Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive pour le mois 01/2010

Le chien comprend les yeux

09/01/2010

Nathalie Saindon, Psyt, Zt, Nt nous disait en décembre dernier qu’en dépit de l’abondance des recherches effectuées dans différents contextes et différents secteurs de la  santé sur les bienfaits de la thérapie assistée par l’animal:

Très peu de recherches démontrent l’efficacité et les mécanismes de l’intervention zoothérapeutique elle-même. C’est-à-dire, comment et en quoi la synergie triangulaire « patient – zoothérapeute – animal » agit sur les différents objectifs thérapeutiques. Cet aspect de la recherche est à développer complètement!

La présence empathique des animaux a une incidence sur notre bien-être et notre survie. Comment? Parce qu’on se regarde. Le visage est une référence universelle des émotions, Paul Ekman l’a démontré : certaines expressions faciale de base (joie, peur, tristesse, dégoût, colère, surprise) seraient reconnues par tous les hommes aux quatre coins de la planète. Charles Darwin (1) a été le premier scientifique à avoir étudié de manière systématique les 6 émotions universelles animales : colère, contentement, tristesse, dégoût, peur et surprise. Les visages humain et canin sont déterminants pour deviner ce que les autres ressentent. Quand un chien vous regarde dans les yeux – organes magnifiquement complexes qui ouvrent les portes du monde émotionnel – vous tissez un lien social étroit avec lui. Et il est faux de croire qu’en cet instant on ne peut accéder à son monde intérieur et lui au vôtre.
Sapi regardant Gabrielle dans les yeuxDans la maladie, la vie inauthentique de l’existence quotidienne vole en éclats, dans la souffrance physique ou l’abandon, le chien est aux aguets, vous êtes peut-être souffrants mais vous êtes là. Des travaux récents en éthologie ont effectivement montré combien le regard du chien s’était sophistiqué au cours de son évolution auprès de l’homme. Les découvertes éthologiques vont toutes dans le même sens : le chien comprend les yeux.
Bon après faut que le médecin puisse mesurer çà avec d’autres outils que ceux actuellement façonnés par la science. Ou que le dernier angle de la triade – le zoothérapeute -  fournisse une démarche scientifique à la méthodologie indiscutable… pour plaire aux premiers…

1/ L’expression des émotions chez l’homme et les animaux, Rivages poche, 2001

Besoin les uns des autres

07/01/2010
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Marc Bekoff is Professor of Biology at the University of Colorado, Boulder, a fellow of the Animal Behavior Society, and recipient of their Exemplar Award for outstanding contributions to the field of animal behavior.

Nous avons besoin d’éthologues, de généticiens, de biologistes évolutionnistes, de neurobiologistes, de psychologues, d’anthropologues, de philosophes, de théologiens, de spécialistes des religions et de chefs spirituels pour être à la hauteur de cette tâche extrêmement difficile : comprendre la vie affective et morale des animaux, la comparer aux conceptions morales, éthiques et spirituelles de l’homme et voir son rôle dans leur évolution.
Bekoff, Marc. Les émotions des animaux, p. 77, Manuels Payot

Washoe, Koko et les autres nous en parlent

04/01/2010

Pour comprendre ce qui se passe entre l’homme et l’animal nous sommes constamment gênés par l’inadéquation et la pauvreté de la langue pour en parler. Aussi les singes – les chiens aussi, mais les études auprès des singes sont documentées depuis plus longtemps – ont décidé d’utiliser notre langage pour entrer en relation. Ils démontent aux gens de science ce que tout propriétaire d’animal sait, à savoir qu’une association particulière et unique se crée entre un homme donné et un animal, dans laquelle se partagent non seulement des intérêts bien compris, mais également des affects et du sens.
L’une des aventures scientifiques homme/animal les plus étonnantes du XXe siècle commence en 1966 avec Washoe, une très jeune chimpanzée femelle, qui apprend le langage des signes : l’ASL (The ASL Manual AlphabetAmerican Sign Language) auprès d’Alan et Beatrix Gardner. À 4 ans, Washoe a un vocabulaire qui dépasse les 140 mots. C’est le début de recherches passionnantes et ininterrompues auprès de primates – citons Koko, le jeune gorille… – qui mettent en évidence la merveilleuse complicité interspécifique.
On sait que le chien qui peut apprendre au moins 300 mots/codes différents, pourtant les expériences scientifiques mettant en relief ces capacités canines sont encore peu nombreuses. Il est essentiel de défricher ces espaces pour mettre en évidence ces communautés hybrides. Pourquoi ? Parce que ces études signifient que les animaux ne répondent pas de manière instinctive et stéréotypée et robotisée aux présences, requêtes, commandements humains …. Leur réponse comporte visiblement une bonne part de pensée rationnelle. Dominique Lestel indique :

Washoe-le portraitLe chimpanzé devient une personne à la suite de ses relations avec l’humain, mais cette transformation ne peut se faire que parce que l’animal concerné est déjà un sujet autonome faible.(L’animal singulier, p. 57)

 

 

12e Conférence Internationale sur la Relation Homme – Animal

02/01/2010

À retenir cette année…
Après le Japon en 2007, c’est sur les rives de la Baltique que s’ancrera la prochaine Conférence Internationale sur la Relation entre l’Homme et l’Animal. La 12e édition de ce rendez-vous international, qui réunit tous les trois ans les plus grands spécialistes du sujet, se tiendra du 1 au 4 juillet 2010 à Stockholm.
Montréal en avait été l’hôte en 1992.
La conférence abordera le thème « Hommes et animaux : une relation pérenne » avec pour principaux objectifs de montrer les avancées de la recherche dans le domaine des interactions entre humains et animaux, d’apporter un éclairage sur le rôle de l’animal au sein d’activités thérapeutiques, éducatives ou sociales, ou encore d’encourager le développement de projets impliquant la présence d’animaux.
Ces conférences sont organisées par IAHAIO (International Association of Human-Animal Interaction Organizations).

IAHAIO conference in Stockholm


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