Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive pour le mois 04/2010

Y’a un animal mais y’en n’aura bientôt plus

27/04/2010

Un tiers des établissements français d’éducation spéciale pour enfants ayant des troubles de la conduite et du comportement, pour enfants handicapés, pour déficients sensoriels…. sondés par le Centre d’étude et de Recherche sur la Philanthropie ont admis qu’ils travaillaient avec des animaux mais envisageaient de cesser cette activité à l’avenir.
Le rapport d’étude – Les animaux dans les établissements -  mandaté par la Fondation Sommer révèle que la présence d’animaux repose sur une décision de favoriser la relation enfant/animal. Dans 2/3 des cas, les établissements  d’éducation spéciale accueillant des enfants handicapés ou en difficulté en profitent pour organiser des activités : de loisirs (1 sur 4), thérapeutiques (1 sur 3), activités occupationnelles qui sont les plus fréquentes (1 sur 2). Mais les responsables de ces établissements clament en choeur : cette présence revêt un caractère globalement problématique. C’est pourquoi plusieurs d’entre eux n’ont plus d’animal à ‘demeure’. Soit que la dite présence engendre des lourdeurs administratives que ces établissements ne veulent plus assumer. En effet, le premier obstacle est la perception d’une réglementation sanitaire incompatible avec la présence constante d’un animal. Soit que l’organisation et la prise en charge (notamment dans les périodes où l’établissement est fermé) deviennent problématiques avec le temps. Soit, en fin, que les risques encourus pour les enfants (dans les établissements accueillant des enfants handicapés surtout) et pour les animaux sont jugés excessifs. Ce dernier point est étonnant car un tiers d’entre eux rappelons-le travaille avec des animaux et des enfants.
Photo issue du site: http://zootherapie.asso.frBref il ressort de cette étude quantitative réalisée il y a 5 ans que les établissements veulent favoriser la relation de l’enfant avec l’animal, mais dans le quotidien cela se complique. Ces établissements ne semblent pas vouloir emprunter la voie de l’animal résident mais optent pour amener les enfants, quand cela est possible, aux animaux. Ce serait une option gagnante et pour les établissements et pour les organismes externes, chacun partagerait charges et responsabilités et tout le monde pourrait compter sur la compétence de chacun des partenaires.
Au Québec, certains organismes offrent cette avenue. Quels sont les établissements qui en profitent?

Témoignage:
Emmanuelle Fournier-Chouinard, psychologue et zoothérapeute dans la belle région du Saguenay, a accompagné un groupe d’adolescents souffrant de dysphasie pour une aventure en plein air en compagnie de chiens de traîneaux et de chevaux. Elle a pu vérifier une fois de plus l’apport inestimable des animaux dans le soin des humains.
 http://www.radio-canada.ca/regions/saguenay-lac/emissions/emissionV0.asp?pk=321

11e SYMPOSIUM sur la thérapie assistée par l’animal

26/04/2010

Mercredi, l’Hôpital Rivière-des-Prairies et son module de thérapie assistée par l’animal tiennent leur 11e Symposium sur la thérapie assistée par l’animal.
Plus d’une centaine de personnes issues des milieux de la santé et des services sociaux et de l’éducation sont attendues à cette 11e édition présentant des conférenciers renommés en provenance des quatre coins de la province et de divers secteurs d’intervention ayant tous un lien commun : l’animal.
Le Symposium sur la thérapie assistée par l’animal met l’accent sur les bienfaits de la thérapie assistée par l’animal dans diverses interventions cliniques, mais également au sein de la collectivité.  Au fil des ans, l’événement biannuel est devenu une activité de réseautage permettant aux personnes qui s’intéressent à la relation entre l’humain et l’animal d’échanger et de découvrir les innovations ainsi que les nouvelles pratiques dans ce domaine. 
Le module TAPA de l’Hôpital Rivière-des-Prairies offre des services à une clientèle d’enfant et d’adolescents présentant des problèmes de santé mentale. Il offre également des services à une clientèle d’enfants, d’adolescents et d’adultes présentant des pathologies psychiatriques ou de sévères problèmes adaptatifs associés à une déficience intellectuelle, à un trouble envahissant du développement ou à un autre trouble neurodéveloppemental complexe.

Parmis les invités: André Masse, M.D, psychaitre, directeur clinique, Programme des troubles neurodéveloppementaux (Hôpital rivières des prairies), Jean Lessard, éducateur canin, Programme de formation professionnelle en zoothérapie, France Carlos, spécialiste en accompagnement de deul animalier

Des figurines de chien pour accompagner le dernier voyage

22/04/2010

Les «véritables hommes», comme se nomment les Lacandons, sont des descendants des Mayas. carte du ChiapasSemi-nomades, ils vivent dans la forêt du Chiapas, dans le sud du Mexique, en territoire zapatiste. Tradition oblige, les Lacandons portent des cheveux longs, et des tuniques blanches qui leur donnent des airs fantomatiques, presque anachroniques. En 1930, Jacques Soustelle a découvert ce peuple à la culture menacée (déjà). Il a vécu parmi des hommes et des femmes demeurés fidèles aux dieux anciens et en a rédigé une monographie incontournable ’Les Quatre Soleils’. Il n’a cessé d’étudier les civilisations indiennes du présent et du passé… Tous les aspects de la vie des Lacandons ont été passés au crible de cet ethnologue… dont les cultes funéraires.
…. Cultes qui perdurent aujourd’hui encore.Les 4 soleils
Les indiens Lacandon déposent aux quatre coins de leur tombes quatre figurines de chien, faites de feuilles et de palmes. Jusqu’au bout fidèles protecteurs et compagnons domestiques.

La conscience de soi passe par la peau*

19/04/2010

Le toucher est un indicateur de relation. Comme tous les modes de communication, le toucher fait l’objet d’interdits et de recommandations socialement codifiés. Toucher un inconnu est très souvent considéré comme une violation (d’où le fait qu’un tel acte, même accidentel, est suivi d’excuses ou d’échanges réparateurs), en même temps qu’accepter de se laisser toucher c’est accepter la pénétration d’un autre dans sa sphère intime (Cf. Véronique Servais).
caresser un chienOr, ces tabous sociaux sautent lorsqu’il est question de caresser un animal. Le toucher est un sens privilégié dans l’interaction entre humains et chiens. Ils sont rares les patients qui ne demandent pas de voir et caresser un chien. Ils sont rares aussi ceux qui caressent sans mot dire. Comment interpréter l’effet de cette caresse?
Il y a plusieurs formes de toucher et le psychiatre Aaron Katcher a observé, dans les cliniques vétérinaires, une forme de toucher particulière : c’est un jeu distrait (Idle play) de la main dans la fourrure de l’animal (gratter, chatouiller, jouer dans les poils). Ce qui reste très proche du grooming (épouillage ou toilettage social) des primates à fourrure. Ce toilettage social est une conduite instinctive réciproque qui a notamment pour fonction de créer des liens et d’apaiser les tensions dans un groupe. Véronique Servais relate :

singe_epouillageQuand un animal en toilette un autre (à la recherche de parasites), il se détend, tout comme son partenaire. Quand les conflits sont fréquents dans un groupe de primates, par exemple en cas de changements dans la hiérarchie, la fréquence de toilettage social augmente également, car les animaux éprouvent le besoin de se rassurer et de s’apaiser en toilettant leurs amis, alliés, parents.

Certains auteurs ont avancé (1) que le contact avec la fourrure d’un animal de compagnie pouvait avoir ce même effet apaisant, rassurant et relaxant qu’avait le toilettage social chez les ancêtres primates. Ainsi, pouvoir toucher la fourrure d’un animal permet la satisfaction de ce besoin essentiel. En tant que focalisateur de l’observation sans nécessairement passer par l’usage de la parole, la caresse est communication anthropocanine. L’interaction avec l’animal est, dès lors, significative. Ce sont autant d’éléments sur lesquels une démarche thérapeutique peut s’appuyer.
Des expériences animales nous ne comprenons celles-ci que dans la mesure où elles correspondent aux nôtres. Pour l’être humain, les effets physiologiques du contact avec l’animal sont corrélés. Mais pour le chien?
Tout sur la psycho du chienLe corps du chien est plein de récepteurs tactiles dans l’épiderme, explique le Dr Joel Dehasse. Toutefois, la tolérance au toucher varie d’un chien à l’autre. Les zones les plus tolérantes au contact son la poitrine, le contact avec le dessus de la tête et la nuque sont acceptés par les familiers, pas par les inconnus…. Rares sont les chiens familiers qui ne cherchent pas le contact intime peau contre peau avec l’être humain ou au moins sa proximité en se couchant contre lui à quelques centimètres.
Animal et humain « font système », il y a contagion des émotions. Toutefois il est crucial de respecter l’espace personnel du chien avant que la main qui fourrage n’aille trop loin. Comme le précise le vétérinaire comportemenaliste dans son dernier ouvrage ‘Tout sur la psychologie du chien’:

Dans l’interface de la caresse et de la douleur, il faut savoir que les voies nerveuses du contact et de la douleur sont globalement les mêmes et que, dès lors, un contact prolongé et répété peut devenir désagréable et douloureux. p 291

*http://www.larecherche.fr/content/actualite-sapiens/article?id=27180

1/ Bernard, Philippe et Demaret, Albert. 1997. Pourquoi possède-t-on des animaux de compagnie ? Raisons d’aujourd’hui, raisons de toujours. In Bodson, Liliane (Ed.) L’animal de compagnie : ses rôles et leurs motivations au regard de l’histoire. Liège, Université de Liège, pp 119-130

2/  Tout sur la psychologie du chien, Joel Dehasse, Odile Jacob, 513 p

Lieu de projections

16/04/2010

naissance d'une théorie éthologiqueL’animal est devenu, dans les cultures occidentales et plus particulièrement à l’Âge classique le lieu de ‘projections’ au sens psychanalytique du terme (voir M. Foucault. Histoire de la folie à l’âge classique, 1972) : la nature qui effrayait à l’extérieur, une fois maîtrisée, devient une menace de l’intérieur.
L’animal offre à l’Homme un miroir plus ou moins déformant, plus ou moins acceptable; proche et lointain à la fois, il est à la fois le même et le différent. Le regard que nous portons sur lui, la façon dont nous en construisons la représentation peut le rendre plus ‘même’ ou plus ‘différent’. En ce sens également, l’animal est à la fois objet et sujet. Et comme objet-sujet, il définit en même temps qu’il constitue l’homme sujet-sujet : il le définit dans l’identité et le constitue dans l’altérité. C’est là que se joue le rôle fictionnel du précurseur : être à la fois le même et le différent.

Vinciane Despret. Naissance d’une théorie éthologique, p.17
Collection Empêcheurs de penser en rond

Idéologie montres-toi!

13/04/2010

La thérapie assistée par le chien (TAC) a pris son envol (littéraire et scientifique) au milieu du XXè siècle à la faveur des années 1960 et de leur vent de révolution (même si historiquement elle date d’un peu plus longtemps, voire carrément plus longtemps dans le temps). Ce qui semblerait dire que la TAC est issue d’un contexte politique particulier – l’Occident blanc – qui voit l’émergence d’un climat de bienveillance envers les animaux, et plus largement envers l’environnement, comme l’explique Jérôme Michalon.
Face à l’omnipotence des industries pharmaceutique, les pratiques de soin et d’assistance de l’époque re-découvrent des pratiques millénaires et tentent de leur trouver des justifications. Est-ce que la TAC a bénéficié de la diffusion des idées écologistes, de la prise de conscience que d’autres êtres peuplent le monde et que le sort de l’humain dépend aussi de celui de ces êtres, que l’humain est un être violent, bref la TAC est-elle portée par une idéologie – laquelle? L’écologisme? Le libéralisme? L’anarchisme?  – qui sévit depuis des décennies?  Vinciane Despret et Jocelyne Porcher ne disent pas autre chose quand elles avancent que : « L’homme en perdant ses instincts a rompu avec la sagesse; il s’agit d’utiliser l’animal pour stigmatiser les malaises de la société » (p. 79.  Être bête. Actes Sud).
Sur quelle idéologie la TAC a-t-elle fait son lit? Ainsi, le contexte historico-politique permettrait de comprendre en partie pourquoi il semble difficile pour la TAC de se faire reconnaitre une quelconque légitimité scientifique. Si tel est le cas, la prochaine idéologie chassera l’actuelle et la TAC disparaîtra.
Il est possible de prendre la réflexion à rebours. L’émergence de la TAC coïncide avec la période historique mouvementée des décolonisations et de la redécouverte par l’Occident de l’immense réservoir de connaissances sur le comportement et la psychologie animale des peuples non occidentaux et celui de ceux des professionnels de l’animal : chasseur, dresseur, pêcheur, dompteur, soigneur, etc (ref. Dominique Lestel).
Il devient dès lors plus évident de comprendre pourquoi la TAC peine tant à se faire une niche au soleil ethnocentriste. Elle rejoint «  les pratiques des naturalistes du XIXè siècle qui font de l’animal un acteur, un compagnon, un être sensible doté de volonté. Et d’intentions. Cette forme de savoir qui caractérisait le XIXè siècle est aujourd’hui la marque des ‘amateurs’ et quand elle subsiste ou réapparait dans l’éthologie ou la primatologie, elle reste cantonnée et relativement tolérée, dans les marges des pratiques officielles voire dans les livres ou les documentaires de vulgarisation » (Vinciane Despret et Jocelyne Porcher. Être bête. p 115).
La posture du naturaliste se cultive comme un art de vivre avec les animaux, comme la marque d’identité professionnelle, et comme une façon de faire le contraste avec d’autres pratiques, disent les deux auteures (p. 45)… c’est étonnant cette similitude des zoothérapeutes ou intervenants en thérapie assistée par l’animal avec les anciens naturalistes.

Et le bien-être de l’animal?

10/04/2010

Joel Dehasse, vétérinaire comportementaliste diplômé, Spécialiste européen (D-ECVBM-ca) confiait : « de nombreux chiens n’aiment pas les activités de zoothérapie auxquelles ils sont forcés de participer. Il faut veiller à respecter les animaux sans les transformer en médicament à usage humain ».
Cette sollicitude fait écho aux problématiques soulevées par Fabienne Delfour, Dre ès Ethologie Cognitive, lors du Congrès international ‘L’enfant avec handicap et l’animal’, en 2008 :

Les Thérapies Assistées par l’Animal (T.A.A.) se caractérisent par leur diversité, tant au niveau des effets thérapeutiques attendus que des conditions de leur réalisation. Cependant si nous souhaitons analyser l’efficience de ces pratiques d’un point de vue scientifique, il est nécessaire de trouver un/des cadre(s) conceptuel(s) pertinent(s) pour comprendre ce qui se passe pour le patient et pour l’animal. La triade patient-thérapeute-animal constitue le socle de ces thérapies. Les bénéfices thérapeutiques sont souvent examinés et rapportés dans la littérature concernée. Malheureusement, les conséquences de ces usages et les implications pour l’animal sont encore trop peu analysées. Il serait bon de se préoccuper de l’état de bien-être de l’animal non seulement au cours des séances mais aussi sur le long-terme. Des éléments de réflexion sont proposés pour comprendre les processus impliqués et essayer de construire une approche plus respectueuse de l’ensemble des acteurs.

Les T.A.A œuvrent en faveur d’un mieux-être du patient. Cependant, dans la triade « patient – thérapeute – animal » il semble que la prise en compte du bien-être animal soit malheureusement négligée. Ce bien-être est double, en effet l’animal doit « bien se porter » (sphère physique) et « bien se sentir » (sphère mentale ou psychologique).

Pilotte, la petite chienne qui sauva Montréal

08/04/2010

Voici l’histoire d’une petite chienne, au flair affûté, qui a sauvé Montréal… L’histoire est racontée comme suit :
Ca a commencé plutôt mal pour cette petite chienne qui un jour de 1641, errait dans les ruelles de Paris lorsqu’elle décida pour conjurer la déprime et la monotonie de ses journées de suivre une drôle de charrette surchargée transportant 6 hommes.
Ce fut le début d’une aventure fantastique. Elle continua à suivre le groupe, et une fois parvenue à Dieppe, elle embarqua avec eux à bord d’un vaisseau, direction le Canada.  Un bon jour, ils se retrouvèrent sur les eaux du Saint-Laurent dans une embarcation de fortune et remontant le fleuve vers l’Île-de-Montréal pour aller fonder Montréal, appelé autrefois Ville-Marie. Cette petite troupe comprenait quelques femmes dont Jeanne Mance et avait à sa tête le colonel Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, fondateur et premier gouverneur de Ville-Marie. Faisant fi des rigueurs de l’hiver canadien, de la forêt inhospitalière, des difficultés d’approvisionnement et de communication, M. de Maisonneuve et ses compagnons s’établirent sur l’Île de Montréal.
Dès ses premiers jours sur le sol de la Nouvelle-France, la petite chienne montra une animosité imprévue à l’endroit des iroquois. Le gouverneur l’ayant remarqué demanda comment on l’appelait. Comme on ne lui connaissait pas de nom, il décida de l’appeler  » Pilotte « , du nom de ces poissons qui suivent les navires pendant des traversées entières et guident les requins vers les proies que ceux-ci ne voient pas. On l’entraîna à dépister les iroquois qui ne cessaient pas d’épier et de harceler Ville-Marie.

Lambert Closse et sa chienne Pilotte, personnages historiques au Monument à Maisonneuve, Place d'Armes, à Montréal.

Lambert Closse et sa chienne Pilotte, personnages historiques au Monument à Maisonneuve, Place d'Armes, à Montréal.

Nuit et jour, Ville-Marie devait soutenir une guerre acharnée et incessante d’embuscades et de surprises des guerriers iroquois. Pilotte faisait sa ronde chaque jour avec d’autres chiens jusque dans la forêt et ne manquait jamais de dépister une bande d’iroquois cachés ça et là. Elle était douée d’un instinct merveilleux pour les découvrir, exécutant son travail de patrouille avec une telle persévérance et tant d’intelligence qu’elle jetait tout le monde dans l’étonnement.
Chaque fois que les colons entendaient ses hurlements d’alerte, ils accouraient vers M. de Maisonneuve pour l’informer de la situation. Le 30 mars 1644, Pilotte faisait sa ronde comme tous les matins. Soudain, elle se met à aboyer et à hurler comme jamais auparavant et les autres chiens qui l’accompagnaient l’imitèrent. M. de Maisonneuve, à la tête de trente hommes, se dirigea vers la forêt. Deux cents Iroquois bien embusqués les attendaient, divisés en plusieurs bandes. Un féroce combat s’engagea. M. de Maisonneuve sortit vainqueur de cette escarmouche et devint un héros … mais il ne faut pas oublier que c’est aussi grâce à l’alerte donnée par la brave Pilotte que Montréal fut sauvée.

Canicross, un sport complémentaire

06/04/2010

Marie-Ève est une jeune femme qui court, son objectif : terminer le marathon en septembre prochain. Cela fait un an qu’elle s’y prépare. Depuis quelques semaines, elle a intégré le canicross dans son programme d’entrainement. Tout un changement dans ses performances…

La plus grosse différence entre le canicross est la course « normale » est définitivement la cadence. En course « normale », le nombre de foulées est très important, mais en canicross, c’est pratiquement impossible pour moi de courir en faisant un nombre de foulée minimal (3 foulées/seconde) en raison de la très grande vitesse. Pour cette raison, c’est beaucoup plus difficile sur les articulations parce que comme la foulée est plus grande, l’impact au sol est également plus grand. Je crois que c’est un des plus grands défis parce que mon corps est habitué de courir en faisant 3 fois plus de foulées. Par contre, à force d’aller courir en canicross, je commence à courir plus en douceur. Les premières fois en canicross, je courrais un peu à contre-courant. Mon corps étant habitué à courir d’une certaine façon (le nombre de foulée par seconde, la position des bras, des mains, etc.), j’ai dû m’ajuster en trouvant une autre façon de courir. Lewis exprime sa hâte de courir
L’autre grande différence est la vitesse. Je ne pourrai jamais courir à cette vitesse par mes propres moyens… à mon grand désarroi! Comme c’est plus rapide, le cardio est toujours à son maximum. Quand je m’entraîne en course « normale », il m’arrive souvent de courir vite, mais à la vitesse que nous courrons avec les chiens, ce serait impossible de tenir sur d’aussi longues distances. En entraînement, il y a 5 vitesses de course. 1, 2, 3, 4 et 5. La 1 étant la vitesse la moins rapide (ce qui signifie : être en mesure de parler comme si on est assis dans son salon en train de prendre le thé) et la 5 étant la plus rapide (communément appelé le sprint). En canicross, nous sommes probablement entre la 4 et la 5 (la vitesse 5 est impossible à maintenir sur de longues distances…c’est la vitesse des sprinters de 100 et 200 mètres), mais comme le chien nous aide en nous tirant, nous sommes en mesure de courir plus longtemps à cette vitesse.
 Lorsqu’on s’entraîne pour des marathons, l’entraînement de base comprend au moins une sortie de course rapide par semaine. Ça peut être du speedwork, des intervalles ou du fartlek séance chronométrée de course par intervalles. Les entraînements en canicross sont compris dans mes sorties de fartlek. Les entraînements de vitesse en course d’endurance servent à plusieurs choses, dont entre autre, à pousser le corps. C’est ce qui donnera le coup de main qu’un coureur aura besoin pour courir et terminer une course en force. Donc, le canicross m’aide énormément dans mes entraînements. Je ne pourrai pas faire que ça, car je dois quand Départ de la course du 6 mars 2010même être en mesure de pouvoir pousser par mes propres moyens, mais c’est définitivement un entraînement de vitesse intense. Au lieu de pousser mon corps à courir plus vite, je pousse mon corps (surtout mes jambes) à travailler plus vite. Quand je cours seule, les muscles du fessier et les ischio-jambiers (l’arrière des jambes) sont les plus sollicités parce que tu pousses pour te donner l’élan pour avancer. En canicross, ce sont les quadriceps (le devant des jambes) qui sont les plus sollicités parce que ce sont ces muscles qui font que ta jambe lève et avance. Ce qui ne peut pas nuire, surtout dans les montées et les descentes!Un départ canin c'est aussi une cohue
Au début, le canicross était pour moi une occasion de combiner ma passion de la course et des chiens. Je dois par contre admettre que maintenant, je me sers de ça pour mes entraînements. Mon coach n’est pas familier avec le canicross, mais lorsque je lui ai donné une idée de la vitesse à laquelle on court et que je lui ai demandé d’inclure mes sorties de canicross dans mon programme d’entraînement, il a tout de suite vu que ça pouvait m’aider à augmenter ma vitesse de course.
Sur la ligne d'arrivéeMerci à Marie-Ève de s’être arrêtée quelques instants pour nous partager sa passion et hop…. la voilà repartie sur les chapeaux de roues….
Bon vent et pattes à Lewis

Si le cœur vous en dit, voici à quoi ressemblent les semaines d’entraînement de Marie-Ève :
 Lundi/cross fit – Mardi/intervalles – Mercredi/off – Jeudi/canicross - Vendredi/hills – Samedi/canicross + easy – Dimanche/longue sortie

Pour en savoir plus :
http://www.sortiedechien.com/en/node/52344
http://www.sortiedechien.com/fr/node/77744v
Canisport avec Daniel Mélaçon – Salut Bonjour

Qu’on se le dise :
Il y a aura une canicross au 9e Festival Plein Air, le 16 mai prochain sur le site du parc Jean Drapeau, à Montréal

Incertitude

01/04/2010

Puisqu’il y a toujours une part d’incertitude, les décisions relatives au futur, grandes et petites, doivent toujours être prises sans aucune certitude. Attendre que l’incertitude soit dissipée est une approbation implicite du statu quo et souvent un prétexte pour le maintenir…. L’incertitude, loin d’être un obstacle au progrès, est en réalité un puissant stimulus pour la créativité, dont elle est aussi un élément important.

Uncertain science… Uncertain worldHenri Pollack
Uncertain science… Uncertain world


Suivez-moi sur Twitter Suivez-moi sur Facebook Recevez nos billets chaque semaine par courriel