’a jamais pu concevoir que l’animal et l’homme partagent une aire commune dans une société hybride.faire sa marque en sciences humaines
Depuis quelques décennies , la diffusion de travaux concernant les relations anthropozoologiques connait une vraie croissance en Europe et aux USA. Les indices de l’existence d’une question animale sont évidents : le nombre de chiens et de chats vivant dans les foyers occidentaux, le poids économique du marché de l’animal de compagnie, le poids des associations de protection et de défense des animaux domestiques, la prise en compte du bien être animal dans les pratiques d’élevage…. Les rapports anthropozoologiques ne sont pas objet légitime et central pour les approches sociologiques qui n’y voient pas d’enjeu social et une question légitime dans le champ intellectuel. L’absence de l’anthropologie dans ces réflexions est déplorable. Pour Catherine Remy, docteur en sociologie, Chargée de recherche au Centre de Sociologie de l’Innovation, Paris, cela serait dû au fait qu’une « discipline s’affirme et se positionne à travers la délimitation d’un champ de recherches qui définit un ensemble d’objets d’études légitimes. En même temps, il est bien connu aussi qu’une discipline se renouvelle en interrogeant cette délimitation et en proposant de nouvelles perspectives qui agrandissent, déplacent ou bien retraduisent ce champ. Il me semble qu’aujourd’hui la question des relations homme-animal pose ce type d’interrogation à la sociologie, et plus généralement aux sciences humaines ».
faire sa marque en sciences humainesIl est grand temps que l’anthropologie saute dans le bateau des relations anthropocanines-anthropo-animales et qu’elle commence à considérer sérieusement les pratiques, les imaginaires et les débats qui engagent actuellement l’animal dans les sociétés européennes et nord-américaines. C’est sa place. Il est temps de renouveler la base de ses outils épistémologiques pour penser la relation animale au risque de se déstabiliser.
Car, l’oubli de la nature donc de l’animal comme espace de recherches à part entière dans  les sciences humaines a contribué à faire de l’homme un être inabouti.

Pour en savoir plus
« Relations anthropozoologiques. Nouvelles approches & jeunes chercheurs (2010) », Journée d’étude, Calenda

Le canicross

15/05/2010

Parc Jean Drapeau, Montréal, dimanche 16 mai: course amicale de canicross au Festival Plein Air de Montréal

Pour tout savoir de ce sport merveilleux qui unit Festival Plein Air 2010dans l’effort et la joie le zone caninechien à son humain

Le chien : élément du milieu de la personne avec autisme

10/05/2010

L’empathie pour et la compréhension des animaux pourrait être un pattern général dans l’autisme.
Les caractéristiques de la personne avec autisme l’empêchent de tirer profit de toutes les interactions naturelles et stimulations qui se présentent quotidiennement dans son environnement. Elle comprend mal les conventions sociales. Le 6eme sens, le ‘sens social’ qui fait référence à l’empathie, à la perspective sociale, à la capacité de comprendre que les autres ont des émotions, des convictions, des désirs et des connaissances n’est pas développé. Souvent isolée, cette personne manifeste peu d’intérêt envers les gens autour, initie rarement les contacts, ne répond pas aux tentatives des autres qui tentent d’entrer en relation.
Le neurologue Oliver Sacks estime que lorsqu’un autiste vit avec un chien, l’animal peut remplir la fonction de décrypteur d’âme humaine. Le neurologue va même plus loin en disant que certains autistes vivent avec des chiens qui leur fournissent une sorte d’assistance perceptuelle centrée sur les perceptions sociales : ces animaux leur permettent parfois de ‘lire’ l’esprit et les intentions de leurs visiteurs beaucoup mieux qu’ils ne pourraient le faire eux-mêmes (Oliver Sacks, p. 381 Un anthropologue sur Mars).
’L’autiste ne sait pas associer un froncement de sourcil à l’inquiétude, ni interpréter une intonation montante comme un signe de peur ou d’angoisse : le chien lui est sensible à l’état d’esprit que traduisent ces éléments’, avance Alexandra Horowitz (p. 158. Dans la peau d’un chien). Le chien communiquerait ses intentions à un niveau que les personnes avec autisme trouvent facile à comprendre. En effet, les humains et les chiens ne communiquent pas de la même façon car ils utilisent deux canaux différents: le visuel non verbal et le verbal-auditif (Watzlawick, Jackson & Beavin, 1967).

Le 16 mai prochain, un colloque multidisciplinaire se penchera sur les résultats et les réflexions d’années de recherches de 4 professionnels du milieu – Ouvert à tous !

Le 16 mai prochain, un colloque multidisciplinaire se penchera sur les résultats et les réflexions d’années de recherches de 4 professionnels du milieu – Ouvert à tous !

Le cœur du déficit de communication pourrait être dans la combinaison d’informations verbales et non verbales. Ainsi, la communication avec les chiens serait plus simple en l’absence d’informations verbales. (pour l’article complet)

L’AUTISME
La classification internationale des maladies (CIM10) définit l’autisme comme un trouble du développement caractérisé par des perturbations dans les domaines des interactions sociales et de la communication, et par des comportements, intérêts et activités au caractère restreint et répétitif.
Source: Recommandations sur le dépistage et le diagnostic précoce, Fédération française de psychiatrie.

Pour en savoir plus :
http://sandraetlechien.com/pdf/article_zootherapie_sandrafriedrich.pdf
Charte canadienne des droits pour les personnes ayant l’autisme
http://www.mira.ca/fr/r-amp-d/10/autisme_101.html

Élodie, future infirmière, cherche des preuves

07/05/2010

Je m’appelle Elodie, j’ai 21 ans. Je suis étudiante infirmière en 3ème année à Erasme.
Je réalise mon mémoire sur la médiation par l’animal, à savoir le chien et le cheval! J’ai suivi 2 associations composées de bénévoles accompagnés de chiens qui se rendaient dans les hôpitaux dans le service de pédiatrie à Liège (au CHR), et au centre neurologique William Lennox à Ottignies (qui organise des séances d’hippothérapie) pour rendre le quotidien des enfants malades un peu moins lourd…
En quoi pensez vous que cela est important pour la personne soignée ? Les formations qui sont organisées en Belgique sont-elles reconnues au niveau légal ? Un titre de zoothérapeute nous est-il délivré ? Et sont-elles obligatoires pour exercer des AAA ? En tant que future infirmière, je dois expliciter au maximum dans mon travail de fin d’études la pertinence du choix de ce sujet … Mais malheureusement, je reste un peu coincée du fait que je n’ai pu qu’observer les activités pendant mon stage…
Quel est le rôle propre de l’infirmier(e) dans ce type d’activité ? Quelle est la pertinence de ce sujet en tant qu’infirmière ? Car malgré ma motivation pour expliquer en quoi cela relève de notre rôle d’infirmier, mes professeurs me trouvent trop brève sur la justification …

Les questions soulevées par Élodie – merci de poser ta pierre aux réflexions transatlantiques de sandraetlechien.com, Élodie et de participer à notre chaine d’union– font écho à la situation de la thérapie assistée par l’animal au Québec et au Canada (voir entre autre  http://bit.ly/cQ08wU).
Les recherches des dernières décennies réalisées par le corpus infirmier axent sur l’empreinte du soin (http://bit.ly/9xTtC3) et ce qui caractérise ces études c’est qu’elles s’articulent essentiellement autour des pôles « décrire » et « signes ». On parle de comptes-rZoothérapie à Bois-Jolyendus de programmes d’utilisation thérapeutique de l’animal dans des hôpitaux, maisons de retraite, institutions de soins diverses. Ils décrivent uniquement les bénéfices apportés par la présence des animaux, en se questionnant peu sur les mécanismes qui ont produit ces bénéfices. Typiquement, ces articles sont écrits par des infirmières ou des travailleurs sociaux : des personnes ayant un rapport direct et quotidien avec l’univers du soin et/ou de la prise en charge de populations en difficulté.
En tant que professionnels de la relation de soin, les infirmiers/infirmières bataillent souvent pour faire accepter les programmes de TAC qui sont plus souvent qu’autrement des activités thérapeutiques adjonctives, axées sur le relationnel. De plus, ce sont les infirmières qui ont les premières – dans l’histoire moderne – à avoir mis en place des initiatives de soin incluant les animaux.
Et c’est là que tu pourrais probablement trouver des justificatifs intéressants à adresser à tes professeurs : le lien entre l’humain et l’animal est crucial. Ce n’est pas l’animal tout seul qui fait sens mais le lien anthropocanin et c’est sur ce point précis que toutes tes études d’infirmière prennent sens : axées sur le ‘care’ qui ‘cure’.

Élodie, le prochain post de sandraetlechien.com insistera sur l’animal signifiant dans une situation thérapeutique, ça veut dire ces êtres qui « font sens » les uns pour les autres.

Pour en savoir plus :
 Michalon, J., L. Langlade, and C. Gauthier, Points de vue sur la recherche autour des Interactions avec l’Animal à but Thérapeutique et/ou Educatif. Note de synthèse. A. Micoud and F. Charvolin, Editors. 2008, Modys (UMR 5264 – CNRS) / Fondation Adrienne & Pierre Sommer

Panorama d’une socio-anthropologie des relations humain/animal….mais pas au Québec

05/05/2010

Il s’en passe des congrès, des journées de réflexion et des colloques…. de l’autre côté de l’Atlantique. Depuis quelques années un nouvel objet dans le paysage des sciences sociales françaises émerge : les relations anthropozoologiques. Ca veut dire comprendre ce qui relie humains et animaux dans l’ici et le maintenant, ainsi que les différentes modalités d’un « faire société » qui dépasserait les barrières de l’espèce.relations anthropozoologiques
… À croire qu’au Québec, la relation homme/animal n’est pas un sujet à conceptualiser, n’est peut-être pas une réalité à penser… Ou plus insidieusement, est-ce parce que ces travaux sont marqués par de nombreux métissages conceptuels et épistémologiques ? Ou plus encore, sur la multitude de terrains potentiels, il y a de nombreuses difficultés à trouver des ressources conceptuelles sur les relations anthropozoologiques….alors forcément, là où certaines réflexions classiques y voient un ‘frein’ d’autres dessinent l’esquisse d’un nouvel objet de recherche et partent à la conquête d’un nouveau continent.
C’est une ritournelle désormais bien connue.
Les journées d’étude consacrées aux relations anthropozoologiques se dérouleront les 17 et 18 mai 2010 à l’université de Genève. Relations anthropozoologiques. Nouvelles approches & jeunes chercheurs (2010)

Qu’est-ce que ça reflète?

01/05/2010

‘Si ce que Jean dit de Pierre nous en apprend souvent beaucoup plus au sujet de Jean que de Pierre’ (Cf, p 18 du livre de Vinciane Despret. Naissance d’une théorie éthologique), qu’est-ce que la recherche de reconnaissance du milieu zoothérapeutique dit de ce milieu? Qu’est-ce que l’impérieuse nécessité de preuves scientifiques au-delà de tout doute raisonnable dit de notre société? Qu’est-ce que le besoin d’études scientifiques non biaisées dit de notre capacité à croire sans voir-mesurer-peser-détailler? Qu’est-ce que les étincelles dans les yeux d’une aînée en perte d’autonomie à la vue du chien dit de notre impossibilité de nous émouvoir et de ressentir cet enthousiasme sans utiliser une méthodologie expérimentale conventionnelle et standardisée? Qu’est-ce que notre attachement aux modèles académiques en vigueur dans de nombreuses disciplines scientifiques : objectifs-méthodes-résultats-discussion disent de notre nécessité de trouver les raisons qui expliquent les effets de l’animal sur la santé humaine et non plus de se satisfaire des signes ?
Et puis si c’était autre chose que l’animal qui soit soignant? Si on parlait non plus d’un triangle thérapeutique mais d’une interrelation à voie unique, d’un espace de ‘devenir avec’… d’un espace à parler qui conduit à peupler… «Cette pratique qui inscrit l’animal dans le monde du ‘parler’ et qui contribue à ‘peupler’ concourt à brouiller les frontières entre les humains et les animaux. La capacité qu’autorise le style direct de parler à la place d’un autre pour parler avec lui induit tout autant qu’elle révèle un engagement dans la relation. On ne se met pas à la place, on peuple la place avec. On ne substitue pas un point de vue à un autre : tout au contraire se fait par addition de points de vue», Vinciane Despret et Jocelyne Porcher.  Être bête, p.73-74.
Car somme toute, il y a une erreur sémantique de penser la relation thérapeutique entre l’humain ET l’animal, car « se référer aux humains ainsi qu’aux animaux est redondant. La catégorie des animaux est la catégorie supérieure qui inclut celle des êtres humains », écrivent Gregg Solomon et Deborah Zaitchik.


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