Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive pour le mois 02/2010

Un prix pour des ‘Chiens Câlins, Chiens Malins’

28/02/2010

Chaque année, en France, la Fondation des Hôpitaux de Paris  – Hôpitaux de France récompense les meilleures initiatives de décloisonnement des services de l’hôpital pour améliorer la qualité de vie du malade et de ses proches.
Et vous savez quoi ?
En 2009, le 1er prix a été attribué  aux équipes du Groupe Hospitalier Armand Trousseau de La Roche Guyon(en région parisienne) pour la création d’un atelier ‘Chiens Câlins, Chiens Malins’ auprès des enfants et adolescents polyhandicapés.
Le Groupe hospitalier Armand Trousseau La Roche Guyon accueille des enfants et adolescents polyhandicapés en soins de suite et de réadaptation fonctionnelle. Dans le cadre d’une démarche de socialisation et d’ouverture sur l’extérieur, inscrite dans le projet de soins, le service socio-éducatif a élaboré en lien avec tous les services de soins de l’hôpital un projet thérapeutique et éducatif sur la médiation de l’animal comme une aide ou un moyen d’améliorer les déficiences motrices ou mentales (prise d’initiative, affirmation de soi) et de susciter le désir, le plaisir d’agir.
Cette année encore ce prix – le Prix Hélioscope – va récompenser un hôpital ou des hôpitaux qui aura réalisé et évalué après réalisation (évaluation qualitative et quantitative des résultats, notamment du point de vue du malade et de ses proches), une action exemplaire de coopération entre les différents services ou métiers de l’hôpital au bénéfice du malade. Les critères d’évaluation reposent, aussi, sur la multiplicité et la diversité des partenaires, des services et des métiers impliqués dans la réalisation.

On se plaît à rêver qu’une initiative similaire naisse au Québec et qu’enfin les multiples projets de thérapie assistée par le chien soient honorés pour leur efficience et leur intérêt (pour le patient, il va sans dire).
Ou plus exactement: qu’enfin davantage d’hôpitaux québécois prennent conscience de l’apport crucial de la TAC et qu’ils développent des activités dans leurs enceintes. Actuellement, il y a le CHUQ, Douglas, Rivière-des-Prairies (ces deux derniers étant des hôpitaux de soins psychiatriques) et quels autres établissements ?

Source : http://www.rimaac.org/actualites/prix-helioscope-2010/

Les valeurs de la science

27/02/2010

Chaque scientifique aborde ses travaux avec son propre système de valeurs. Elles influent sur sa manière de mener ses recherches, d’expliquer et d’interpréter les données. Le but de la science est de parvenir à des conclusions ‘objectives’ sur le monde – des réponses sans parti pris – mais les scientifiques eux-mêmes ne sont pas des automates dénués de sensibilité. Ce sont des individus, des êtres de chair et de sang qui ont leur propre point de vue. La science a toujours buté sur ce problème. Quand est-ce qu’un savoir subjectif se mue en ‘vérité’ objective? Quelle méthode adopter pour prouver quelque chose? Combien de temps ce processus doit-il durer? Dans quelle mesure les convictions personnelles d’un scientifique influencent-elles à son insu sa façon d’interpréter des données ‘objectives’? La science peut-elle vraiment accorder une place aux intuitions d’un chercheur, à ses sentiments, à sa personnalité?

Bekoff. Marc. Les émotions des animaux, Manuels Payot, p.205

Qui fait l’injection ?

25/02/2010

Tout jeune vétérinaire au Canada prononce un Serment (Serment vétérinaire canadien) en entrant en fonction :

En tant que membre de la profession de médecin vétérinaire, j’affirme solennellement que je mettrai mes connaissances et mes compétences scientifiques au service de la société.
Je m’efforcerai de protéger la santé et le bien-être des animaux, de soulager leurs souffrances, de protéger la santé publique et écologique et de travailler à l’avancement des connaissances médicales comparées.
J’exercerai ma profession consciencieusement, avec dignité et conformément aux principes de déontologie de la médecine vétérinaire.
Je m’efforcerai sans cesse d’améliorer mes connaissances et mes compétences professionnelles et de respecter les normes professionnelles et déontologiques les plus rigoureuses à mon égard et à celui de la profession.

Le vétérinaire est donc « responsable de la transformation, de la réparation, de la réadaptation et de la destruction des ‘unités’ malades ou non fonctionnelles. Il sert à adoucir et humaniser l’exploitation des animaux », écrit Charles DANTEN, dans Un vétérinaire en colère, VLB Éditeur 1999 en p 141. Les récentes statistiques semblent lui donner raison. 
Selon un sondage réalisé en 2008 par la firme Léger Marketing pour le compte de l’Académie de médecine vétérinaire du Québec en association avec CDMV et Hill’s Pet nutrition, 261 000/an sont donnés, vendus, euthanasiés ou perdus. Notons au passage que cs chiffres sont co-publiés par l’industrie de l’alimentation et qu’il se pourrait qu’ils soient de bien inférieurs à ceux que donnent les sociétés protectrices des animaux. Quelques que soit le motif – problèmes de santé, de vieillissement, de mauvais comportement, de contrainte règlementaire, d’allergie, de manque d’espace ou d’argent – 23% des chiens ne durent pas plus de 2 ans dans un foyer. Un grand nombre ne meurt donc pas de leur belle mort. Et l’humain prétend les aimer comme ses enfants….
Mais au fait, qui les euthanasie ?

Pour plus d’informations:
http://tva.canoe.ca/emissions/salutbonjour/veterinaire/20955.html

Témoignage de José, Ph.D en biologie, zoothérapeute, n.d.

22/02/2010

Il revient de l’Antarctique où il est resté un mois à donner des conférences sur les mammifères marins et sur la zoothérapie. Cette aventure incroyable est à l’image du parcours de José Sarica Ph.D en biologie, Zoothérapeute, n.d.
José, Ph.D en biologie, Zoothérapeute, n.dRencontre.

- Après une maîtrise et un doctorat en écotoxicologie en milieu aquatique tu te recycles dans des études de zoothérapie?

En fait, depuis l’âge de six ans, je voulais travailler avec les enfants souffrant et les dauphins. A cela on me répondait, qu’Il fallait avoir un doctorat. A 20 ans, je suis parti de mon pays, la France, faire ma maîtrise à l’Université Laval sur les bélugas du Saint-Laurent. Ensuite, je me suis questionné: si j’aimais autant ces animaux, qu’est-ce qui serait le mieux pour eux ? La qualitéLa delphinothérapie est une approche qui est de mieux en mieux documentée de l’eau m’a semblé être prépondérante. J’ai donc fait une 2e maîtrise en écotoxicologie aquatique ainsi qu’un doctorat. J’étais loin de mon rêve car je me retrouvais à préparer des cours, c’est à ce moment, en décembre 2008, que j’ai entendu parlé d’une formation en zoothérapie: je me suis inscrit et depuis juin 2009, je réalise mon rêve d’enfant (stage auprès de dauphins en Israël en juin 2009 et cet été à Key-Largo).

- Peux-tu rapidement expliquer à nos lecteurs-internautes tes études de zoothérapie?

J’ai suivi deux ans de formation, autant en psychologie humaine et sur les comportements des animaux (pour avoir un diplôme de zoothérapeute) avec lesquels nous travaillions: chien, chat, cheval, perroquet (et dans mon cas les dauphins) avec des patients, enfants comme adultes, qui aspiraient à gérer leur souffrance physique et/ou mentale. Une séance fonctionne au départ sur l’évaluation des besoins de la personne et la chimie qui se crée entre le patient et mon chien (bichon maltais toy de deux ans) puis avec moi. Le but est de créer un lien de confiance et d’amour car sans cela il n’y a aucune aide. Le patient parle à mon chien car celui-ci ne juge pas et ainsi, au fil des séances au cours desquelles je fais un rapport (code de déontologie), je planifie des stratégies d’intervention avec Chico pour atteindre l’objectif final que ce soi, augmenter l’estime de soi, rendre indépendant, les deuils,  les maladies chroniques, l’Alzheimer, dénouer ses propres noeuds en utilisant l’approche humaniste. Je respecte le rythme de mes patients et de mon chien.

- Tu pratiques à la Coopérative Espace-Temps comme zoothérapeute? Est-ce un titre pour toi?

Oui. Je suis membre producteur (nous sommes 4 au total dont deux zoothérapeutes) de cet organisme à but non lucratif, permettant de faire des projets financés par le gouvernement fédéral pour les familles qui ne peuvent pas se payer des séanceset qui me permet de recevoir des appels de clients. Je ne travaille pas directement à la Clinique mais sur l’île de Montréal pour rencontrer les gens chez eux (je me déplace) pour qu’ils aient à la fin des séances leur lieu d’ancrage.

- Comment çà marche la zoothérapie, qu’est-ce qui est soignant dans cette approche? Technique?

En fait, imagine un triangle où le patient est à la base gauche, mon chien à la base droite et moi en haut du triangle. On appelle celà la synergie triangulaire. Tu écoutes sensiblement la personne qui parle à ton chien et par les comportements du chien (qu’on appelle les signaux calmants) que tu perçois tu utilises les techniques d’intervention telles, la reformulation, la vérification, le partage du vécu le tout avec une grande empathie. Tu dois Avec mon chien, Chico, je suis devenu zoothérapeutetoujours planifier un plan A et un plan B avant la séance car il est possible que ta première technique ne fonctionne pas (chien non réceptif, personne non disponible). Il faut toujours terminer sur une note positive (ex; le client demande à mon chien de se coucher, il se couche, il lui donne une gâterie et la personne a toujours le sourire). ll n’y a pas d’aide efficace ni durable sans amour !

- Te sens-tu suffisamment armé pour ‘aborder’ la clientèle autiste?

Bien humblement, oui. L’autisme est un monde.  J’ai eu une formation intense sur l’autisme et j’ai travaillé avec plusieurs enfants autistes de 4 à 16 ans et le but de chaque  intervention est de les rammener dans l’ici et maintenant, apprendre à communiquer par des pictogrammes et établir un lien de confiance. Je t’avoue que je suis toujours ému quand je vois l’ouverture de l’enfant une fois qu’il a sympathisé avec Chico.

José, Ph.D en biologie, zoothérapeute, n.d. est le premier zoothérapeute à avoir été accepté comme membre de l’Académie des Naturopathes et Naturopathies du Québec (ANN) donc, il peut émettre des reçus d’assurance.

Merci José de participer à Sandraetlechien.com

 

Et l’unique proximité?

18/02/2010

En 1997, Dr David T. Allen, mettait en doute les bienfaits de la thérapie assistée par le chien (TAC) suite à son analyse d’études qui ont servi à populariser la TAC. Pour l’épidémiologiste américain il y a de sérieuses lacunes scientifiques dans les recherches réalisées :

Ayant passé en revue plus de 1000 études, je n’ai pas trouvé une seule étude [étude de type II] qui décrit les gains en comparaison des pertes sur l’état de santé général de la société, en relation avec l’interaction entre les humains et les animaux. En d’autres mots, je n’ai pas trouvé un seul article [étude de type II] qui compare la magnitude des effets des cas cités avec un groupe témoin ou avec le public en général. Sur l’échelle des critères de validité scientifique, ces études [étude de type I] sont à ranger sur l’échelon le plus bas. Les rapports qui vantent les mérites de la relation des êtres humains avec les animaux sont fondés sur des études descriptives et sur l’opinion des experts, et les études de ce genre [étude de type I] sont les moins valides de toutes. (Charles Danten)

Somme toute cela n’a pas d’importance, car on ne peut pas parler des animaux sans connaître la façon dont les gens vivent ensemble. Nonobstant les règles de la science qui sont sujettes à caution – vous savez avec leurs « bons objets indifférents répondant  ‘machinalement’ à des causes permettant d’établir des lois », p. 38, Vinciane Despret et Jocelyne PorcherÊtre bête, chez Actes Sud - l’important dans la TAC, ce n’est pas que ça marche c’est la diversité des contextes possibles, des manières dont les humains et les animaux se conduisent dans un environnement spécifique pour un moment donné. Aussi conclure que tous les animaux procurent tout le temps partout auprès de tout le monde des bienfaits c’est se leurrer et surtout ce n’est pas adapté aux canons de la science. C’est là que les fameuses anecdotes sont importantes, en fait un animal est différent selon les contextes, parce que les humains sont différents dans ces mêmes contextes.
Ce qui fait sens comme le disaient Vinciane Despret et Jocelyne Porcher, ce qui compte ce sont « les petites différences locales, contextualisées, vivantes, articulées» (p.29), et surtout la compétence de tel animal à tel moment auprès de telle personne.
Vinciane Despret et Jocelyne Porcher- Être bêteLa personnalité c’est ce qui fait qu’un animal ne ressemble à aucun autre… « La personnalité n’existe que dans le champ des relations qui la favorisent tout autant qu’elle en ouvre les possibilités », p 32.

De l’anthropomorphisme

17/02/2010

Si les humains ont eu une vision anthropomorphique des animaux, c’est bien parce que ces deux espèces se ressemblent. Et les points qu’ils ont en commun sont évidents. Jusqu’à récemment, les humains voyaient l’univers avec leurs idées plutôt qu’avec leurs yeux. Aveuglés par leur hantise de n’être pas l’espèce la plus évoluée, avec tous les droits que cela leur conférait, ils ont, pendant des millénaires, effectué une coupure idéologique entre eux et les animaux.

Dominique Lestel. L’animal singulier, Seuil, 2004 p. 139

Un peu de chien avec ça? Non plus maintenant

16/02/2010

Le chien ne sera plus servi dans les restaurants chinois, du moins si les députés votent en ce sens en avril prochain. Un peu partout aux quatre coins du monde, les traditions impliquant les animaux sont remises en question au nom du droit de ces derniers.
Ainsi, depuis l’Antiquité au pays du Soleil levant, la viande de chien est considérée comme un aliment médical fortifiant. Il est consommé un peu partout en Chine, surtout dans le Nord du pays. Dans les restaurants, on peut vous proposer de la « viande parfumée », c’est-à-dire… du chien. Pour goûter au chat, mieux vaut se diriger vers le Sud du pays.
Mais cette tradition est de plus en plus contestée par les classes moyennes citadines qui sont attachées aux animaux familiers. Ils utilisent internet pour se faire entendre avec des vidéos dénonçant les mauvais traitements des animaux d’élevage (car les animaux consommés en chine proviennent d’élevages) ainsi que des pétitions pour l’interdiction de la consommation de viande de chiens et de chats qui recueillent des dizaines de milliers de signatures (Courrier International).
D’après 30 millions d’amis, la pression est telle que la Chine votera, d’ici la mi-avril, une loi contre la maltraitance animale. Le projet de loi présente les lignes directrices permettant de prévenir les maladies et d’apporter les soins médicaux adéquats aux animaux. Aujourd’hui, seuls les animaux sauvages sont protégés par la législation chinoise. Or, si la loi est votée, outre les animaux sauvages, ceux de ferme, de compagnie, de laboratoire et tous ceux utilisés comme outil de travail seront concernés par ces nouvelles mesures. Dans le cadre de cette loi, la consommation de viande de chiens et de chats serait interdite et sanctionnée, en cas de non respect, par une amende de 5000 yuans (150 $) et de 15 jours de prison pour les mangeurs. Quant aux ‘organisations’ impliquées dans cette pratique, elles risquent une amende allant de 10000 à 50000 yuans, a indiqué l’Agence France Presse d’après le Chongqing Evening News.

Revue de presse issue :  http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=2782

Pour en savoir plus: http://www.30millionsdamis.fr/acces-special/actualites/detail/article/1570-chine-plus-de-chien-dans-les-assiettes.html

L’empreinte du soin

13/02/2010

Alors que les sciences sociales ne se sont pas du tout impliquées, ni même intéressées, aux recherches sur la thérapie assistée par le chien (TAC) depuis les années 1960, une convergence se produit au hasard du passage de l’an 2000. L’anthropologue Francine Saillant développe (certes, depuis un petit bout de temps) une réflexion intense autour de l’anthropologie du soin. Pour la professeure titulaire au Département d’anthropologie de l’Université Laval, les soins sont un ensemble de questions.
L’anthropologie des soins serait une excellente entrée pour saisir les mécanismes de la thérapie assistée par le chien (TAC), notamment l’importance de la relation dans le processus thérapeutique. En fait, c’est l’importance de la signification de la relation qui compte. Car c’est bel et bien la manière dont les patients se représentent le chien qui induit un effet thérapeutique. C’est le souvenir d’un chien marquant qui ancre la relation dans le soin. L’anthropologie du soin ne dit rien d’autre quand elle parle de travail de connexion entre soignants et soignés en quête d’unité. Francine Saillant et Éric Gagnon le précisent : « par l’intermédiaire des soins, formes variées d’attention à l’autre qui interviennent dans diverses pratiques thérapeutiques, il y aurait cette possibilité d’un travail effectué autour de l’individu, de son corps, de son histoire, de sa parole. Par ce travail, s’exprime aussi bien la quête du sens, que la quête des sens ». Il faudrait aussi aborder la question de la stimulation des sens et de la quête de l’essence de la relation, car ce qu’il faut tenter de déterminer c’est : « en quoi le thérapeute est attaché à son patient, en quoi le patient est attaché au thérapeute, en quoi le patient est attaché à l’animal, en quoi le thérapeute est attaché à l’animal, en quoi l’animal est attaché au thérapeute, et en quoi l’animal est attaché au patient » (Cf. Michalon, J., L. Langlade, and C. Gauthier).
Voilà sur quoi repose la relation thérapeutique et pour appréhender cet objet d’études, la multidisciplinarité est de mise et non plus une vulgaire prière qu’on ne veut surtout pas voire exaucée.

Là ou il ne fallait pas

11/02/2010

L’histoire de la zoothérapie ou de la thérapie assistée par le chien (TAC) est faite de jeux de circonstances…. Bref l’animal s’est trouvé là ou il ne fallait pas, face à qui il n’aurait pas dû être, dans un lieu qu’il n’aurait pas du fréquenter. Pour des effets totalement imprévisiblement positifs.
De beaux accidents…. En 1960,  Boris Levinson attendait dans son cabinet new-yorkais son jeune patient qui s’est présenté plus tôt au rendez-vous. Le chien du célèbre psychologue américain, Jingles, était bien content d’accueillir cette visite. Levinson, qui n’avait évidemment pas prévu cela, a laissé faire. Pensez-vous, Jingles était déjà entrain de lécher le visage du jeune patient. Boris Levinson, père de la Pet-Facilited TherapyD’une séance à l’autre, l’enfant extrêmement introverti a fini par s’ouvrir à une relation avec le professionnel de la santé. 15 ans plus tard, le couple Corson faisait des recherches sur les comportements des chiens quand ceux-ci se sont mis à aboyer attirant les patients psychiatrisés de l’enceinte hospitalière. Les patients voulaient caresser les chiens et les voir. Dès lors, les chercheurs proposèrent  de tester la Pet-Facilited psychotherapy (PFP) aux patients. À la même époque mais dans un autre état américain, un oiseau se blesse au Lima Hospital (institution qui traite des criminels malades psychiatriques). Recueilli par les patients, ils le soignent. C’était bien la première fois que les patients s’intéressaient à quelque chose. C’est le début de 8 années de recherches menées par David Lee.
Voilà à quoi ressemblent au XXe siècle les débuts de la TAC. Des travaux repris avec force d’enthousiasme par les médias, ce qui fera dire à la communauté scientifique que çà manquait un peu d’objectivité et de quantifiable toutes ces ‘histoires’ (des anecdotes déjà!). De 1960 à nos jours, la recherche sera sérieuse, standartisée et mesurable, on veut des objectifs, des méthodes, des résultats, des discussions.
Tout çà pour aboutir à la conclusion que ce qui est fondamentalement thérapeutique dans la TAC c’est…. la relation.

Pour aller plus loin : Michalon, J., L. Langlade, and C. Gauthier, Points de vue sur la recherche autour des Interactions avec l’Animal à but Thérapeutique et/ou Educatif. Note de synthèse. A. Micoud and F. Charvolin, Editors. 2008, Modys (UMR 5264 – CNRS) / Fondation Adrienne & Pierre Sommer

Un berger allemand partenaire de zoothérapie ? Suite 2

08/02/2010

Nous nous questionnons cette semaine sur le type de chien partenaire de zoothérapie. Dans son projet de TACChristophe pense que pour inclure un berger allemand :

Il est capital que le chien soit convaincu que celui qui sera sa référence soit quelqu’un de sûr, de juste, de cohérent, de loyal, de régulier…une fois cela instauré grâce au comportement adéquat que le maitre se doit d’appliquer face à son chien, il (le chien) aura alors une confiance aveugle envers lui. Dans notre projet, il sera capital que le chien garde une référence, une personne ressource pour lui, et il s’agira d’un des thérapeutes référent du projet.
Le but n’est pas d’obtenir cela par rapport à tous les patients avec lequel  le chien va devoir travailler, non, l’important est que sa personne de référence ne soit jamais bien loin. Ce chien a des capacités d’adaptation extraordinaires et il essayera toujours de faire le maximum pour faire plaisir à son maitre, si cela signifie obéir à d’autres personnes, il le fera sans problème mais dans sa tête, son but ultime sera de rendre tout ce qu’il est capable de rendre pour son maitre.
Sur une affiche à l’entrée du club canin que je fréquente, il est indiqué:  » Beaucoup de chiens travaillent par plaisir, le berger allemand ne travaille que dans le but de plaire à son maître »

Réaction du Dr. Joel Dehasse, Vétérinaire comportementaliste diplômé, Spécialiste européen (D-ECVBM-ca), peut-on faire de la thérapie assistée par le chien avec un Berger Allemand ? :

Oui, pourquoi pas ? Et il serait temps qu’on en fasse avec des amstaffs, par exemple, pour changer l’image publique/médiatisée de la race. Quelles sont les conditions requises pour un chien d’animation / de soins ? AmstaffEst-ce une question de race ?

→ ‘Dans l’imposante littéraire sur les races de chiens, on ne trouve pas la moindre trace d’une comparaison véritablement scientifique des différences comportementales entre les races’, indique Alexandra Horowitz, p 57, Dans la peau d’un chien, Flammarion, 2009)

Josée Brunelle de la Corporation des zoothérapeutes témoigne également:

Pour moi le chien ou l’animal doit être choisi selon son caractère, ses capacités et ses limites plus que par la race en premier. Il doit être choisi selon le patient ou client et les objectifs à atteindre. L’évaluation de l’animal devrait plus nous guider que seulement la race.  Pour moi c’est un peu comme se demander si un médecin chinois est meilleur qu’un médecin italien!


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